Enabling poor rural people
to overcome poverty



Le Sommet africain sur les engrais est une initiative régionale de haut niveau qui vise un but historique - stimuler l'utilisation d'engrais sur tout le continent et déclencher une révolution verte en Afrique. Le Sommet se tiendra du 9 au 13 juin, à Abuja, au Nigéria. Le Président du FIDA, Lennart Båge, devrait y participer.

L'Union africaine et le Nouveau partenariat pour le développement de l'Afrique (NEPAD) sont à l'origine de cette manifestation. Le Sommet, organisé avec l'aide du Centre international de développement des engrais (IFDC), sera accueilli par le Gouvernement de la République fédérale du Nigéria et sera présidé par le Président du Nigéria, Olusegun Obasanjo. Le FIDA est l'un des principaux parrains du Sommet, avec des partenaires tels que la fondation Rockefeller et le Ministère du développement international du Royaume-Uni.

Le FIDA travaille également avec les organisations d'agriculteurs de la région à faire en sorte que leur position et leurs points de vue communs soient clairement formulés dans les conclusions du Sommet.

Les sols de l'Afrique sont les plus pauvres du monde. Des décennies d'extraction des éléments nutritifs du sol, imputable aux récoltes fréquentes, à l'érosion éolienne et au lessivage qui exportent les éléments nutritifs vitaux du sol, ont entraîné ce qui se révèle être aujourd'hui une crise de la fertilité des sols. On estime que le continent perd chaque année une quantité d'éléments nutritifs du sol équivalente à plus de 4 milliards de USD.

Plus de 204 millions de personnes en Afrique souffrent de la faim et de la malnutrition et, au cours des 30 dernières années, la situation s'est détériorée, avec un effondrement de la quantité de vivres produite par personne sur le continent.

Le message clé du Sommet est que pour faire reculer la faim en Afrique il faut remédier en premier lieu au grave appauvrissement de ses sols.

Il n'existe pas de région au monde qui ait amélioré sa production agricole sans accroître l'utilisation d'engrais dans le cadre d'une démarche globale incluant les semences améliorées et l'irrigation. Dans les régions d'Asie et d'Amérique latine où la révolution verte a donné un coup de fouet aux rendements culturaux dans les années 1960 et 1970, les agriculteurs utilisent aujourd'hui une moyenne annuelle de 140 kg d'engrais par hectare de culture.

En Afrique subsaharienne, les agriculteurs utilisent en moyenne 8 kg d'engrais par hectare et par an - soit moins de 10 pour cent de la moyenne mondiale.

Selon le NEPAD, une augmentation modeste du recours aux engrais, si elle était associée à l'utilisation efficace des autres intrants agricoles, suffirait à déclencher la révolution verte africaine qui aiderait l'Afrique à atteindre le premier Objectif du Millénaire pour développement: réduire de moitié la faim et la pauvreté extrême d'ici 2015.

Le FIDA et les petits exploitants
La mission du FIDA est d'œuvrer pour permettre aux ruraux pauvres de se libérer de la pauvreté. Il travaille aux côtés des petits agriculteurs dans le monde entier, depuis plus de 25 ans, pour les aider à accroître durablement leur production alimentaire. La vaste majorité des agriculteurs africains sont des petits exploitants.

Le FIDA participe au Sommet africain sur les engrais dans le but explicite de veiller à ce que les besoins des petits producteurs africains, en particulier les plus pauvres, soient pris en compte lorsque les plans d'action régionaux et nationaux visant à promouvoir l'utilisation des engrais seront élaborés.

Le FIDA soulignera les bénéfices économiques et environnementaux de l'utilisation des engrais organiques et minéraux, qui protège l'environnement et la base de ressources productives des agriculteurs tout en améliorant durablement la production alimentaire.

L'amélioration de l'accès des petits agriculteurs aux ressources financières et aux marchés contribue d'une manière déterminante à l'augmentation de l'utilisation d'engrais en Afrique. Le transport des engrais depuis un port de mer africain jusqu'à une exploitation située à 100 kilomètres à l'intérieur des terres peut revenir plus cher que l'expédition de ces mêmes engrais depuis l'Amérique du Nord jusqu'au port de mer africain. De ce fait, les petits agriculteurs africains paient les engrais à un prix de deux à quatre fois supérieur au prix mondial moyen.

