Numéro17: Août 2010

Message du Directeur

    Le coin de la sagesse  
    – "Nous sommes d’abord des imbéciles, mais l’expérience nous rend sages" proverbe africain (Ghana).  

Bienvenue dans ce numéro spécial consacré à la gestion des ressources naturelles, qui décrit certaines des expériences et initiatives menées par les projets dans la région. La lettre d’information comprend des articles sur des activités de terrain et quelques brefs exemples de réussite. Le but est de mieux informer les personnes qui participent à la gestion des ressources naturelles des faits nouveaux dans la région. Le partage systématique des connaissances concernant les solutions trouvées peut permettre de tirer parti dès maintenant de ces expériences pour la planification et la mise en œuvre de la gestion des ressources naturelles, ainsi que pour améliorer leur application.

 
 

 

Burkina Faso – Paysans triant le millet dans le village d’Ouro, près de Ouahigouya. À noter les diguettes de pierre, technique utilisée pour lutter contre l’érosion des sols.

En publiant ce numéro spécial, nous entendons prendre en considération les méthodes efficaces et innovantes qui sont utilisées pour protéger les ressources naturelles et qui mettent en lumière les efforts considérables déployés par les communautés pour réduire la pauvreté en préservant ces ressources. Le fait d’élargir les approches de gestion des ressources naturelles dont l’intérêt est prouvé est un moyen d’améliorer la pérennité des ressources naturelles dans les zones rurales – notamment les approches reposant sur la participation des communautés rurales qui, par le biais de la protection contre l’érosion, du reboisement et de l’irrigation, ont non seulement pour effet d’accroître la productivité des ressources naturelles rurales, mais aussi de limiter la vulnérabilité des populations rurales face aux effets néfastes du changement climatique.

Votre avis nous intéresse. Merci de nous faire parvenir vos observations, questions et idées de reportages.

Bonne lecture.

Mohamed Beavogui
Directeur
Division Afrique de l’Ouest et du Centre

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Expériences de terrain dans le domaine de la gestion des ressources naturelles

Mali: régénérer les champs flottants dans le delta du Niger

 
 

 

Région de Bourem (Mali): un champ de bourgou inondé en octobre 2008 (photo du PIDRN).

Nous nous intéressons ici de plus près aux activités du Programme d’investissement et de développement rural des régions du Nord Mali (PIDRN) et du Programme Fonds de développement en zone sahélienne (FODESA) dans le delta du Niger, où le changement climatique affecte les cycles naturels des crues et la croissance du bourgou, herbe fourragère importante pour l’élevage.

Qu’est-ce que le bourgou? Le bourgou est une herbe semi-aquatique à longue tige qui pousse dans les plaines inondables et les terres humides d’Afrique et d’Asie. Il prospère dans les zones inondées du delta du Niger et constitue une ressource fourragère cruciale pour l’élevage durant la saison sèche. Depuis quelques années, il est également utilisé comme une culture de rente, qui est récoltée puis vendue sur les marchés locaux. Les champs de bourgou sont un habitat de reproduction et d’alimentation essentiel pour les poissons, les insectes et les oiseaux.

Chaque année, pendant la saison des pluies, le fleuve Niger sort de son lit, et les eaux de crue se répandent dans le delta, inondant une zone de quelque 30 000 kilomètres carrés. Le bourgou pousse durant cette période, lorsque les bovins et les autres animaux paissent dans des champs pluviaux. Le bétail revient dans les pâtures de bourgou pour se nourrir pendant la saison sèche. Dans la région de Mopti, un hectare de cette herbe peut nourrir 23 vaches pendant 150 jours. Une fois séché, un ballot de 3,5 kilogrammes de bourgou se vend à un prix net moyen de 150 francs CFA (0,30 USD).

