La terre et l’eau sont les biens les plus précieux pour les exploitants agricoles. Or, l’accès à ces ressources de base n’est pas toujours garanti pour les 500 millions d’agriculteurs qui sont recensés dans le monde en développement et nourrissent un tiers de la population mondiale. Ces cultivateurs se trouvent ainsi privés de la capacité d’effectuer les investissements agricoles nécessaires, surtout en Afrique subsaharienne, de sorte que la productivité et le niveau de production demeurent faibles.
Encore récemment, la terre et l'eau étaient souvent considérées comme des sujets distincts dans les politiques nationales. Pourtant, la question de l'accès à l'eau ne peut être scindée de celle de l'accès garanti à la terre. Disposer d’eau ne sera pas suffisant si l’accès à la terre n’est pas assuré, tout comme la terre ne sera d’aucune utilité pour un agriculteur qui n’aurait pas accès à l’eau. L’approche du développement doit tenir compte de l'interaction entre ces deux facteurs de production essentiels. Les petits paysans privés de droits garantis sur les terres et les ressources naturelles sont moins enclins à investir dans des mesures de gestion durable, contribuant ainsi à accentuer les problèmes environnementaux, notamment la dégradation des sols.
Actuellement, en Afrique subsaharienne, quelque 7% des terres arables sont irriguées, pour une capacité d’irrigation potentielle de 20% seulement; le reste des terres, soit 80%, est donc encore cultivé en pluvial. Dans cette région, l'état des sols (leur texture et leur structure) est crucial pour une agriculture productive, en particulier quant à leur capacité à stocker et à libérer les nutriments et l'humidité indispensables aux plantes. En Afrique subsaharienne, 80% des sols sont en situation de stress hydrique, ce qui explique pourquoi leur remise en état occupe une place privilégiée dans les efforts que nous déployons pour améliorer la productivité et augmenter la production alimentaire.
Au sein de la Division Afrique orientale et australe du FIDA, l’examen de la situation d’ensemble est notre priorité, dès lors qu’il s’agit d’investir dans le secteur agricole et, dans le cadre de ces investissements, de garantir des droits d’occupation des terres, d’améliorer les sols et de promouvoir des systèmes d’utilisation multiple de l'eau, à des fins agricoles et domestiques. Les tendances du changement climatique contribuent à renforcer ces exigences et donnent un caractère d'urgence à l’action et aux investissements des pouvoirs publics dans ce domaine. Le développement durable à long terme du secteur agricole, permettant de garantir revenus et emplois aux populations rurales, ne sera possible que dans la mesure où nous mettrons en œuvre une approche globale, fondée sur la participation des petits paysans et répondant à leurs besoins, en particulier ceux des femmes et des jeunes.
Ides de Willebois
Dossier général sur les terres et l'eau
Aujourd'hui, les petits agriculteurs des pays pauvres nourrissent près de deux milliards de personnes et produisent l’essentiel de la nourriture consommée dans le monde en développement. Ces cultivateurs, qui appartiennent généralement aux couches les plus pauvres de la population, et les plus négligées en termes d'investissement, jouent néanmoins un rôle déterminant dans la lutte contre la pauvreté et pour l’instauration de la sécurité alimentaire. Il est essentiel de garantir leur accès à la terre et à l'eau pour réduire l’extrême pauvreté et la faim.
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Exemple de carte de l'utilisation des terres d'une communauté, au Mozambique | |||
Avec l’accroissement attendu de la population mondiale, qui devrait progresser de près de 50% au cours des 30 prochaines années – passant ainsi d'environ 6,5 à
9,2 milliards de personnes –, la concurrence pour la terre et l'eau s’accentuera. Il est donc capital de veiller à ce que les besoins en terres et en eau des petits exploitants soient satisfaits. S’agissant des petits paysans pauvres, l'eau et la terre ne peuvent pas être considérées comme des questions distinctes. Avoir un accès garanti à ces deux biens leur permet d’investir avec confiance dans des moyens utiles pour pourvoir utiliser les ressources naturelles à bon escient: pratiques de gestion, formation, technologies et organisations. Tous ces éléments contribuent à accroître la productivité agricole et à renforcer les moyens d’existence.
Il est peu probable que des mesures gouvernementales et de développement exclusivement centrées sur la terre ou sur une nouvelle gouvernance de l’eau puissent avoir une incidence durable. "L'accès conjugué à la terre et à l'eau est extrêmement important pour que l'agriculture puisse prospérer", explique Rudolph Cleveringa, conseiller technique principal au FIDA. "L’'interaction entre ces deux ressources est toutefois déterminante. Leur action doit être solidaire."
Au cours des dix dernières années, le FIDA a appuyé de nouvelles formes de gouvernance de la terre et de l'eau en vue d’améliorer l'accès des populations rurales pauvres à ces ressources naturelles et de favoriser ainsi la réduction de la pauvreté, une meilleure sécurité alimentaire et le renforcement des moyens d’existence. Cette action consiste à collaborer avec les organisations à assise communautaire, les organisations de la société civile et les organisations non gouvernementales (ONG) pour mieux dégager les changements nécessaires, et à œuvrer conjointement avec les pouvoirs publics, au niveau national et local, pour modifier les politiques et la législation. L'objectif est de donner aux ruraux pauvres les moyens de participer à la gestion des ressources communes dont ils sont tributaires.
