La finance rurale en Afrique de l'Ouest et du Centre: succès et défis
Le coin de la sagesse
Ne suis pas les traces du chemin. Va où il n'y a en aucun et ouvre ton propre chemin.
Proverbe ashanti du Ghana
Il ne fait aucun doute que l’accès aux services financiers joue un rôle déterminant dans le développement rural et la réduction de la pauvreté. L’accès au financement encourage les investissements dans les entreprises rurales, y compris dans les exploitations agricoles. La plupart des banques hésitent toutefois à desservir les zones rurales des pays en développement, en raison des coûts importants des services fournis à des producteurs dispersés et de la perception du risque associé à la production, aux prix et aux politiques agricoles.
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En dépit de ces difficultés, la finance rurale s’étend dans la région. Les innovations logistiques et technologiques ont permis de développer des services financiers novateurs et de perfectionner les outils de gestion du risque, induisant une diminution des coûts tant pour les clients que pour les institutions financières.
Ce numéro présente les expériences et les résultats obtenus dans le cadre de programmes appuyés par le FIDA dans quatre pays porteurs d’innovations réussies en matière de finance rurale. Il examine tout d’abord le programme pionnier PADER, qui facilite rapidement l’accès des agriculteurs aux services financiers. Puis il se tourne vers la Gambie où l’on constate déjà les effets positifs des caisses villageoises d’épargne et de crédit sur les moyens d’existence des adhérents. Il décrit ensuite les nouvelles opportunités qu’offrent les partenariats instaurés entre les banques communautaires et les associations de services financiers en Sierra Leone, pays qui sort d'un long conflit, tandis qu’au Nigéria, l’aide financière du FIDA renforce les organisations de microfinancement actives dans les zones rurales isolées. Il attire enfin l’attention sur les projets de finance rurale récemment mis en œuvre au Burkina Faso, au Ghana et au Mali.
Si vous souhaitez obtenir de plus amples informations sur les bonnes pratiques en matière de développement rural et de microfinance, ce numéro contient également des références qu’il est possible de consulter sur Internet.
Nous espérons que ce numéro spécial consacré à la finance rurale vous intéressera. N’hésitez pas à partager vos idées et vos expériences afin de nous faire part de vos observations et de votre opinion.
Mohamed Beavogui
Directeur de la Division Afrique de l’Ouest et du Centre
Rapport sur la pauvreté rurale 2011 - Nouvelles réalités, nouveaux défis: nouvelles chances pour la prochaine génération
Fruit des travaux de recherche approfondie menée par une équipe d’experts internationaux, régionaux et nationaux dans le domaine de la lutte contre la pauvreté, ainsi que d’études de cas et d’entretiens avec les populations rurales pauvres, le Rapport sur la pauvreté rurale 2011 fournit des perspectives uniques sur la pauvreté rurale à travers le monde et sur la transformation des moyens d’existence des ruraux pauvres. Les informations complètes recueillies seront utiles aux décideurs et aux praticiens, notamment dans les pays en développement. Il attire l’attention sur les difficultés si importantes que les populations pauvres rencontrent en milieu rural pour sortir de leur condition et explore les possibilités et les moyens susceptibles de les aider à prospérer et à améliorer le bien-être de leurs communautés. Il met l’accent sur les politiques et les mesures envisageables par les gouvernements et les praticiens du développement pour appuyer les efforts déployés par les ruraux pauvres aujourd’hui et à l’avenir.
Les jeunes et les enfants constituent le segment le plus important des ruraux pauvres. Le Rapport souligne l’importance de leur offrir de nouvelles et de meilleures possibilités, en particulier en matière d’éducation pour que les jeunes puissent acquérir les compétences nécessaires pour réussir en milieu rural.
Le rapport s’inscrit dans le contexte du défi que devra relever le monde entier dans un proche avenir: nourrir les neuf milliards d’habitants qui peupleront la planète d’ici à 2050. La production alimentaire devra augmenter de 70 pour cent et la production agricole, dans les pays en développement, devra être multipliée par deux. Pour cela, il sera nécessaire que l’agriculture familiale joue un rôle plus efficace dans ces pays, que les zones rurales utilisent au mieux les possibilités de croissance offertes par les emplois non agricoles, et que des efforts plus intensifs et plus effectifs soient consentis pour répondre aux préoccupations des ruraux pauvres qui devront acheter des aliments.
Quelques-uns des thèmes examinés dans le Rapport sur la pauvreté rurale 2011 sont les suivants:
Focus - Expérience régionale de la finance rurale en Afrique de l'Ouest et du Centre - examen et nouvelles perspectives
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| Membres d'une caisse villageoise d'épargne et de crédit VISACA | ||
Au cours des dernières années, le FIDA a profondément modifié son mode d’intervention dans le domaine de la finance rurale en Afrique de l’Ouest et du Centre et propose aujourd’hui une combinaison d’approches novatrices et un appui en faveur de projets durables. Cette évolution se poursuit: le FIDA privilégie les projets satisfaisant aux critères de ''bonnes pratiques'' en matière de microfinance pour reformuler, voire abandonner, ceux qui ne vont pas dans ce sens.
À l'heure actuelle, les projets appuyés par le FIDA proposent plusieurs approches à l’appui des initiatives de finance rurale dans la région, dont certaines sont plus fructueuses que d’autres. La première approche consiste à mettre en œuvre un volet crédit en accompagnement d’un projet de développement agricole. Une telle approche soulève clairement des problèmes, d'une part, de viabilité financière au vu des taux de remboursement catastrophiques des crédits et, d'autre part, de viabilité technique et institutionnelle, compte tenu des montages financiers des projets. D’autres projets visent l’autonomisation du volet crédit par le biais de sa transformation en un système de caisses mutuelles, avec toutes les difficultés que cela implique tant au niveau des agents des projets qu’au niveau des bénéficiaires. Peu de ces projets sont parvenus à réaliser la conversion.