Pourquoi les pâtures de bourgou subissent-elles une pression accrue dans le delta du Niger?
Le bourgou est remarquablement adapté aux crues annuelles. Dans des conditions idéales, il peut atteindre une hauteur de sept mètres, produisant des rejets qui poussent habituellement de plusieurs centimètres par jour. Mais ces dernières années, les régimes climatiques imprévisibles et les faibles crues qui résultent du changement climatique compromettent la croissance et les périodes de repos. Le surpâturage peut également endommager les champs de bourgou.

Comment le PIDRN régénère-t-il les pâtures de bourgou dégradées?
Deux techniques sont utilisées: le semis à la volée, à raison de cinq kilogrammes par hectare, généralement en juin et en juillet, et la transplantation en utilisant des boutures issues de prairies précédemment irriguées. Cette seconde méthode, qui est plus efficace mais nécessite davantage de main-d’œuvre, implique de transplanter des boutures en les espaçant de 0,5 à 1 mètre. Bien que le bourgou soit une herbe vivace, une irrigation secondaire dans la période qui précède la saison des pluies garantit une meilleure croissance dans les zones où les précipitations sont précoces ou tardives. L’irrigation supplémentaire s’est avérée cruciale pour remettre en état les prairies touchées par le changement climatique et pour les régimes climatiques imprévisibles. De manière générale, il faut trois campagnes d’arrosage durant les mois de juin et de juillet, en tenant compte du régime pluvial.

Quelles sont les incidences de la régénération des pâtures de bourgou?
L’irrigation secondaire est de nature à éloigner les hippopotames et autres animaux sauvages des plaines inondables où pousse le bourgou. De surcroît, l’arrivée tardive des pluies due au changement climatique peut contribuer au surpâturage, en décourageant les bovins d’aller errer ailleurs. Le FODESA et le PIDRN s’emploient, en collaboration avec les communautés locales, à trouver des solutions qui assurent la viabilité à long terme des pâtures de bourgou tout en préservant des écosystèmes cruciaux.

Le cas de Korienzé

La vie dans la communauté rurale de Korienzé, à 150 kilomètres de Mopti, est depuis longtemps régie par le cycle des crues et des sécheresses du fleuve Niger. Cependant, le dérèglement des régimes de crue dû au changement climatique, conjugué au surpâturage pendant la saison des crues, imprévisible, nuisait gravement aux champs de bourgou. En collaboration avec le FODESA, des agriculteurs ont lancé un projet d’irrigation pour redonner vie aux pâtures. En février 2009, il s’avérait être une réussite. Deux cent quarante hectares de pâtures de bourgou ont aujourd’hui été régénérés, ce qui a permis de donner un nouvel élan indispensable aux moyens d’existence, aux revenus des ménages et à la sécurité alimentaire. L’écosystème rural a retrouvé son équilibre, et les oiseaux migrateurs reviennent dans la région, se nourrissant des petits poissons qui repeuplent à présent les champs flottants.

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Niger: verdir les terres rouges

La régénération en chiffres:

  • 178 hectares de terres arides ramenés à la vie à ce jour
  • 500 jeunes bénéficiaires du programme
  • 36 964 demi-lunes construites

En parcourant les routes couleur rouille de la région d’Aguié, au Niger, on découvre un paysage remarquable – des milliers de demi-lunes vertes et luxuriantes dans un environnement par ailleurs aride. Les croissants de cinq mètres de long, creusés par les jeunes locaux dans le cadre d’un projet innovant de travail rémunéré, sont conçus pour capter l’eau de pluie, rendre exploitable le sol durci et favoriser la pousse des cultures. Ils font partie des réussites du Projet de promotion de l’initiative locale pour le développement à Aguié (PPILDA).

 
 

 

Le site, avant (photo PPILDA)

Le projet améliore sensiblement les capacités, les revenus et les moyens de subsistance de la population locale, tout en contribuant à régénérer de vastes bandes de terre aride qui pourraient être utilisées pour l’agriculture. Depuis le lancement du projet, 178 hectares ont été régénérés et ensemencés. Des centaines de jeunes familles ont ainsi pu compléter leurs maigres revenus. Les membres de la communauté ont également observé que la faune revient dans la zone, notamment les écureuils et les lapins – très recherchés dans une région où règne l’insécurité alimentaire.

