Rome, le 5 mars 2010 - À la veille de la Conférence de haut niveau pour le développement de l’agribusiness et des agro-industries à Abuja, le Président du FIDA, Kanayo Nwanze, préconisant le renforcement des partenariats public-privé en Afrique, a déclaré que "l’Afrique possède le potentiel nécessaire – en ressources humaines et naturelles – pour jeter les bases d’un secteur agricole dynamique susceptible de couvrir les besoins en denrées vivrières et en matières premières non seulement du continent, mais également d’autres régions du monde".
Des chefs d’État ou de gouvernement et des ministres africains, des directeurs d’organismes des Nations Unies et des responsables d’agences multilatérales se retrouveront dans la capitale nigériane pour cette réunion de haut niveau qui abordera les thèmes de l’insécurité alimentaire, de la pauvreté, de la faim et du chômage en Afrique.
La performance économique de certains pays africains, comme le Ghana et le Malawi, s’est récemment améliorée. La pauvreté, la faim et la malnutrition restent cependant des problèmes majeurs que vient aggraver l’accroissement du nombre de jeunes, lesquels devraient représenter 60% de la population d’ici à 2020.
Mettant l’accent sur la nécessité d’accorder la priorité aux jeunes, qui sont les agriculteurs de demain, Nwanze a déclaré que "ce sont les jeunes de 15 à 25 ans – c’est-à-dire les personnes qui nourriront le monde de demain – qui peuvent réellement modifier l’avenir de l’agriculture familiale, et notre objectif doit être de faire de l’exploitation des terres une activité rentable afin que ces jeunes, hommes et femmes, aient le désir de se lancer dans cette activité".
Le FIDA, dont la mission est de réduire la pauvreté rurale, est conscient de l’importance que revêtent l’agribusiness et les agro-industries pour aider les petits agriculteurs à devenir de petits entrepreneurs commerciaux. Les petits exploitants sont les propriétaires de petites entreprises et pas seulement des personnes pauvres qui ont besoin de subsides.
Le secteur privé est un allié dont le rôle est toujours plus capital pour stimuler la croissance économique et réduire la pauvreté, notamment s’agissant de renforcer les infrastructures et de garantir l’accès à des services financiers. "Il nous faut adopter une approche élargie afin de créer une économie rurale dynamique en contribuant à l’instauration d’un environnement économique favorable basé sur un partenariat public-privé, tout en respectant le rôle de premier plan des populations", a conclu Nwanze.
Le FIDA a collaboré avec l’Organisation des Nations Unies pour le développement industriel (ONUDI), l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA) afin d’organiser la conférence, en coopération avec le Gouvernement nigérian, l’Union africaine et la Banque africaine de développement (BAfD).
Le cacao bio accroît les revenus des petits exploitants
À la fin de l’année 2000, dans le cadre du programme d’appui participatif à l’agriculture familiale et à la pêche artisanale, le FIDA a lancé à Sao Tomé-et-Principe un projet pilote de trois ans auquel ont participé 500 exploitants de 11 communautés. Le programme visait à aider les cultivateurs de cacao du pays à passer d’une production de cacao de qualité moyenne à la production de fèves de qualité supérieure. Le FIDA a demandé à la société française Kaoka, fabricant de chocolat issu de l'agriculture biologique, de fournir des services consultatifs techniques et de vulgarisation. Il a par ailleurs aidé les associations communautaires à constituer la Coopérative d’exportation et de commercialisation du cacao biologique, responsable de l’organisation de l’activité commerciale. En 2005, les cultivateurs ont formé une coopérative d’exportation et ont signé directement avec la société Kaoka un contrat de cinq ans qui leur garantit un prix minimal stable pour leur production ainsi qu’une prime à investir dans des services sociaux au profit des communautés locales. Aux termes d’un autre contrat conclu en 2009 avec CafeDirect (Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord), les cultivateurs de la région orientale de l’île fournissent, dans le cadre du commerce équitable, du cacao au secteur des boissons chaudes du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord. Les familles de petits exploitants ayant participé au programme ont vu leur revenu annuel augmenter sensiblement en moyenne, de 25% au-dessous du seuil de pauvreté à 8% au-dessus de ce même seuil.
Le Nigéria est un membre fondateur du FIDA.
Le programme de gestion communautaire des ressources naturelles – delta du Niger, appuyé par le FIDA, vise à améliorer le niveau et la qualité de vie des populations rurales pauvres, en particulier des femmes et des jeunes, dans le delta du Niger. L’accent est mis sur la réduction des tensions et des conflits actuels grâce à l’amélioration des possibilités d’emploi des jeunes et à la canalisation de leurs énergies en faveur d’activités durables pour l’amélioration des moyens de subsistance et la gestion des ressources naturelles.
Depuis 1985, le FIDA a financé neuf programmes et projets avec des prêts d’un montant total de 187,5 millions d’USD. Tous les programmes et projets ont pris en compte les besoins des populations rurales pauvres – petits exploitants, petites entreprises rurales, communautés de pêcheurs pauvres, jeunes, paysans sans terre et femmes.
Plus de 2 millions de ménages nigérians devraient bénéficier des programmes et projets du FIDA.
Le Gouvernement nigérian a invité le FIDA à participer à son nouveau programme de développement de l’agriculture commerciale, dont l’objectif est de renforcer la sécurité alimentaire, d’accroître les possibilités d’emploi et de dynamiser l’agriculture afin de favoriser une croissance économique diversifiée du pays. Des discussions sont en cours entre le Fonds et le gouvernement concernant le rôle éventuel de ce dernier, en faveur des petits agriculteurs et de la réduction de la pauvreté, pour que la mission du FIDA soit menée à bien.
Communiqué de presse n°: FIDA/19/10
Le Fonds international de développement agricole (FIDA) œuvre aux côtés des populations rurales pauvres afin de leur permettre de cultiver et de vendre davantage de produits vivriers, d’accroître leurs revenus et de déterminer le cap de leur propre existence. Depuis 1978, le FIDA a investi plus de 11 milliards d’USD sous forme de dons et de prêts à faible taux d’intérêt octroyés à des pays en développement, permettant ainsi à quelque 340 millions de personnes de se libérer par eux-mêmes de la pauvreté. Le FIDA est une institution financière internationale et une organisation spécialisée des Nations Unies dont le siège est à Rome – la plateforme alimentaire et agricole des Nations Unies. Il représente un partenariat unique, regroupant 165 membres, entre l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), d’autres pays en développement et l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).