Afin de pallier les écueils de l’approche intégrée, une nouvelle approche a été définie pour chercher à assurer l’autonomie technique et institutionnelle des projets, en s’appuyant sur des institutions financières officielles existantes telles que les banques utilisées comme canal de distribution des services financiers. De nombreuses banques ont manifesté peu d’intérêt à développer ce type de services, se sont peu investies dans l’analyse des demandes de crédit et n’ont pratiquement pas effectué de suivi. De plus, les produits offerts sont restés standards et mal adaptés aux ruraux pauvres, et les taux de remboursement restent faibles. La pérennité et l’impact de cette formule sont plus qu’incertains.
Une autre approche, la plus répandue aujourd’hui, est de créer ou de développer des institutions de microfinancement autogérées qui ont toutes les chances de réussir à long terme. Cette approche vise à assurer au système mis en place à la fois une viabilité sociale, grâce à une meilleure appropriation par les bénéficiaires, et une viabilité financière, grâce à une meilleure structure de coûts, tout en répondant à l'objectif du FIDA d'améliorer le niveau de vie des plus pauvres. Dans certains pays, le FIDA a élaboré des programmes nationaux pour appuyer le développement du secteur de la microfinance à différents niveaux. Au niveau national, l'accent est mis sur la conception de cadres réglementaires appropriés et sur le renforcement des capacités de supervision afin de favoriser la professionnalisation des opérateurs du secteur. L'appui porte également sur la consolidation et le développement des institutions de microfinancement. Dans certains cas, une composante importante de recherche-action est incluse aux fins de la mise au point de produits financiers adaptés aux populations rurales les plus défavorisées.
Même si l'appui en faveur des réseaux existants est assorti d'un certain nombre d'avantages, les expériences du FIDA avec les banques commerciales ont généralement été peu concluantes. Les procédures sont longues et coûteuses, les déblocages de fonds sont incertains et les banques commerciales prennent peu de risques, voire aucun. Elles se contentent d’être un maillon supplémentaire dans la chaîne de financement sans apporter d’expertise. L’approche de l’intermédiation par les banques rurales ou les réseaux mutualistes n'a pas eu beaucoup de succès non plus, en particulier lorsque ces institutions sont situées en zone urbaine et périurbaine et que leur expérience concerne des populations relativement aisées, et non les populations cibles du FIDA. Le recours aux institutions financières officielles comme canal de distribution directe de crédit aux ruraux pauvres ne semble pas prometteur et ne devrait être poursuivi qu’avec grande prudence.
L’objectif principal du FIDA en matière de développement de la finance rurale dans la région doit être de promouvoir l’émergence, la croissance et le renforcement d’institutions de microfinancement rurales autonomes durables. Pour cela, certaines conditions préalables doivent toutefois être remplies, telle que la stabilité économique et politique du pays, la mise en place d’un environnement réglementaire et politique propice à des institutions de microfinancement et à des organisations communautaires performantes, innovantes et réellement motivées à travailler ensemble. Le défi des prochaines années consistera à mettre en œuvre cette nouvelle génération de projets de microfinance, afin d'encrer plus fermement le FIDA dans les "bonnes pratiques" de la finance rurale.
Les objectifs du FIDA sont les suivants: obtenir un bon taux de pénétration afin de couvrir au mieux la demande existante, tout en essayant d'étendre la portée des services financiers pour en faciliter l’accès aux populations rurales pauvres et défavorisées; offrir des produits et des services financiers ajustés aux besoins des clients, tenant compte de leurs contraintes et de leur situation économique; avoir un impact sur le capital social des individus et sur les conditions de vie des ménages; renforcer les liens sociaux au sein des communautés et promouvoir le développement économique dans le contexte du marché de l'emploi dans les zones concernées et de la décentralisation. L’accent sera mis sur la viabilité financière, sociale et institutionnelle, notamment l'appropriation et la gestion du système par toutes les parties prenantes. La finance rurale de qualité ne correspond ni à un modèle ni à une école de pensée particulière, mais plutôt à un ensemble d’exigences et de normes éthiques en termes de performance professionnelle qui la distingue de la microfinance purement commerciale.
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Membres d'une caisse villageoise d'épargne et de crédit VISACA | |
En Gambie, les caisses villageoises d'épargne et de crédit proposent un service financier pour permettre aux jeunes de poursuivre leur scolarité
Les coutumes sont profondément ancrées dans la culture gambienne. Il existe de nombreuses histoires de dragons et de dauphins mythiques dotés de pouvoirs magiques, capables d'apporter la prospérité à des villages entiers. Mais aucun changement tangible n'a eu un effet aussi bénéfique sur les populations rurales que les caisses villageoises d'épargne et de crédit, dont l'objectif est d'améliorer les conditions de vie dans les zones reculées du pays.
« Notre caisse villageoise d'épargne et de crédit a une incidence considérable sur la vie des bénéficiaires. Auparavant, le taux d'abandon scolaire était trop élevé par rapport à de récentes statistiques. Certains enfants n'allaient à l'école qu'une partie du semestre car leurs parents ne pouvaient régler les frais de scolarité. Aujourd'hui, grâce à la caisse villageoise, les parents peuvent obtenir un crédit pour les aider à surmonter ce problème. » Membre du comité de gestion, Kabekel " Management Committee member, Kabekel
Comment fonctionnent les caisses d'épargne et de crédit villageoises?
Les premières caisses villageoises d’épargne et de crédit ont été soutenues par le FIDA, en collaboration avec la Banque allemande de développement (KfW) à la fin des années 80. Leur création n’obéissait qu’à un seul principe: les villageois déposaient leurs économies et empruntaient auprès d’agences dont elles étaient propriétaires et assuraient la gestion. En janvier 2010, la Gambie comptait 72 caisses villageoises, dont les trois quarts fonctionnaient à plein régime.