La méthode suivie par le projet comprend quatre étapes principales: recensement des sites, des communautés et des acteurs locaux; travaux de lancement; plantation d’espèces comme l’Acacia seyal et le Bauhinia rufescens et semis d’herbe; et activités complémentaires et de suivi. Des techniques de collecte de l’eau telles que les diguettes en pierre et les demi-lunes conçues pour accélérer le processus de reverdissement sont utilisées.

Tandis que la crise alimentaire se poursuit au Niger, poussant des milliers de jeunes à se joindre à l’exode de masse vers le Nigéria, au sud, les mesures d’incitation du PPILDA encouragent certains à rester.

"Avec ce que j’ai gagné pendant la première saison, j’ai acheté 100 kilogrammes de millet", se réjouit un chef de foyer participant. "Ce sac de millet m’a nourri ainsi que ma famille – sept personnes au total – pendant 20 jours, ce qui m’a évité d'aller travailler la terre." Dans le cadre du projet, les participants touchent 300 francs CFA par demi-lune, c’est-à-dire assez pour acheter une miche de pain, et le creusement d’une banquette beaucoup plus large rapporte 15 000 francs CFA (18 GBP).

 
 

 

Le site, après (photo PPILDA)

Le projet comporte également une démarche visant à produire 265 tonnes de paille, ce qui représente de quoi nourrir 220 vaches laitières pendant neuf mois. De leur propre initiative, avec l’appui technique de l’équipe du PPILDA, les membres des communautés récoltent aussi de la paille sur une superficie de 23 hectares. À ce jour, le produit de la vente de paille a dépassé 300 000 francs CFA (600 USD), dont 55% sont allés au comité local et 15% aux chefs des villages locaux. Afin de garantir le respect des bonnes pratiques, une amende est infligée à quiconque est surpris en train de voler de la paille.

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Bénin: réhabilitation réussie des frayères sacrées

Cinq ans après que le Programme d’appui au développement participatif de la pêche artisanale (PADPPA) a commencé à remettre en état les frayères sacrées sur les rives sablonneuses du lac Ahémé, les pêcheurs prennent dans leurs filets des poissons plus gros et en meilleure santé qu’auparavant.

Dans la culture béninoise, les avlékététin sont des zones de frai sacrées qui offrent un habitat sûr où les poissons femelles peuvent déposer leurs œufs en vue de leur fertilisation. Depuis des siècles, les chefs traditionnels procèdent à des sacrifices d’animaux dans les frayères de 15 mètres carrés du lac Ahémé, favorisant ainsi la reproduction du tilapia, du silure et d’autres espèces de poisson qui peuplent le lac.

   
 
 

 

Des pêcheurs sur le lac Ahémé (photo PADPPA)

Sous la direction du Ministère de la pêche, le Programme d’appui au développement participatif de la pêche artisanale a remis en état 30 frayères avlékététin en 2004. Les populations halieutiques étaient peu nombreuses depuis la construction du barrage Nangbéto en amont en 1987. La plaine inondable du lac Ahémé s’asséchait plus rapidement, et les possibilités de reproduction des poissons dans les zones de frai étaient devenues limitées. La chute du volume des prises a poussé certains pêcheurs à enfreindre des règles sacro-saintes, jetant leurs filets dans les avlékététin ou utilisant des pièges acadja, qui détruisent les mangroves et d’autres éléments de la biodiversité.

Le dispositif de réhabilitation du PADPPA a visé les communautés de Kpomassè, Comè et Bopa. Il a notamment consisté à planter des tuteurs pour empêcher les pêcheurs de s’aventurer dans les zones protégées. La forme circulaire traditionnelle a été maintenue, avec un diamètre de 50 à 75 mètres pour élargir la surface protégée disponible en vue d’accroître la production.