L’importance des institutions coutumières pour la réglementation de l’accès aux ressources naturelles
Le FIDA a réalisé plusieurs études de cas afin de mesurer l’incidence de l'interaction entre la gouvernance de la terre et de l'eau sur les programmes de développement. Ces enquêtes ont permis d’établir l’existence de certaines structures locales de gouvernance de ces ressources, qui toutefois ne sont pas systématiquement reconnues à des niveaux institutionnels supérieurs. Pour que les réformes puissent améliorer les moyens d’existence des ruraux pauvres, il importe que la voix et les préoccupations de ces populations soient entendues et reconnues dans le cadre du processus de réforme.
En Afrique, l'utilisation des terres et l'accès à ces ressources sont le plus souvent régis par des institutions coutumières. Ces dernières années, la nécessité d'intégrer ces institutions dans les systèmes décentralisés d'administration des biens fonciers a été de plus en plus reconnue. Ensemble, les institutions gouvernementales décentralisées et à assise communautaire peuvent apporter une réponse plus efficace aux questions relatives à la sécurité des droits fonciers et à la gestion durable des terres. Au Swaziland, par exemple, le recours aux structures de gouvernance traditionnelles pour soutenir la planification du développement a favorisé un niveau de participation communautaire et d'autonomisation largement supérieur aux attentes initiales. Des plans de développement des chefferies ont été introduits dans les premières phases du Projet d’irrigation à l’intention des petits exploitants du bassin inférieur de l’Usuthu (LUSIP) dans un double objectif: aider les collectivités à mieux comprendre l'impact du renforcement des infrastructures et guider l'attribution des terres.
L'objectif premier de ce projet était de convertir 6 500 hectares de cultures de subsistance en des champs irrigués, commercialement viables et gérés par des agriculteurs ayant reçu une formation au niveau local. Dans ce cas, le projet a examiné les structures de gouvernance déjà en place pour garantir l'accès des communautés locales concernées à la terre et à l'eau. "L'accès à des terres irrigables a été l'un des premiers défis auxquels le projet a dû faire face", affirme Louise McDonald, chargée de programme de pays au FIDA. Par ailleurs, les plans de développement des chefferies sont devenus un mécanisme essentiel pour assurer la participation des collectivités à la planification du développement général de ces communautés.
Au Malawi, un projet d'irrigation à grande échelle lancé en 2006, le Projet de développement de l’agriculture, des moyens d’existence ruraux et de l’irrigation, a permis de mettre en place des accords fonciers avant de procéder à la mise au point des systèmes d'irrigation prévus (voir le récit ci-dessous). "L’important est de garantir l'accès à la terre et aux ressources naturelles pour assurer leur utilisation durable à long terme", souligne Harold Liversage, responsable régional du Programme des régimes fonciers pour l'Afrique orientale et australe au FIDA.
Le FIDA apporte aussi son appui à la Commission de l’Union africaine, à la Commission économique pour l’Afrique des Nations Unies et à la Banque africaine de développement aux fins de l’élaboration de directives pour la formulation et la mise en œuvre d’une politique foncière. Le Fonds travaille également en collaboration l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) en vue de mettre au point des directives mondiales analogues pour une bonne gouvernance des terres et des ressources naturelles.
La problématique hommes-femmes
S’agissant de la gouvernance des terres et de l'eau, un autre élément important à prendre en compte est la problématique hommes-femmes. Les femmes sont les principales productrices de denrées alimentaires. En Afrique subsaharienne, par exemple, elles fournissent entre la moitié et les trois quarts du total des aliments produits par les petits paysans dans la plus grande partie de la région. Les agricultrices sont donc essentielles pour instaurer la sécurité alimentaire et assurer une meilleure nutrition et un niveau de vie plus élevé. Toutefois, dans certains pays, les femmes ont des difficultés à accéder aux ressources naturelles, en particulier à la terre, parce que les systèmes d'héritage traditionnels tendent à être patrilinéaires. Une question cruciale est donc de savoir comment s’adresser plus efficacement aux femmes au sein des communautés où elles sont les principaux producteurs d'aliments. Par exemple, le Programme de développement participatif de la petite irrigation, qui a été lancé en 2008 en Éthiopie, encourage ainsi la participation des femmes dans les instances décisionnelles des associations d'irrigants, mises en place pour assurer la gestion des systèmes d'irrigation. "Les femmes jouent un rôle important dans la gestion des terres et de l'eau, et ce rôle mérite une plus grande attention", explique Audrey Nepveu, conseillère technique sur la gestion agricole de l'eau au FIDA. "Dans la plupart des cas, ce sont les femmes qui nourrissent la famille. Elles ont besoin d'un accès garanti à la terre et à l'eau, aussi bien pour l'agriculture qu’à usage domestique."
Les femmes doivent notamment pouvoir accéder plus aisément à l'eau domestique, pour gagner ainsi du temps à consacrer à d'autres tâches productives. Dans bien des communautés rurales, il leur faut encore aujourd’hui beaucoup de temps pour aller chercher de l'eau potable au puits le plus proche, qui peut être situé à des kilomètres de chez elles. "Assurer aux femmes des sources d'eau potable plus proches de leur domicile leur permettrait d'avoir plus de temps à disposition pour cultiver la terre. Nous devons également investir davantage dans les technologies à petite échelle pour encourager le développement des jardins potagers", a ajouté Mme Nepveu. Actuellement, les investissements dans l’eau à usage domestique représentent environ 35% du portefeuille des activités entreprises par la Division Afrique orientale et australe dans le domaine de l’eau. Les femmes sont les principales bénéficiaires de ces investissements qui, au FIDA, sont guidés par l'approche axée sur la demande, en vertu de laquelle les populations rurales pauvres définissent leurs propres besoins.
