Rome, le 19 février 2010 – Le Fonds international de développement agricole (FIDA) a clôturé hier la réunion du Conseil des gouverneurs en renouvelant l’appel de la part des Etats membres du FIDA à investir en faveur des petits agriculteurs afin que l’on puisse atteindre les objectifs du Millénaire pour le développement d’ici à 2015.
Donnant le ton au cours de la session d’ouverture de la réunion annuelle du Fonds, le Président du FIDA, Kanayo F. Nwanze a affirmé que le moment est venu d’inciter "les entrepreneurs – à petite et grande échelle – à investir dans l’économie rurale et à tisser des relations économiques solides entre les économies rurale et urbaine."
Dans son message, le Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, a rappelé au Conseil que pour que la sécurité alimentaire soit à la fois complète et durable, il est nécessaire de donner la suprématie aux intérêts des femmes qui conjuguent production alimentaire, transformation, commercialisation, éducation des enfants et tenue du budget familial.
Investir en faveur des femmes en leur qualité de force motrice majeure de la croissance économique et de la sécurité alimentaire, a été évoqué à plusieursreprises au cours des discours, déclarations et discussions tout au long des deux journées de réunion.
Pour la première fois, les 165 Etats membres ont tenu leur réunion au siège du Fonds à Rome. Un débat interactif – Des résolutions des sommets mondiaux aux champs des agriculteurs : changement climatique, sécurité alimentaire et agriculture familiale – a été l’occasion d’échanges dynamiques à propos de l’importance de modifier la perception des gouvernements, de la société civile et du secteur privé afin que les petits agriculteurs soient considérés comme de petites entreprises.
Les intervenants Mizengo P. Pinda, Premier ministre de la République-Unie de Tanzanie, M. Gordon Conway, Professeur, International Development, Mme Nahed Mohammed Taher, Directrice générale, Gulf One Investment Bank; M. Ajay Vashee, Président de la Fédération internationale des producteurs agricoles; Mme Haydee Castillo, Coordinatrice, Womens’ Forum for Central American Integration; M. Kevin Cleaver, Vice-Président adjoint du FIDA responsable des programmes, ont débattu des modalités de mise en place d’un environnement susceptible de permette aux petits exploitants de participer activement à l’élaboration de politiques destinées à renforcer les services financiers ruraux et les infrastructures locales.
La discussion a mis l’accent sur le rôle crucial des femmes au sein de la société rurale et sur la manière de leur apporter un appui adéquat.
"Les femmes réussissent dans les affaires parce qu’elles savent attendre", dit Mme Taher (intervenante), l’une des femmes les plus puissantes du monde en 2009 selon Forbes magazine.
Dans son rôle de modérateur, le présentateur de la CNN Jim Clancy a ajouté, "Si vous voulez adopter ou enseigner quelque chose, enseignez-la à une femme, elle l’enseignera à ses enfants et aux personnes qui l’entourent."
Un certain nombre d’événements parallèles au Conseil des gouverneurs ont traité de questions cruciales concernant le développement durable et la réduction de la pauvreté.
L’un de ces événements avait pour thème l’importance de la coopération Sud-Sud dans le domaine de l’agriculture familiale. Il réunissait des délégués en provenance d’Asie, Amérique latine et Afrique. On y a traité d’économie à deux vitesses, de diversification, de questions environnementales et foncières, ainsi que de la nécessité de soutenir une réforme des marchés.
La nécessité d’agir au plan régional et de manière innovante, était au centre de la discussion de l’événement parallèle traitant de l’adaptation de la gestion des ressources hydriques au changement climatique au Moyen-Orient, en Afrique du Nord et en Europe centrale et orientale. L’impact du changement climatique sur les disponibilités en eau et sur l’agriculture - avec les sécheresses et les pénuries en eau potable croissantes, qui devraient frapper une grande partie de la région méditerranéenne, de l’Europe centrale, de la Chine et de l’Afrique, constitue un grave problème. "Au point où nous en sommes avec le changement climatique, nous devons trouver de nouvelles solutions à de nouveaux problèmes", a dit Nadim Khouri, directeur de la Division Proche-Orient et Afrique du Nord du FIDA.
Les participants à un autre événement parallèle qui avait pour thème la gestion des ressources naturelles en Afrique sub saharienne, sont tombés d’accord sur l’importance d’une approche intégrée et participative – du niveau du village au niveau trans-frontalier. Ils ont insisté sur le fait que les gouvernements doivent partir de l’expérience des agriculteurs locaux pour s’assurer que les politiques nationales mettent à profit les pratiques couronnées de succès.
Le Conseil des gouverneurs a été précédé par le troisième Forum paysan, organisé tous les deux ans, au cours duquel plus de 70 représentants d’organisations paysannes et de producteurs ruraux du monde entier se sont penchés sur la question du renforcement de leur coordination en vue d’améliorer la sécurité alimentaire.
"Des organisations de producteurs efficaces et représentatives peuvent constituer un instrument puissant pour faire entendre la voix des populations rurales, en particulier des femmes, afin qu’elles aient une influence majeure sur les décisions qui touchent leur vie et leurs moyens de subsistance", a déclaré Jean-Philippe Audinet du FIDA.
Communiqué de presse n°: FIDA/15/10
Le Fonds international de développement agricole (FIDA) œuvre aux côtés des populations rurales pauvres afin de leur permettre de cultiver et de vendre davantage de produits vivriers, d’accroître leurs revenus et de déterminer le cap de leur propre existence. Depuis 1978, le FIDA a investi plus de 11 milliards d’USD sous forme de dons et de prêts à faible taux d’intérêt octroyés à des pays en développement, permettant ainsi à quelque 340 millions de personnes de se libérer par eux-mêmes de la pauvreté. Le FIDA est une institution financière internationale et une organisation spécialisée des Nations Unies dont le siège est à Rome – la plateforme alimentaire et agricole des Nations Unies. Il représente un partenariat unique, regroupant 165 membres, entre l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), d’autres pays en développement et l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).