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Rapport de la mission au Vietnâm effectuée par les administrateurs pour la France auprès du Fonds international de développement agricole et de la Banque asiatique de développement. (Version PDF)
Programme de la mission au Vietnam
Remarques : Alain GUILLOUËT, Patrick THOMAS ainsi que L. BONNAMOUR ont participé aux réunions du lundi matin M. Mattia PRAYER-GALLETTI les a rejoints a Hué où ils ont fait les visites ensemble. Alain GUILLOUËT a été accompagné par Mattia PRAYER-GALLETTI à la réunion PNUD/MPI le jeudi matin. Patrick THOMAS étant reparti le mercredi soir, il est allé seul aux rendez-vous suivants. Mission au Vietnam - (20 au 25 juillet 2002) Le FIDA au sein de la communauté des donateurs : spécificité et complémentarité
Deux journées ont été consacrées à la visite déléments du projet financé par le FIDA dans la province de Quang Binh ; elle a été organisée et présentée remarquablement et par le directeur de lunité de coordination et son équipe. Le détail des visites et rendez-vous est précisé en annexe ; la plupart donnent lieu à compte-rendu de même que les visites sont décrites et commentées. Une note de présentation détaillée du projet est également jointe. Il ne sagit pas dune évaluation technique, mais dune brève mission dobservation, la dimension subjective étant a priori plus forte. De surcroît, nous avions demandé à visiter un projet qui "marche bien" (pour mieux en comprendre le fonctionnement) ; il nest pas surprenant que lappréciation soit positive. Mais ce jugement a été aussi influencé par lavis unanime porté par la communauté des donateurs qui considèrent que, avec Tuyen Quang, Quang Binh peut être considéré comme un projet-modèle. Cela étant, de cette expérience trop rapide in situ, on ne saurait tirer de conclusions définitives. A tout le moins peut-on livrer quelques constats et envisager quelques pistes de réflexions. 1. Le projet de Quang Binh frappe par sa complexité et sa proximité. On a souvent une vision très simplificatrice des projets financés par les bailleurs externes. Ce sont en fait des ensembles complexes qui agrègent une quantité variable dactions sectorielles et en leur sein des sous-projets aux composantes plus ou moins nombreuses. Le choix du FIDA daller dans une région pauvre et reculée pour conduire des actions au niveau des communautés villageoises nécessite la réalisation dautant de micro-projets quil y a de communautés, voire davantage. Doù ce foisonnement qui rend difficile lappréhension par un regard externe et non-spécialiste de laction conduite. A titre dexemple, lirrigation, qui est lune des six catégories dactions engagées dans la province de Quang Binh, se concrétise par la réalisation de vingt micro-projets sur 2 200 hectares ; selon les cas, il sagit damélioration ou/et dextension de systèmes existants, voire de création ex-nihilo (cf.compte-rendu de visite de Khe Su). La proximité est lautre caractéristique des interventions du FIDA. Elle se vérifie à Quang Binh. Non seulement, les actions sont conduites au niveau des communautés locales, mais elles sont conçues, préparées et conduites avec elles. La démarche participative1 implique lassociation des bénéficiaires et lorganisation du processus de responsabilisation et dautonomisation comme on peut le voir pour le réseau dirrigation de Khe Su. 2. La démarche participative vise lappropriation des projets et le développement de capacités autogestionnaires La démarche participative associe lensemble des partenaires : financiers et consultants, administration locale et, bien sûr, bénéficiaires, à tous les stades du projet : analyse socio-économique, recueil des propositions, formulation de projet, mise en oeuvre, évaluation. Lobjectif final est dassurer la survie de chaque micro-projet après le retrait des intervenants extérieurs et de renforcer la capacité institutionnelle des communautés de base pour leur permettre de continuer à progresser. Le développement de capacités autogestionnaires est donc aussi important que lacquisition de techniques agricoles ou autres. La formation et lassistance technique en constituent donc une composante majeure.2 En complément des projets centrés autour dinvestissements physiques, nous avons eu loccasion de rencontrer une communauté villageoise ayant mis en place une structure de micro-crédit particulièrement intéressante. Cette expérience est innovante en ce quelle a reposé entièrement sur la collecte et la redistribution de lépargne locale. Le grand avantage de cette approche est de la rendre complètement indépendante de ressources financières extérieures. Par ailleurs, entièrement autogérée, elle ne génère aucun frais de gestion, principal écueil des structures de micro-crédit. Interventions du FIDA au Vietnam