La dégradation des ressources naturelles
La dégradation des ressources naturelles, qui résulte bien souvent de l’appartenance incertaine des terres, est un autre des problèmes qui frappent les pays africains. Divers projets financés par le FIDA dans la région visent à résoudre le problème de la dégradation des sols tout en renforçant les infrastructures agricoles. Au Lesotho, par exemple, le Programme de gestion durable de l’agriculture et des ressources naturelles a étudié les moyens d’enrayer la dégradation des sols due à une mauvaise gestion des terres (voir ci-dessous le récit de la lutte contre la dégradation des sols au Lesotho).
De la même façon, en Éthiopie on estime à deux milliards de tonnes les sols fertiles qui disparaissent chaque année par effet de la dégradation des terres. Le Projet communautaire de gestion intégrée des ressources naturelles financé par le FIDA et mis en œuvre dans le bassin du lac Tana, vise à renforcer la sécurité foncière des agriculteurs pour les encourager à investir dans l’amélioration de leurs terres. Il a pour objectifs de faciliter l'accès des ruraux pauvres aux ressources naturelles, comme la terre et l'eau, et à des techniques améliorées de production agricole et de gestion durable des terres.
Cependant, malgré l’importance des questions foncières, la gestion des sources d'eau pour l'agriculture demeure cruciale, sachant que l'agriculture représente plus de 80% de la consommation d'eau. En Afrique orientale et australe, à fin 2009, 44 des 51 projets de prêt en cours dans 16 pays prévoyaient des activités dans le domaine de l'eau, allant de la gestion des ressources à leur utilisation à des fins diverses, pour un usage domestique, pour l’agriculture et pour l'environnement. Le secteur agricole a été le principal destinataire des investissements, avec 51% des projets prévoyant des investissements dans l'irrigation, 41% dans la gestion de l'eau en agriculture pluviale, 31% dans l'eau pour le bétail et 14% dans l’eau pour les pêches intérieures. La transformation des produits agricoles, destinée à valoriser la production (notamment le lavage des produits avant leur conditionnement), a également représenté un volet important du portefeuille des investissements dans le domaine de l'eau. L’amélioration de la gestion agricole de l'eau reste donc une priorité pour la Division Afrique orientale et australe du FIDA.
La mise en place d’un réseau solide d’information sur l’eau
En 2006, le FIDA a lancé le projet d'amélioration de la gestion des eaux à usage agricole en Afrique orientale et australe (IMAWESA) dont l’objectif était de renforcer l'impact, en termes de développement, des investissements dans la gestion agricole de l'eau en faveur des petits exploitants de la région. Le projet IMAWESA, dont la première phase vient de s’achever, a permis de créer un réseau efficace de spécialistes de la gestion des eaux et d’utilisateurs de ces ressources, visant à recenser les bonnes pratiques de gestion agricole de l’eau et les enseignements tirés, les étayer par des documents, les regrouper et en assurer la mise en commun. Une évaluation externe, menée à bien au début de 2009, a montré que le projet IMAWESA avait mis en place un réseau fiable de professionnels de la région à même de fournir des solutions aux problèmes de la gestion des eaux à usage agricole et dont les compétences pouvaient être utilisées dans divers domaines: assistance technique, formation et recherche appliquée.
Pour de plus amples détails, prière de contacter:
Harold Liversage, responsable régional du Programme des régimes fonciers, Division ESA, FIDA
h.liversage@ifad.org
Gouvernance intégrée de la terre, de l'eau et des ressources naturelles
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La mise en culture de terres récemment irriguées au Malawi FIDA/D. Magada 2010 | |||
Selon les estimations, en Afrique, moins de 10% des terres sont enregistrées au titre de régimes définis par la loi. Dans cette région, la plupart des terres agricoles sont formellement propriété de l’État, mais appartiennent de fait aux communautés rurales locales en vertu de divers régimes fonciers coutumiers conciliant les droits individuels ou familiaux et les droits collectifs. Les dix dernières années ont été marquées par une meilleure reconnaissance juridique des régimes fonciers coutumiers et leur intégration dans les systèmes décentralisés d’administration des biens fonciers publics, donnant ainsi lieu à une accélération des enregistrements fonciers dans certains pays (à Madagascar et au Rwanda, par exemple). Divers régimes fonciers coutumiers régissent également la gestion de l’eau et d’autres ressources naturelles comme les arbres, la végétation naturelle, les plantes médicinales et les poissons; les eaux et les forêts semblent toutefois faire l’objet d’une réglementation légale plus poussée. En règle générale, des droits individuels ou familiaux s’appliquent aux parcelles résidentielles et aux terres agricoles, et des droits collectifs aux pâturages et aux forêts. La gestion durable des terres impose donc la reconnaissance d'une combinaison de règles et de règlements locaux. Les mesures de conservation des sols et de l'eau et les opérations de reboisement intéressent aussi bien les parcelles familiales que les terres communautaires. Les plantes fourragères peuvent être cultivées sur des terres familiales ou communales, mais les interventions d’amélioration des parcours et des pâturages sont généralement mises en œuvre sur des terrains communaux. L’introduction de l'irrigation peut avoir une forte incidence sur les droits fonciers. Pour les populations les plus vulnérables, l'augmentation du potentiel et de la valeur des terrains peut se traduire par une perte d’accès à la terre.
