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PROJET
DE GESTION DES ESPACES RURAUX DU BUBERUKA |
Le PGERB devait profiter à plusieurs milliers de familles pauvres en augmentant leur sécurité alimentaire ainsi que leurs revenus monétaires. Le projet devait faire un effort particulier pour permettre aux pauvres et vulnérables daccéder au crédit, en donnant aux familles du groupe cible les moyens dexploiter leurs propres capacités de production, après leur renforcement préalable par les techniciens de la DAEF. Au bout de sept ans, grâce à la conjugaison des efforts de tous les intervenants dans lexécution du projet, celui-ci sachève sur un constat de résultats tangibles. Ce chapitre sefforce de les passer en revue (par composantes et sous- composantes) en les comparant aux prévisions de départ.
Cette sous composante visait le renforcement des communautés rurales qui sont appelées à assumer leur auto-développement, dune par,t en sorganisant en structures solides et cohésives et dautre part, en acquérant les capacités nécessaires à la gestion des acquis que le projet leur aura fournis.
Ainsi, 11864 sur 12000 membres prévus en provenance de diverses associations ont bénéficié de formation portant sur une gamme variée de thèmes. Les formations dispensées à la population de la zone daction du projet ont eu un impact positif. La production agricole a augmenté permettant ainsi aux agriculteurs par la vente de leurs surplus dobtenir des revenus monétaires, et par conséquent le début de leur insertion dans léconomie monétaire de la province. Cette évolution a mené les agri-éleveurs regroupés dans les associations professionnelles de prendre part comme acteurs dynamiques au développement socio-économique de la zone daction du projet.
Sagissant de lévaluation de la formation dispensée aux communautés rurales, il a été constaté que la qualité des prestations des formateurs individuels était nettement inférieure par rapport à celles dispensées par les bureaux spécialisés.
La participation des agri-éleveurs dans des activités communes où ils ont appris les meilleures méthodes dagriculture, délevage et de protection environnementale a permis une assimilation des techniques agricoles et pastorales. Sur un nombre de 2800 associations que le projet devait initier, 2169 associations ont été créées, soit un taux de réalisation de 77,9 %.
Sur base de la recommandation de la mission de supervision de lUNOPS au Rwanda en dates du 02 au 14/08/2002, le nombre dassociations encadrées par le PGERB à savoir 2169, a été réduit à 20 associations par district et la Ville de Ruhengeri, ce qui donne un total de 220 associations. Le regroupement en associations et grâce au système de caution solidaire a beaucoup contribué à amélioration de lesprit dentraide, de solidarité et de la cohésion sociale entre les associés. Trois voyages détude regroupant 326 responsables des groupements sur 450 prévus ont été effectués, soit un taux de réalisation de 72 %. Ces voyages ont positivement contribué au relèvement du degré déducation communautaire dans la zone des bénéficiaires.
De bons résultats se retrouvent également dans les activités dalphabétisation fonctionnelle où elle a touché 7.350 personnes sur 4.200 prévus (soit un taux de réalisation de 175 %). Il est à noter que cest parmi ces nouveaux alphabétisés quon trouve aujourdhui des membres des comités et des gérants des associations.
Les réalisations de cette sous-composante sont généralement
en deçà des programmations. A titre dexemples, sur 320
kiosques (points carrefour ), 91 seulement ont été construits
(soit un taux de 29 %), sur 96 centres de stockage, 5 seulement ont été
construits (soit un taux de 15,2 %) et pour 48 magasins prévus pour la
commercialisation dintrants, 12 seulement ont été construits
(soit un taux de 25 %).
Notons que si le niveau des réalisations dans le domaine de la construction
des infrastructures génératrices de revenus, par contre le niveau
des réalisations des réhabilitations des infrastructures communautaires,
quant à lui, est des plus satisfaisants. En effet, sur 16 bâtiments
réhabilitables, la réalisation en a atteint 33 (soit 206 % ).
Dans lensemble cette sous composante a eu un impact positif en termes
demploi pour la main-duvre qui a participé à
la construction ou la réhabilitation des infrastructures susmentionnées.
Il convient de mentionner également que plusieurs ménages ont
amélioré létat de leurs maisons dhabitation
suite aux nombreuses tontines et associations créées, car lutilisation
de ces infrastructures exigeait dêtre en associations.
Ce volet vient en appui financier aux activités des autres composantes du projet, il a été confié à quatre opérateurs locaux déjà actifs dans la zone daction du projet en matière de micro-finance. Il leur a été distribué une ligne de crédit totalisant 400.000 USD via lUnion des Banques Populaires , la COODAF , la COPECYA et DUTERIMBERE (ONG feminine).
