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Evaluation par le Projet de Développement Rural Taourirt Taforalt des Approches d’Intervention Entreprises en faveur des Femmes Rurales

Sommaire d’un document soumis par la Direction du Projet, Direction Provinciale de l’Agriculture d’Oujda

Le Projet de Développement Rural Taourirt Taforalt (PDRTT) identifié en 1995, a demarré en 1997. Devant l’état de dégradation avancée de la zone, le projet s’est fixé un objectif global d’améliorer durablement les revenus et les conditions de vie de la large majorité des hommes et des femmes en milieu rural. Les objectifs spécifiques consistent à : 1) augmenter la production végétale, animale, pastorale, activités génératrices de revenus, etc ; 2) assurer une meilleure gestion et conservation des ressources naturelles ; 3) renforcer les capacités des populations rurales à gérer leur développement ; 4) adapter l’offre du projet aux besoins des bénéficiaires ; 5) favoriser le développement des groupes les plus défavorisés.

  • Le projet a adopté une approche sectorielle comprenant 4 composantes principales:
  • les aménagements (agro-pastoraux, sylvo-pastoraux, hydrauliques, épierrage),
  • l’intensification de la production agricole (recherche-développement, vulgarisation, développement de l’élevage),
  • les actions socio-économiques (intégration des femmes au développement par la création d’activités génératrices de revenus - agriculture, élevage, artisanat -, par le renforcement de leur faculté d’organisation et par l’écoute de leurs besoins ; promotion de l’emploi ; adduction d’eau potable)
  • la coordination du projet (création d’une unité de gestion de projet, UGP)

 

Suite à une mission organisée par le FIDA qui a suggéré la ré-orientation des activités de promotion féminine de façon à intégrer les activités de promotion de la femme dans le cadre d’un processus de développement communautaire, le projet a pris l’initiative d’examiner les modalités de l’exécution des activités de promotion féminine en vue d’améliorer l’efficacité des interventions au profit des femmes rurales. A cette fin, un groupe de travail s’est constitué regroupant des représentants de la Direction Provinciale de L’Agriculture d’Oujda et l’Office Régional de Mise en Valeur Agricole de Mellouia, ainsi que des antennes de ces deux organismes au niveau communautaire, les Centres de Travaux (CT) et les Centre de Mise en Valeur Agricole (CMV). Au total le groupe de travail comprend 8 personnes, dont 4 femmes.

La mission principale du groupe de travail est de réfléchir sur l’approche d’intervention, l’élaboration des programmes annuels, la définition des modalités de coopération avec les différents partenaires ainsi que l’évaluation des différentes interventions afin d’améliorer la portée des activités du projet en faveur des femmes rurales.

1. Evaluation des interventions du projet au profit des femmes :

Le groupe de travail a jugé nécessaire de faire une première évaluation des différentes actions entamées dans le cadre du projet.

1.1. Démarches et approches

En l'absence d'une étude approfondie des conditions socio-économiques des femmes rurales qui permet d'identifier leurs besoins ainsi que les modalités d'intervention, la direction du projet a procédé par le test de plusieurs tentatives.

1.1.1. Intervention à titre individuel

Dans ce cadre, plusieurs actions ont été entreprises au profit des femmes rurales à titre individuel, il s'agit de la distribution de caprin, la distribution de lapins, la distribution de fours améliorés, la distribution des citernes de stockage d’eau. L'objectif est double, d'abord ces articles servent d'entrée auprès des femmes et facilitent le contact, le dialogue et l'amorce des autres initiatives et ensuite ils convergent vers l'atteinte des objectifs du projet. Généralement, ces actions rentrent dans le cadre de l’allégement de la pénibilité de travail entrepris par les femmes.

Malheureusement cette démarche présente les limites suivantes:

  • Les opérations engagées ne concernent qu'un besoin minimum par rapport à l'ensemble des besoins des femmes rurales, et par conséquent l'effet à moyen terme est très limité ;
  • Ces actions ne sont pas suffisantes pour générer une organisation professionnelle durable, capable de se prendre en charge et initier d'autres actions.