La plupart des projets et programmes d’irrigation et de gestion durable des terres financés par le FIDA en Afrique orientale et australe s’attaquent au problème de la sécurité foncière et de l'accès équitable à la terre, apportant souvent des solutions novatrices. Par exemple:
Pour de plus amples détails, prière de contacter:
Harold Liversage, responsable régional du Programme des régimes fonciers, Division ESA, FIDA
h.liversage@ifad.org
Récits recueillis sur le terrain
Malawi: Les questions foncières au cour du projet de développement de l'irrigation
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MALAWI Canal d'irrigation dans l'ancien périmètre public de Likangala FIDA/D. Magada 2010 | |||
Le Gouvernement du Malawi a inscrit l'irrigation parmi ses principales priorités. Dans ce pays, l'eau est une préoccupation majeure, en particulier pour l'agriculture. Pour leurs cultures, la plupart des exploitants sont tributaires des conditions météorologiques et de précipitations imprévisibles. L'irrigation est peu développée et les quelques grands périmètres d'irrigation publics ont été négligés et sont tombés en ruine. La productivité agricole est donc faible et la production irrégulière.
Un projet de développement de l'irrigation, le Projet de développement de l’agriculture, des moyens d’existence ruraux et de l’irrigation, financé conjointement par le FIDA et la Banque mondiale, a été lancé en 2006. Il a pour objectif d'accroître la productivité agricole et les revenus nets des ménages ruraux pauvres en leur offrant un module intégré de soutien prévoyant le développement de l'irrigation, l’offre de services de conseils pour l’agriculture et l'irrigation, ainsi que la fourniture d’un appui à la commercialisation et aux actifs après récolte. Cependant, en raison de l’existence de liens étroits entre l’irrigation et le régime de propriété des terres, le projet a dû s’attaquer aux questions foncières avant de procéder au développement des systèmes d'irrigation. Il a notamment fallu se concentrer sur les contrats fonciers pour permettre le transfert de propriété des systèmes d'irrigation publics aux collectivités locales.
L’une des composantes du projet vise à remettre en état quatre ouvrages publics d’irrigation à l’abandon couvrant 1 800 hectares, puis à en transférer la propriété aux communautés bénéficiaires. Cet objectif sera atteint grâce à la création d'associations d'irrigants en parallèle avec la remise en état des réseaux d’irrigation. Toutefois, avant de pouvoir procéder à l’établissement de ces associations, il a été nécessaire de consacrer beaucoup de temps à la résolution des problèmes fonciers liés aux terres intéressées par les aménagements d’irrigation. Il a été convenu que le Gouvernement du Malawi accorderait des baux à long terme aux associations d’irrigants et faciliterait ensuite la sous-location de ces terres à leurs membres. À ce jour, des contrats de location entre le Ministère des terres et les associations d’irrigants ont été établis pour tous les périmètres d’irrigation publics. Toutefois, dans l’attente de l’enregistrement de ces associations, les offres de contrat n'ont pas encore pu être concrétisées, sauf dans un cas. "Une grande partie des ressources du projet sont actuellement consacrées au renforcement des capacités des agriculteurs à constituer leurs propres associations d’irrigants et à en assurer la gestion", déclare Dickxie Verson Kampani, coordonnateur du projet à Lilongwe.
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MALAWI Canal d'irrigation dans le petit périmètre de Windu FIDA/D. Magada 2010 | |||
Les communautés visées prennent une part active aux travaux de construction et sont formées à la gestion des périmètres dans le cadre de leur propre association d’irrigants. "Comme nous aurons la propriété du périmètre d’irrigation, nous recevons une formation pour pouvoir le gérer et l’exploiter par le biais de l’association. La formation qui nous est dispensée porte sur divers aspects: encadrement, gestion des conflits et questions techniques", explique Rose Timbo, vice-présidente de l’association d’irrigants de Likangala. Les canaux sont en cours de réalisation et une partie du périmètre devrait être opérationnelle d'ici la fin de 2010. La région produit principalement du riz et du maïs.
Le projet est mis en œuvre dans 11 districts situés dans le nord, le centre et le sud du Malawi. Comme bien d'autres projets appuyés par le FIDA, il est axé sur la demande et prévoit la pleine participation des communautés visées. L’investissement total s'élève à 52 millions d’USD pour les six années du projet (2006-2012), auquel le FIDA contribue à hauteur de 8 millions d’USD.
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MALAWI Ouvrage réalisé dans le petit périmètre d'irrigation de Windu FIDA/D. Magada 2010 | |||
L’attribution des parcelles aux membres sera réglementée par les comités des associations d’irrigants dès qu’ils auront été constitués. Actuellement les associations comptent attribuer les parcelles sur une base annuelle, mais cela risque d’être préjudiciable à la sécurité foncière de leurs membres et de saper leur volonté d'investir dans la terre et dans l'agriculture. Les exploitants devraient néanmoins conserver les mêmes parcelles. Pour assurer un partage équitable des avantages, des limites minimales et maximales au nombre de parcelles auxquelles les membres peuvent accéder, sont fixées par les associations d’irrigants constituées à titre provisoire. Les parcelles couvrent généralement environ 0,1 hectare. Les limites au nombre de parcelles auxquelles un membre peut avoir accès, varient selon les périmètres. Par exemple, à Likangala, les agriculteurs peuvent se voir attribuer un maximum de quatre parcelles, tandis qu’ailleurs ce nombre peut aller de 4 à 12 parcelles.
