Enabling poor rural people
to overcome poverty



Rome, 15 juillet 2010 – Alors que la crise alimentaire dans le Sahel, en Afrique de l’Ouest, est en train de prendre de l’ampleur, le Fonds international de développement agricole (FIDA) révèle aujourd’hui qu’un grand nombre de familles vivant dans les deux zones couvertes par ses projets dans la région de Maradi, au Niger, continuent de survivre par le biais des banques de céréales. Afin de réduire la vulnérabilité et l’insécurité alimentaire dans les régions touchées par la crise, le FIDA a rapidement combiné les actions du Projet de promotion de l'initiative locale pour le développement et l’Initiative de réhabilitation et de développement agricole et rural.

Au retour de sa visite au Niger, M. Mohamed Béavogui, le directeur de la Division de l’Afrique de l’Ouest et du Centre, a déclaré que "le FIDA s’attache à créer, dans ses projets de développement agricole, des conditions optimales dans le but de répondre de façon adéquate à la crise alimentaire touchant les populations les plus pauvres dans le pays." Ces conditions signifient fournir une réponse rapide et réapprovisionner les greniers villageois, mais fournir également des intrants, autrement dit des semences et du petit outillage pour la saison de culture à venir, et enfin renforcer la résistance des ménages ruraux à une crise de cette envergure. M. Béavogui était au Niger afin de superviser les projets en cours et de définir les mesures à prendre dans un avenir proche, au-delà de l’aide d’urgence, afin d’affronter le problème de l’insécurité alimentaire, de la malnutrition et de la pauvreté rurale.

Le Sahel est une région fragile qui s’étend le long d’une bande étroite, au sud du désert du Sahara, incluant le Burkina Faso, l’Érythrée, le Mali, la Mauritanie, le Niger, le Nigéria, le Sénégal, le Soudan et le Tchad. Les sécheresses  des années 1960 et du début des années 1980, puis de nouveau en 2005, a provoqué des famines qui ont tué un million de personnes et en a touché directement 50 millions. Aujourd’hui, des précipitations faibles et irrégulières depuis l’année dernière ont conduit à une nouvelle crise, avec le Niger comme épicentre, où une population estimée à 7,1 millions de personnes est en situation d’insécurité alimentaire. De façon plus spécifique, 86% des ménages ruraux présentent des risques, en incluant les pasteurs et les femmes qui sont chefs de familles ainsi que les personnes qui dépendent directement d’elles.

M. Béavogui a déclaré que, "le FIDA travaille en collaboration étroite avec les agences des Nations Unies et d’autres partenaires afin de concrétiser la concertation récemment engagée sur les politiques publiques aux fins de la formulation d’une nouvelle stratégie de développement rural. Celle-ci doit produire des changements structurels et enrayer le cycle de réapparition récurrente d’épisodes de famine."

La sécheresse, les mauvaises récoltes, les infestations de ravageurs et de maladies, la hausse des prix des denrées alimentaires et un niveau intolérable de pauvreté, ont déclenché de graves pénuries alimentaires et appauvri les zones de pâturage, forçant la plupart des familles rurales à vendre leurs outils, leurs semences, leurs troupeaux afin d’acheter le peu de nourriture disponible.

L’analyse de la situation arrive à un moment critique, alors que la saison des pluies est sur le point de commencer. Sa longue expérience au profit du développement au Niger a permis au FIDA d’apporter un soutien à plus de 51 500 femmes dans six communes d’intervention, l’équivalent de 350 000 personnes, à travers des banques de céréales. Ces banques de céréales étaient traditionnellement utilisées par les paysans pour constituer des stocks immédiatement après les récoltes destinés à être vendus durant la saison sèche lorsque le cours du marché est plus haut. Mais l’intensification de la crise amène les populations rurales à puiser dans ces banques de céréales pour nourrir leur famille et préserver leurs forces afin de continuer de travailler leur terre.

Selon l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), la production de céréales au Niger a chuté de 30% par rapport à 2008, tandis que la production de fourrage est de 62% inférieure aux besoins. Simultanément, les prix des denrées alimentaires restent élevés, même s’ils ont décliné depuis le pic de 2008.

En septembre 2009, un projet appuyé par le FIDA a été lancé afin d’aider les populations de Maradi à renforcer leurs compétences et leur capacité à gérer leurs affaires locales, en particulier dans le domaine de la planification, de la mise en œuvre et de l’administration des investissements qui visent à améliorer la sécurité alimentaire et les conditions de vie des ménages. Depuis 1980, le FIDA a mobilisé des fonds pour huit projets et programmes au Niger pour un montant total de 235,6 millions de dollars des États-Unis.


NOTES AUX RÉDACTEURS

Mohamed Béavogui, Directeur de la Division Afrique de l’Ouest et du Centre du FIDA, tiendra une conférence de presse virtuelle sur la crise au Niger ce vendredi 16 juillet à 11 heures, heure de Rome (10 heures GMT). Si vous désirez participer à la conférence de presse virtuelle, prière de vous enregistrer sur le site Internet de l’Organisation de la Presse Africaine (APO) au plus tard à 18 heures, heure de Rome (17 heures GMT) le 15 juillet.


Communiqué de presse n°: FIDA/45/2010

Le Fonds international de développement agricole (FIDA) œuvre aux côtés des populations rurales pauvres afin de leur permettre de cultiver et de vendre davantage de produits vivriers, d'accroître leurs revenus et de déterminer le cap de leur propre existence. Depuis 1978, le FIDA a investi plus de 12 milliards d'USD sous forme de dons et de prêts à faible taux d'intérêt octroyés à des pays en développement, permettant à plus de 350 millions de personnes de se libérer par elles-mêmes de la pauvreté. Le FIDA est une institution financière internationale et une organisation spécialisée des Nations Unies dont le siège est à Rome – la plateforme alimentaire et agricole des Nations Unies. Il représente un partenariat unique, regroupant 165 membres, entre l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), d'autres pays en développement et l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).