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Suite à une mission organisée par le FIDA qui a suggéré
la ré-orientation des activités de promotion féminine
de façon à intégrer les activités de promotion
de la femme dans le cadre dun processus de développement
communautaire, le projet a pris linitiative dexaminer les
modalités de lexécution des activités de promotion
féminine en vue daméliorer lefficacité
des interventions au profit des femmes rurales. A cette fin, un groupe
de travail sest constitué regroupant des représentants
de la Direction Provinciale de LAgriculture dOujda et lOffice
Régional de Mise en Valeur Agricole de Mellouia, ainsi que des
antennes de ces deux organismes au niveau communautaire, les Centres de
Travaux (CT) et les Centre de Mise en Valeur Agricole (CMV). Au total
le groupe de travail comprend 8 personnes, dont 4 femmes.
La mission principale du groupe de travail est de réfléchir
sur lapproche dintervention, lélaboration
des programmes annuels, la définition des modalités de coopération
avec les différents partenaires ainsi que lévaluation
des différentes interventions afin daméliorer la
portée des activités du projet en faveur des femmes rurales.
1. Evaluation des interventions du projet au profit des femmes :
Le groupe de travail a jugé nécessaire de faire une première
évaluation des différentes actions entamées dans
le cadre du projet.
1.1. Démarches et approches
En l'absence d'une étude approfondie des conditions socio-économiques
des femmes rurales qui permet d'identifier leurs besoins ainsi que les
modalités d'intervention, la direction du projet a procédé
par le test de plusieurs tentatives.
1.1.1. Intervention à titre individuel
Dans ce cadre, plusieurs actions ont été entreprises au
profit des femmes rurales à titre individuel, il s'agit de la distribution
de caprin, la distribution de lapins, la distribution de fours améliorés,
la distribution des citernes de stockage deau. L'objectif est double,
d'abord ces articles servent d'entrée auprès des femmes
et facilitent le contact, le dialogue et l'amorce des autres initiatives
et ensuite ils convergent vers l'atteinte des objectifs du projet. Généralement,
ces actions rentrent dans le cadre de lallégement de la
pénibilité de travail entrepris par les femmes.
Malheureusement cette démarche présente les limites suivantes:
- Les opérations engagées ne concernent qu'un besoin
minimum par rapport à l'ensemble des besoins des femmes rurales,
et par conséquent l'effet à moyen terme est très
limité ;
- Ces actions ne sont pas suffisantes pour générer une
organisation professionnelle durable, capable de se prendre en charge
et initier d'autres actions.
1.1.2. Intervention auprès d'un groupe de femmes
Partant de ces limites, la direction du projet a opté pour l'intervention
auprès de groupes de femmes organisées en groupements ou
associations. L'objectif recherché est densemencer un germe
d'auto-promotion des femmes par le soutien et l'appui par l'acquisition
de matériel et d'équipement. C'est le cas du matériel
artisanal et de couture. Les limites se sont montrées au niveau
des points suivants:
- Difficultés des femmes à se débrouiller un local
et assurer le paiement dune monitrice pour faire apprendre un
métier aux femmes. Cette difficulté oblige le recours
à un partenaire tierce (Commune Rurale, Province...) ce qui ne
garantie pas la continuité de l'action et parfois affecte même
l'indépendance de groupement de femmes ;
- La finalité de l'opération ne reçoit pas toujours
le consensus de toutes les femmes. S'agit-il d'un apprentissage d'un
métier ou bien s'agit-il d'une entreprise qui est appelée
à évoluer ;
- La difficulté de commercialisation des produits, associée
à la compétition des articles industriels,
- La non implication de l'homme dans le processus et l'absence de son
apport pour la résolution des problèmes rencontrés
(cas du local, de lapprovisionnement de la matière première
);
- L'impact économique de l'action est limité. Le nombre
darticles vendus par lun de ces groupements est de 57
soit une recette de 3445 dh durant une période de 7 mois. Le
nombre de femmes est de 54 répartie en 4 groupes.