Outre les périmètres publics, le projet apporte son appui à la mise en place de nouveaux petits ouvrages d’irrigation par gravité couvrant chacun entre 10 et 50 hectares, pour un total d'environ 500 hectares, ainsi qu’à la réalisation de mini-réseaux d’irrigation couvrant de 2 à 10 hectares pour un total de 300 hectares. Bien qu’au moment de la conception du projet aucune activité spécifique n’ait été prévue concernant les problèmes de sécurité foncière, le projet soutient toutefois l’établissement d’une documentation relative aux accords de partage des terres dans les petits périmètres d'irrigation situés sur des terres coutumières.
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MALAWI Rose Timbo, présidente de l'association d'irrigants de Likangala FIDA/D. Magada 2010 | |||
La plupart des petits périmètres et des mini-réseaux d’irrigation sont mis en place sur des terres appartenant déjà à un ou plusieurs propriétaires, selon leur superficie. Au Malawi, les terres relèvent le plus souvent du régime foncier coutumier et leur attribution est généralement assurée par le biais des autorités traditionnelles. Les terres sont attribuées aux familles à perpétuité, à condition toutefois que celles-ci continuent à les utiliser. Dans le sud et le centre du pays, les systèmes coutumiers sont de type matrilinéaires, alors que dans le nord ils sont patrilinéaires.
Comme dans le cas des ouvrages d’irrigation publics, les parcelles couvrent environ 0,1 hectare. S’agissant des mini-réseaux d’irrigation, elles peuvent avoir une superficie plus réduite; dans certains cas, il est possible qu’elles ne soient pas divisées, mais plutôt exploitées en tant que potagers communautaires. Depuis le lancement du projet, 200 mini-réseaux d'irrigation supplémentaires ont été mis en place sur demande, en sus des périmètres initialement prévus. Dans ce cas, les agriculteurs tendent à être déjà propriétaires d'une parcelle. Les mini-réseaux d'irrigation supplémentaires ainsi réalisés par le projet couvrent au total 1 496 hectares. Ces périmètres intéressent plus de 20 000 familles d’agriculteurs. Il s’agit à présent de veiller à ce qu’ils soient durables et à ce que les exploitants soient satisfaits du système d’irrigation et reçoivent une formation suffisante pour pouvoir les gérer et développer les cultures.
Nouvelle politique foncière au Malawi
Depuis l'introduction d’une démocratie pluraliste en 1994, le pays a défini une nouvelle politique foncière dont est issue la nouvelle loi foncière qui devrait être approuvée par le Parlement d'ici la fin de l'année. Entre autres choses, cette loi prévoit l'attribution de toutes les terres à la population du Malawi et stipule que tous les citoyens pourront avoir accès à la terre dont ils ont besoin pour assurer leur subsistance. L’objectif est d’améliorer la sécurité foncière en clarifiant et renforçant les droits fonciers coutumiers et en formalisant le rôle des autorités traditionnelles dans l'administration des terres coutumières. La loi permettra l'enregistrement des terres coutumières et des transactions y afférentes, et visera à assurer une répartition plus équitable des terres moyennant la réinstallation des populations dans des zones moins densément peuplées. L'accent est mis sur la décentralisation de l'administration foncière. Les droits du conjoint seront également reconnus - maris et femmes seront considérés comme des entités distinctes au regard du cadastre et des transactions foncières. Les étrangers ne pourront pas acquérir des terrains privés et, sauf autorisation spéciale, il ne pourra leur être accordé que des baux d’une durée inférieure à 50 ans.
Pour de plus amples détails, prière de contacter:
Miriam Okong’o, chargée de programme de pays, Division ESA, FIDA
m.okongo@ifad.org
S'engager dans la lutte contre la dégradation des sols: une guerre que le Lesotho ne peut pas se permettre de perdre?
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Vue panoramique du bassin versant de Maliepetsane à Ha Mosala. © FIDA/Barry Mann 2010 | |||
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| La chef mamaebana, Liako Moholobela © FIDA/Barry Mann 2010 | ||||
En parcourant les campagnes du Lesotho, il est impossible de ne pas remarquer les cicatrices que la forte érosion a infligées au paysage. De vastes étendues de champs autrefois fertiles sont désormais réduites à un désert stérile après des années de mauvaise gestion des terres. Conscients qu’il fallait faire quelque chose pour protéger leur avenir, la chef et les villageois de Ha Mosala, dans le district de Mafeteng, ont entrepris d’inverser les effets de la dégradation des sols dans leur secteur, avec l'appui d'un programme financé par le FIDA, le Programme de gestion durable de l’agriculture et des ressources naturelles (SANReMP).
La chef Mamaebana, Liako Moholobela, vit dans les environs de Ha Mosala depuis de nombreuses années, et observant la vallée qui s’étend devant elle, elle se souvient que «les dongas (ravines dues à l’érosion du sol résultant de l’écoulement violent des eaux, lui-même souvent causé par le déboisement ou le surpâturage, qui favorisent le déplacement des sols) ont commencé à apparaître sur les terres environnant Ha Mosala en 1946. Après 60 années de surpâturage et d'érosion, la terre était désormais dépouillée, sillonnée de dongas, et dans de nombreux secteurs les cultures n’étaient plus possibles. En 2007, nous avons réalisé que nous devions faire quelque chose pour protéger notre communauté."
