Enabling poor rural people
to overcome poverty



Changement climatique et petites exploitations agricoles: le point de vue des organisations paysannes

Questions à débattre pour le groupe de travail thématique

Farmers' ForumSur le milliard de personnes qui, au niveau mondial, souffrent d’extrême pauvreté, 750 millions vivent en milieu rural et tirent leurs moyens de subsistance de l’agriculture et d’activités connexes. Ce sont ces mêmes populations qui sont le plus durement touchées par le changement climatique.

Les effets du changement climatique se font déjà sentir et, si des mesures ne sont pas prises immédiatement, ils vont aller s’accélérant, mettant ainsi des millions de ruraux pauvres en danger. Selon le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, la variabilité et le changement climatiques risquent, dans les années à venir, d’entraver sérieusement la production agricole de nombreux pays.

L’adaptation fait partie de la stratégie de réponse des populations rurales pauvres. Toutefois, les mesures d’adaptation ne sont pas toujours disponibles et doivent être appropriées à la nouvelle ampleur de variations climatiques imprévisibles. La pertinence des solutions sera déterminée par la nature des risques liés au changement climatique, par la situation géographique et par les moyens de subsistance. Ces solutions supposeront un soutien technique et financier important. Lors de la dernière Conférence des Parties, qui s’est tenue à Bali, la communauté internationale s’est engagée à augmenter sa contribution au fonds d’adaptation, créé afin d’aider les pays en développement à couvrir le coût de l’adaptation. Les efforts doivent maintenant porter sur la conception et la mise en place d’une procédure efficace pour aider les ruraux pauvres à bénéficier effectivement de ce fonds.

La réduction des émissions de gaz à effet de serre constitue une autre pièce maîtresse de la réponse apportée au changement climatique. Les populations rurales pauvres peuvent, en leur qualité de gardiens de vastes superficies de terres, forêts et autres ressources naturelles, jouer un rôle de premier plan en faveur de l’atténuation des effets du changement climatique grâce à l’adoption de pratiques de gestion durables. Ainsi, elles peuvent régénérer les terres de culture et de pâturage dégradées, n’avoir recours qu’à une préparation superficielle du sol et améliorer la gestion des forêts et de l’élevage.

Avec la rapide expansion du marché mondial du carbone, des milliards de dollars sont injectés dans le cadre de l’échange des crédits d’émission de carbone. Cependant, les dispositifs mis en place à ce jour tiennent rarement compte des intérêts des ruraux pauvres. De plus, les populations rurales sont parfois victimes des programmes mis en œuvre. La voix de ceux qui sont le plus touchés – à savoir les populations rurales pauvres – est rarement entendue.

L’un des moyens de promouvoir une participation effective des petits exploitants au processus d’atténuation est d’élargir le concept d’échange de crédits d’émission de carbone afin d’y inclure la rémunération des communautés rurales en échange d’activités de conservation des sols et de reboisement. Une autre option est la rémunération des services environnementaux, dans le cadre de laquelle les populations rurales pauvres sont rétribuées pour protéger la biodiversité et l’environnement.

Questions susceptibles d’orienter le débat:

  • Comment peut-on aider les populations rurales pauvres à s’adapter à une nouvelle ampleur du changement climatique et à bénéficier du nouveau fonds d’adaptation institué dans le cadre de la Convention des Nations Unies sur les changements climatiques?
  • Comment les populations rurales pauvres peuvent-elles bénéficier des mécanismes d’atténuation, nouveaux ou existants? Par exemple, comment peuvent-elles être rétribuées en échange de la fourniture de services environnementaux?
  • Quel rôle les organisations paysannes et de petits producteurs peuvent-elles jouer pour défendre les intérêts des ruraux pauvres lors de la conception et de la mise en œuvre de politiques et stratégies concernant le changement climatique?
  • Dans ce contexte, comment le FIDA peut-il aider les ruraux pauvres et leurs organisations?