Les chefs traditionnels reconnaissent unanimement le succès du programme, notant la réapparition de plusieurs espèces de poisson rares. Mais tout le mérite n’en revient pas au PADPPA; le lac est sous la protection de Mamiwata, déesse vaudoue de l’eau, de la fertilité et de la richesse.

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Enseignements tirés du Sahel: comment s’adapter au changement climatique, améliorer la sécurité alimentaire des ménages et réduire la pauvreté rurale

   
 
 

 

Jeune parc agroforestier à haute densité dans la partie sud de la région de Zinder au Niger (photo Vrije Universiteit, Amsterdam)

Par Chris Reij, conseiller principal en gestion des ressources naturelles, Centre pour la coopération internationale, Vrije Universiteit, Amsterdam

Depuis deux décennies, le FIDA aide les paysans du Sahel à s’adapter au changement climatique, à améliorer la sécurité alimentaire de leurs ménages et à réduire la pauvreté rurale. Mais comment la région fera-t-elle face à une évolution du climat dont les effets vont croissant?

S’agissant du changement climatique, les perspectives ne sont pas bonnes. Les météorologistes prévoient qu’au cours des deux prochaines décennies les températures au Sahel augmenteront, tandis que les pluies diminueront d’environ 20%. Le rendement des cultures pâtira (reculant de 20% ou plus) de la baisse des précipitations et de leur plus grande irrégularité. Sur la même période, on s’attend à ce que la population double.

Le Sahel a été confronté à des difficultés similaires dans le passé et a su s’adapter aux changements. Entre la fin des années 1960 et le début des années 1970, les pluies ont soudain chuté de 30%, entraînant famine et misère. Les agriculteurs et éleveurs de la région ont mis quelques années à s’adapter à la baisse des précipitations. Les rapports qui analysaient l’agriculture et l’environnement au Sahel dans les années 1980 étaient en général pessimistes, utilisant des termes comme "échec" ou "effondrement" pour décrire la situation.

Pourtant, des études récentes font état de quelques évolutions surprenantes. Au Niger, par exemple, les paysans de plusieurs régions densément peuplées protègent et gèrent la régénération naturelle des arbres et des buissons sur leurs exploitations. Le processus a débuté en 1985 et a eu pour conséquence un reverdissement des terres agricoles sur quelque cinq millions d’hectares, soit la plus grande transformation environnementale observée jusqu’à présent au Sahel, voire dans l’ensemble de l’Afrique.

Cette entreprise de protection et de gestion des arbres sur les exploitations permet de nourrir environ 2,5 millions de personnes, grâce à des arbres "utiles" tels que le Faidherbia albida (qui produit de l’azote, améliorant ainsi la fertilité du sol, et du fourrage pour le bétail), le Piliostigma reticulatum (utilisé pour le fourrage), le Combretum glutinosum (utilisé pour le bois de feu), l’Adansonia digitata (dont les feuilles et les fruits ont une grande valeur nutritionnelle) et le Guiera senegalensis (utilisé pour le fourrage). La valeur de rendement annuelle des nouveaux arbres s’élève au moins à 200 millions d’EUR, qui reviennent directement aux agriculteurs, sous forme de liquidités ou de produits.

Le développement des systèmes d’agroforesterie au Niger a pris de l’ampleur dès que les paysans ont commencé à jouir de droits exclusifs sur les arbres de leurs exploitations.

Le développement des systèmes d’agroforesterie a apporté de nombreux avantages, parmi lesquels une réduction de la vitesse du vent, davantage d’ombre, une meilleure fertilité du sol (un bon peuplement de Faidherbia albida fixe entre 80 et 90 kilogrammes d’azote par hectare), une baisse des émissions de carbone et une amélioration de la sécurité alimentaire (même si les récoltes sont mauvaises, les arbres continuent de produire). Les paysans et le personnel des ONG ont perfectionné les techniques traditionnelles de collecte de l’eau, telles que les fosses d’infiltration zaï et les diguettes de pierre en courbes de niveau. Les terres remises en état sur le plateau central du Burkina Faso produisent désormais assez pour nourrir 400 000 personnes supplémentaires.