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Traces des murets en pierre servant à stabiliser le sol dans les dongas, à Ha Mosala. © FIDA/Barry Mann 2010 | |||
En 2007, la chef de village et les membres de la communauté ont commencé à travailler avec le Programme SANReMP et le Gouvernement du Lesotho pour tenter d'inverser les effets de la dégradation des sols - une tâche loin d’être aisée dans un pays ouvert, dépourvu de clôtures et où le pacage des animaux ne connaît aucune restriction.
Le plan d'action communautaire de Mosala a été élaboré et un premier site d’une superficie de 4,5 hectares a été localisé dans le bassin versant de Maliepetsane pour le démarrage des travaux de remise en état. La chef de village a déclaré que ces terres ne devaient être ni cultivées, ni utilisées pour le pacage du bétail. Des murets en pierre ont été érigés au travers des dongas pour empêcher l'écoulement des eaux et capter le limon, tandis que les flancs abrupts des ravines ont été remodelés en vue de leur réensemencement. Des eucalyptus, des acacias et des peupliers ont également été plantés pour faciliter la stabilisation du sol.
Le Programme SANReMP a fourni les fonds nécessaires pour l’achat des intrants du projet, à savoir des semences en quantité suffisante pour le réensemencement de 4,5 hectares et 16 000 plants d'arbres, qui ont tous été mis en terre. Aujourd'hui, lorsque l’on parcourt le périmètre remis en état, la réussite du projet est clairement visible. Les arbres et les graminées sont bien implantés, et le sol qui auparavant aurait été directement emporté dans la rivière a comblé les ravines, derrière les murets en pierre. Ces espaces ont à leur tour été replantés avec une partie des plants d'arbres et réensemencés. Kamehelo Ramoshabe, l'agent local chargé du contrôle des pâturages, a souligné l’absence de toute activité de pacage dans le secteur. Il a expliqué que "le projet avait le soutien de la chef de village et des membres de la communauté, qui ont réussi à empêcher que les agriculteurs et les jeunes gardiens ne laissent paître leurs troupeaux dans ce périmètre. Sensibiliser la communauté afin que chacun soit bien conscient de la nécessité d’éviter le pacage du bétail dans ce secteur, constitue un élément très important du projet."
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Touffes d'Eragrostis curvula plantées dans le cadre du programme | |||
La remise en état des terres dans cette zone spécifique n'est qu’un début. Indiquant la vallée, la chef de village a déclaré que "quiconque au sein de la communauté pouvait voir par soi-même les résultats obtenus dans ce périmètre. Le succès a été tel que nous voulons maintenant étendre le programme de remise en état à d'autres secteurs dans la vallée." Un exploitant local, Thabo Ntsohi, a précisé qu’il s'agissait d'une amélioration durable: "Nous sommes maintenant plus sélectifs dans le choix des zones de pâturage du bétail, mais dans le périmètre remis en état il est prévu de commencer à récolter du fourrage pour nos animaux. Étendre la superficie des zones régénérées procurera des avantages à tous ceux qui détiennent des animaux, au sein de la communauté."
La communauté envisage aussi d'utiliser les arbres, lorsqu’ils seront plus développés, comme source de bois de chauffage dont la vente permettra d’obtenir des revenus supplémentaires bien nécessaires. Ces recettes seront en partie employées pour financer la remise en état de nouveaux périmètres. Cette année, ayant constaté le succès du projet, plusieurs villageois dotés d’un esprit d’entreprise ont également mis en place des pépinières pour la production de plants d'arbres qu’ils espèrent vendre pour d’autres projets de remise en état d’une même nature.
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Nouvelles pousses d'Eragrostis curvula et absence d'éléments indiquant des activités de pâturage sur le site | |||
Le succès du périmètre remis en état à Ha Mosala, avec le soutien du Programme SANReMP, a montré qu'il était possible d'inverser les effets dévastateurs de la dégradation des sols. Les villageois sont fiers, à juste titre, que le Ministère des forêts et de la mise en valeur des terres du Lesotho ait récemment choisi ce site pour témoigner de la façon dont il est possible de lutter contre la dégradation des sols et pour célébrer la réussite de cette initiative. Les perspectives commencent à s’améliorer pour les villageois.
Pour de plus amples détails, prière de contacter:
Fumiko Nakai, chargée de programme de pays, Division ESA, FIDA
f.nakai@ifad.org
En Érythrée, un mode ancien de gestion de l'eau aide
les exploitants à faire face à la pénurie d'eau
L’eau est un bien précieux en Érythrée, où les exploitants sont aux prises avec les sécheresses et les mauvaises récoltes. Avec l’appui du gouvernement et d’un projet financé par le FIDA, les exploitants et les éleveurs développent l’irrigation de crue, un mode traditionnel de gestion de l’eau. En mobilisant les eaux de crue et en recueillant les eaux de ruissellement, les exploitants se procurent suffisamment d’eau pour la saison sèche. Maintenant, un certain nombre d’entre eux parviennent à obtenir des rendements six fois plus élevés qu’avant.
