Monsieur le Président,
Nous souhaitons commencer notre intervention par rendre hommage à M. Al Sultan pour son engagement comme président du FIDA durant 8 ans. Nous lui souhaitons nos meilleurs vux pour ses futures activités.
Les indicateurs de pauvreté mondiale sont révélateurs : la majorité des pauvres vit en milieu rural et cette situation demeurera pour quelques décennies encore. En effet, comme lindiquait le président, M. Al Sultan dans son discours dintroduction : le rythme auquel progresse actuellement la réduction de la pauvreté représente environ un tiers de ce quil devrait être pour atteindre lobjectif fixé au Sommet du Millénaire. Il sagit donc de renforcer le secteur rural et en particulier lagriculture qui a été largement négligée dans de nombreux pays en développement aussi bien par les autorités nationales que par laide internationale. Laide internationale accordée à lagriculture est en effet en recul, ne représentant plus quenviron 12% du total des flux dAPD. Le FIDA tente de renverser cette tendance. Il uvre à cette tâche en continuant à sengager dans les régions les plus reculées des pays en développement pour combattre la pauvreté rurale.
Le «Rapport de la consultation chargée dexaminer ladéquation des ressources dont dispose le FIDA» a été complété par un plan daction sur trois ans (2000 - 2002). Ce plan a permis de définir clairement les priorités de travail du FIDA quil est maintenant primordial dintégrer dans le processus de re-engineering. Le message de cet exercice de réorganisation est tout dabord détablir quatre stratégies : une stratégie de lévaluation de limpact et de lamélioration de la performance, une stratégie de la gestion des savoirs, une stratégie de lenvironnement institutionnel et une stratégie de la gestion des partenariats, afin de procéder dans un deuxième temps aux changements structurels et institutionnels nécessaires. La Suisse accorde beaucoup dimportance au respect de cette démarche élémentaire et suivra de près, dans le cadre du Conseil dadministration, lélaboration de ces stratégies ainsi que leurs mises en uvre.
Lobjectif ultime du re-engineering est daméliorer la qualité des projets et programmes sur le terrain. En tant que membre du Comité dévaluation, nous sommes confiants que la nouvelle approche de lunité dévaluation du FIDA permettra datteindre encore une plus grande efficacité dans les interventions de linstitution. Dune part, les nouveaux principes définis et acceptés dans le cadre de lévaluation devraient faciliter plus particulièrement lapprentissage et le changement par lassimilation des leçons tirées et par la mise en uvre des recommandations issues des exercices dévaluation. Cela dit, il est indispensable que la division dévaluation son indépendance vis-à-vis des divisions opérationnelles du FIDA. Différentes options peuvent être envisagées. La première consiste à rattacher la responsabilité de lévaluation au niveau du Président. Cest le cas actuellement au FIDA et dans toutes les banques multilatérales de développement, à lexception des institutions de Bretton Woods. Une deuxième option impliquerait que la division dévaluation soit directement redevable au Conseil dadministration. Cela correspondrait au modèle de la Banque mondiale et du FMI.
Le rapport sur la pauvreté rurale 2001 est disponible. Nous en félicitons le FIDA. Ce rapport devrait dans un premier temps stimuler un débat public sur le renforcement des stratégies de réduction de la pauvreté rurale aussi bien au niveau national quau niveau régional. Dans un deuxième temps, nous espérons que les grandes orientations de ce rapport seront intégrées dans les quatre stratégies mentionnées précédemment. Il nous semble capital de garder vivement en mémoire le sens du principal message du rapport 2001 sur la pauvreté rurale. «La lutte contre la pauvreté nest pas quelque chose que les pouvoirs publics, les organisations de développement ou les ONGs peuvent faire pour les pauvres. Ils peuvent forger des partenariats et aider à mettre en place les conditions dans lesquelles les plus pauvres peuvent, grâce à leurs propres talents et compétences, trouver les moyens de sortir de la pauvreté. Mais ce sont les pauvres eux-mêmes qui doivent être les acteurs de leur propre développement».
Malgré un exercice long et parfois difficile, la 5e reconstitution des ressources du FIDA a abouti. Nous nous en félicitons et nous remercions en particulier les pays qui ont confirmé leurs annonces hier matin. La 5e reconstitution, dont lobjectif a été fixé à 460 millions de dollars, est donc maintenant parachevée. Cet aboutissement naurait pu se concrétiser sans un fort engagement des pays de lOCDE. Nous regrettons cependant le faible soutienA de certains pays et nous espérons vivement quun meilleur équilibre dans la répartition des charges entre les listes et à lintérieur des listes pourra faciliter les reconstitutions futures des ressources du FIDA. La prochaine étape pour les pays donateurs consiste donc maintenant à déposer leurs instruments de contribution, afin que le FIDA puisse continuer à assurer ses prêts aux pays emprunteurs.
En 2000, le FIDA sest non seulement doté de moyens financiers adéquats afin de poursuivre sa mission daide au développement rural des pays pauvres, mais il a également su montrer dimportants signes dinnovation. Nous pensons en particulier à son engagement pour encourager la mise sur pied des cofinancements selon les lois du marché. La Suisse est favorable à une telle démarche qui devrait permettre aux gouvernements emprunteurs davoir accès plus facilement au financement du secteur privé pour des activités rurales en lien avec des projets soutenus par le FIDA. Le processus de re-engineering devrait également pourvoir le Fonds de stratégies innovatrices, afin de donner un caractère visionnaire à linstitution dans sa lutte pour le développement rural. Cest en tous les cas, le souhait que nous formulons pour le futur des activités de notre institution.
Pour finir, nous tenons à féliciter les tous récents efforts faits par le FIDA en vue de repenser entièrement son site Internet. Cest une preuve du souci de transparence de linstitution face aux stratégies, politiques et programmes mis en uvre. Dans ce sens, nous proposons que les quatre stratégies du processus de re-engineering ainsi que leurs lignes directrices opérationnelles soient également publiées sur le site dès quelles auront été approuvées.
Intervention de M. Lothar Caviezel
Gouverneur temporaire pour la Suisse