Source: FIDA. Au-delà des détails techniques qui dépassent lobjet de cette note, cette expérience met en évidence le rôle et la valeur ajoutée du FIDA dans une approche innovante. Elle peut avoir un impact local, mais également régional. La question est de trouver les moyens de diffuser et multiplier de tels schémas tant dans le pays que dans les autres pays dintervention de nos Institutions (voir paragraphe sur la coordination entre Institutions). Les micro-projets visités ont permis de constater que cette démarche participative visant à lappropriation des micros-projets et au développement de capacités autogestionnaires est effectivement mise en oeuvre. Lexemple le plus frappant est celui du réseau dirrigation de Khe Su. Sa réussite sexplique par le fait que chaque villageois est directement concerné par lamélioration de sa situation qui en résulte, que le bon fonctionnement de lopération repose sur la participation de chacun et que lassociation des utilisateurs deau est performante. Limplication des acteurs est en fait fondamentale comme lont remarqué dautres intervenants,3 ce que facilite la réalisation dun projet collectif dans le secteur économique. Il est également indispensable que soient dispensées les formations adéquates aux responsables élus pour leur permettre dassumer leur fonction (cf. compte-rendu en annexe). Par comparaison, on sentait bien que les communautés étaient moins impliquées lorsquil sagissait dentretenir une route dont le bénéfice individuel, une fois le désenclavement acquis, paraît plus diffus et que les petits problèmes (inondations) et les petits travaux courants paraissent plus pénibles. A Ngu Thuy, labsence daménagement de la portion de chemin conduisant les pêcheurs à la mer traduit peut être une moindre implication de la collectivité dans la construction dune route, certes utile, mais dessinée et conçue par dautres, la contribution véritable étant un travail rémunéré. ... La tentation est de conclure que les activités économiques collectives ou individuelles (cf. lélevage de porcs familial) ont non seulement un impact sur les participants, mais quelles sont plus motivantes et plus structurantes. De là à privilégier cette voie, il ny a quun pas... que lexpérience sur le terrain trop rapide et trop partielle déconseille sans doute de franchir immédiatement. 3. Le FIDA a également encouragé le mouvement de décentralisation. Par nécessité autant que par choix, le FIDA, qui na généralement pas de représentation dans les pays, doit sappuyer sur des relais locaux. Au Vietnam, il a choisi de se reposer sur ladministration locale et de confier lexécution à léchelon provincial du MPI en association avec les autres services concernés et avec laide du PNUD et de lUNOPS. Ce choix est dautant plus pertinent que nombre de micro-projets ont été proposés par ces derniers et quils ont été efficaces dans la mise en oeuvre de ceux qui ont été retenus. La compétence et le sérieux de ladministration vietnamienne sont dailleurs soulignés par la plupart des interlocuteurs ; ce sont ces qualités qui contribuent largement à expliquer le taux élevé4 dengagement et de déboursement constaté en moyenne au Vietnam par rapport à dautres pays récipiendaires. En associant étroitement les services provinciaux, en particulier à Tuyen Quang et Quang Binh, le FIDA leur a donné loccasion de se mettre en valeur et de prouver quils pouvaient contribuer à une mise en uvre efficace et rapide des projets daide. De nombreux autres bailleurs de fonds ont ensuite repris la même méthode. Ces services ont ainsi obtenu dêtre associés plus étroitement au choix des projets par le MPI. Selon le Représentant adjoint du PNUD, la loi de finances pour 2003 prévoirait que le choix et la définition des projets seraient désormais du ressort des autorités locales. Pour lancien Président du CPP de Quang Binh, le FIDA a ainsi contribué à faire évoluer les esprits au niveau central et à encourager ce processus de décentralisation. La complexité et la proximité signifient également que le projet nécessite une multitude dactions de formation, cest-à-dire quau niveau de chaque micro-projet plusieurs actions sont conduites. La gestion de lensemble nest possible quavec lappui dune équipe de coordination solide et intégrant des responsables de ladministration locale, comme cela est le cas à Quang Binh. A cet égard, le choix du FIDA de se reposer sur ladministration locale sest trouvé dautant plus pertinent que le Directeur de lunité de coordination, issu du MPI, est particulièrement remarquable et efficace. 4. Un impact visible Limpact du projet sur les bénéficiaires nest pas contestable. Il est particulièrement évident pour le réseau dirrigation de Khe Sue : autosuffisance alimentaire et meilleurs équilibre nutritionnel, augmentation du revenu. Cest aussi le cas du programme mixte route/plantation à Nghu Thuy : désenclavement, injection et augmentation du revenu, baisse des coûts dapprovisionnement et meilleure valorisation des produits de la pêche; les achats de quelques centaines de motos en font foi de même que le développement de petits commerces et dartisanat. Au-delà, la fixation des dunes bénéficiera à lensemble de la collectivité. Pour lécole, il sagit dun choix différent : investir à long terme dans léducation des enfants. Pour les communautés où seule une route a