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Exploitants agricoles érythréens | |||
En Érythrée, la pénurie d’eau constitue l’un des principaux obstacles que les exploitants doivent surmonter. Le pays a deux réseaux hydrographiques pérennes: le fleuve Setit, qui forme la frontière avec l’Éthiopie et s’écoule dans le bassin du Nil, et le réseau du Gash Barka, qui collecte les eaux de ruissellement des hautes terres. Tous les autres cours d’eau du pays sont saisonniers et se remplissent uniquement après la saison des pluies, ce qui signifie qu’ils sont à sec presque toute l’année. Les sources d’eau douce de surface du pays sont limitées et, même si les eaux souterraines peuvent être exploitées, leur qualité est parfois médiocre.
La pluviométrie annuelle est d’environ 380 mm en moyenne. Il s’agit généralement de précipitations torrentielles – de forte intensité et de courte durée – qui varient grandement d’une année sur l’autre.
La région de Gash Barka, dans le sud-ouest de l’Érythrée, a un climat rude caractérisé par une pluviosité limitée et peu fiable. La frontière occidentale de cette région borde le Soudan et la frontière méridionale l’Éthiopie. Elle couvre une superficie de 37 000 km2, soit un tiers de la superficie du pays, et compte 567 000 habitants. Gash Barka a été durement touchée par le conflit frontalier de 1998-2000 avec l’Éthiopie. Huit ans après les hostilités, on y trouve encore des carcasses de chars et autre matériel militaire.
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Carcasses de chars | |||
Tous les trois à cinq ans, sous l’effet des sécheresses, les récoltes dans la région sont partiellement ou totalement compromises. Dans ces cas, les exploitants et les éleveurs vendent leur bétail et d’autres avoirs pour survivre.
Le Projet de développement de l’agriculture et de l’élevage dans la région de Gash Barka, financé par le FIDA, a permis d’apporter des améliorations dans ces domaines. De plus, le projet appuie des ouvrages d’infrastructure comme des réseaux d’irrigation de crue. Les efforts déployés afin de mettre au point et d’améliorer ces systèmes concernent notamment la récupération des eaux de ruissellement et le détournement des rivières et des petits courants, l’amélioration des hafirs (bassins) afin de recueillir l’eau pour l’élevage, et la collecte des eaux.
L’irrigation de crue – un mode traditionnel de gestion de l’eau – est l’une des façons les plus viables de préserver les moyens d’existence des exploitants économiquement marginalisés. Elle diffère de l’irrigation pérenne conventionnelle et est utilisée dans des zones exposées à des inondations imprévisibles et destructrices, en particulier dans les zones arides et semi-arides.
Comment l’irrigation de crue fonctionne-t-elle?
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Canaux d'irrigation de crue | |||
L’irrigation de crue est un système ressource, qui capte les eaux de crue ou les flux éphémères et détourne l’eau vers des champs cultivés à travers des canaux en terre ou en béton. Dans ce système, la campagne agricole suit la saison des crues. Dans les régions de Gash Barka et de Debub, les principales crues se produisent entre juin et septembre, et la campagne agricole principale se déroule de septembre à février.
Les systèmes d’irrigation de crue sont en général mis en place dans les plaines, autour de zones montagneuses ou collinaires, afin de collecter les eaux de ruissellement et de permettre aux basses terres d’emmagasiner l’humidité en vue de la campagne agricole.
"Les exploitants ne peuvent commencer à planter qu’après que les terres ont été irriguées", explique Efrem Tekle, spécialiste des cultures auprès du Ministère de l’agriculture. "Étant donné que le moment, le volume et le nombre de crues sont hautement imprévisibles, ce type d’agriculture est sujet à risque. Les exploitants doivent coopérer étroitement entre eux non seulement pour gérer la répartition des débits de crue mais également pour administrer le réseau d’irrigation et assurer sa maintenance."
Le Gouvernement érythréen, le Ministère de l’agriculture et le projet de développement de l'agriculture et de l'élevage dans la région de Gash Barka, financé par le FIDA, se sont unis afin de financer la construction d’ouvrages d’irrigation de crue dans la région de Gash Barka.
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Adam Humed, un exploitant agricole érythréen | |||
La position stratégique du projet de détournement du fleuve Hashenkit lui permet de desservir 14 villages, soit 1 300 familles dont 20% sont dirigées par une femme.
Les exploitants de la région cultivent généralement du sorgho, céréale qui arrive en cinquième position en Érythrée, après le blé, le riz, le maïs et l’orge, mais se place en première position à Gash Barka. Il est utilisé comme nourriture, aliment pour animaux, fourrage et carburant.
"Nous savons que le sorgho amélioré a une valeur nutritionnelle et un rendement supérieurs. Toutefois, compte tenu de la pénurie d’eau, nous préférons planter du sorgho traditionnel dans la mesure où il nécessite moins d’eau", dit Adam Humed, exploitant.
"Avant la mise en place du réseau d’irrigation de crue, nous pratiquions l’agriculture pluviale et notre rendement ne dépassait jamais 500 kg par hectare", explique Humed.
"Avec l’irrigation de crue, nous avons multiplié notre rendement par six, soit 2 à 3 tonnes par hectare. Ainsi nous pouvons nourrir nos enfants et acheter du bétail."
Comme toutes les infrastructures, les ouvrages d’irrigation de crue ont besoin d’être entretenus. Les organisations paysannes doivent instaurer de bons rapports avec les autorités locales afin de pouvoir, ensemble, gérer l’infrastructure et en assurer l’entretien.