Depuis 2005, le nombre de caisses villageoises en Gambie a augmenté de 15% et en 2008 le nombre de membres se chiffrait à plus de 44 800. Ces caisses ont pour principal objectif de fournir un accès simple et sûr à l’épargne. Elles proposent des comptes courants et des dépôts à terme, ainsi que des comptes de frais divers, immédiatement disponibles dans certains cas. En 2008, le montant de l’épargne déposé dans les caisses villageoises du Gambie atteignait plus de 22 millions de dalasis (891 000 USD). L’épargne individuelle moyenne représente environ 497 dalasis (20 USD), chiffre qui devrait augmenter vu la popularité des avantages offerts par les caisses villageoises.
Certaines caisses se sont spécialisées dans les services de transfert monétaire. La succursale Brufut est ainsi entrée en partenariat avec Ecobank pour réaliser les transferts d’argent de Western Union. En mars 2010, le montant mensuel des transferts était, en moyenne, de 4 200 USD, ce qui est suffisant pour en déduire que les caisses villageoises en milieu rural tirent de réels avantages de ce type d’opérations et de partenariats novateurs.
"Our VISACA is having a great impact on the lives of the beneficiaries. Previously, the rate of school drop-out was too high compared to the recent statistics. Some children would stay out of school for a complete term due to lack of fees, but with the VISACA, credit is given to their parents to sort out their school problems"
Management Committee member, Kabekel
Quelle est la procédure d'adhésion?
C’est simple. Les villageois ouvrent un compte sur livret et commencent à y verser leurs économies. Il est possible d’ouvrir un compte individuel ou collectif en tant que membre d’une mutuelle d’épargne et de crédit, connue sous le nom de kafo. En Gambie, les femmes représentent environ 40% des adhérents et la majorité des membres des kafo.
À qui appartiennent les caisses villageoises et qui les gère?
Les caisses villageoises, généralement construites sur un terrain cédé à titre gratuit par un membre où les autorités traditionnelles, doivent remplir certaines conditions fixées par la Banque centrale de Gambie avant d'être considérée pleinement opérationnelles. Elles doivent ainsi constituer un comité de gestion, dresser une liste des membres et rédiger un règlement intérieur.
Chaque caisse est gérée soit par l’ensemble des membres, qui se réunit régulièrement en assemblée générale, soit par un groupe de 10 à 12 membres, élus pour former un comité de gestion. Dans ce dernier cas, afin de respecter la parité, le pourcentage de femmes est fixé à 50% au minimum; en fait, de nombreuses caisses ont élu des femmes au poste de président. Les représentants des autorités traditionnelles et du gouvernement local assistent souvent aux réunions et prennent part aux délibérations. Les comités de gestion ne sont pas rémunérés car l'on considère que leur rôle fait partie des obligations sociales envers la communauté
Quelles sont les réalisations des caisses villageoises depuis leur création et quels défis doivent-elles relever?
L’expansion du système des caisses villageoises a abouti à professionnaliser le secteur de la microfinance grâce, d’une part, à la mise en place, au sein de la Banque centrale, d’un département spécifique chargé de traiter les aspects liés aux politiques et aux réglementations de la microfinance et, d’autre part, à l’ouverture d’un centre de la microfinance dont la vocation est de renforcer les capacités de toutes les entités œuvrant dans ce domaine. Pour la première fois depuis leur création, les comptes vérifiés des caisses villageoises peuvent être consultés. La formation, la supervision et l’audit national des caisses, qui est en cours, renforcent également la confiance dans le système bancaire villageois.
Programme de renforcement des institutions financières rurales (RUFIN)
Coût total du programme: 40 millions d’USD
Montant du prêt approuvé par le FIDA: 27,2 millions d’USD
Montant du don approuvé par le FIDA: 400 000 USD
Durée du projet: 2010 – 2017
Bénéficiaires directs: 345 000 ménages
Cofinancement: Fondation Ford (0,5 million d’USD)
Le programme a pour objectif de renforcer les institutions de microfinancement et d’établir des liens entre ces institutions et les institutions financières classiques dans 12 États du Nigéria. Il jette les bases de l’établissement à long terme d’un système financier durable en milieu rural, qui couvrira tôt ou tard l’ensemble du pays. Ce programme garantit que les populations rurales pauvres auquel il est destiné ont accès à des services financiers, investissent dans le secteur agricole et dans les petites entreprises, et améliorent leur productivité. Les groupes marginalisés, tels que les femmes, les jeunes et les personnes handicapées, sont plus particulièrement visés par le programme. Celui-ci s’emploie à développer de nouveaux produits financiers alternatifs, à promouvoir l’amélioration du cadre juridique, politique et réglementaire, et à instaurer des liens entre le système financier et le système de production rural.
Les caisses villageoises doivent relever plusieurs défis. L’un des objectifs prioritaires est de s’efforcer de renforcer la parité hommes-femmes. Elles doivent également bénéficier d’un appui pour répondre à l’évolution des besoins de leurs clients dans les domaines du crédit de moyen à long terme et d’investissements dans la production arboricole. Elles doivent enfin être guidées dans les activités visant à lutter contre l’insécurité alimentaire et l’inégalité.
Quels sont les projets pour l'avenir?
Des partenariats seront instaurés avec des banques commerciales pour assurer les transferts monétaires de Western Union. Une collaboration sera établie avec d’autres grands projets nationaux. En partenariat avec des institutions commerciales, des messages seront plus largement diffusés par les stations de radio communautaire pour promouvoir les avantages d’adhérer aux caisses villageoises et du microfinancement pour obtenir des crédits de moyen à long terme. De plus, les voyages d’étude, organisés à l’intention des employés des caisses contribueront à rendre le système bancaire villageois viable, durable et sensible à l'évolution des besoins de la population rurale.