été réalisée, limpact reste visible : le désenclavement des villages concernés. Mais les retombées économiques sont plus diffuses : amélioration de lapprovisionnement et de laccès au marché. Se pose parfois la question de la durée de limpact. Pour ce qui est des investissements directement productifs (irrigation) ou des infrastructures (route), leffet se prolonge dans le temps sous réserve dun entretien correct. En revanche, leffet-revenu résultant de la réalisation de ces investissements (qui intègrent toujours une part importante de main-duvre locale) disparaît dans le temps. Cest en particulier vrai de la plantation darbres dans les dunes, et de la construction de la route qui ont requis de nombreuses heures de travail dont limpact sest vu sur la consommation ; leur entretien générera une faible activité par comparaison. Certes, lensemble de la communauté bénéficiera de la fixation des dunes et le désenclavement restera acquis, mais lactivité économique dans la commune va retomber. Autrement dit, on peut se demander sil ne faudrait pas aller plus en profondeur en veillant à la durabilité de limpact sur lactivité économique de la collectivité elle-même, par exemple en cherchant à diversifier les sources de revenus. Toutefois, la question ayant été posée à lancien Président du CPP de Dong Hoi de savoir sil était préférable de réduire le nombre de composantes plutôt que de réaliser certains micro-projets à limpact plus limité sur lactivité, celui-ci a répondu que lessentiel était de faciliter lorganisation des communautés locales et doffrir des opportunités. Au fond, donner une impulsion et contribuer au changement des mentalités sont plus importants que le projet lui-même ; cest dailleurs le principe même de la démarche participative. Et, à en croire le représentant de la Banque Mondiale, cest bien ce que permettent les projets du FIDA.5 5. La coordination des donneurs reste limitée. Lensemble des personnes rencontrées est favorable au principe de coordination des donneurs. Elle existe dailleurs à loccasion des réunions de préparation de la CIG annuelle ainsi que dans le cadre dune vingtaine de groupes de réflexion, sur divers thèmes horizontaux ou sectoriels. Mais la coordination sur les projets elle-même est plus aléatoire ; elle dépend largement des contacts personnels entre responsables. La multiplication du nombre dintervenants dans le pays ne facilite pas les choses, ce qui a par exemple, conduit la BAsD à envisager pour lavenir une « participation plus sélective avec un noyau de partenaires actifs dans les secteurs dintervention prioritaires».6 De toute façon, comme lont fait remarquer plusieurs interlocuteurs, les autorités vietnamiennes souhaitent conserver la maîtrise de laide extérieure. Les projets ne sont dailleurs pas mis dans un pot commun dans lequel les différents donneurs choisiraient ceux qui les intéressent en négociant éventuellement entre eux leur répartition. Ils sont attribués par le MPI, éventuellement après discussion avec les donneurs qui suggèrent parfois quils sont mieux préparés pour telle ou telle action.7 Mais les choses gagnent encore en complexité : les autorités locales, qui sont désormais associées plus étroitement à la préparation et à la mise en oeuvre des projets, tentent dinfluencer le processus en amont et dattirer des donateurs. Ainsi le Président du CPP de Quang Binh a beaucoup insisté au cours de lentretien pour que le FIDA sengage à lancer un deuxième projet dans les zones dunaires. Dans un environnement aussi complexe et aussi compétitif, le FIDA a du mal à se positionner. Bien que ses capacités propres soient reconnues et appréciées, il tend à passer après les "grands" qui se taillent des domaines daction importants. Cest encore plus vrai aujourdhui où des institutions comme la Banque Mondiale et la BAsD accordent la priorité à la lutte contre la pauvreté et viennent chasser sur ses terres naturelles (dans les régions du centre et du nord). En outre, il nest pas toujours évident de faire valoir la complémentarité dans laction des institutions. Ainsi, laction du FIDA dans les zones dunaires mériterait dêtre reprise et complétée à plus grande échelle par une institution aux moyens adaptés. Or, la tentation du compartimentage géographique risque de sopposer à ce que le relais soit pris comme on pourrait le souhaiter. Par ailleurs, les projets du FIDA nécessitent par nature une importante assistance technique ; il serait utile que les donneurs bilatéraux le soutiennent. Mais cela semble actuellement difficile8 pour lui alors que dimportants montants y sont pourtant consacrés dans le pays. Si nous pouvions émettre des vux pour lavenir, ce serait un triple souhait :
Pour lavenir, il reste des zones pour lesquelles le FIDA conserve un avantage comparatif (province de Giai Lai dans les montagnes centrales par exemple 9) et a encore vocation à intervenir. Il pourrait être utile de sappuyer sur un relais local pour prendre position. A cet égard, le PNUD sest montré très ouvert à un renforcement des liens entre les deux institutions.