Il est essentiel de mettre en place à l’échelon national des politiques et des lois ou des modes de faire-valoir des terres et des arbres qui encouragent les petits exploitants africains à investir dans les ressources naturelles. Dans certaines régions du Mali, ce processus a débuté en 1994 après que le droit forestier a été modifié et que les agriculteurs en ont été informés.

L’adaptation au changement climatique en Afrique suppose une combinaison d’investissements, de modifications des politiques et de la législation, de renforcement du capital social, de mobilisation des volontés en faveur du reverdissement et de recherche-action pour quantifier des impacts multiples. Le principal problème? La croissance démographique rapide.

Le Niger a le taux d’accroissement démographique le plus élevé du monde (les estimations vont de 3,4% à 3,7% par an). Le pays compte en 2010 une population de quelque 15 millions d’habitants, chiffre qui atteindra au moins 30 millions en 2030 et – si rien ne change – dépassera largement 60 millions en 2050. On a souvent dit "plus de gens, plus d’arbres" mais, bien que le peuple nigérien vive sans doute dans de meilleures conditions qu’il y a 20-30 ans, il y a tout de même des limites. Même s’il était possible de nourrir une population qui augmente rapidement, créer de futurs moyens de subsistance pour les nombreux jeunes est un tout autre défi.

Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l’auteur et n’illustrent pas nécessairement les vues ou politiques officielles du Fonds international de développement agricole, sauf mention expresse.

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Brefs exemples de réussite de projets de gestion des ressources naturelles

 
 

 

Gros plan sur du blé poussant dans l’oasis d’Adrar (Mauritanie) – Programme de développement durable des oasis (PDDO) – Janvier 2010

Remettre en état des rizières en Gambie

Bien que le riz soit l’aliment de base national en Gambie, une grande partie de la consommation de ce minuscule pays anglophone est importée d’Asie. Selon des chiffres de 2005, la superficie totale des terres consacrée au riz dans le pays s’élevait à 15 821 hectares – mais la production était considérablement limitée par les crues et le degré élevé de salinité. Depuis 2006, le Projet de gestion participative intégrée des bassins versants (PIWAMP) appuie l’implantation et la remise en état de rizières dans les terres hautes et basses, encourageant ainsi l’autosuffisance et améliorant la sécurité alimentaire rurale.

En décembre 2009, 5 125 hectares de terres étaient cultivés par le PIWAMP, avec la participation de 34 240 paysans, dont une majorité de femmes. L’accès insuffisant aux machines, et en particulier aux motoculteurs, nuit aux agricultrices, qui doivent travailler à la main. Le projet se poursuit, avec au total 18 000 ménages bénéficiaires.

Nord du Nigéria: Un projet d’engraissement des béliers atténue les inquiétudes liées à la sécurité alimentaire

 
 

 

Les "demi-lunes" sont des trous en forme de croissant conçus pour capter l’eau de pluie et protéger les semis du vent. Elles constituent une mesure de lutte contre la désertification mise à l’essai par le projet dans la région d’Illéla.

Le Programme de développement agricole et rural à assise communautaire (CBARDP) est mis en œuvre dans le nord du Nigéria depuis 2003 afin de remédier aux problèmes de sécurité alimentaire et à la pauvreté croissante dans les zones rurales. Comprenant des projets dans les huit États septentrionaux de Jigawa, Kano, Katsina, Kebbi, Sokoto et Zamfara dans le Nord-Ouest et Borno et Yobe dans le Nord-Est, il vise à améliorer les moyens de subsistance et les conditions de vie des communautés rurales, en mettant l’accent sur les femmes et les autres groupes vulnérables.