"Pas d'épargne, pas d'adhésion" - s'inspirer de la méthode COWAN dans les zones rurales du Nigéria
Au Nigéria, 85% des 150 millions d’habitants sont employés par le secteur agricole et 60% d’entre eux sont des femmes. L’amélioration des technologies et des méthodes de production qui prennent du temps procurerait de réels avantages au secteur, sous réserve de l’allocation de crédits suffisants. Afin d’apporter un changement positif et durable à douze États du Nigéria, le FIDA a forgé un partenariat avec l’Association nationale des femmes nigériennes (COWAN, Women Association of Nigéria) et le Programme de renforcement des institutions financières rurales (RUFIN). L’association COWAN améliore le niveau de vie des femmes rurales en élargissant leur accès à toute la gamme des services financiers proposés par son programme bancaire adapté aux besoins traditionnels de l’Afrique (ATRB, Africa Traditional Responsive Bank). Le modèle ATRB, produit consolidé associant le système d’épargne traditionnel africain et le système de crédit classique, est conçu pour augmenter les marges d’épargne et rendre compétitive l’accumulation du capital, tout en s’inscrivant dans le droit fil des objectifs du Millénaire pour le développement.
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Depuis 1982, l’association a accordé plus de 74 millions de nairas (100 000 USD) à des familles démunies en zones rurales et urbaines. L’épargne quotidienne, condition d’adhésion, fonctionne comme un mécanisme d’alimentation du fonds d’approvisionnement. "Pas d’épargne, pas d’adhésion": telle est la devise de l’association. Cette approche a donné de bons résultats. Le taux de remboursement des prêts est satisfaisant et, grâce à la dynamique collective des membres, les communautés contribuent aux idées et aux politiques visant à lutter contre la pauvreté.
Le FIDA s’inspire aujourd’hui de la réussite de l’association pour mener à bien le Programme de renforcement des institutions financières rurales (RUFIN) conçu pour jeter les bases du développement à long terme d’un mécanisme financier durable en milieu rural, qui couvrira tôt ou tard l’ensemble du pays.
Programme de renforcement des institutions financières rurales (RUFIN)
Coût total du programme: 40 millions d’USD
Montant du prêt approuvé par le FIDA: 27,2 millions d’USD
Montant du don approuvé par le FIDA: 400 000 USD
Durée du projet: 2010 – 2017
Bénéficiaires directs: 345 000 ménages
Cofinancement: Fondation Ford (0,5 million d’USD)
Le programme a pour objectif de renforcer les institutions de microfinancement et d’établir des liens entre ces institutions et les institutions financières classiques dans 12 États du Nigéria. Il jette les bases de l’établissement à long terme d’un système financier durable en milieu rural, qui couvrira tôt ou tard l’ensemble du pays. Ce programme garantit que les populations rurales pauvres auquel il est destiné ont accès à des services financiers, investissent dans le secteur agricole et dans les petites entreprises, et améliorent leur productivité. Les groupes marginalisés, tels que les femmes, les jeunes et les personnes handicapées, sont plus particulièrement visés par le programme. Celui-ci s’emploie à développer de nouveaux produits financiers alternatifs, à promouvoir l’amélioration du cadre juridique, politique et réglementaire, et à instaurer des liens entre le système financier et le système de production rural.
Après la guerre: les partenariats de finance rurale ouvrent de nouvelles perspectives en Sierra Leone
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La guerre civile, qui a sévi pendant dix ans en Sierra Leone, a été extrêmement destructrice; le niveau de vie a été laminé et le pays se situe en bas du classement de l’Indice du développement humain du Programme des Nations Unies pour le développement. Huit ans après la fin du conflit, plus de 80% de la population vit en deçà du seuil de pauvreté, avec moins de un dollar par jour.
Les services financiers sont indispensables pour reconstruire le pays et assurer une transition sans heurts vers une économie viable, mais peu de micro-entrepreneurs ont accès aux services d’épargne et de crédit de base. La situation est encore pire en zone rurale, où il n’existe pour ainsi dire aucun intermédiaire financier rural.
Le FIDA a accordé des fonds pour le Programme de finance rurale et d’amélioration communautaire (RFCIP) grâce auquel sept banques communautaires et 30 associations de services financiers (ASF) sont en train d'être établies dans quatre districts à l’Est du pays (Koinadugu, Kono, Kailahun et Kenema). Le programme, exécuté par l’Unité nationale de coordination du programme, repose sur un modèle que le FIDA a développé et appliqué avec succès au Bénin pendant plus de dix ans.
Les ASF fonctionnent essentiellement comme de petites banques villageoises pour répondre aux besoins de très petites entreprises. Elles accumulent du capital et offrent des micro-crédits. L’Unité nationale de coordination du programme a déjà créé 17 associations de services financiers dans les zones rurales reculées. Chaque ASF est associée à une banque communautaire proche pour améliorer l’efficience, à la satisfaction des clients.
Les avantages du partenariat entre les ASF et les banques communautaires sont nombreux dans un contexte post-conflit. Chaque ASF ouvre un compte d’épargne spécial dans une banque communautaire proche pour y verser les économies mobilisées. Les versements effectués par les ASF dans les banques communautaires rapportent des intérêts dont une partie est reversée sous forme de prêts aux clients des ASF.
Le montant maximum des crédits attribué aux clients des ASF, en fonction de leur passé d’emprunteur, est fixé à 250 USD. Les ASF recommandent à la banque communautaire les clients dont les antécédents sont satisfaisants en matière de crédit et dont les besoins nécessitent un seuil de crédit plus élevé. Les ASF ciblent des segments de marché très proches de la base de la pyramide. La banque communautaire, de son côté, finance de petites et moyennes entreprises. Les clients bénéficiant de références positives issues des segments de marché des ASF sont mis en contact avec la banque communautaire pour obtenir d’autres prêts.
