Enabling poor rural people
to overcome poverty



Communiqué nº: IFAD 13/05

Rome, 16 février 2005 – Les représentants des Nations unies et d’autres organisations concernés par les problèmes des peuples autochtones se sont réunis la veille du Conseil des Gouverneurs du FIDA pour discuter de l’intégration des perspectives de développement des peuples autochtones afin d’atteindre les objectifs du Millénaire pour le développement.

Le constat de ce séminaire était clair : il faut élaborer des initiatives de développement basées sur les besoins spécifiques des peuples autochtones si l’on veut permettre à quelque 300 millions de personnes de par le monde de s’élever au-dessus du seuil de pauvreté.

Cette rencontre était organisée par le Forum permanent des questions indigènes des Nations unies et par Tebtebba/Centre international de recherche politique et d’éducation pour les peuples indigènes, en collaboration avec le FIDA. Des représentants de six organisations du Guatemala, de l’Inde, du Kenya et des Philippines, ainsi que de l’Institut nordique d’études asiatiques au Danemark étaient présents.

Les peuples autochtones représentent environ un tiers des personnes les plus pauvres et marginalisées du monde et vivent dans plus de 70 pays. Néanmoins, leurs besoins et aspirations sont rarement pris en compte par les politiques de développement. Les objectifs du Millénaire pour le développement ont parfois négligé la spécificité des besoins et attentes des minorités ethniques.

Pour de multiples raisons politiques et historiques, les peuples autochtones ont été refoulés sur les terres les moins fertiles et les plus fragiles, dans des zones forestières lointaines ou montagneuses difficilement accessibles. Dans ces milieux isolés et rigoureux, de nombreux peuples autochtones ne peuvent subvenir à leurs besoins alimentaires, gagner leur vie, bénéficier des soins médicaux, acquérir une éducation et améliorer leurs conditions de vie tout en préservant leur identité culturelle.

Dans le passé, on a souvent essayé d’intégrer les peuples autochtones dans la culture dominante du pays. Ce genre d’efforts a non seulement été mal reçu, mais cela a contribué à déstabiliser l’équilibre de ces peuples et à exacerber les situations de pauvreté et de conflit.

« La plupart des peuples autochtones ne veulent pas entendre parler de développement traditionnel, » a déclaré Victoria Tauli-Corpuz, directrice générale de Tebtebba et membre du Forum permanent des questions indigènes des Nations unies. « Mais au cours des vingt dernières années, des exemples très positifs de projets de développement ont vu le jour au sein de collectivités autochtones ».

Depuis 1978, le FIDA a alloué une part significative de ses ressources financières pour porter assistance aux peuples autochtones dans diverses régions du monde. A l’heure actuelle, plus de 19 projets sont financés par le FIDA dans neuf pays en Asie et en Amérique latine et exclusivement consacrés aux questions indigènes.

« En Asie et en Amérique latine, le FIDA a consacré plus de 800 millions de dollars à la situation des peuples autochtones, ce qui représente un cinquième des prêts accordés à ces régions, » a précisé Cyril Enweze, Vice-président du FIDA .

En Afrique, le FIDA apporte son soutien aux bergers et autres petits groupes, tels les pêcheurs Imraguen en Mauritanie et les tribus Batwa en République démocratique du Congo, pour leur permette d’améliorer leurs conditions de vie et la gestion de leurs ressources naturelles.

« Le FIDA s’est engagé de façon significative aux côtés des peuples autochtones dans le cadre du dialogue international, au-delà des limites de nos projets, » a ajouté M. Enweze.

« Nous nous intéressons aux peuples autochtones, non seulement en raison de la situation de pauvreté extrême dans laquelle ils se trouvent, mais pour leur énorme potentiel encore inexploité. Le FIDA a une immense reconnaissance pour le système de valeur des peuples autochtones, ainsi que pour leur savoir et leur leadership en matière de ressources naturelles et de biodiversité. »


Le FIDA est une institution spécialisée des Nations Unies qui se consacre à l’élimination de la pauvreté rurale dans les pays en développement. Les trois-quarts de la population la plus pauvre de la planète – 900 millions de femmes, d’enfants et d’hommes – vivent en milieu rural et dépendent, pour subsister, de l’agriculture et d'activités connexes. Au moyen de prêts à faible taux d'intérêt et de dons, le FIDA s'emploie avec les gouvernements à élaborer et financer des projets et programmes qui mettent les ruraux pauvres en mesure de vaincre par eux-mêmes la pauvreté.

Près de 200 projets et programmes d’élimination de la pauvreté rurale représentant un montant total de 6,5 milliards de USD sont actuellement appuyés par le FIDA. Le Fonds a investi dans ces initiatives quelque 3 milliards de USD. Le cofinancement provient des gouvernements, des bénéficiaires, de donateurs multilatéraux et bilatéraux et d’autres partenaires. À plein régime, ces projets et programmes aideront plus de 100 millions de femmes et d’hommes ruraux pauvres à améliorer leurs conditions de vie et celles de leur famille. Depuis 1978, le FIDA a investi quelque 8,5 milliards de USD dans 676 projets et programmes qui ont permis à plus de 250 millions de ruraux pauvres de mener avec leurs familles une existence meilleure.