Pour être plus précis sur ce point, la région centrale, y compris la province de Quang Binh pourrait constituer un terrain dessai pour développer ce type de complémentarité entre le FIDA, Institution innovante sur des projets de base utilisant lapproche participative, et la BAsD, qui nest pas vraiment structurée pour entreprendre des projets à grande échelle basés sur cette méthodologie, mais qui a des moyens financiers largement plus importants liés à une présence lourde auprès des Autorités Centrales. Les objectifs à moyen et long termes sont identiques (réduction de la pauvreté) et les structures très complémentaires. Le travail en commun sur la Région Centrale (où la BAsD a des projets importants dans le secteur rural) constituerait une occasion de tester de façon pratique cette complémentarité institutionnelle. La BAsD en étroite collaboration avec les Autorités Vietnamienne et avec lappui du FIDA (apport de savoir-faire), pourrait promouvoir la mise en place dun cadre institutionnel permettant la diffusion des schémas développés par le FIDA. Ce type de coordination/cofinancement est une voie qui nest encore que peu exploitée. Il pourrait pourtant contribuer de façon efficace à leffet de levier réciproque entre des Institutions dont nous sommes actionnaires.
Bref compte-rendu de ladministrateur de la BAsD au Président et à ses collègues au Conseil dadministration Asian Bank of Development - Office of the Executive Director I visited Vietnam from 22 - 24 July jointly with my French colleague in the IFAD Board, Alain Guillouet. As you certainly know, IFAD/FIDA is a multilateral organization with its headquarters in Rome. IFAD is fully concentrating on rural development financing in the poorest regions or countries in the world. IFAD is a member of the UN system. Its shareholders are the UN members. Its lending operations are rather limited in amount (between US$300 - 500 Million per year) financed through grants and special funds provided by members. IFAD is very much specialized in grassroots very small - scale projects concentrated on participatory approach including micro-finance promotion. The choice of Vietnam for a joint mission with my colleague, Alain Guillouet, was determined by the fact that ADB and IFAD have established useful preliminary contacts and are focusing, inter alia, on the central region in rural development projects. Agence Française de Dévéloppement (AFD) is also focused on the same fields and same region. Discussions have been widened to this bilateral institution that I personally very well know. This mission was prepared with the support and help from the operational teams in Headquarters and with the Resident Mission. There were two main interests in organizing such a mission: First, it is a useful experience that gives Board members an occasion to have direct contacts with the projects and operations in order to get a better understanding of our respective institution's actual endeavors beyond the work done from headquarters. (Aim of our Board travels IFAD so far does not have such Board Travel but only Evaluation Board mission and Mr. Guillouet was feeling the need to do it at his own initiative with support from IFADs President). The second achievement of such a mission was to highlight very strongly the complementarities of our respective institutions. IFAD is developing very useful and interesting pilot schemes based on participatory approach. The limitation of its action lies very often in the lack of means to disseminate and replicate the successful experiences that they put in place. The ADB, on its side, is hardly able to undertake directly such micro level projects. Nevertheless, it appears that ADB, thanks to its much larger financial capacities and its privileged relations with the local authorities, can take stock of the outcome of such pilot projects and contribute to the establishment of the necessary framework permitting the replication of IFAD innovative schemes at a much larger scale. This can be done in in close cooperation between our two Institutions and the Vietnamese Authorities. We understand that the respective managements of the two institutions can share such an approach. I very much encourage ADB's Management to further review and exploit the possibilities lying in such complementarity. I welcome your views and comments on this matter. Patrick Thomas Extrait
du discours de clôture du Président Båge à la
soixante-seizième session du Conseil d'administration