Le partenariat entre les ASF et les banques communautaires n’est pas le seul partenariat important établi dans le secteur de la finance rurale en Sierra Leone. Les banques communautaires rurales ont instauré des liens avec des banques commerciales, telles que la First International and Access Bank, pour assurer les services de transfert monétaire de Western Union depuis Freetown et d’autres grandes villes vers des villages isolés. Des échanges interbancaires sont désormais; ainsi possibles, les banques communautaires souhaitant diversifier les risques liés aux capitaux d’emprunt en s’orientant vers d’autres instruments du marché peuvent prêter aux banques commerciales du jour au lendemain ou sur une base permanente – ou inversement.
En Sierra Leone, les partenariats de finance rurale de ce type sont essentiels pour assurer le développement durable dans la phase post-conflictuelle. "Na Wan Wod Kin Plit Kol", dit un proverbe populaire krio. "Ensemble, nous briserons la noix de kola."
Programme de finance rurale et d’amélioration communautaire (RFCIP)
Coût total: 10,9 millions d’USD
Montant du don au titre du Cadre pour la soutenabilité de la dette: 9,9 millions d’USD
Durée: 2008 - 2014
Bénéficiaires directs: 51 000 ménages
Le Programme de finance rurale et d’amélioration communautaire (RFCIP) a été approuvé en 2007. Le programme bénéficie d’un don du FIDA et concourt directement à la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement en améliorant la sécurité alimentaire et en réduisant la pauvreté. Il appuie indirectement les politiques publiques de démocratisation et de stabilisation en atténuant les tensions et les risques ayant conduit à la guerre civile.
Outre les objectifs généraux de renforcement de la sécurité alimentaire et de lutte contre la pauvreté, le programme vise en particulier à restructurer profondément le secteur de la finance rurale en améliorant ses stratégies et ses opérations, à consolider la décentralisation des prises de décisions économiques et administratives, et à promouvoir les investissements du secteur privé au profit des populations rurales pauvres.
Un modèle pour l'Afrique de l'Ouest et du Centre: les associations de services financiers du Bénin
Décrites comme "l’aspect le plus innovant du programme du FIDA" dans un rapport de 2005, les associations de services financiers (ASF) ont été tout d’abord expérimentées au Bénin il y a treize ans. Depuis lors, le concept – un système de partage des risques sur capitaux destiné aux communautés rurales – a si bien réussi qu’il a été appliqué dans d’autres pays en Afrique de l’Ouest et du Centre. Aujourd’hui, les 190 ASF du Bénin sont toujours très actives et appartiennent aux communautés locales qu’elles desservent et qui les gèrent. Examinons de plus près le modèle de ces associations et le Programme d’appui au développement rural (PADER).
Qu'est-ce qu'une ASF?
À mi-chemin entre une société par actions et une mutuelle, une ASF est une institution villageoise de microfinancement destinée à faciliter l’accès des populations rurales pauvres aux services financiers classiques. Les ASF offrent des crédits et mobilisent des capitaux mais, à la différence des systèmes coopératifs qui fonctionnent sur la base de dépôts d’épargne, l’épargne locale est considérée comme un capital et non comme une dette. Les actionnaires déposent de l’argent dans les ASF, qui se fondent sur le partage des risques sur capitaux, mais l’épargne de l’emprunteur est retenue en garantie sur des comptes qui ne sont pas porteurs d’intérêts. Au Bénin, le programme des ASF relève du Programme d’appui au développement rural (PADER).
Pourquoi les ASF ont-elles si bien réussi auprès des ruraux pauvres?
Les ASF sont des institutions indépendantes gérées par et pour les communautés locales. Seuls les actionnaires peuvent emprunter, et le crédit provient uniquement de la vente des actions. Vu que les prêts sont généralement d’un faible montant, les clients les plus riches ne sont pas intéressés, ce qui permet de conclure que les ASF sont réellement destinées à un groupe particulier. Jusqu’à présent, le montant des prêts approuvés est supérieur à 13 millions d’USD, soit plus de 12 fois le capital mobilisé. Le taux moyen de recouvrement est d’environ 96%.
Quels sont les autres services distinctifs des ASF?
Dans la mesure où les ASF sont gérées individuellement, elles diffèrent les unes des autres. Certaines offrent des crédits à long terme pour répondre à l’évolution des besoins et à la demande de groupes souhaitant commercialiser leurs biens et produits. D’autres, comme l’agence d’Ouinhi, proposent des programmes de prêts sur mesure pour encourager les parents à scolariser leurs enfants.
Le programme Gnonnou-Yiazomè (« scolarisation des filles») est un service financier proposé par l’ASF d’Ouinhi afin d’encourager les mères à donner une éducation à leurs filles.
Les demandes de prêt sont soumises par l’Association des parents d'élèves. L’association attribue les prêts aux mères des filles qui en ont besoin. Une partie du prêt est utilisée pour régler les frais de scolarité et le solde est remis à la mère pour lui permettre d’investir dans des activités rémunératrices, lui donnant ainsi les moyens de rembourser le prêt.
Quel type d'impact des ASF ont-elles sur les communautés rurales?
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Sidonie AGBO pictured | |
Il a été facile de mesurer l’impact. Au Bénin les ASF devraient compter près de 100 000 membres d’ici à fin 2010. Dans la ville de Lobogo, au centre du Bénin, Veronica Gadedjro et Sidoni Agbo ont récolté les bénéfices du succès des ASF local. En partenariat avec deux autres femmes, elles ont obtenu un prêt de 10 millions de CFA pour développer leurs activités. Depuis lors, leur commerce n’a cessé de croître et elles sont aujourd’hui copropriétaires d’une boutique en zone urbaine.