Pour gérer le réseau d’irrigation de crue, les exploitants doivent eux aussi collaborer et se mettre d’accord sur une répartition équitable des ressources en eau.
"Nous proposerons aux autorités locales de nous aider à niveler les sols, à enlever les sédiments et à améliorer les canaux; en échange, nous prendrons en charge l’entretien du réseau d’irrigation", dit Humed.
L’ombre menaçante de la sécheresse
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Village, Érythrée | |||
"Nous devons faire face à plusieurs défis, dont la sécheresse qui a un cycle qui varie de trois à cinq ans", dit Humed. "Cette année, nous n’avons eu que 10 mm de pluie, d’où une chute de la production vivrière et une aggravation de la vulnérabilité."
"Le cheptel de la région de Gash Barka regroupe environ 3,5 millions de têtes de bétail", explique Humed. "Dans cette communauté, près de la moitié des ménages possèdent du bétail, en moyenne six à sept têtes par famille."
L’élevage constitue pour les éleveurs une source précieuse de revenus. "Lorsque les temps sont difficiles, l’élevage nous permet d’avoir de l’argent grâce à la vente de nos animaux", explique Humed. "Nous avons appris à mettre 10% de nos revenus de côté, avec un mécanisme d’épargne communautaire, lorsque tout va bien. Ainsi, à l’heure actuelle, 240 000 nakfas (16 000 USD) sont déposés sur notre compte d’épargne, et nous les utilisons par temps de crise."
Le Ministère de l’agriculture et les projets financés par le FIDA mènent actuellement des campagnes de renforcement des capacités et de sensibilisation afin de démontrer les avantages liés à des mécanismes de stockage corrects comme moyen de faire face à des crises telles que les sécheresses.
"La campagne de sensibilisation permet aux éleveurs et aux agriculteurs de comprendre que le prix du bétail baissera considérablement durant la sécheresse, car il y a un excédent", indique Yordanos Tesfamarian, économiste principal auprès du Ministère de l’agriculture.
"Les vulgarisateurs apprennent aux exploitants à mettre à profit une année exceptionnelle en investissant dans un système de stockage correct de manière à ce que, en cas de sécheresse, ils puissent avoir de la nourriture ainsi que la possibilité de vendre leurs excédents à des prix plus élevés."
En travaillant avec les exploitants afin d’identifier leurs besoins et leurs attentes et en les faisant participer à la prise de décision, nous renforçons leurs capacités ainsi que celles de leurs institutions pour qu’ils puissent plaider leur propre cause", explique Abla Benhammouche, chargée de programme de pays pour l’Érythrée au FIDA.
"C’est ainsi que nous pouvons garantir l’appropriation et la durabilité."
Pour de plus amples détails, prière de contacter:
Abla Benhammouche, chargée de programme de pays, Division ESA, FIDA
a.benhammouche@ifad.org
Prêts approuvés par le Conseil d'administration à sa session de septembre 2010
Prêts et dons devant être approuvés par le Conseil d'administration à sa session de décembre 2010
Prêts en faveur de pays
Dons régionaux
Programme régional de formation au développement rural (PROCASUR): Les itinéraires d'apprentissage, outil de gestion des savoirs et de renforcement des capacités au service du développement rural en Afrique orientale et australe, 1,5 million d’USD
Institut pour les populations, l'innovation et le changement au sein des organisations (PICO): Réseau pour l'amélioration de l'accès des petits exploitants aux marchés en Afrique orientale et australe, 1,5 million d’USD
Ouganda
Les quatre prêts du FIDA en faveur de l'Ouganda ont tous été approuvés. Deux prêts supplémentaires ont été approuvés en septembre 2009 à l’appui, respectivement, du Programme d’amélioration des infrastructures agricoles communautaires (CAIIP) (17 millions d’USD) et du Programme d’appui aux moyens de subsistance dans les districts (DLSP) (18 millions d’USD). Un prêt de 52 millions d’USD a été approuvé en avril dernier pour la seconde phase du Projet de développement de la production d’huile végétale (VODP2), tandis qu’un prêt de 14 millions d’USD a été approuvé par le Conseil d’administration à sa session de septembre 2010, à l’appui du Projet de promotion des technologies agricoles et des services consultatifs concernant les agro-industries (ATAAS). Ces prêts ont été soumis à toutes les procédures administratives et parlementaires internes du Gouvernement ougandais et approuvés par le Parlement à la mi-octobre.
Sept missions de supervision et d’appui à la mise en œuvre de quatre projets supervisés par le FIDA ont été menées à bien avant le 31 octobre 2010; la dernière mission est prévue pour la mi-décembre 2010.
Programme détaillé pour le développement de l’agriculture africaine (PDDAA). L'accord a été signé par 15 donateurs en mars 2010. La Banque mondiale a guidé la première mission d’évaluation du PDDAA en septembre dernier et a formulé des recommandations concrètes pour une mise en œuvre plus efficace du plan d’action du Gouvernement ougandais au titre du PDDAA.
AgriBusiness Forum. À l’occasion de ce forum qui s’est déroulé à Kampala du 4 au 6 octobre 2010, le directeur de la Division Afrique orientale et australe a présenté un exposé sur les solutions financières innovantes.
Érythrée
Lesotho
Maurice
Mozambique
Kenya
Mozambique
Nominations et mouvements du personnel
Félicitations et bienvenue à Aimable, Adriane, Daniel, Elizabeth, Agnes et Hélène.