Kanayo Nwanze participera à la réunion conjointe de l’Union africaine (UA) et de la Commission économique pour l’Afrique (CEA) qui se tiendra au Caire
Rome, 4 juin 2009 – Selon le Président du Fonds international de développement agricole (FIDA) – l’organisation des Nations Unies qui lutte contre la pauvreté rurale –, les gouvernements africains qui favorisent le développement de leur secteur agricole peuvent limiter les effets de la crise financière mondiale sur les communautés rurales pauvres et aider leurs pays à sortir de la tourmente actuelle.
“En Afrique, les graves répercussions de la récente crise alimentaire et énergétique – et maintenant d’une crise économique mondiale sans précédent – menacent de réduire à néant les avancées économiques notables qu’a fait le continent”, déclare Kanayo F. Nwanze, Président du FIDA.
“La relance de l’économie, le règlement de la crise alimentaire et la lutte contre la pauvreté doivent nécessairement reposer sur la création d’une agriculture paysanne dynamique. Investir dans ce type d’agriculture constitue le plus durable des filets de protection sociale”, précise M. Nwanze. Les 80 millions de petites exploitations d’Afrique fournissent 80% de la production agricole du continent.
M. Nwanze s’exprimait en prévision de la Réunion annuelle conjointe des Ministres des finances et de l’économie de l’UA-CEA, qui se tiendra les 6 et 7 juin au Caire (cette année, le thème de la réunion est “Renforcer l’efficacité de la politique budgétaire en vue de la mobilisation des ressources intérieures”).
“Les investissements publics doivent privilégier l’agriculture dans la mesure où celle-ci peut offrir des emplois, nourrir les familles, constituer un filet de sécurité sociale et aider les pays africains à économiser leurs réserves de devises”, indique Mohamed Beavogui, Directeur de la Division Afrique de l’Ouest et du Centre au FIDA.
En Afrique subsaharienne, le secteur agricole emploie près de 40% de la main-d’œuvre et produit plus de 30% des recettes d’exportation.
“À l’époque de la flambée des prix des produits alimentaires, un certain nombre de pays ont, sous l’emprise de la panique, mis en œuvre un certain nombre de politiques – fermeture des frontières, contrôle des prix et subventions aux importations de produits vivriers – qui ont nui à l’agriculture”, ajoute M. Beavogui. “Il est crucial que la crise financière ne déclenche pas ce type de réaction”.
Les flux de ressources externes vers l’Afrique – aide extérieure au développement, envois de fonds et investissements étrangers directs – sont en diminution et le Fonds monétaire international a, le mois dernier, revu à la baisse ses prévisions de croissance en Afrique subsaharienne pour 2009 – de 3,25% à tout juste 1,5%, chiffre bien inférieur à la croissance démographique.
“Les gouvernements africains ne doivent pas être tentés de soustraire des ressources financières à l’agriculture ni d’adopter des politiques susceptibles de réduire la compétitivité, comme l’augmentation des taxes sur les engrais et le matériel agricole”, fait remarquer M. Beavogui.
Même si les prix des produits alimentaires ont diminué depuis la mi-2008, époque à laquelle ils avaient atteint des records historiques, ils restent élevés et instables dans nombre de pays en développement. Nombreux sont les pays d’Afrique qui dépendent des importations de denrées vivrières – comme le blé et le riz –, d’où leur vulnérabilité aux fluctuations des prix.
Le FIDA intervient dans plusieurs pays africains – comme le Bénin, la Côte d’Ivoire ou le Libéria – afin de stimuler la production des petits exploitants grâce à la fourniture de semences à haut rendement, d’engrais et d’outillage agricole, et leur permettre ainsi de satisfaire la demande de produits vivriers.
Notes aux éditeurs
Communiqué de presse FIDA /28/09
Le Fonds international de développement agricole (FIDA) œuvre aux côtés des populations rurales pauvres afin de leur permettre de cultiver et de vendre davantage de produits vivriers, d’accroître leurs revenus et de déterminer le cap de leur propre existence. Depuis 1978, le FIDA a investi plus de 11 milliards d’USD sous forme de dons et de prêts à faible taux d’intérêt octroyés à des pays en développement, permettant ainsi à quelque 340 millions de personnes de se libérer par eux-mêmes de la pauvreté. Le FIDA est une institution financière internationale et une organisation spécialisée des Nations Unies dont le siège est à Rome – la plateforme alimentaire et agricole des Nations Unies. Il représente un partenariat unique, regroupant 165 membres, entre l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), d’autres pays en développement et l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).