Une autre femme, qui a bénéficié d’un prêt de 500 000 CFA pour développer son commerce de chaussures, a tellement bien réussi qu’elle est désormais autonome financièrement et peut couvrir les frais de scolarité de ses enfants et les frais médicaux de sa famille, sans avoir à dépendre de son mari. Les ASF ne sont toutefois pas seulement destinées aux femmes.
Edward Nondékohoun, charpentier, a ouvert une scierie grâce à deux prêts de 5 millions de CFA chacun que lui a accordé l’ASF de Lobogo. Les habitants de la région peuvent aujourd’hui acheter des ouvrage de menuiserie produits localement et ne doivent plus parcourir les 100 km qui les séparent de Cotonou, capitale économique du Bénin, pour acheter des meubles à des prix exorbitants. Il existe de nombreux autres exemples de réussite; un agriculteur a ainsi redonné vie à sa palmeraie et l’entreprise d’un éleveur de lapins est tellement florissante qu’il vend aujourd’hui ses produits aux restaurants de Cotonou.
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Edward Nondékohoun | |
Le secteur de l’agriculture durable au Bénin a considérablement bénéficié du système des ASF. À Aiez, près de Ouinhi dans la région de Zou, la riziculture des bas fonds a été financée par deux prêts d’un montant total de 5,5 millions de CFA, consentis par les ASF. Le premier prêt, accordé en 2008, de 3 millions de CFA, a été entièrement recouvré et le second est en cours de remboursement.
Le modèle des ASF a donné de si bons résultats qu’il a été reproduit en Guinée, en Mauritanie, au Kenya, en Ouganda et en Sierra Leone. Le programme a également contribué à élaborer les politiques de microfinance rurale au Bénin, approuvées par le gouvernement en 2006. Au lendemain des élections présidentielles de 2010, le nouveau Gouvernement béninois a mis en place un Vice-Ministère chargé du développement de la microfinance. La coordination avec et entre les autorités locales et nationales est un aspect fondamental de l’autonomisation des communautés et de la lutte contre la pauvreté.
Programme d'appui au développement rural (PADER)
Coût total du programme: 14,79 millions d’USD
Montant du prêt du FIDA: 10 millions d’USD
Nombre de bénéficiaires: 56 000
Lancé en mars 2007, le PADER, coiffe le portefeuille du FIDA au Bénin – dont le programme des ASF et d’autres initiatives rurales. Il vise à endiguer l’augmentation de la pauvreté rurale en aidant des groupes et des particuliers à démarrer et à développer des activités génératrices de revenus, essentiellement non agricoles. Il cible environ 56 000 bénéficiaires, soit les habitants de 280 villages au Bénin, dont 200 ont participé ou participent aujourd’hui à des programmes appuyés par le FIDA.
Dossier spécial sur la microfinance
Burkina Faso: Programme de développement rural durable (PDRD)
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Dans les zones rurales du Burkina Faso, les femmes ont un accès limité aux banques et aux institutions de financement classiques. Le Réseau des caisses populaires est un réseau de coopératives financières qui font office de banque dans les zones qui en sont dépourvues. Le réseau compte aujourd’hui 402 agences, dont 79 situées dans les zones d'intervention du PDRP. Les femmes peuvent solliciter de petits prêts, à faible intérêt (dont le taux de remboursement est de 99%), ouvrir des comptes d’épargne et participer à des séminaires pédagogiques sur divers thèmes (planning familial, santé maternelle et nutrition infantile, par exemple). À ce jour, plus de 13 000 femmes sont membres du réseau.
Liens utiles
Ghana: Projet de promotion de l'entreprenariat rural, Phase II
Financées par le gouvernement ghanéen, le FIDA et la Banque africaine de développement, les phases I et II du Projet de promotion de l’entrepreneuriat rural ont été mises en œuvre pour offrir des services de qualité, facilement accessibles et durables dans les zones rurales du Ghana. À ce jour,
32 institutions financières participantes prennent une part active au projet, soit 30% de l’objectif à 106, et 69% des fonds de microcrédit ont été attribués. Toutefois, à ce jour, le nombre de clients bénéficiant de prêts représente à peine 22% des 22 000 clients visés. La mission recommande de modifier les indicateurs de suivi afin de rendre compte du nombre total de branches et d’inclure le nombre de clients ayant ouvert un compte en banque et le nombre de clients dont les prêts sont financés par les propres fonds des institutions financières participantes, et non exclusivement par les fonds du projet.
Liens utiles
Mali: Fonds de développement en zone sahélienne (FODESA)
Au Mali, les opérateurs de systèmes financiers décentralisés (SFD) Kondo Jigima, JIGIFA et CIDR sont le fer de lance d’un mouvement d’organisation des institutions de microcrédit en un réseau de 94 agences. Seront ouvertes Dix-sept agences seront à Kondo, dans la région de Nara (ces agences étant déjà opérationnelles dans le cadre du réseau), 53 agences du JIGIFA dans la région de Ségou (en cours) et 24 agences du CIDR (étude de faisabilité achevée). Dans la région de San, les 52 associations de mutuelles d’épargne et de crédit établies dans le cadre du projet PDR-MS et du FODESA poursuivent leurs activités. Elles comptent 20 933 membres.
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Ressources sur la finance rurale
Ressources du FIDA
Stratégie régionale de finance rurale du FIDA en Afrique de l'Ouest et du Centre
La stratégie régionale de finance rurale vise à améliorer l’accès des populations rurales pauvres à des services financiers durables. Elle place les femmes, la participation et les savoirs locaux au cœur du développement de la finance rurale durable. Elle s’articule autour de trois objectifs stratégiques:
étendre la portée et améliorer la viabilité de la finance rurale, renforcer les capacités d’exécution à tous les niveaux (personnel du FIDA, personnel de projet, collaborateurs régionaux, groupe cible /clients) pour améliorer l’efficacité des interventions de finance rurale, améliorer le suivi et la capacité de rendre compte des institutions de microfinancement ainsi que l’évaluation de l’impact des interventions de finance rurale.