Le personnel du programme fait état de progrès importants: remise en état des terres agricoles dégradées, création de vergers, hausse du rendement des cultures et amélioration de la gestion du bétail. Dans l’État de Katsina, 1 050 personnes ont tiré profit à ce jour du projet d’engraissement des béliers.

Sauver les plants de katemfe au Nigéria: un projet du Programme de gestion communautaire des ressources naturelles (CBNRMOP-ND)

Le katemfe, ou Thaumatoccocus daniellii, grande plante à fleurs rhizomateuse des forêts pluviales d’Afrique de l’Ouest, est en voie d’extinction rapide. Il produit des fleurs violettes et des fruits rouges charnus qui contiennent une substance sucrée, le thaumatin. Les femmes enroulent la nourriture dans ses feuilles malléables. Le CBNRMOP-ND apporte son soutien aux projets de culture de katemfe afin de produire et de distribuer des graines aux communautés intéressées. Dans le même esprit, son programme de distribution de semis à huile de palmier permet de créer une frondaison/un couvert qui minimise les pertes de terre arable et d’améliorer la nutrition des ménages.

Le Programme d’appui au développement participatif de la pêche artisanale relâche 900 000 alevins dans des réservoirs béninois

Dans le cadre des activités de soutien de la pêche artisanale menées par le Programme d’appui au développement participatif de la pêche artisanale (PADPPA) au Bénin, plus de 900 000 alevins ont été relâchés dans des réservoirs à des fins de repeuplement. En outre, des bateaux et des filets ont été mis à disposition, et des palétuviers ont été plantés le long des rivages sur 110 hectares. Ces activités ont pour but de rééquilibrer des écosystèmes fragiles endommagés par la surpêche et d’aider les pêcheurs locaux, dont beaucoup sont des femmes.

Renforcer la position des agriculteurs au Burkina Faso

Présent dans cinq des provinces du Burkina Faso, le Programme de développement rural durable (PDRD) a travaillé avec 3 332 paysans en 2009, dont 1 420 femmes. Des terrasses en pierre en courbe de niveau ont été construites, ainsi que des diguettes en pierre et des demi-lunes. On a également fait connaître aux agriculteurs les propriétés du fumier organique. Certains disent que leurs rendements ont doublé depuis le début du programme. Le Programme d’investissement communautaire en fertilité agricole (PICOFA) au Burkina Faso produit également ses effets, grâce à ses activités de gestion des bassins versants, de construction de "demi-lunes" et de diguettes de pierre et de remise en état de centaines d’hectares de terres dégradées.

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Actualités et événements

Nouveaux projets

Le FIDA a approuvé deux nouveaux projets:

Documentaire sur le reverdissement

Plus de gens, plus d’arbres: documentaire sur le reverdissement
Ce documentaire spectaculaire de 25 minutes est né de deux films sur la gestion des ressources naturelles financés par le FIDA. Du Burkina Faso au Kenya, Plus de gens, plus d’arbres montre clairement que le reverdissement est possible en dépit de l’accroissement démographique, à condition que le dur labeur des paysans soit appuyé par des ONG et des programmes de développement déterminés. Une bande‑annonce a été présentée au Conseil des gouverneurs du FIDA avant le débat d’experts sur la gestion des ressources naturelles. La vidéo sera disponible en octobre 2010.

Nouvelle publication sur l’accès à la terre

Le FIDA lance une nouvelle série de publications: Expériences du terrain
Expériences du terrain met en avant des expériences réussies sur le terrain, afin d’améliorer la conception et l’exécution des projets. Le premier ouvrage se penche sur le Projet d’amélioration des cultures de décrue financé par le FIDA à Maghama, en Mauritanie. À Maghama, un accord portant sur les régimes fonciers permet aux paysans nomades d’accéder à la terre pour la première fois. Le succès du projet témoigne de l’intérêt de travailler avec les communautés et de l’importance du droit coutumier régissant les actifs partagés. | À lire en ligne

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