Rome, 5 octobre 2011 - Kanayo Nwanze, le Président du Fonds international de développement agricole (FIDA) visitera le Burkina Faso du 6 au 9 Octobre. C’est sa toute première visite officielle dans le pays depuis son élection à la tête de l’institution en Février 2009.
Au cours de son séjour, Nwanze rencontrera des hauts dirigeants du Pays et aura des séances de travail avec le Ministre des Affaires Etrangères et de la Coopération Regionale, Ypene Djibril Bassolet, le Ministre de l’économie et des finances, Lucien Marie Noël Bembamba, le Ministre de l’Agriculture et de l’Hydraulique, Laurent G. Sedogo, le Ministre de l’environnement et du développement durable, Jean Couldiaty, le Ministre des ressources animales, Jérémie Ouédraogo, le Ministre de la Recherche Scientifique et de l’Innovation, Gnissa Isaie Konate et, le Ministre en charge de l’agriculture, Abdoulaye Combary, pour discuter avec eux du partenariat entre le FIDA et leur pays dans le domaine du développement du secteur agricole – secteur vulnérable au changement climatique – et de la sécurité alimentaire du pays.
Au Burkina Faso, l’agriculture constitue l'épine dorsale de l'économie. Elle fait vivre environ 10 millions de Burkinabè et représente 32% du PIB et emploie 80% de la population active. Malgré ses efforts pour développer la production, le pays n’arrive pas à être autosuffisant dans le domaine vivrier et doit importer plus de 12 000 tonnes de céréales par an. Le secteur agricole reste encore très fragile. La variabilité des précipitations, la dégradation des sols et la désertification sont quelques-uns des facteurs clés qui influent négativement l’agriculture burkinabè.
Les agriculteurs du Burkina ont dû faire face à la variabilité climatique depuis les sécheresses des années 1970 quand ils ont commencé à modifier et à améliorer les pratiques traditionnelles de gestion des terres. Ces pratiques sont communément appelés aujourd'hui "techniques de conservation des eaux et des sols" (CES), y compris les zaï, les demi-lunes, les cordons pierreux et les digues filtrantes. Une série de mesures complémentaires ont été prises pour optimiser l'impact des techniques de CES, telles que l'utilisation de matière organique extraite de fosses fumières, de phosphates naturels et de l'agroforesterie. Les agriculteurs utilisent du fumier dans les poquets de zaï et les demi-lunes. Ce fumier contient les graines des espèces ligneuses broutées par le bétail, et la combinaison entre eau et fertilité du sol crée des conditions favorables pour le développement de ces ligneux. Les agriculteurs protègent et gèrent de plus en plus ces espèces, en créant de nouveaux systèmes agroforestiers sur des terres auparavant stériles. La densité et la diversité des espèces sur les terres réhabilitées sont souvent plus élevées que sur les anciennes parcelles.
Le FIDA a apporté un soutien important à l’élargissement de ces innovations locales à travers son portefeuille d'investissements au Burkina Faso au cours des 30 dernières années. Aujourd'hui, les techniques de CES ont amélioré sensiblement les moyens de subsistance des ruraux et entraîné une augmentation spectaculaire du couvert végétal .Un phénomène connu aujourd'hui sous le nom de "reverdissement du Sahel" accompagne cette dynamique.
Ce processus de reverdissement aide les agriculteurs à s'adapter au changement climatique et il ajoute de la matière organique au sol. De nombreuses espèces produisent également du fourrage ou sont des arbres "fertilisants". Ce processus entraîne une plus forte intégration de l'agriculture, de l'élevage et de la sylviculture au niveau des systèmes de production gérés par les agriculteurs.
Le reverdissement au Burkina Faso est localisé sur des terres agricoles améliorées et apparaît dans des zones où, à travers des activités de CES, des terres dégradées et stériles ont été récupérées et rendues productives. Dans le Plateau central du Burkina Faso, ces pratiques ont permis la réhabilitation d'une zone comprise entre 200 000 et 300 000 hectares et la production de 80 000 tonnes supplémentaires de récoltes par an, un résultat exceptionnel.
Le Président du FIDA visitera le Programme de développement rural durable (PDRD), Programme qui investit sur le CES/AGF (Conservation des Eaux et des Sols/ Agroforesterie) depuis l’année 2006, et rencontrera les bénéficiaires pour échanger des points de vue sur l’impact du projet
Depuis 1981, le FIDA a financé 12 programmes et projets de développement rural au Burkina Faso pour un montant total de 158,6 millions de dollars US ayant profité à plus de 446 200 ménages.
Communiqué de presse no: IFAD/67/2010
Le Fonds international de développement agricole (FIDA) œuvre aux côtés des populations rurales pauvres afin de leur permettre de cultiver et de vendre davantage de produits vivriers, d’accroître leurs revenus et de déterminer le cap de leur propre existence. Depuis 1978, le FIDA a investi dans des projets 13,2 milliards d’USD environ sous forme de dons et de prêts à faible taux d’intérêt octroyés à des pays en développement, permettant à quelque 400 millions de personnes de se libérer par elles-mêmes de la pauvreté et favorisant ainsi la création de communautés rurales dynamiques. Le FIDA est une institution financière internationale et une agence spécialisée des Nations Unies dont le siège est à Rome – la plateforme alimentaire et agricole des Nations Unies. Il représente un partenariat unique, regroupant 167 membres, entre l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), d’autres pays en développement et l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).