Rome, le 17 février 2011 – Cette année, à l'occasion du Conseil des gouverneurs du Fond International de Développement Agricole (FIDA), d’éminentes personnalités internationales, des leaders d’organisations de jeunesse et des responsables gouvernementaux de haut rang se rassembleront à Rome. Le potentiel que représente la jeunesse des pays en développement et sa capacité à jouer un rôle moteur dans la réussite de la petite agriculture et dans la croissance économique du monde rural figure en tête de l'ordre du jour. La session s'ouvrira le 19 février au siège du FIDA à Rome.
Lors de la cérémonie d'ouverture, Kofi Annan, Président du Conseil d’administration de l’Alliance pour une révolution verte en Afrique prononcera une allocution en présence de la Princesse Haya Al Hussein, messagère de la paix des Nations Unies et épouse du Vice-Président et Premier Ministre des Émirats Arabes Unis.
Le débat en séance plénière organisé le premier jour sera consacré aux raisons pour lesquelles il est primordial de faire de la jeunesse rurale et de la petite agriculture le fer de lance des stratégies mondiales en faveur de la sécurité alimentaire, de la réduction de la pauvreté et de l’accroissement des revenus. Intitulé "Nourrir les générations futures – jeunes ruraux d’aujourd'hui, agriculteurs productifs et prospères de demain", ce débat interactif, animé par l’ancienne présentatrice de CNN International Tumi Makgabo, sera l’occasion d’entendre le point de vue d’un grand nombre de représentants des 165 États membres du FIDA, de jeunes leaders et d’entrepreneurs venus du monde entier. Participeront au débat Kwesi Ahwoi, Ministre de l’alimentation et de l’agriculture du Ghana, Carlo Petrini, fondateur du mouvement international Slow Food, Dayana Rivera Rivas, agricultrice et promotrice des activités rurales de l’Association des petits producteurs de café de La Marina en Colombie, et Kevin Cleaver, Vice-Président adjoint du FIDA, responsable des programmes.
Le second jour de la conférence sera dédié à quatre débats interactifs, chacun axé sur une région spécifique: Asie et Pacifique, Amérique latine et Caraïbes, Afrique subsaharienne et Proche-Orient, Afrique du Nord et Europe. Ces débats seront l’occasion d’analyser les défis auxquels sont confrontés les jeunes ruraux, avec la participation de spécialistes du développement agricole et rural, de jeunes entrepreneurs et de dirigeants d’organisations de jeunesse.
Selon les statistiques établies par l’ONU, le monde compte aujourd'hui plus d'un milliard de jeunes de 15 à 24 ans, et cette tranche d’âge représente en moyenne 20% de la population des pays en développement. Compte tenu de ces éléments, il s’agira de s’interroger sur les facteurs qui empêchent les zones rurales de tirer parti de ce potentiel immense et des raisons qui incitent autant de jeunes des deux sexes à quitter les campagnes pour tenter leur chance ailleurs.
Le FIDA est convaincu que les jeunes disposent d’immenses capacités d’innovation et de prise de risques, deux aspects qui sont souvent au cœur de la croissance et du développement des zones rurales, en particulier pour la petite agriculture. Or ce développement est décisif pour relever les défis que l'accroissement démographique mondial fait peser sur la sécurité alimentaire.
Le Conseil des gouverneurs passera en revue l’action du FIDA au cours de l’année écoulée. Il fera également le bilan des progrès accomplis par l'institution, tant sur le plan quantitatif qu’en termes d’efficacité en matière d’investissements dans l’agriculture ; le but étant de permettre aux femmes et aux hommes des zones rurales des pays en développement d’obtenir des revenus plus élevés et de renforcer la sécurité alimentaire.
Au cours de l’année 2010, le FIDA a accru son portefeuille d’investissements et d’activités dans toutes ses régions d’intervention. Les ressources mobilisées par l’organisation sous forme de cofinancements ont également augmenté d’environ 140% par rapport à l’année 2009. Si l’on y ajoute les montants investis par le FIDA sur ses ressources propres pour financer des projets et des programmes, les fonds engagés s'élèvent au total à 2,4 milliards d'USD, soit environ 80% de plus qu’en 2009.
Nouvelles réalités, nouveaux défis: de nouvelles chances pour la génération future
Les délégués débattront également du Rapport sur la pauvreté rurale 2011, un document phare du FIDA publié en décembre 2010. Ce rapport appelle à renforcer l’appui apporté à la formation des populations rurales pauvres, en particulier des jeunes, pour rompre avec les schémas et ne plus négliger les possibilités d’éducation, qui sont décisives en zone rurale.
Le Rapport sur la pauvreté rurale est l’aboutissement de plusieurs années de travail accompli par le personnel du FIDA et les partenaires extérieurs. Il met en lumière le fait que la pauvreté dans le monde demeure un phénomène de grande ampleur qui touche en premier lieu les zones rurales. Environ 70% des 1,4 milliard de personnes qui vivent dans l’extrême pauvreté habitent en zone rurale.
L’instabilité de plus en plus marquée des prix des denrées alimentaires, les incertitudes liés au changement climatique et à ses répercussions et toute une série de contraintes qui pèsent sur les ressources naturelles compliqueront encore les efforts de réduction de la pauvreté rurale. Mais le rapport montre aussi que la profonde mutation des marchés agricoles ouvre aux petits exploitants des pays en développement des perspectives prometteuses d’accroître sensiblement leur productivité. Cet accroissement sera essentiel afin d’assurer une production alimentaire suffisante pour nourrir une population mondiale de plus en plus urbaine, et qui devrait atteindre 9 milliards d’habitants d’ici à 2050 selon les estimations.
Pour reprendre les termes du rapport, "il est urgent… d’investir davantage et mieux dans le secteur agricole et dans les zones rurales" en adoptant une nouvelle approche de l’agriculture paysanne "qui soit à la fois axée sur le marché et durable."
Au cours de la décennie écoulée, dans les zones rurales des pays en développement, le taux global d’extrême pauvreté – les personnes disposant de moins de 1,25 USD par jour – a reculé, passant de 48% à 34%, essentiellement grâce aux progrès spectaculaires réalisés en Asie de l’Est, particulièrement en Chine.
En revanche, le rapport attire l’attention sur la hausse alarmante du nombre de personnes extrêmement pauvres vivant dans les zones rurales de l'Afrique subsaharienne, même si le pourcentage de personnes subsistant avec moins de l’équivalent de 1,25 USD par jour – égal à 62% – a légèrement baissé depuis 2001, date de la publication par le FIDA du précédent Rapport sur la pauvreté rurale. Le dernier rapport met également en évidence la persistance de la pauvreté rurale au sein du sous-continent sud-asiatique, où vit la moitié de la population rurale extrêmement pauvre du monde, estimée à 1 milliard de personnes.
Communiqué de presse n°: IFAD/05/2011
Le Fonds international de développement agricole (FIDA) œuvre aux côtés des populations rurales pauvres afin de leur permettre de cultiver et de vendre davantage de produits vivriers, d'accroître leurs revenus et de déterminer le cap de leur propre existence. Depuis 1978, le FIDA a investi plus de 12,5 milliards d'USD sous forme de dons et de prêts à faible taux d'intérêt octroyés à des pays en développement, permettant à plus de 370 millions de personnes de se libérer par elles-mêmes de la pauvreté. Le FIDA est une institution financière internationale et une organisation spécialisée des Nations Unies dont le siège est à Rome – la plate-forme alimentaire et agricole des Nations Unies. Il s’agit d’un partenariat unique regroupant 165 pays: membres de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) et autres pays en développement.
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