Cette activité a bien réussi car les évaluations menées indiquent que le taux dutilisation a atteint un taux de 95 % pour DUTERIMBERE, 75% pour COPECYA et 92% pour COODAF. Quant aux taux de recouvrement, ils se situent respectivement à 57 % pour DUTERIMBERE, 23% pour COPECYA, 21% pour COODAF et 51% pour les Banques Populaires. Sagissant des Banques Populaires, bien que la première tranche ait été utilisée en totalité, le taux de recouvrement demeure très faible et bloque loctroi de la seconde tranche. Actuellement, le nombre de demandeurs des crédits a augmente sensiblement, ce qui montre que la culture du crédit progresse dans la Province de Ruhengeri.
Les activités menées dans cette sous-composante affichent dans lensemble une bonne réussite. Cest ainsi que la production des semences a atteint 848 tonnes par rapport à 280 tonnes prévues (soit un taux de 303 %) ; lutilisation dengrais minéraux est de 1691 tonnes contre 2800 tonnes prévues (soit un taux de réalisation de 60%). Quant à lutilisation de pesticides, elle totalise 9000 kg sur 11200 kg prévus (soit un taux de 80%). Sur 2100 membres des groupements prévus, 3308 ont été formés (soit un taux de 157%). Il nest pas interdit de penser que les activités menées dans ce volet sont à lorigine de laugmentation de la production et de ladoption de nouvelles cultures commerciales, et par conséquent de laugmentation des revenus de la population et de son pouvoir dachat.
Actuellement, les produits agricoles tel que le maracuja produit dans la zone du projet est exporté vers lUganda. En même temps, la zone du projet est devenue la principale pourvoyeuse des pommes de terre du pays. Le fonds intrants placé dans les IMF sous forme de crédits rotatifs- a été mis en place durant lexécution du projet pour décourager la distribution gratuite dintrants par les ONGs. On a estimé quune telle action était susceptible de créer une habitude dassistanat chez les paysans.
Dans le cadre de la recherche-développement, le projet avait lobjectif de mettre en place 2800 champs de démonstrations, cest -à - dire un champ par chaque association, mais suite à plusieurs contraintes, celui-ci a ramené 1347 champs de démonstrations(soit un taux de 48 %). Ces associations,impliquées dans la multiplication et diffusion des semences, continuent cette action sans toutefois recourir aux interventions du Projet PGERB et du Service National Semencier ( SNS).
Cette sous-composante avait pour objet lappui au repeuplement
du cheptel bovin, ovin, caprin et autres animaux domestiques et visait particulièrement
le groupe de fermiers les plus pauvres.
Trois types délevage ont été relevés par
les bénéficiaires à savoir la pisciculture, la pêche
et lapiculture. Cette sous-composante comportait aussi lintroduction
de méthodes et équipements améliorés, des aspects
de formation et de sensibilisation.
Les éleveurs ont adopté entre autres techniques délevage
moderne, linsémination artificielle et lutilisation de
meilleurs équipements. Cette insémination artificielle dont les
réalisations sont évaluées à 86%, a eu un impact
positif sur laugmentation de la production laitière et une base
importante du matériel génétique dans le schéma
de l amélioration de la race bovine.
Les multiples formations dispensées aux techniciens vétérinaires, aux éleveurs ainsi que louverture de trois pharmacies vétérinaires ont amélioré sensiblement létat sanitaire des animaux. Léducation des éleveurs et leur accès aux médicaments et aux crédits bétail (via les IMF) ont également contribué à laugmentation du cheptel dans la province de Ruhengeri.
La distribution des ruches modernes et les formations apicoles dans la zone d action du projet ont eu un effet positif sur la sensibilisation, l importance et la rentabilité de cette activité auprès des apiculteurs, particulièrement chez la population twa de Kinigi.
La mise en place dinfrastructures adéquates a permis à la diminution du taux de mortalité du cheptel, celui-ci a connu une augmentation appréciable atteignant respectivement une moyenne de 59 % pour les bovins et les caprins, de 72% pour les ovins, les porcins et les volailles.
Les éleveurs ressentent une certaine sécurité du patrimoine fermier depuis que le projet leur a aidé dans la création des pharmacies vétérinaires et lintroduction dun système de soins de proximité et dinsémination artificielle. Sagissant de cette dernière action, elle a été immédiatement été adopté par les éleveurs. Maintenant le projet sen est retiré, car les éleveurs ont efficacement pris son relais.