Rome, le 29 avril 2010 Les gouvernements africains, les donateurs et les acteurs du secteur privé doivent agir sans attendre pour transformer les 500 millions de petites exploitations que compte notre planète en entreprises rentables, a déclaré le Président du Fonds international de développement agricole (FIDA) Kanayo F. Nwanze.

Avant de partir pour Dar es Salam où il participera au Forum économique mondial sur l’Afrique, qui se tient cette année en République-Unie de Tanzanie, le Président Nwanze a déclaré qu’il fallait "repenser la concrétisation d’une volonté politique en gains pour le secteur agricole africain, composé à 95% de petites exploitations".

Il faudra pour ce faire que les gouvernements africains investissent davantage dans l'agriculture et nouent des partenariats avec le secteur privé, dans un esprit d'ouverture et de transparence, a expliqué le Président. "S’employer à doubler les revenus du paysan pratiquant une agriculture de subsistance, c’est simplement gérer la pauvreté. Mais l’aider à faire de son exploitation une vraie entreprise, c’est cela éradiquer la pauvreté", a-t-il ajouté.

Le thème du Forum économique mondial sur l’Afrique pour cette année est "Repenser la stratégie de croissance de l’Afrique". M. Nwanze devrait s’exprimer dans les principaux débats.

"Les gouvernements africains doivent créer des conditions propices au développement et à la croissance des entreprises agricoles, qui peuvent devenir le gisement d'emplois dont a tant besoin la jeunesse africaine", a déclaré le Président. "Mais la communauté internationale et les gouvernements des pays en développement doivent faire des investissements intelligents axés sur la recherche et le développement de nouvelles technologies capables d’augmenter et améliorer la production."

Les investissements et les politiques doivent favoriser la participation du secteur privé en donnant aux petits agriculteurs un accès suffisant à des biens tels que les terres et l’eau, et en améliorant les infrastructures – réseaux routiers et électriques, ou encore entrepôts.

Dans ses exposés, le Président Nwanze insistera sur le potentiel et les promesses de l’agriculture et demandera aux gouvernements des pays africains et aux acteurs du secteur privé de trouver des synergies entre leurs priorités concurrentes.

"Nous devons continuer à poser des questions sans concession sur la manière dont les pays africains et notamment leurs dirigeants gèrent leurs propres affaires et applaudir ceux qui donnent le bon exemple", a-t-il déclaré, "car il faut tirer des leçons des erreurs passées qui ont plongé dans la misère les populations pauvres des zones rurales en Afrique."

Ce sera la première fois que le Forum économique mondial se tiendra en Afrique orientale, où, selon les organismes des Nations Unies, une crise alimentaire majeure se dessine dans le sud du Soudan.

"L’Afrique subsaharienne compte quelque 80 millions de petites exploitations, qui fournissent 80% de la production agricole: les petits paysans peuvent donc libérer le potentiel du continent à se nourrir par ses propres moyens", a indiqué le Président.

"L'exploitation agricole, quelle que soit sa taille, est une entreprise. Et tout chef d'entreprise, qu'il soit petit paysan ou gros exploitant, veut et doit gagner de l’argent. Nous avons le devoir de transformer les petites exploitations en petites entreprises agricoles."

À l’occasion du Forum, le Président Nwanze rencontrera des personnalités du secteur privé et explorera le potentiel de création de richesse des petits exploitants. "Je m’emploierai à leur donner les moyens de porter leur revenu de un à cinq dollars par jour", a-t-il annoncé. Les partenariats avec le secteur privé forment la pierre angulaire de la nouvelle vision du FIDA, qui s'efforce sous la direction de son Président de mobiliser des ressources auprès du secteur privé pour les industries de transformation alimentaire, la commercialisation des produits et la création d’entreprises afin de transformer les zones rurales en pôles de prospérité économique.




Communiqué de presse n°: IFAD/30/2010

Le Fonds international de développement agricole (FIDA) œuvre aux côtés des populations rurales pauvres afin de leur permettre de cultiver et de vendre davantage de produits vivriers, d’accroître leurs revenus et de déterminer le cap de leur propre existence. Depuis 1978, le FIDA a investi plus de 11 milliards d’USD sous forme de dons et de prêts à faible taux d’intérêt octroyés à des pays en développement, permettant ainsi à quelque 350 millions de personnes de se libérer par
elles-mêmes de la pauvreté. Le FIDA est une institution financière internationale et une organisation spécialisée des Nations Unies dont le siège est à Rome – la plateforme alimentaire et agricole des Nations Unies. Il représente un partenariat unique, regroupant 165 membres, entre l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), d’autres pays en développement et l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE)
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