Mesdames et Messieurs les Administrateurs, Je vais maintenant résumer les délibérations et rappeler les décisions prises au cours de la présente session. À l'ouverture de la session, l'Administrateur pour la France a rendu compte de sa visite sur le terrain des projets exécutés par le FIDA au Viet Nam et fait part au Conseil d'administration de l'impression favorable que lui avait fait l'impact de ces projets sur leurs bénéficiaires. Il a suggéré, comme certains de ses collègues, que tous les administrateurs saisissent toute occasion qui pourrait se présenter de faire des visites analogues sur le terrain. Il a assuré à ses collègues que ces visites permettaient de connaître de façon plus complète et plus approfondie les projets qu'ils examinent et approuvent au cours de leurs réunions. Permettez-moi de remercier une fois encore M. Guillouët d'avoir fait part au Conseil de son expérience et de lui réitérer mon soutien et celui du secrétariat du Fonds aux autres administrateurs qui désireraient se rendre en visite sur le terrain. ( ) Cette présentation s appuie sur le rapport soumis au Conseil dadministration de décembre 1996 en le complétant et en le modifiant au vu de documents plus récents, des observations effectuées lors de la visite sur place et compte tenu des remarques faites par les responsables. Toutefois, les deux jours et demi de visite nayant permis de couvrir quune toute petite partie du projet, cette mise à jour et ces compléments sont par nature limités. I LECONOMIE, LE CONTEXTE SECTORIEL ET LA STRATEGIE DU FIDA A Lenvironnement économique. La population du Vietnâm est de 81 millions dhabitants. La croissance du PIB sest pourtant élevée à 4,6% au cours de la période 1989-99 et elle a atteint 6,7% en 2000 et 6,8% en 2001. La valeur du PIB en dollars courants a quintuplé entre 1989 et 2001. Pourtant, le revenu par tête dhabitant était estimé à 370 $ seulement, la population vivant en dessous du seuil de pauvreté représentait 37/1000 du total, le taux de mortalité infantile sélevait encore à 37% le pourcentage denfants de moins de cinq ans souffrant de malnutrition atteignait 39% de la classe dâge et 36% seulement de la population avaient accès çà de leau « améliorée ». Toutefois lespérance de vie à la naissance sélevait à 68 ans et surtout le taux danalphabètes des plus de 15 ans nétait que de 7%. Et une simple mission sur place10 suffirait pour ajouter une autre remarque qualitative : lardeur au travail et lingéniosité sy constatent au quotidien, en particulier chez les artisans. La croissance nest-elle pas « une transformation qualitative dont les résultats quantitatifs sont mesurables" ?11 Le Vietnâm est lun des principaux bénéficiaires de laide publique au développement. Pour la période 1993-2000, les annonces des donneurs ont atteint 17,5 milliards $. Les engagements annuels sont passés dune moyenne de 2 milliards $ en 1993/1995 à 2,25 en 1999/2000 et les déboursements ont plus que doublé, passant de 625 millions $ à 1,5 milliard $ au cours de la même période (soit plus de 5% du PIB en 2000). Soixante-dix pour cent de la population active Vietnâmienne travaillent encore dans le secteur agricole, qui assure environ 25% et 30% des exportations totales. Les terres cultivées sont rares (0,1 ha seulement par habitant lun des taux les plus bas au monde). Malgré la réduction progressive de sa part dans le PIB total, la production agricole a enregistré une forte croissance, atteignant en moyenne 4,4% en 1995-1999. La superficie totale consacrée aux cultures vivrières sest accrue de 2 à 3% par an, grâce à la progression de lirrigation et des taux dexploitation ; par ailleurs, le rendement de la plupart des cultures annuelles na cessé de saméliorer. Cependant, la croissance du sous-secteur des cultures vivrières est en train de ralentir. Malgré la forte augmentation des superficies cultivées et de la valeur des cultures pluriannuelles telles que le caféier, lhévéa et lanacardier, la production de la plupart des cultures industrielles a stagné jusquen 1994. La croissance de ce sous-secteur est également en perte de vitesse du fait de laccroissement spectaculaire de loffre, conjugué à la chute des prix à lexportation. De nombreuses plantations industrielles nouvelles sont situées sur les hautes terres, ce qui provoque parfois des conflits au sujet des droits fonciers entre les communautés locales et les milieux intéressés extérieurs. Jusquà une date récente, le sous-secteur de lélevage a été relativement laissé de côté. Une nette augmentation du nombre de têtes de bétail a cependant été enregistrée pour le bovins (15% entre 1994 et 1998), les porcins (17%), les caprins et les ovins (20%) et les volailles (21%), en raison essentiellement de laccroissement de la demande de viande de la population urbaine, qui saccroît et devient plus aisée. La forêt naturelle du Vietnâm est estimée officiellement à 9,1 millions dha, mais moins de 2,2% peut être considérée comme de la forêt primaire. Le couvert forestier du pays est tombé denviron 44% de la superficie terrestre totale en 1943 à tout juste 20% aujourdhui, ce recul se poursuivant à un taux estimé à 1,6% par an en raison de lexploitation forestière, de la demande de bois de feu et du défrichement à des fins agricoles. Le gouvernement, pour qui le déboisement ininterrompu est " la plus grave menace depuis la