updated: 28 March, 2008
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International Fund for Agricultural Development: Media section

IFAD 03/08

La flambée des prix des produits alimentaires, l'impact du changement climatique sur les populations pauvres et le développement des biocarburants sont en tête de la liste des questions essentielles pour le développement qui seront examinées au cours de la visite bilatérale

Rome, Paris, 31 mars 2008 – Les discussions qui se déroulent aujourd'hui à Paris entre les officiels français et M. Lennart Båge, Président du FIDA, porteront sur les répercussions des nouveaux défis qu’il est urgent de relever en matière de développement.

M. Båge rencontre des hauts fonctionnaires du Gouvernement français, des représentants des organisations de la société civile et des délégués des instituts de recherche pour trouver des moyens novateurs de s'attaquer à la faim et à la pauvreté dans un monde en mutation rapide.

"Le changement climatique est au cœur d’un écheveau de nouveaux enjeux qui viennent entraver la possibilité, pour les populations les plus pauvres du monde, de se libérer de la pauvreté et de la faim" dit M. Båge. "En un mot, le prix du développement vient juste d’augmenter. Des sommes additionnelles substantielles seront nécessaires pour aider les pays pauvres à s’adapter au changement climatique".

Dans bien des régions du monde, les effets conjugués du réchauffement planétaire, des fluctuations du climat, de l'incertitude des campagnes agricoles, de la diminution des ressources en eau disponibles, de l'apparition de nouveaux ravageurs et de nouvelles maladies et de l'appauvrissement de la biodiversité pourraient mettre un terme aux progrès récents obtenus en matière de réduction de la pauvreté.

Près de un milliard de personnes sont touchées par la faim et l’extrême pauvreté. La plupart d’entre elles vivent dans les zones rurales des pays en développement et tirent leurs moyens de subsistance de l’agriculture ou d'activités connexes. Des centaines de millions de petits exploitants et autres groupes ruraux pauvres vivent dans des zones marginales gravement menacées, en raison du changement climatique, par la dégradation et la désertification.

"D’ici à 2020, on peut s’attendre à ce que le changement climatique vienne accroître de près de 50 millions le nombre de ceux qui risquent de souffrir de la faim", dit M. Båge. "Ce sont les populations les moins responsables du problème qui seront les premières et les plus durement touchées".

"C’est l’Afrique qui devrait payer le plus lourd tribut, avec 75 millions de personnes au moins confrontées chaque jour davantage à la pénurie d’eau et au manque d’eau salubre", dit-il.

La hausse des prix des produits alimentaires et le développement des biocarburants sont deux évolutions étroitement liées au changement climatique qui revêtent une importance croissante. Compte tenu de la demande accrue de biocarburants, on se demande si les populations rurales pauvres vivant dans des zones marginales ne vont pas être dépossédées de leurs terres au fur et à mesure que de grands intérêts plus influents acquièrent des superficies supplémentaires pour produire du carburant vert. Bien des personnes les plus pauvres du monde ressentent déjà concrètement la hausse des prix des produits alimentaires, qui a déjà entraîné des émeutes dans de nombreux pays, notamment au Burkina Faso, au Cameroun et au Mozambique.

"La sécurité pourrait bien être un problème grave dans un avenir assez proche," dit M. Båge.

La France et le FIDA collaborent de longue date dans les pays en développement, en particulier en Afrique. À ce jour, la France a fourni plus de 255 millions de USD pour financer des programmes et projets de réduction de la pauvreté bénéficiant de l'appui du FIDA. Elle a également apporté une contribution de près de 42 millions de USD au Programme spécial du FIDA pour l'Afrique subsaharienne.

Près de 50% des financements du FIDA sont destinés à l'Afrique, ce qui place le Fonds au nombre des trois premières institutions multilatérales investissant sur ce continent. Le nouveau Partenariat pour le développement de l'Afrique (NEPAD) et le Programme global de développement de l'agriculture africaine sont le cadre général de toute l'action du FIDA sur le continent. Le FIDA a appu

yé des projets venant en aide aux agriculteurs du Ghana, du Nigéria, du Bénin et du Congo pour accroître de manière significative leur production de manioc; le Nigéria produit désormais suffisamment de manioc pour satisfaire ses propres besoins.

Un autre projet, exécuté au Niger, a élaboré des versions améliorées des méthodes de conservation traditionnelles de l'eau qui ont permis aux agriculteurs d'accroître leur rendement dans une proportion allant jusqu'à 700%. À Sao Tomé-et-Principe, le FIDA est même parvenu à créer des liens entre un fabricant français de chocolat biologique et les producteurs de cacao, qui bénéficient ainsi d'un marché garanti pour leur récolte.

Le FIDA intensifie à l'heure actuelle le partenariat noué de longue date avec la Banque africaine de développement et s'est associé à l'Alliance pour une révolution verte en Afrique, présidée par M. Kofi Annan, ancien Secrétaire général de l'Organisation des Nations Unies, pour garantir que l'Afrique puisse mener à bien sa propre révolution verte.

"La première révolution verte nous a appris qu'il ne suffisait pas de mettre l'accent sur la productivité," dit M. Båge. "Nous devons également créer les conditions propices à une agriculture durable. Il s'agit là d'une priorité tant pour le FIDA que pour le Gouvernement français."


Le FIDA a été créé il y a 30 ans pour s'attaquer à la pauvreté rurale, principale conséquence des sécheresses et des famines du début des années 70. Depuis 1978, le FIDA a investi plus de 10 milliards de USD sous forme de prêts à faible intérêt et de dons, aidant ainsi plus de 300 millions de femmes et d'hommes vivant dans une grande pauvreté en milieu rural à accroître leurs revenus et à faire vivre leur famille. Le FIDA est une institution financière internationale et une institution spécialisée des Nations Unies. Il représente un partenariat mondial entre les pays de l'OCDE, les pays de l'OPEP et d’autres pays en développement. Le Fonds soutient actuellement plus de 200 programmes et projets dans 84 pays en développement.

Contacts

Farhana Haque-Rahman
Chef du service des relations avec les médias et des manifestations et programmes spéciaux
Tél: +390654592485/2215
f.haquerahman@ifad.org