Le document est disponible en anglais et en français aux absences suivantes:
Politique du FIDA en matière de finance rurale, 2009
La politique actualisée du FIDA en matière de finance rurale propose des lignes directrices à l’intention des décideurs, des consultants et des organisations partenaires du FIDA afin de garantir la mise en place d'un secteur financier rural cohérent et efficace. Ces lignes directrices sont destinées à: renforcer l'aptitude des clients à participer effectivement à la prise en charge et à la supervision des institutions financières locales; à promouvoir l'acquisition de compétences financières de base; et à favoriser l'adoption de dispositifs de protection pour les épargnants, les emprunteurs et les institutions.
Le document est disponible en anglais, français, espagnol et arabe
Outils décisionnels du FIDA en matière de finance rurale, 2010
L’objectif des outils décisionnels du FIDA en matière de finance ruraleest d’aider les chargés de programme de pays du FIDA, ainsi que les consultants, le personnel de projet et les conseillers techniques qui développent et mettent en œuvre des projets de finance rurale, à prendre des décisions éclairées. Basé sur la Politique du FIDA en matière de financerurale(FIDA 2009) et sur d’autres guides de bonnes pratiques, cet outil de gestion des connaissances a été conçu pour aider à identifier et répondre aux problèmes qui peuvent surgir dans tout projet de finance rurale. Il donne des informations de base sur les questions clés, définit les termes communément employés, souligne les risques et les perspectives et propose des références pour aller plus loin.
Le document est disponible en anglais, français et espagnol.
Le FIDA a également diffusé également des publications et ressources sur un large éventail de thèmes liés à la finance rurale.
Pour de plus amples informations
Autres ressources
Les initiatives ci-après peuvent être utiles.
Nouveaux projets
République de Côte d'Ivoire - Programme d'opportunités stratégiques pour le pays
Le programme d’options stratégiques pour le pays (COSOP) 2010-2015 est le deuxième COSOP, mais le premier axé sur les résultats, développé par le Fonds international de développement agricole (FIDA) pour la Côte d’Ivoire. Le COSOP axé sur les résultats s’inscrit dans le nouveau contexte du pays et tient compte des changements intervenus en Côte d’Ivoire durant les 13 années qui ont suivi le premier COSOP.
Dans le droit fil des axes stratégiques définis dans le DSRP et le PNIA, l’objectif général de la stratégie du FIDA en Côte d’Ivoire pour 2010-2015 est de renforcer la sécurité alimentaire et d’accroître les revenus des petits producteurs vivriers et maraîchers de manière durable. Cet objectif général s’articule autour de deux objectifs stratégiques:
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République de Guinée - Programme national d'appui aux acteurs des filières agricoles
Le Conseil d’administration a approuvé la recommandation relative à la proposition de financement en faveur de la République de Guinée pour le Programme national d’appui aux acteurs des filières agricoles. Le programme proposé s’inscrit dans le cadre de la politique nationale de développement agricole – Vision 2015 (PNDA), de l’Initiative pour la fertilité des sols, du Schéma directeur de la petite irrigation et de la réforme de la politique foncière. Il répond à l’objectif de création de richesses pour une croissance au profit des pauvres défini dans le document de stratégie pour la réduction de la pauvreté – phase 2 (DSRP-2). Il appuie en particulier les orientations prioritaires relatives à l’intégration de filières de marché, grâce notamment à l’intensification et à la modernisation de la production agricole et de l’exploitation familiale. De plus, le projet complétera le Projet d'appui aux communautés villageoises – phase II, qui est axé sur les biens sociaux, la décentralisation et l’infrastructure rurale
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République de Guinée-Bissau - Projet de réhabilitation rurale et de développement communautaire
Ce projet est financé par un don du FIDA à hauteur de 4,7 millions d’USD. Ce projet marque la relance du partenariat du FIDA avec la Guinée-Bissau après une interruption de 15 ans. Il constitue le tout premier projet d’investissement majeur à Quinara et Tombali et, en dépit de son envergure limitée, se révèle un moteur de développement important dans les deux régions. Le don renforcera fortement le projet, en permettant une hausse des investissements dans la production agricole, la sécurité alimentaire et les autres activités de développement rural dont bénéficie directement le groupe cible du FIDA dans ces régions. Ces investissements, principalement mis à disposition par l’intermédiaire du fonds d’investissement local, favoriseront l’élaboration de petits projets agricoles, une meilleure utilisation des intrants, des termes de l’échange plus avantageux pour les producteurs, et l’augmentation et la diversification de la production agricole.
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République du Mali - Projet visant à améliorer la productivité agricole
Le FIDA accordera à la République du Mali un don d'environ 31,70 millions d’USD pour contribuer au financement de ce projet. Le projet vise à accroître la productivité des petits agriculteurs et des producteurs agro-alimentaires des systèmes et des zones de production ciblés (culture irriguée de riz et de légumes, culture pluviale de céréales, niébé et fourrage, élevage) dans la zone du projet en améliorant les technologies agricoles, en augmentant la superficie de terres arables et en renforçant les capacités des parties prenantes à tous les niveaux, en particulier les femmes et les jeunes.
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République du Mali - Programme d'investissement et de développement rural dans les régions du Nord Mali
Le Conseil d’administration a approuvé un don de 1,05 million d’USD, en complément de l’enveloppe financière initiale accordée par le FIDA pour la mise en œuvre de ce programme. Le don supplémentaire, destiné essentiellement à la construction de périmètres irrigués et à la production de semences améliorées, complète les fonds déjà consacrés à ces activités.