1.1.2. Intervention auprès d'un groupe de femmes
Partant de ces limites, la direction du projet a opté pour l'intervention auprès de groupes de femmes organisées en groupements ou associations. L'objectif recherché est d’ensemencer un germe d'auto-promotion des femmes par le soutien et l'appui par l'acquisition de matériel et d'équipement. C'est le cas du matériel artisanal et de couture. Les limites se sont montrées au niveau des points suivants:

  • Difficultés des femmes à se débrouiller un local et assurer le paiement d’une monitrice pour faire apprendre un métier aux femmes. Cette difficulté oblige le recours à un partenaire tierce (Commune Rurale, Province...) ce qui ne garantie pas la continuité de l'action et parfois affecte même l'indépendance de groupement de femmes ;
  • La finalité de l'opération ne reçoit pas toujours le consensus de toutes les femmes. S'agit-il d'un apprentissage d'un métier ou bien s'agit-il d'une entreprise qui est appelée à évoluer ;
  • La difficulté de commercialisation des produits, associée à la compétition des articles industriels,
  • La non implication de l'homme dans le processus et l'absence de son apport pour la résolution des problèmes rencontrés (cas du local, de l’approvisionnement de la matière première…);
  • L'impact économique de l'action est limité. Le nombre d’articles vendus par l’un de ces groupements est de 57 soit une recette de 3445 dh durant une période de 7 mois. Le nombre de femmes est de 54 répartie en 4 groupes.

1.1.3. L'intervention auprès des foyers
Etant donné que la composante féminine est une composante d'accompagnement des composantes de base du projet, celle ci doit être exécutée dans un cadre d'intégration. L'entrée espace sous ses différentes dimensions a été privilégiée. Le choix du site a été fait sur la base du critère de l’état de dégradation d’un espace donné. Ainsi, la discussion et la concertation ont été engagées avec la population (hommes et femmes) concernée par cet espace. Le programme d’actions arrêté a porté sur les actions suivantes : plantation d'arbustes fourragers sur 200 ha ; mise en repos sur une superficie de 400 ha ; correction des ravins par des gabions pour arrêter l'érosion ; construction d'une citerne d'eau de 200 m3 ; distribution de lapins et clapiers aux femmes rurales; distribution de citernes pour le stockage d'eau.

Pour assurer l'entretien et la durabilité de ces actions, les négociations furent engagées pour la constitution d’une coopérative qui prendra en charge l’ensemble des actions entreprises. Les résultats de ces actions ont été d’une réussite relative. Pour la cuniculture, le niveau de pauvreté assez avancé et les difficultés de financement des femmes n'ont pas permis de réussir cette activité ce qui s’est traduit par un niveau de mortalité élevé. La résolution du problème d'eau par la distribution des citernes a connu aussi certaines difficultés relatives au remplissage périodique de ces citernes. La Commune Rurale qui s'est engagée à assurer l'approvisionnement périodique en eau n'a pas honoré ses engagements. Par contre le respect des mises en repos et des plantations peut servir de base pour générer un processus de prise en charge. Une demande d’extension de la superficie de la plantation d’arbustes fourragers ainsi que le renoncement aux labours des anciennes parcelles sont considérés comme des indicateurs de l’engagement des éleveurs dans le processus.

En plus des contraintes spécifiques à chaque approche testée, il existe un certain nombre de contraintes d’ordre général qui limitent l’efficacité des activités entreprises en faveur des femmes rurales.

1.2. Contraintes rencontrées

1.2.1 D’ordre général

  • Taux d’alphabétisation assez élevé des femmes,
  • Nature de l’habitat assez dispersé qui ne facilite pas la communication entre les femmes, ainsi que leur organisation et gestion commune des activités,
  • Insuffisance de l’infrastructure de base qui rend difficile l’activité quotidienne des femmes (eau potable, énergie, électricité, santé…),
  • Multitude des tâches quotidiennes confiées aux femmes ce qui ne laisse pas de temps libre pour les activités liées à son épanouissement,
  • Sous encadrement des femmes rurales et en même temps multiplicité des intervenants,
  • Difficulté de recours au système de crédit existant,
  • Insuffisance des ressources financières des femmes.

1.2.2. D’ordre technique
Un sous encadrement des activités des femmes est constaté en terme d’assistance technique sur les plans de santé, alimentation, approvisionnement en intrants, commercialisation, construction d’espace pour la formation ou le regroupement des femmes, etc...

1.2.3. D’ordre social et culturel
Le projet a constaté la difficulté de constitution de groupements mixtes de femmes et d’hommes. Pourtant, dans plusieurs cas, la présence de l’homme catalyse la formulation de plusieurs solutions.

1.2.4. D’ordre financier
Les sources de financement allouées à la promotion de la femme sont négligeables comparativement aux autres actions. En plus, le système financier privé n’est pas du tout adéquat pour satisfaire les besoins de femmes.

