Communiqué de presse IFAD/11/07
«Les petits exploitants doivent diversifier leurs activités et innover pour faire face à la compétition» déclare un expert de la « chaîne de valeur ».
Rome, 15 Février 2007- Les divers experts participant à la table-ronde, « Promouvoir l’emploi rural par l’approche-filière », organisée à l’occasion du 30ème Conseil des Gouverneurs du Fonds International pour le développement agricole (FIDA), ont expliqué que les exploitants ruraux pauvres ne peuvent pas accéder aux nouveaux marchés : leurs produits n’offrent pas une valeur ajoutée suffisante pour faire face à la compétition des distributeurs plus importants (ex. chaînes de supermarché).
L’essor des gros distributeurs a en effet changé, ces dernières années, la nature du commerce des produits agricoles dans le monde entier. Ces « géants » influencent aussi considérablement les normes internationales et le prix de détail des produits. Les obstacles que les petits producteurs affrontent ont donc augmenté, limitant encore plus leurs possibilités commerciales. Par ailleurs, les producteurs ruraux pauvres ne bénéficient que très relativement des opportunités créées par les nouveaux marchés et les nouvelles filières.
En aidant les producteurs ruraux pauvres à faire partie de la “chaîne de valeur” – c'est-à-dire, l’ensemble des activités allant de la production d’un bien jusqu’à sa consommation, en n’oubliant pas la stratégie de marketing – on leur permettrait de mieux promouvoir et vendre leurs produits.
Les participants de la table-ronde ont invité les experts du développement présents à analyser les mécanismes des chaînes de valeur pour mieux comprendre les défis que les paysans doivent affronter aujourd’hui, identifier les dynamiques relationnelles existantes et les acteurs qui pourraient prévaloir dans ces nouveaux systèmes.
Maria Oliva Lizarazo, directeur du programme de micro-entreprise rurale du FIDA en Colombie, a décrit un projet mis en oeuvre avec succès dans le Pays. Au cours de sa réalisation, les paysans ont reconnu le besoin de développer de nouvelles idées et d’atteindre de nouveaux marchés pour ne pas être complètement balayés par la concurrence.
“Ils sont passés de la passivité à l’activisme quand ils ont compris qu’en changeant leur mode de fonctionnement ils auraient modifié diverses catégories d’acteurs impliqués dans la chaîne,” a déclaré Lizarazo.
Hans Posthumus, consultant en stratégie d’entreprise, a déclaré que l’apparition d’importantes chaînes de supermarchés et le glissement du pouvoir des mains des producteurs aux fournisseurs ont modifié le secteur agro-alimentaire et pourraient rendre encore plus aléatoires les efforts pour réduire la pauvreté des pays en voie de développement.
«On doit multiplier nos efforts afin de mieux analyser ces changements et ces tendances,» a déclaré Posthumus.
«Or, même si le développement des chaînes de valeurs peut faciliter l’accès à de nouveaux marchés, l’emploi rural peut aussi en souffrir. On pourrait en effet assister à une augmentation des emplois précaires et peu rémunérés,» a-t-il ajouté.
Goran Damovski, spécialiste de l’intégration aux filières du FIDA, a décrit pendant la table-ronde le travail accompli par l’organisation dans une région de l’Ex-République yougoslave de Macédoine où neuf chaînes de valeurs ont été soutenues. Cette expérience a démontré que, dans certaines circonstances, les petits exploitants sont contraints de consacrer beaucoup trop de temps et d’investir d’importantes sommes d’argent pour obtenir les résultats espérés.
Une collaboration plus intensifiée entre tous les acteurs de la chaîne de valeur reste donc fondamentale en vue d’une répartition équitable des ressources et de la sauvegarde des petits exploitants agricoles.
Le FIDA est une institution spécialisée des Nations Unies qui se consacre à l'élimination de la pauvreté et de la faim dans les zones rurales des pays en développement. Au moyen de prêts à faible taux d'intérêt et de dons, le FIDA élabore et finance des projets qui permettent aux pauvres d'échapper par eux-mêmes à la pauvreté. À l'heure actuelle, 185 projets et programmes d'élimination de la pauvreté rurale sont soutenus par le FIDA, et représentent un total de 6,6 milliards de USD. Le FIDA a investi plus de 3,1 milliards de USD dans ces initiatives. Les gouvernements, les bénéficiaires, des donateurs multilatéraux et bilatéraux et d'autres partenaires cofinancent ces activités. À plein régime, ces programmes aideront près de 89 millions de ruraux pauvres, femmes et hommes, à améliorer leur sort et celui de leur famille. Depuis le début de ses opérations, en 1978, le FIDA a investi 9,5 milliards de USD dans 732 programmes et projets qui ont aidé plus de 300 millions de ruraux pauvres à améliorer leurs conditions de vie. Dans les pays concernés, les gouvernements et d'autres sources de financement, y compris les participants aux projets, ont contribué à hauteur de 9,0 milliards de USD, tandis que les donateurs multilatéraux et bilatéraux et d'autres bailleurs de fonds ont assuré 7,1 milliards de USD de cofinancement.