République du Nigéria - Programme de développement agricole et rural à assise communautaire
Le Conseil d’administration a accordé un prêt d’environ 29,9 millions d’USD à la République fédérale du Nigéria afin de contribuer au financement du Programme de développement agricole et rural à assise communautaire (CBARDP). Le coût total du programme se monte à 68,5 millions d’USD. Les contributions de l’État fédéral, des États et des gouvernements locaux se chiffrent à 31,5 millions d’USD et les contributions des communautés participantes à 400 000 USD. Compte tenu des résultats satisfaisants obtenus lors de la mise en œuvre, le Nigéria et le FIDA ont convenu, durant la conception du programme d’options stratégiques axé sur les résultats, de poursuivre la stratégie de développement à l'initiative des communautés et d’étendre les activités dans les États participants, dans le Nord du Nigéria, en allouant des fonds supplémentaires pour appuyer le développement agricole.
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République démocratique de Sao Tomé-et-Principe - Programme d'appui participatif à l'agriculture familiale et à la pêche artisanale
Le financement supplémentaire proposé permettra au FIDA et au Gouvernement de la République démocratique de Sao Tomé-et-Principe de poursuivre les activités mises en œuvre au titre du Programme d’appui participatif à l’agriculture familiale et à la pêche artisanale (PAPAFPA) et d’en faire bénéficier un plus grand nombre de ménages pauvres dont les moyens d’existence dépendent de ces deux activités. Face à la performance de la stratégie de développement et des retombées positives du programme pour les bénéficiaires, le gouvernement a manifesté le souhait d’en élargir la couverture. Le FIDA accordera un financement supplémentaire à la République démocratique de Sao Tomé-et-Principe sous la forme d’un don d'environ 3 millions d’USD. La contribution du gouvernement se chiffrera à 159 800 USD, portant le montant total du programme quelque 3,16 millions d’USD.
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o Atelier régional sur la mise en ouvre de projets, Dakar, 8-11 novembre 2010
- Thème: Chaînes de valeur pour les opportunités et la croissance: quel rôle pour les projets financés par le FIDA?
La Division a organisé le cinquième atelier régional sur la mise en œuvre de projets à Dakar (Sénégal) du 8 au 11 novembre 2010. Cet atelier a réuni un large éventail de parties prenantes: directeurs de projets financés sous forme de prêts ou de dons, responsables gouvernementaux, représentants d’organisations paysannes et d’ONG, secteur privé, institutions coopérantes et fonctionnaires du FIDA.
Cet atelier régional a été organisé conjointement avec le Ministère de l’Agriculture de la République du Sénégal et avec l’appui de la Fondation rurale de l’Afrique de l’Ouest (FRAO). Ses principaux objectifs ont été les suivants: a) l'amélioration constante de la performance en matière de mise en œuvre de projets par le biais des plans d’action élaborés pour les projets et des récentes initiatives prises au sein du FIDA ; et b) débattre de la promotion d’opportunités et de croissance les chaînes de valeurs.
Les conclusions de l’atelier seront intégrées dans les opérations en cours et seront ultérieurement utilisées pour ajuster les programmes, opérer des réorientations et procéder à la planification
L’atelier s’est déroulé sous forme de communications, de tables rondes et de groupes de travail. D’autres thèmes ont été également examinés, parmi lesquels le suivi-évaluation, la reproduction à plus grande échelle et la décentralisation du FIDA. Des documents de référence et des études de cas issus des projets ont été distribués afin d’enrichir les débats.
Consultation internationale sur le manioc, culture bioénergétique potentielle, Accra (Ghana), 18-19 octobre 2010
Le débat international sur l’impact de la production de biocarburants sur les populations pauvres rurales, notamment sur les prix des produits alimentaires, la sécurité foncière et l’environnement, est animé. L’enjeu est de maintenir l’objectif de sécurité alimentaire et de production de carburants. Parallèlement, la demande croissante de combustibles et la crainte d’une hausse des prix suscitée par les préoccupations mondiales concernant la pollution de l’environnement, conduisent les responsables politiques à étudier de plus près les moyens dont le nouveau marché des biocarburants peut contribuer à lutter contre la pauvreté rurale et à atténuer les conséquences du changement climatique.
La consultation a été organisée par le Fonds international de développement agricole, en coopération avec l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture et la Fondation des Nations Unies. Elle est également financée par les gouvernements italien et finlandais.
Cette consultation a examiné tous les maillons de la filière du manioc et a accordé une attention particulière à la production de biocarburants et de bioénergie ainsi qu’à l'intégration des pauvres et des femmes dans ce nouveau marché.
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Mme Khadija Doucouré vient de rejoindre l’équipe du FIDA comme Spécialiste Genre pour la région Afrique de l’Ouest et du Centre. Elle est basée au bureau FIDA à Dakar, Sénégal. Mme Doucouré sera responsable du renforcement de l’intégration des questions ayant trait à la parité et à l’autonomisation des femmes dans les projets bénéficiant de l’appui financier du FIDA. Elle travaillera en collaboration avec le FIDA et les équipes de gestion des programmes nationaux pour concevoir des programmes et des activités de promotion et de développement de l’entrepreneuriat féminin en milieu rural. L’expérience et l’appui direct de Khadija aideront à mieux intégrer la dimension genre dans les stratégies et les programmes de la Division Afrique de l’Ouest et du Centre en vue de contribuer à la réalisation du troisième objectif du Millénaire pour le développement.
Avant de joindre le FIDA, Khadija a successivement assuré les fonctions de Coordinatrice des programmes et Directrice générale du Centre africain de l’entrepreneuriat féminin (CAEF), dont la mission principale est de renforcer le pouvoir économique des femmes, et en particulier celui des femmes rurales. En qualité d’expert en Genre et développement économique, elle a conduit plusieurs missions de terrain pour le compte d’institutions telles que la Banque mondiale, l’Organisation internationale du travail (BIT), la FAO, le FIDA, le PNUD, la CEDEAO et le CILSS, dans le domaine du renforcement des capacités économiques des femmes en Afrique de l’Ouest et du Centre.