2. Démarche arrêtée
Les enseignements dégagés de cette pré-évaluation ont permis d’arrêter une démarche qui s’articule autour des points suivants :

2.1. Privilégier l ‘approche foyer ou approche territoriale
La composante féminine n’a pas été bien explicite lors de la formulation du projet soit en termes d’objectifs soit en termes de modalités d’exécution des actions à entreprendre. Les actions retenues sont vagues et ne sont pas bien intégrées à l’ensemble des actions du projet. L’ensemble des responsables du projet sont conscients que l’intervention uniquement au profit des hommes reste insuffisante. D’où la proposition de l’approche foyer (hommes, femmes, enfants) ou l’approche territoriale, qui revient à s’intéresser à l’analyse d’un territoire donné qui concerne aussi bien les systèmes de production que les systèmes socio-économiques. Ainsi, le programme qui en est issu va répondre à l’ensemble des besoins qui ne sont pas toujours uniquement du ressort du Ministère de l’Agriculture.

2.2. Méthodologie d’analyse des besoins
L’équipe du projet a jugé nécessaire de s’inspirer de la méthode utilisée par la Near East Foundation (NEF), pour l’analyse des besoins des hommes et femmes, laquelle repose sur les principes fondamentaux des méthodes de diagnostic participatifs. Une formation sur ces méthodes a été réalisée le 16/04/02, au profit de l’ensemble de techniciens et vulgarisatrices et a été animée par la NEF et l’équipe d’animation de la Direction Provinciale de l’Agriculture. Le diagnostic sur terrain sera supervisé par l’équipe d’animation qui existe déjà et est composée de tous les services techniques.

2.3. Zones d’intervention
Etant donné l’étendue de la zone du projet et les ressources humaines limitées de la Direction du Projet, il a été décidé de n’opérer que sur des zones pilotes en faisant recours aux méthodes de diagnostic rapide. La priorité va être donnée aux Centres de Travaux et Centres de Mise en Valeur Agricole qui disposent des vulgarisatrices qui pourront assurer sur le terrain l’encadrement des femmes. Les interventions du projet vont être concentrées au niveau d’une agglomération de population donnée ce qui permettra d’éviter le saupoudrage des actions dans l’espace. Le programme qui va être élaboré va concerner le système famille-exploitation dans sa globalité. Ainsi les effets cumulés des diverses actions pourraient engendrer des dynamiques et des processus d’auto-promotion. L’équipe de techniciens chargée du diagnostic doit être mixte et pluridisciplinaire (l’équipe d’animation est bien placée pour accomplir cette mission).

2.4. Objectifs des interventions
Les objectifs des différentes interventions du projet doivent être bien clarifiés et feront l’objet d’un consensus de l’ensemble des opérateurs. De même, les indicateurs d’évaluation doivent être élaborés pour nous renseigner sur les niveaux de réussite des différents objectifs. Les objectifs des différentes interventions doivent être scindées en deux types :

  • Des actions de soutien entreprises à titre individuel et dont l’effet est immédiat mais limité dans le temps et qui ne peuvent servir de base pour une organisation professionnelle,
  • Des actions génératrices de processus et qui demandent un encadrement proche et continu pour évoluer vers une auto-promotion.

2.5. Redéploiement des ressources humaines
Devant la problématique de l’insuffisance des vulgarisatrices, et l’impossibilité de recrutement, il est souhaitable d’envisager de constituer un réseau de relais composé de femmes leaders au niveau des différentes communautés. Ces femmes leaders doivent être encadrées dans un premier temps par les équipes d’animation féminine des CT et CMV. Pour les CT qui ne disposent pas de sections d’animation féminine, un redéploiement du personnel féminin a été opéré. Le CT de Taforalt qui ne dispose pas de vulgarisatrices, sera encadré par un ingénieur femme d’un autre CT (Oued Isly), une technicienne de la Section d’Animation Féminine du SPA prendra en charge l’encadrement du CT d’El Aioun.

Les techniciens du projet ont salué les initiatives du FIDA pour leur assurer une large formation. Ils insistent sur les aspects pratiques. La question de la motivation a été largement débattue mais sans pouvoir décider sur des actions concrètes du fait qu’il n’y avait pas un décideur.

2.6. Besoins en formation
Les thèmes préliminaires de formation sont ceux qui ont été identifiés au moment du passage de la mission du FIDA en Mars 2002 : analyse du milieu ; développmet de l’aptitude à l’écoute et à l’observation ; développement et maintien des relations de partenariat ; sensibilisation aux rôles d’intérdependences des hommes te des femmes ; communication ; conception des supports audiovisuels ; gestion et encadrement des associations communautaires ; suivi évaluation ; dynamique de groupe ; conduite et gestion de conflit.

Date : avril 2002


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