réunification ", a lancé récemment plusieurs grands programmes de reboisement dans tout le pays. B Stratégie de collaboration du FIDA avec le Vietnâm Politiques nationales de lutte contre la pauvreté. Plusieurs programmes de lutte contre la pauvreté sont en cours dexécution dans le cadre du programme de lutte contre la faim et de réduction de la pauvreté, qui a été lancé en 1992/1993 et a été récemment prolongé jusquen 2005. Au titre de ce programme, diverses initiatives ont été engagées dans les domaines suivants : sédentarisation, réinstallation et création de zones économiques nouvelles ; développement de linfrastructure dans les communes pauvres ; promotion de lagriculture et de la production hors exploitation ; amélioration des services de vulgarisation concernant lagriculture, les forêts et les pêches; créations de revenus; reboisement; épargne et crédit pour les pauvres; assistance particulière aux minorités ethniques ; enfin, amélioration des services déducation et de santé destinés aux pauvres. Pour mettre en oeuvre ces initiatives, une vaste gamme de politiques et de programmes sectoriels ont été élaborées, les plus importants étant notamment : le programme (1999-2005) d appui aux communes les plus pauvres, les plus reculées et les plus montagneuses, et le programme 661, connu également sous le nom du programme de reboisement de cinq millions dhectares. Parmi les autres initiatives du programme de lutte contre la faim et de réduction de la pauvreté figurent loctroi de crédit subventionné et la fourniture dintrants agricoles, et , plus récemment, lexonération des droits de scolarité et la prise en charge des dépenses de santé. Stratégie du FIDA au Vietnâm. Selon lexposé des options et stratégies dintervention par pays (COSOP) du FIDA pour le Vietnâm, approuvé en décembre 1996, trois régions doivent bénéficier en priorité de lappui du Fonds : les hauts plateaux du centre, les régions côtières du nord et du centre-nord. Le COSOP a également mis en évidence une série de priorités sectorielles/sous-sectorielles ainsi quun groupe cible comprenant les minorités ethniques, les ménages dirigés par une femme et les agriculteurs pauvres qui vivent dans des zones reculées et sont tributaires pour leur survie dune base de ressources naturelles fragile et insuffisante. Les priorités concernent :i) la diversification des produits agricoles ; ii) lappui aux activités rémunératrices hors exploitation (transformation des produits alimentaires, petit commerce et artisanat, moyennant la prestation de services financiers) ; iii) la régénération des ressources naturelles, avec notamment la gestion des sols et de leau ; enfin, iv) la remise en état des infrastructures rurales. II LE PROJET DE QUANG BINH A. Cadre général La province de Quang Binh, dune superficie denviron 8 000km2, compte à peu près 800 000 habitants. Son climat est marqué par les moussons tropicales. Cest lune des plus pauvres du Vietnâm du point de vue de la consommation alimentaire et des dépenses de consommation par habitant. Située juste au nord du 17e parallèle qui marquait autrefois la frontière entre le Nord et le Sud Vietnâm Quang Binh a subi des dommages de guerres considérables. La reconstruction de la capitale , Dong Hoi, a commencé en 1983. Cette grande pauvreté a conduit les autorités Vietnamiennes à proposer au FIDA dès 1995 dintervenir dan cette province. Environ 60 000 ménages, soit quelque 40% de lensemble de la population de la province, seront théoriquement concernés par ce projet. La plupart dentre eux vivent dans les zones de collines et de montagnes. Ce sont les institutions villageoises et les associations locales qui choisiront les ménages pauvres et vulnérables ; le financement est plafonné pour garantir ce ciblage. Les infrastructures matérielles seront surtout implantées dans les districts les plus pauvres. Lobjectif premier est daugmenter les revenus et la sécurité alimentaire des ménages bénéficiaires. La réduction du déficit alimentaire de la province, la protection de lenvironnement contre le déplacement des dunes et lamélioration de la capacité des services techniques de planifier, concevoir et mettre en oeuvre des programmes et projets de développement sont des objectifs associés, mais secondaires. La formulation du projet a été préparée par le centre dinvestissement de la FAO. Une étude socio-économique préalable a été confiée à un Professeur duniversité Vietnamien réputé (il est devenu recteur par la suite). Cette étude a donné lieu à une réunion avec lensemble des administrations locales concernées qui l ont commentée, ont établi des priorités dintervention et de premières propositions. Le directeur de projet a été repéré à cette occasion. Sur cette base, une série détudes et de propositions a été réalisée, puis transmise aux autorités provinciales pour réaction. Les bénéficiaires ont également été consultés. Ensuite la définition plus précise a