Communiqué de presse IFAD/10/07
Rome, 14 Février 2007--- Au cours de la Table ronde “Créer des moyens d'existence rémunérateurs pour les jeunes ruraux ” – organisée à l’occasion de la 30ème Session du Conseil des Gouverneurs du Fonds international pour le Développement agricole (FIDA) – les participants ont déclaré que les politiques de développement doivent aujourd’hui cibler en priorité la jeunesse afin de résoudre la «crise des jeunes», de plus en plus grave, qui touche les zones rurales des pays en développement.
La modératrice Marcela Villarreal, Directrice de la Division de la parité, de l'équité et de l'emploi en milieu rural de l’Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture, a ouvert le débat en interrogeant les participants sur les raisons de la place très limitée accordée à la jeunesse dans la plupart des stratégies de développement des pays pauvres.
Paul Bennell, associé principal de Knowledge and Skills for Development, a souligné que la jeunesse et les besoins spécifiques des jeunes sont des réalités très difficiles à définir, ce qui explique, en partie, les difficultés rencontrées par les gouvernements à la recherche de politiques appropriées à ce groupe-cible.
«Le soutien le plus précieux que l’on peut offrir aux jeunes ruraux est l’éducation. Il est donc primordial de les scolariser, leur donnant ainsi la possibilité de fréquenter au moins les classes du cycle primaire,» a-t-il déclaré.
Asha Juma, Ministre du Travail et de la promotion des jeunes, de la condition féminine et de l'enfance du Zanzibar, a évoqué les efforts entrepris par le gouvernement de son pays afin d’accroître les opportunités d’emploi dans les zones rurales. Elle a insisté sur le fait que l’agriculture – qui, dans son Pays, est le plus gros employeur en milieu rural – offre encore des conditions de travail peu attrayantes et des revenus très bas. « L’agriculture est considérée comme une activité peu digne et de dernier recours, » a-t-elle souligné.
Selon M. Samir Radwan, Ancien Directeur général de l’Economic Research Forum, le chômage des jeunes pourrait être en partie absorbé par des taux de croissance plus importants et la conséquente création de nouveaux postes de travail. Evoquant la situation des pays du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord, il a notamment souligné que les politiques de développement mises en place il y a 20 ans ont privilégié les centres urbains au détriment de l’agriculture et, par conséquent, des jeunes ruraux.
Les participants ont donc préconisé une participation plus active des jeunes ruraux dans les processus de développement de leurs Pays et analysé les meilleures stratégies éducatives et de soutien à mettre en place pour renforcer leur capital humain et social. Selon les participants, l’agriculture et les zones rurales devraient pouvoir offrir suffisamment d’attraits pour les jeunes et garantir, à l’avenir, une meilleure redistribution des ressources.
Dans de nombreux pays très pauvres, en particulier en Afrique, les jeunes représentent environ 50% de la population totale. Pour cette raison, le FIDA, ainsi que d’autres agences et organisations travaillant dans l’univers du développement, sont aujourd’hui convaincus que la jeunesse représente un groupe cible essentiel qui doit être impliqué à tout prix dans les dynamiques nationales de croissance.
Dans ce sens, le FIDA nous offre deux bons exemples de réussite. L’Agence est intervenue efficacement en Inde avec la réalisation d’un important projet d’irrigation dans l'État indien du Maharashtra. Ce projet, co-financé par la Banque mondiale, a permis d’accroître la production agricole et la création de nombreux nouveaux postes de travail. En outre, le FIDA a permis la création de nombreuses institutions bancaires au Bénin qui ont, à leur tour, favorisé la création d’emploi pour les jeunes.
Le FIDA est une institution spécialisée des Nations Unies qui se consacre à l'élimination de la pauvreté et de la faim dans les zones rurales des pays en développement. Au moyen de prêts à faible taux d'intérêt et de dons, le FIDA élabore et finance des projets qui permettent aux pauvres d'échapper par eux-mêmes à la pauvreté. À l'heure actuelle, 185 projets et programmes d'élimination de la pauvreté rurale sont soutenus par le FIDA, et représentent un total de 6,6 milliards de USD. Le FIDA a investi plus de 3,1 milliards de USD dans ces initiatives. Les gouvernements, les bénéficiaires, des donateurs multilatéraux et bilatéraux et d'autres partenaires cofinancent ces activités. À plein régime, ces programmes aideront près de 89 millions de ruraux pauvres, femmes et hommes, à améliorer leur sort et celui de leur famille. Depuis le début de ses opérations, en 1978, le FIDA a investi 9,5 milliards de USD dans 732 programmes et projets qui ont aidé plus de 300 millions de ruraux pauvres à améliorer leurs conditions de vie. Dans les pays concernés, les gouvernements et d'autres sources de financement, y compris les participants aux projets, ont contribué à hauteur de 9,0 milliards de USD, tandis que les donateurs multilatéraux et bilatéraux et d'autres bailleurs de fonds ont assuré 7,1 milliards de USD de cofinancement.