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Projet de promotion de l’initiative locale pour le développement à Aguié (PPILDA)
L’objectif général du projet consiste à améliorer les revenus et les conditions de vie des populations démunies, notamment les femmes et les jeunes adultes du département d’Aguié et des communes rurales limitrophes de Saé Saboua et Giratawa. Le PPILDA s’emploie à renforcer la capacité des populations rurales pauvres, à identifier et à mettre en œuvre des innovations et des initiatives techniques, économiques ou organisationnelles propres à réduire leur pauvreté ou leur vulnérabilité. Il participe au processus de développement local. Il appuie notamment les initiatives visant à améliorer la sécurité alimentaire des populations de la partie sud de la région de Maradi. Combattre les crises alimentaires
Pour renforcer la sécurité alimentaire des ménages, le PPILDA a mis en place des banques de soudure et des banques céréalières tout en assurant la promotion de cultures légumières en saison des pluies.
Les banques de soudure ont été érigées en vue de constituer des stocks de céréales dans chaque village en prévision des jours difficiles notamment pendant la période de soudure. La gestion de ces banques et le renouvellement des stocks reviennent aux femmes du village. De juillet à septembre, elles organisent la distribution hebdomadaire des céréales disponibles en fonction des besoins de chaque ménage. La quantité octroyée à chaque famille sera remboursée en nature à la récolte, moyennant un taux d'intérêt de 25%. Ces intérêts ont pour but de reconstituer le stock et permettent de couvrir les charges de manutention et de magasinage. En 2006, 111 banques de soudure contenant 683 tonnes de céréales ont vu le jour dans cette région. Elles ont permis de toucher plus de 26 000 ménages soit environ 200 000 personnes parmi les groupes les plus démunis. Le taux de remboursement, intérêts compris, s’est élevé à 97% en 2006 avec un accroissement des stocks de l’ordre de 10 à 25% par rapport au stock initial. Les banques céréalières, elles, sont établies pour aider les ménages vulnérables à se procurer des céréales à des prix plus modérés que ceux pratiqués sur les marchés. Pendant la période des travaux champêtres, lorsque les céréales se font rares et que les prix flambent, les familles démunies peuvent recourir aux banques céréalières, faire l’acquisition de céréales contre des sommes modiques et couvrir ainsi leurs besoins alimentaires. En 2006, 47 banques céréalières disposant de 172 tonnes de céréales, ont fonctionné dans les villages pour le bénéfice d’environ 5288 personnes dont 942 femmes.
Le PPILDA innove en matière de suivi et d’évaluation
Un système inédit de suivi et d’évaluation est expérimenté par le PPILDA dans le but de mieux cerner l’impact des activités du projet dans la région. Le système consiste à outiller les populations rurales qui mènent et gèrent dorénavant le processus elles-mêmes. L’activité se déroule en deux phases principales : l’auto-recensement des populations villageoises et le suivi et l’évaluation continue des activités. Cette méthode permet de conduire des études approfondies sur le tissu social d’un village. Il permet en outre de visualiser clairement les bénéficiaires des interventions du projet. Grâce à ce système, l’équipe de coordination du PPILDA sait quels sont les villages, les populations ou les familles ayant bénéficié des interventions du projet à travers les banques de soudure, boutiques d’intrants ou toute autre activité.
Grâce à un « registre d’auto-recensement », des villageois collectent des informations sur les habitants, leur nombre par famille et par village, leur capital, leurs activités, leur degré de vulnérabilité - la notion de vulnérabilité ayant été définie par les populations rurales elles-mêmes. Dès lors, il est possible de réaliser des analyses ciblées en agrégeant les données en fonction de sujets précis. En plus de générer des informations plus fiables, cette méthode responsabilise d’avantage les paysans, en leur donnant les moyens de participer à la formulation des solutions à apporter à leurs problèmes. L’opération connaît un franc succès et l’expérience conduite au départ dans trois villages a été rapidement étendue à 20 villages et couvrira 100 villages en 2007.
Source: FIDA
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