Les agriculteurs sous contrat ont la possibilité d'obtenir du crédit de leurs acheteurs pour couvrir les coûts des engrais, mais les autres sources de crédit sont très limitées pour les petits producteurs. Le FIDA est partisan des subventions ''intelligentes'' dans le secteur africain des engrais, à certaines conditions, pour permettre aux agriculteurs les plus pauvres d'accéder aux engrais. Les subventions doivent être ciblées efficacement de manière à profiter aux personnes souhaitées, à ne pas être détournées par des intérêts puissants, et à stimuler, et non saper, le développement du marché des engrais pour le secteur privé. Le système de subvention doit également prévoir des plans de retrait efficace afin de ne pas devenir un fardeau insoutenable pour le gouvernement qui les fournit.

Si l'on veut stimuler l'utilisation d'engrais et la production des petits agriculteurs, il est vital de renforcer le pouvoir d'action de ces derniers et des groupements qui les représentent pour leur permettre d'accéder plus facilement aux engrais. Les groupements d'agriculteurs ont la capacité de négocier avec les fournisseurs d'engrais dans la mesure où les commandes en gros font baisser les coûts de transaction et de transport.

Par le biais des groupements, les petits agriculteurs ont également la possibilité d'apprendre comment utiliser d'une manière profitable et durable les engrais organiques et minéraux. Dans le système des fermes-écoles, par exemple, les petits agriculteurs conduisent leurs propres essais en champs et déterminent eux-mêmes les engrais qui conviennent le mieux à leur culture et système agraire, à quel moment il est souhaitable de les épandre et en quelles quantités.

Manifestation parallèle des agriculteurs
À l'occasion d'une manifestation organisée en marge du Sommet, les organisations d'agriculteurs présenteront le rôle central de la petite exploitation familiale et des systèmes d'exploitation mixtes dans l'agriculture africaine. On insistera sur le rôle joué par les petits agriculteurs dans la gestion de la fertilité des sols ainsi que sur la lutte qu'ils mènent pour l'agriculture durable et la sécurité alimentaire. Le FIDA prendra part à la conférence-débat.

Le FIDA en Afrique

  • Depuis la création du FIDA en 1977, les pays africains ont reçu un montant de 4 milliards de USD environ, sous la forme de prêts et de dons, pour le financement de près de 345 programmes et projets dans 51 pays.
  • Près de 50 pour cent des programmes et projets du FIDA ont concerné les pays africains depuis que l'organisation a commencé ses activités.

  • Dans le portefeuille actuel, 116 programmes et projets, sur un total de 234, sont exécutés en Afrique.
  • Le montant des prêts actuels du FIDA à l'Afrique s'élève à 1,68 milliard de USD, sur un montant total de 3,69 milliards de USD pour l'ensemble du portefeuille actuel.
  • Près de 170 millions de ruraux pauvres, hommes, femmes et enfants, ont été touchés par les opérations du FIDA en Afrique.

Le FIDA est une organisation spécialisée des Nations Unies dont la mission est d'éradiquer la pauvreté et la faim dans les zones rurales des pays en développement. Au moyen de prêts à faible taux d'intérêt et de dons, le FIDA élabore et finance des projets et programmes qui permettent aux ruraux pauvres de se libérer eux-mêmes de la pauvreté. Le FIDA finance actuellement 187 programmes et projets de lutte contre la pauvreté rurale, pour un montant total de quelque 6,2 milliards de USD. Le FIDA a investi dans ces initiatives plus de 2,9 milliards de USD, complétés par des cofinancements des gouvernements, des bénéficiaires, des donateurs multilatéraux et bilatéraux et d'autres partenaires. En régime de croisière, ces programmes aideront près de 80 millions de ruraux pauvres, femmes et hommes confondus, à améliorer leur niveau de vie et celui de leur famille. Depuis sa création en 1978, le FIDA a investi 9,0 milliards de USD dans 705 projets et programmes qui ont aidé près de 300 millions de femmes et d'hommes pauvres des zones rurales à améliorer leur sort et celui de leur famille. Les gouvernements et les autres sources de financement dans les pays emprunteurs, y compris les bénéficiaires des projets, ont contribué à hauteur de 8,8 milliards de USD environ, tandis que les donateurs multilatéraux et bilatéraux et les autres bailleurs de fonds ont fourni approximativement 7,0 milliards de USD de cofinancement.