Communiqué nº: IFAD/24/06
Rome, 19 Mai 2006 - Le programme de réforme foncière malgache va se voir renforcé par un nouveau projet de développement visant à accroître la sécurité foncière des populations rurales pauvres. Ce projet contribuera également à favoriser la stabilité sociale, réduire la pauvreté et stimuler la croissance économique.
Le financement du Projet d'appui au développement de Menabe et Melaky, d'un montant de 23 millions de USD, sera assuré en partie par un prêt (13,1 millions de USD) et un don (365 000 USD) du Fonds international de développement agricole (FIDA). L'accord de prêt sera signé le 19 mai par la Présidente adjoint du FIDA, Mme. Ana Knopf, et l'Ambassadeur de la République de Madagascar à Rome, M. Auguste Richard Paraina.
Situées à l'ouest de Madagascar, les régions de Menabe et Melaky connaissent un niveau élevé de pauvreté, de malnutrition et d'analphabétisme. Les populations de ces deux régions sont particulièrement vulnérables, du fait de l'insécurité des droits fonciers et de la forte incidence des catastrophes naturelles. Madagascar est l'un des pays les plus pauvres au monde et ce projet aidera tout particulièrement les petits exploitants disposant de peu ou pas de terre et qui sont confrontés pendant l'année à de graves problèmes de malnutrition. Environ 200 000 personnes devraient bénéficier directement de ce projet dont le déroulement s'étale sur huit ans.
Le secteur agricole constitue l'épine dorsale de l'économie malgache puisque 85% des habitants vivent à la campagne. La plupart des paysans exploitent des parcelles de 1,2 hectare en moyenne et la pauvreté est fortement liée à la faible productivité, la médiocrité des services de transport et l'insécurité des droits fonciers.
Ce projet a pour objectif primordial la mise en place d'un environnement agricole stable, en particulier sur le plan du régime foncier et des services agricoles. Il favorisera le développement durable, grâce à la formation et la prestation de services aux ruraux pauvres, ainsi qu'à la conservation et l'aménagement des terres et bassins versants, au contrôle de l'érosion et au maintien de la fertilité des sols. Seront également facilitées les activités génératrices de revenus pour les ménages.
Dans le cadre de son Programme national foncier, le Gouvernement de Madagascar a commencé en 2004 à réorganiser l'administration chargée de l'octroi des titres. En 2005, le FIDA a apporté son appui à la conception d'une nouvelle politique et à l'expérimentation, réussie, d'octroi de certificats fonciers garantissant les droits de propriété et d'exploitation des terres.
Un appui sera apporté aux régions de Menabe et Melaky pour mettre en place des guichets fonciers locaux destinés à accélérer l'octroi de titres fonciers et leur enregistrement. Les droits des agriculteurs qui ne possèdent pas les terres qu'ils exploitent seront également traités. Les femmes à qui le droit de propriété foncière est souvent refusé, bénéficieront d'un soutien particulier.
Depuis 1979, le FIDA a financé à Madagascar 10 projets de développement par des prêts d'un montant total de 106,2 millions de USD.
Le FIDA est une institution spécialisée des Nations Unies qui se consacre à l'élimination de la pauvreté et de la faim dans les zones rurales des pays en développement. Au moyen de prêts à faible taux d'intérêt et de dons, le FIDA élabore et finance des projets qui permettent aux ruraux pauvres d'échapper par eux-mêmes à la pauvreté. Plus de 187 projets et programmes d'élimination de la pauvreté rurale représentant un montant total de 6,2 milliards de USD sont actuellement soutenus par le FIDA, qui a investi quelque 2,9 milliards de USD dans ces initiatives. Les gouvernements, les bénéficiaires, des donateurs multilatéraux et bilatéraux et d'autres partenaires cofinancent ces activités qui, à plein régime, aideront près de 80 millions de ruraux pauvres, femmes et hommes, à améliorer leur sort et celui de leur famille. Depuis le début de ses opérations, en 1978, le FIDA a investi près de 9,0 milliards de USD dans 705 projets et programmes qui ont aidé près de 300 millions de ruraux pauvres à améliorer leurs conditions de vie.
Dans les pays concernés, les gouvernements et d'autres sources de financement, y compris les participants aux projets, ont contribué à hauteur de près de 8,8 milliards de USD, tandis que les donateurs multilatéraux et bilatéraux et d'autres bailleurs de fonds ont assuré 7,0 milliards de USD de cofinancement.