1.1.3. L'intervention auprès des foyers
Etant donné que la composante féminine est une composante
d'accompagnement des composantes de base du projet, celle ci doit être
exécutée dans un cadre d'intégration. L'entrée
espace sous ses différentes dimensions a été privilégiée.
Le choix du site a été fait sur la base du critère
de létat de dégradation dun espace donné.
Ainsi, la discussion et la concertation ont été engagées
avec la population (hommes et femmes) concernée par cet espace.
Le programme dactions arrêté a porté sur les
actions suivantes : plantation d'arbustes fourragers sur 200 ha ; mise
en repos sur une superficie de 400 ha ; correction des ravins par des
gabions pour arrêter l'érosion ; construction d'une citerne
d'eau de 200 m3 ; distribution de lapins et clapiers aux femmes rurales;
distribution de citernes pour le stockage d'eau.
Pour assurer l'entretien et la durabilité de ces actions, les
négociations furent engagées pour la constitution dune
coopérative qui prendra en charge lensemble des actions
entreprises. Les résultats de ces actions ont été
dune réussite relative. Pour la cuniculture, le niveau de
pauvreté assez avancé et les difficultés de financement
des femmes n'ont pas permis de réussir cette activité ce
qui sest traduit par un niveau de mortalité élevé.
La résolution du problème d'eau par la distribution des
citernes a connu aussi certaines difficultés relatives au remplissage
périodique de ces citernes. La Commune Rurale qui s'est engagée
à assurer l'approvisionnement périodique en eau n'a pas
honoré ses engagements. Par contre le respect des mises en repos
et des plantations peut servir de base pour générer un processus
de prise en charge. Une demande dextension de la superficie de
la plantation darbustes fourragers ainsi que le renoncement aux
labours des anciennes parcelles sont considérés comme des
indicateurs de lengagement des éleveurs dans le processus.
En plus des contraintes spécifiques à chaque approche testée,
il existe un certain nombre de contraintes dordre général
qui limitent lefficacité des activités entreprises
en faveur des femmes rurales.
1.2. Contraintes rencontrées
1.2.1 Dordre général
- Taux dalphabétisation assez élevé des
femmes,
- Nature de lhabitat assez dispersé qui ne facilite pas
la communication entre les femmes, ainsi que leur organisation et gestion
commune des activités,
- Insuffisance de linfrastructure de base qui rend difficile
lactivité quotidienne des femmes (eau potable, énergie,
électricité, santé
),
- Multitude des tâches quotidiennes confiées aux femmes
ce qui ne laisse pas de temps libre pour les activités liées
à son épanouissement,
- Sous encadrement des femmes rurales et en même temps multiplicité
des intervenants,
- Difficulté de recours au système de crédit existant,
- Insuffisance des ressources financières des femmes.
1.2.2. Dordre technique
Un sous encadrement des activités des femmes est constaté
en terme dassistance technique sur les plans de santé, alimentation,
approvisionnement en intrants, commercialisation, construction despace
pour la formation ou le regroupement des femmes, etc...
1.2.3. Dordre social et culturel
Le projet a constaté la difficulté de constitution de groupements
mixtes de femmes et dhommes. Pourtant, dans plusieurs cas, la présence
de lhomme catalyse la formulation de plusieurs solutions.
1.2.4. Dordre financier
Les sources de financement allouées à la promotion de la
femme sont négligeables comparativement aux autres actions. En
plus, le système financier privé nest pas du tout
adéquat pour satisfaire les besoins de femmes.
2. Démarche arrêtée
Les enseignements dégagés de cette pré-évaluation
ont permis darrêter une démarche qui sarticule
autour des points suivants :
2.1. Privilégier l approche foyer ou approche territoriale
La composante féminine na pas été bien explicite
lors de la formulation du projet soit en termes dobjectifs soit
en termes de modalités dexécution des actions à
entreprendre. Les actions retenues sont vagues et ne sont pas bien intégrées
à lensemble des actions du projet. Lensemble des
responsables du projet sont conscients que lintervention uniquement
au profit des hommes reste insuffisante. Doù la proposition
de lapproche foyer (hommes, femmes, enfants) ou lapproche
territoriale, qui revient à sintéresser à
lanalyse dun territoire donné qui concerne aussi
bien les systèmes de production que les systèmes socio-économiques.
