Rome, le 19 février 2011 - Les politiques de développement agricole et rural devraient faire plus pour mettre la priorité sur les jeunes et leur potentiel de dynamiser la productivité et la croissance, selon les participants à la séance plénière tenue cette après-midi en marge de la réunion annuelle du Conseil des Gouverneurs du FIDA (Fonds International de Développement Agricole).
Le débat intitulé, "nourrir les générations futures : jeunes ruraux d’aujourd’hui - agriculteurs prospères et productifs de demain", a exposé une série de points de vue sur pourquoi autant de jeunes des pays en voie de développement quittent les zones rurales et leur maisons pour faire leur vie dans les zones urbaines, et qu'est-ce qui peut être fait pour créer de nouvelles opportunités pour les jeunes dans le domaine de l'agriculture et autres activités rurales. La question est au sommet de l'ordre du jour de la 34ème session du Conseil des Gouverneurs du FIDA, qui se réunit au siège de Rome jusqu´à demain.
«Le problème est que les premières choses que les jeunes des zones rurales font est de tirer la leçon de l'expérience de leurs parents que l'agriculture est très risquée», a déclaré Agnes Matilda Kalibata, ministre de l'Agriculture et des ressources animales de la république du Rwanda. «Nous avons besoin de leur donner une raison de rester dans le secteur agricole.»
Introduire la technologie dans les zones rurales pourrait aider, a dit Dayana Rivera Rivas, agricultrice et promotrice de l´Association des petits producteurs de café de La Marina en Colombie (ASOPECAM). «Mais il n'existe pas de politiques claires pour cela. Les jeunes ne resteront pas dans les champs si ils n'ont pas les conditions nécessaires, telle l'éducation, l'accès aux médias et à internet, et tous les autres moyens qui les conduiront à une meilleure vie. »
Présenté par Tumi Makgabo, ancienne présentatrice de la CNN International, la table ronde a également soulevé les liens critiques qui existent entre les stratégies de développement rural axées sur les jeunes et les défis de la sécurité alimentaire mondiale.
La séance a été le théâtre d'un vif échange d'expériences et de points de vue grâce aux interventions de jeunes leaders ruraux et d'entrepreneurs de différents pays en voie de développement.
Carlo Petrini, président du mouvement international Slow Food a décrit l'approche classique de considérer la production alimentaire comme une marchandise comme les autres a été un échec. «Le secteur agricole ne peut être considéré comme un quelconque autre secteur. Le travail d'un agriculteur ne se résume pas à cultiver la terre, il fait beaucoup plus. Il préserve le paysage, il protège le territoire et défend l'environnement. Qui le paye pour ce travail ? Les jeunes doivent être mis dans les conditions de vouloir rester dans les zones rurales et y travailler», a-t-il dit. «Ils ont besoin d'un système de santé, d'éducation et de technologies. Ils ont besoin d'avoir cette volonté de rester. Nous devons donner du pouvoir aux communautés, pas aux marchandises.» Il a ajouté : «Il faut respecter les connaissances traditionnelles. La tradition ne possède pas la vérité absolue, mais la science non plus. Il faut conserver la tradition et l'intégrer à la science. Je dis donc aux jeunes de parler et d'échanger avec leurs anciens. Et arrêtons de parler de pays pauvres. Nous, Européens sommes plus pauvres que l'Afrique au niveau agricole car nous n'avons pas les jeunes qui veulent cultiver la terre.»
Un jeune représentant de la jeunesse rurale indienne Arindam Das Gupta, a fait écho au discours de Petrini et déclaré : «nous avons besoin de construire une nouvelle image de l'agriculture qui reflète l'importance de ce que font les agriculteurs dans notre société. »
Avec aujourd'hui plus d´un milliard de personnes dans le monde qui ont entre 15 et 24 ans, la part des jeunes en dessous de 25 ans représentant plus de 60% de la population de certains pays africains. La conférence s´est concentrée sur les raisons pour lesquelles les zones rurales ne profitent pas de cette ressource énorme et pourquoi tant de jeunes hommes et femmes quittent ces milieux ruraux pour tenter leur chance ailleurs.
«Nous ne pouvons pas nous permettre de sous-utiliser la plus importante ressource que nous possédons – le capital humain- et surtout les solutions que peuvent apporter ces jeunes», a affirmé Simona Marinescu, économiste du Programme des Nations Unies pour le développement, ancienne ministre du travail et ancienne sénatrice de la Roumanie. «Aucun autre groupe dans nos sociétés possède leur pouvoir et leur passion, ils doivent être impliqués dans le dialogue socio-politique de nos pays. »
Ont également participé au forum : Noel D. De Luna, attaché à l'agriculture, représentant adjoint permanent de la République des Philippines au FIDA et président du comité sur la sécurité alimentaire mondiale (CFS) et Kevin Cleaver, vice-président adjoint responsable des programmes au FIDA.
La réunion annuelle du FIDA s'est ouverte ce matin avec les discours de Kofi Annan, le Président du Conseil de l'Alliance pour une Révolution Verte en Afrique (AGRA) et la Princesse Haya Al Hussein, Messagère de la Paix pour les Nations unies et femme du Vice-président et Premier ministre des Emirats Arabes Unis.
Les travaux du Conseil des Gouverneurs se poursuivent demain, dimanche 20 février. Quatre tables rondes sont prévues. Elles exploreront les défis rencontrés par les jeunes en milieu rural, avec l´intervention d´experts du développement agricole, de jeunes entrepreneurs des zones rurales et des leaders d'organisations des jeunes.
Pour en savoir plus sur la réunion annuelle du FIDA et prendre connaissance du programme détaillé des activités, prière de consulter le site web du FIDA à l’adresse www.ifad.org.
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Communiqué de presse n°: IFAD/12/2011
Le Fonds international de développement agricole (FIDA) œuvre aux côtés des populations rurales pauvres afin de leur permettre de cultiver et de vendre davantage de produits vivriers, d'accroître leurs revenus et de déterminer le cap de leur propre existence. Depuis 1978, le FIDA a investi plus de 12,5 milliards d'USD sous forme de dons et de prêts à faible taux d'intérêt octroyés à des pays en développement, permettant à plus de 370 millions de personnes de se libérer par elles-mêmes de la pauvreté. Le FIDA est une institution financière internationale et une organisation spécialisée des Nations Unies dont le siège est à Rome – la plate-forme alimentaire et agricole des Nations Unies. Il s’agit d’un partenariat unique regroupant 167 pays: membres de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) et autres pays en développement.