été confiée à des équipes de consultants avec des allers retours tant vers les autorités locales que les bénéficiaires et les services du FIDA. Une ultime mission à permis de conclure les discussions avec lensemble des intervenants locaux avant la négociation à Rome des conditions du prêt, puis le passage en conseil dadministration. En accordant de petits prêts pour lélevage, laquaculture, la production agricole et dautres activités rurales rémunératrices et en remettant en état les réseaux dirrigation, le projet augmente la production animale et halieutique ainsi que la production agricole, ce qui accroît les recettes des agriculteurs pauvres. La fixation des dunes réduit le risque densablement des rizières et autres biens de la zone côtière. Les réseaux dirrigation sont essentiellement situés dans les districts les plus pauvres de lintérieur. La composante routes permet de relier les communautés isolées et les zones de production au réseau routier existant. Pour sassurer que le projet bénéficie bien aux plus pauvres, le FIDA avait mis au préalable une contrainte: chaque sous-projet devrait être de petite taille. Cest dailleurs pour cette raison que la composante élevage de crevettes qui est une activité relativement capitalistique a été très limitée afin de répartir les fonds au profit dun plus grand nombre de personnes B. Décomposition du projet Les composantes du projet sont au nombre de six : i) création ou extension, ou/et remise en état des réseaux dirrigation, ii) développement agricole, iii) développement de laquaculture, iv) fixation des dunes, v) réfection des routes rurales et vi) appui institutionnel. Les quatre premières encouragent directement la production, tandis que la construction routière désenclave certaines régions montagneuses et sablonneuses et y améliore la commercialisation. La composante appui institutionnel finance lUnité de coordination du projet (UCP) et fournit également les apports nécessaires (services spécialisés, formation et matériel) pour renforcer les diverses institutions compétentes responsables des activités dexécution du projet en appliquant une approche participative 1 - La remise en état des réseaux dirrigation a permis lextension ou la remise en état de réseaux dirrigation dans six districts sur un périmètre total de quelque 1 800 ha. Par ailleurs, des fonds seront également prévus pour, environ 400 ha de réseaux supplémentaires. Le périmètre total visé atteint donc quelque 2 200 ha. Image de la complexité et de la proximité de laction du FIDA, ce sont en fait 17 projets qui ont été financés dans ce cadre. Certains sont relativement importants comme le barrage de Ham Ninh qui dessert 331 ha. Dautres sont petits comme celui de Khe Su qui couvre 55ha. Les travaux portent sur la réparation des réservoirs, des barrages de dérivation et des canaux, ainsi que la construction de nouveaux réservoirs et stations de pompage. Limportance des travaux de réparation et damélioration a permis de limiter le coût dinvestissements et de mettre laccent sur lassistance technique et le soutien aux associations gestionnaires de leau. (La contribution du Programme alimentaire mondial (PAM), sous forme de vivres-contre-travail, a servi à payer la plupart des manuvres participant à la construction). Cependant, ce sont les agriculteurs qui sont responsables de la construction de tous les ouvrages dans les exploitations. La préparation des plans détaillés et la supervision technique de la construction des travaux soumis à adjudication ainsi que la supervision technique et laide aux associations de paysans et aux agriculteurs individuels sont organisées par lunité dirrigation du Service des ressources hydriques. Du point de vue de la méthode, les opérations collectives ont reposé sur la mise place de structures autogestionnaires (« self managed board (SMB) »). Elles sont constituées de représentants des utilisateurs/bénéficiaires du sous-projet. Dés le début, elles participent à la définition du projet précis, à lévaluation du besoin de financement, puis contribuent à sa réalisation. Dans un deuxième temps, le fonctionnement du projet et son contrôle sont assurés par le SMB. Cette structure est constituée au niveau du village, et, au besoin, du hameau ; cest notamment le cas des projets dirrigation dans les collines. Laspect participatif et décentralisé du FIDA trouve ici sa traduction la plus concrète. Des institutions plus importantes, comme la Banque Mondiale ou la Banque Asiatique de Développement, même lorsquelles sinspirent de cette démarche, vont, au plus , jusquà la commune. Le projet finance : a) la formation et les voyages détude concernant la gestion de leau, la création de groupements dirrigants et les techniques participatives dont se serve les bénéficiaires pour mettre au point des règlements en matière de fonctionnement et dentretien ; b) les véhicules et léquipement, le matériel informatique, les essais simples sur le terrain et le matériel de bureau ; c) les contrats locaux relatifs aux plans et aux études ; d) lappui à une ONG ou à une autre institution désignée localement pour aider à former des groupements dirrigants efficaces. Laccent a été mis sur les zones collinaires plus pauvres et moins évoluées. Au contraire, dans la plaine, lirrigation est déjà développée et la population y est plus riche. 