Communiqué nº: IFAD 03/02
Rome, le 14 janvier 2002 - Au lendemain des événements tragiques du 11 septembre, et de ceux, plus récents, survenus en Argentine, le débat sur la pauvreté dans le monde a pris une dimension toute particulière. La pauvreté dans le monde est de plus en plus perçue non seulement comme un fléau économique et social grave pour ceux qu'elle touche directement, mais également comme un facteur potentiel majeur de déstabilisation politique à l'échelle d'un pays, voir du monde.
En effet, près de 1,2 milliard d'habitants sur notre planète vivent dans une situation de pauvreté extrême, avec moins de 1 dollar par jour. Les trois quarts d'entre eux vivent et travaillent actuellement dans les campagnes. Cette dimension rurale de la pauvreté est ignorée. Dans son rapport 2001 sur la pauvreté rurale, le Fonds international de développement agricole (FIDA) constate que l'exode rural a été surestimé, et qu'environ 60% des pauvres de la planète continueront à vivre et à travailler dans les campagnes en 2020, et 50% en 2035. En Afrique subsaharienne, les problèmes de pauvreté revêtent un caractère encore plus dramatique en raison de l'engrenage pauvreté/sida.
La communauté internationale a reconnu à la fois l'étendue et la gravité du fléau de la pauvreté dans le monde. Elle s'est fixé pour objectif, dans la Déclaration du Millénaire adoptée en septembre 2000, de « réduire de moitié d'ici 2015 la proportion de pauvres qui vivent avec moins de 1 dollar par jour et la proportion de personnes qui souffrent de la faim »
Or, force est de constater que, malgré ces bonnes résolutions, les progrès accomplis jusqu'à présent restent nettement inférieurs à ce qui serait nécessaire pour atteindre cet objectif, notamment dans les régions les plus pauvres telles que l'Afrique subsaharienne. Par ailleurs, l'aide internationale en valeur réelle a diminué entre 1988 et 1998. Il en est de même pour l'aide aux pays à faible revenu ou aux pays les moins avancés, puisque la part qui leur est affectée est demeurée constante, soit environ 63%. S'agissant du secteur agricole et rural, l'évolution montre que l'aide à l'agriculture a baissé en termes réels (passant de 4,9 millards de dollars en 1988 à 2,5 millards de dollars en 1999). Le recul de l'aide au développement en général, conjugué à la réduction de la part dévolue à l'agriculture, témoigne donc que le secteur rural est sérieusement négligé, alors même que c'est là où vivent le plus de pauvres.
Dans ce contexte, il apparaît très clairement qu'il est nécessaire de réorienter les ressources en faveur des habitants des campagnes et des pauvres. Pour ce faire, il est urgent de combattre le désintérêt pour le monde rural. C'est l'objectif que se fixe le FIDA, auquel la communauté internationale a conféré, à sa création en 1978, le mandat de lutter contre la pauvreté rurale dans le monde. Depuis, le Fonds n'a cessé d'uvrer au service de la communauté internationale en général, et des ruraux pauvres, de leurs États et de leurs partenaires, en particulier. L'action du Fonds s'est traduite notamment par des transferts substantiels de ressources, un travail au plus proche des besoins des communautés pauvres, et des résultats tangibles dans la rupture du cercle vicieux de la pauvreté.
Agir sur un phénomène aussi grave et complexe que la pauvreté rurale nécessite en premier lieu de mettre au centre de toute réflexion ou décision les ruraux pauvres eux-mêmes, notamment les femmes. Il est également indispensable de sensibiliser davantage les opinions publiques, et de mobiliser l'ensemble des forces vives de la communauté internationale.
C'est pourquoi la France et le FIDA organisent à Paris, le 18 janvier 2002, une journée d'échanges et de réflexion pour débattre de l'état de la pauvreté rurale et des moyens de la réduire. La journée sera articulée autour des trois thèmes suivants:
Cette journée débat sur la réduction de la pauvreté rurale dans le monde sera co-présidée par M. Lennart BÅGE, Président du FIDA et M. Charles JOSSELIN, ministre Délégué à la Coopération Internationale et à la francophonie. Les débats se dérouleront au Centre International des Conférences (CIC), 5 avenue des Portugais, Paris 16° de 9h00 à 18h00. Les organisations suivantes ont été invitées: départements ministériels intéressés (affaires étrangères, finances, agriculture), Agence Française de Développement (AFD), Haut Conseil de la Coopération Internationale (HCCI), représentants de la Recherche (CIRAD, INRA, IRD, etc.), l'enseignement (Institut National Agronomique Paris-Grignon (INA PG), universités Paris I, Paris XI, Paris XIII, etc.), ainsi que des représentants de la société civile (ONG et leurs plates-formes) et des organisations professionnelles. Des membres de la communauté francophone sont également conviés.
Le FIDA est une institution spécialisée des Nations Unies dont le mandat spécifique est de lutter contre la faim et la pauvreté dans les régions les plus défavorisées du monde. Depuis 1978, le FIDA a financé 584 projets dans 114 pays, ainsi qu'en Cisjordanie et à Gaza, allouant près de 7,2 milliards de dollars des États-Unis au titre de prêts et de dons.
Grâce à ces projets, la FIDA a aidé environ 250 millions de personnes à sortir de la pauvreté. Le FIDA octroie la plus grande partie de ses ressources aux pays à faible revenu à des conditions particulièrement favorables - remboursement sur 40 années avec un différé d'amortissement de 10 ans et une commission de service de 0,75% l'an.