Ainsi, le programme qui en est issu va répondre à lensemble
des besoins qui ne sont pas toujours uniquement du ressort du Ministère
de lAgriculture.
2.2. Méthodologie danalyse des besoins
Léquipe du projet a jugé nécessaire de sinspirer
de la méthode utilisée par la Near East Foundation (NEF),
pour lanalyse des besoins des hommes et femmes, laquelle repose
sur les principes fondamentaux des méthodes de diagnostic participatifs.
Une formation sur ces méthodes a été réalisée
le 16/04/02, au profit de lensemble de techniciens et vulgarisatrices
et a été animée par la NEF et léquipe
danimation de la Direction Provinciale de lAgriculture.
Le diagnostic sur terrain sera supervisé par léquipe
danimation qui existe déjà et est composée
de tous les services techniques.
2.3. Zones dintervention
Etant donné létendue de la zone du projet et les
ressources humaines limitées de la Direction du Projet, il a été
décidé de nopérer que sur des zones pilotes
en faisant recours aux méthodes de diagnostic rapide. La priorité
va être donnée aux Centres de Travaux et Centres de Mise
en Valeur Agricole qui disposent des vulgarisatrices qui pourront assurer
sur le terrain lencadrement des femmes. Les interventions du projet
vont être concentrées au niveau dune agglomération
de population donnée ce qui permettra déviter le
saupoudrage des actions dans lespace. Le programme qui va être
élaboré va concerner le système famille-exploitation
dans sa globalité. Ainsi les effets cumulés des diverses
actions pourraient engendrer des dynamiques et des processus dauto-promotion.
Léquipe de techniciens chargée du diagnostic doit
être mixte et pluridisciplinaire (léquipe danimation
est bien placée pour accomplir cette mission).
2.4. Objectifs des interventions
Les objectifs des différentes interventions du projet doivent être
bien clarifiés et feront lobjet dun consensus de
lensemble des opérateurs. De même, les indicateurs
dévaluation doivent être élaborés pour
nous renseigner sur les niveaux de réussite des différents
objectifs. Les objectifs des différentes interventions doivent
être scindées en deux types :
- Des actions de soutien entreprises à titre individuel et dont
leffet est immédiat mais limité dans le temps et
qui ne peuvent servir de base pour une organisation professionnelle,
- Des actions génératrices de processus et qui demandent
un encadrement proche et continu pour évoluer vers une auto-promotion.
2.5. Redéploiement des ressources humaines
Devant la problématique de linsuffisance des vulgarisatrices,
et limpossibilité de recrutement, il est souhaitable denvisager
de constituer un réseau de relais composé de femmes leaders
au niveau des différentes communautés. Ces femmes leaders
doivent être encadrées dans un premier temps par les équipes
danimation féminine des CT et CMV. Pour les CT qui ne disposent
pas de sections danimation féminine, un redéploiement
du personnel féminin a été opéré. Le
CT de Taforalt qui ne dispose pas de vulgarisatrices, sera encadré
par un ingénieur femme dun autre CT (Oued Isly), une technicienne
de la Section dAnimation Féminine du SPA prendra en charge
lencadrement du CT dEl Aioun.
Les techniciens du projet ont salué les initiatives du FIDA pour
leur assurer une large formation. Ils insistent sur les aspects pratiques.
La question de la motivation a été largement débattue
mais sans pouvoir décider sur des actions concrètes du fait
quil ny avait pas un décideur.
2.6. Besoins en formation
Les thèmes préliminaires de formation sont ceux qui ont
été identifiés au moment du passage de la mission
du FIDA en Mars 2002 : analyse du milieu ; développmet de laptitude
à lécoute et à lobservation ; développement
et maintien des relations de partenariat ; sensibilisation aux rôles
dintérdependences des hommes te des femmes ; communication
; conception des supports audiovisuels ; gestion et encadrement des associations
communautaires ; suivi évaluation ; dynamique de groupe ; conduite
et gestion de conflit.
Date : avril 2002
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