Communiqué nº: IFAD 15/01
Rome le 15 mai. Les dirigeants du monde entier engagés dans la promotion d'un processus de mondialisation équitable sont réunis à Bruxelles pour une conférence sur ''les pays les moins avancés'' (PMA). Leurs travaux sont axés sur les 49 pays les plus pauvres, c'est-à-dire sur les 10% de la population mondiale qui sont à la traîne en termes de revenus et de bien-être. L'Afrique est au centre des préoccupations notamment l'effroyable recul en matière de santé humaine qui constitue une menace pour la survie des populations et remet en question la pérennité de tous les progrès accomplis par le continent pour améliorer les conditions de vie de ses habitants.
Pour le Secrétaire général des Nations Unies, Kofi Annan, qui participe à cette troisième conférence des Nations Unies sur les PMA, la réduction de la pauvreté et la lutte contre le sida revêtent une importance capitale.
Participant actif à la conférence, le Président récemment élu du FIDA, M. Lennart Båge, de nationalité suédoise, lance une mise en garde contre l'aggravation de la marginalisation des ruraux pauvres des PMA si rien n'est fait aujourd'hui alors qu'il y a un consensus global sur les objectifs de développement fixés par la communauté internationale.
Les PMA sont les pays les plus pauvres du monde et ils sont dénués notamment des moyens de développer leurs économies nationales et d'assurer un niveau de vie décent à leurs populations. Dans le Programme d'action PMA-III, l'insécurité alimentaire est considérée comme l'aspect le plus typique de la pauvreté. Le FIDA a un mandat unique en son genre, contribuer à éliminer la pauvreté rurale, créer des perspectives économiques pour les ruraux pauvres, et assurer la sécurité alimentaire. Les PMA accueillent 258 projets du FIDA, d'un montant total de près de 2,6 milliards de USD, et bénéficient invariablement de près de 40% des fonds octroyés par le FIDA au titre des prêts. A l'heure où le développement de l'Afrique subsaharienne représente le plus grand défi du XXIe siècle, M. Båge est convaincu que ce n'est pas le défaut de capacités, mais plutôt l'absence d'un contexte favorable, qui a étouffé le développement de ce continent jusqu'à nos jours.
La plupart des pays les moins avancés sont situés en Afrique. Tous ces pays ont été particulièrement vulnérables aux bouleversements provoqués par la chute des prix des produits de base, les conflits et les catastrophes naturelles, ainsi que la pandémie du sida. Le sida frappe l'Afrique en plein cur, anéantissant les réalisations en matière de santé et d'éducation, et laissant la société exsangue à tous les niveaux. Mais le sida n'est pas la seule maladie qui menace la vie et les moyens de subsistance en Afrique. Le paludisme et les maladies transmises par l'eau sont également responsables d'une grande partie du sacrifice humain consenti chaque jour par le continent pour des problèmes dont la plupart, s'ils restent critiques dans les pays pauvres, sont entièrement résolus dans le monde développé.
Il importe de mettre en place au plus vite des processus de développement de grande ampleur qui contribueront à stabiliser les familles et les communautés africaines, permettront aux Africains d'investir dans les mesures essentielles de contrôle du sida et des autres maladies, et doteront les femmes africaines des moyens de prendre en main leur propre destinée. Il est nécessaire d'axer davantage les interventions sur les Africains pauvres, hommes et femmes. Le rythme de la réduction de la pauvreté en Afrique est beaucoup plus lent que celui qui serait requis pour la réalisation de l'objectif du Sommet du millénaire.
Ce matin, pendant la session thématique de la conférence sur les PMA intitulée ''Améliorer les capacités productives: le secteur agricole et la sécurité alimentaire'', Lennart Båge a évoqué le véritable défi que représente mettre un terme à la pauvreté. Il a lancé un appel en faveur de l'adoption d'une nouvelle approche pour éliminer la pauvreté dans les pays les moins avancés, une approche s'appuyant sur des politiques nationales bien ciblées et une aide internationale accrue.
M. Båge a déclaré: ''Réduire de moitié la pauvreté dans les pays les moins avancés, plus particulièrement en Afrique, implique un taux de croissance économique d'environ 7% par an, c'est-à-dire beaucoup plus élevé que celui qui a été atteint pendant les années 90. Dans la plupart des PMA, les pauvres vivent essentiellement en milieu rural et sont tributaires pour leur survie de l'agriculture ainsi que du commerce, des services et des activités de transformation qui y sont liés. Malheureusement, parmi les pauvres, on recense majoritairement un nombre croissant de femmes, elles qui outre leurs tâches ménagères ont la même obligation de participer aux travaux des champs, tout en ayant un accès encore plus limité que les hommes aux biens, aux services ou aux appuis. Le seul moyen d'accélérer la croissance dans ces pays consiste à tirer parti des capacités sous-utilisées des pauvres grâce à un développement rural largement ouvert, centré sur l'amélioration de la production agricole.''
M. Båge a insisté sur le fait que les investissements étrangers directs représentaient un potentiel pour l'augmentation de la capacité productive des PMA mais que, dans beaucoup de ces pays, l'accroissement de l'APD était essentiel à la réalisation, en termes de santé, d'éducation, d'infrastructures et de services, des conditions nécessaires pour attirer les investissements privés. Un redoublement d'efforts afin d'atteindre l'objectif de 0,7% fixé pour l'APD, en réorientant en faveur des zones rurales et du développement agricole les ressources consacrées à l'aide au développement par les institutions financières internationales et les donateurs bilatéraux, constitue le facteur clé de la réalisation des objectifs fixés pour 2015.
Le FIDA est une institution spécialisée des Nations Unies dont le mandat spécifique est de lutter contre la faim et la pauvreté dans les régions les plus défavorisées du monde. Depuis 1978, le FIDA a financé 584 projets dans 115 pays, allouant près de 7 milliards de USD au titre de prêts et de dons. Grâce à ces projets, près de 250 millions de ruraux ont eu une possibilité de se libérer de la pauvreté. Le FIDA octroie la plus grande partie de ses ressources aux pays à faible revenu à des conditions particulièrement favorables remboursement sur 40 ans avec un différé d'amortissement de dix ans et une commission de service de 0,75% l'an.