2 - Développement agricole. Le projet fournit des fonds pour apporter des améliorations à la production porcine, bovine et caprine, notamment : a) appui aux services de vulgarisation et aux centres vétérinaires de la province, du district et des communes (fourniture de réfrigérateurs pour les médicaments à usage vétérinaire et le stockage des échantillons, de boîtes de isothermes pour le transport local des médicaments et des échantillons, de petites trousses médicales et de vêtements de protection) ; b) remise en état et prise en charge dune station zootechnique et de centres dinsémination pour les porcins et les bovins à Phuong Ha, avec notamment la réfection des bâtiments abritant les animaux et des laboratoires pour la semence, le renouvellement du cheptel reproducteur, la fourniture de semences et de matériel et la participation limitée aux frais dexploitation ; c) octroi de crédit pour des activités spécifiques comme la reproduction et lengraissement des porcins, la production caprine et bovine (notamment buffles) (pour laquelle les agriculteurs reçoivent un appui technique dispensé par des vulgarisateurs formés par le projet), et ouverture dune ligne de crédit pour dautres activités agricoles non spécifiées ; d) appui à un programme dessais et de démonstrations coordonnés avec le programme de remise en état des réseaux dirrigation afin dassurer que les technologies et intrants nouveaux prometteurs sont adoptés immédiatement, dès que les réseaux seront remis en état ; e) une aide technique assurée par une université nationale afin de préparer du matériel de formation concernant lélevage et la production agricole à lintention du personnel provincial et de district, de concevoir les cours et de former les futurs formateurs en leur dispensant les premiers cours. Une fois formé, le personnel de province et de district doit transmettre ses nouvelles compétences au personnel de la commune et former directement des agriculteurs. De plus, les services de vulgarisation étoffés continuent à visiter régulièrement les paysans et/à leur dispenser des conseils techniques. Outre la riziculture, laccent a été mis sur lélevage, car cest une activité à fort potentiel. La demande croît, conséquence de lenrichissement général et du développement du tourisme. En outre, cest une activité à forte intensité en travail et qui peut grandir par étapes. 3 - Le développement de laquaculture passe par lélevage de carpes de roseau en eau douce et de crevettes/crabes dans des étangs deau saumâtre. Le projet finance : Lélevage de poissons dans des cages flottantes. Les écloseries de Dai Phuong (district de Bo Trach) et dong Phu (district de Dong Hoi) sont modernisées et développées. Pendant les deux années suivant leur remise en état leurs besoins financiers ont été couverts afin de faire face au changement de taille. Des crédits supplémentaires pour la construction et lexploitation de quelque 6000 cages à poissons, y compris le remplacement denviron 1000 cages et la mise en place de cages de démonstration sous la direction des agriculteurs participants ; une assistance technique, une formation et une vulgarisation destinées aux agriculteurs et au personnel. Lélevage de crevette en eau saumâtre est modernisé pour améliorer et développer lélevage moyennant les mesures suivantes : créer des étangs de démonstration, en utilisant les étangs remis en état des agriculteurs participants ; moderniser deux écloseries de crevettes du secteur public situées à Ron (district de Bo Trach) et Nhat Le (Dong Hoi), ayant une capacité estimée à 10 millions dunité par an ; financer les frais dexploitation additionnels pour ces deux écloseries pendant les deux années suivant leur remise en état (par la suite, comme pour les écloseries de poissons, laccroissement des recettes permettra de couvrir les frais dexploitation) ; améliorer un étang dalevinage situé à Phu Hai (ville de Dong Hoi) en vue de produire quelque 5 à 6 millions de poissons au stade juvénile ; fournir une assistance technique, une formation et du crédit pour aider des petits entrepreneurs privés à créer cinq petites fabriques daliments pour animaux (dune capacité de 0,5-1,0t/jour) afin de produire des aliments pour les crevettes sans danger pour lenvironnement; renforcer la capacité du centre de vulgarisation en matière d aquaculture moyennant une formation, du matériel et une assistance technique ; évaluer limpact sur lenvironnement de lélevage amélioré à grande échelle des crevettes et octroyer le crédit nécessaire pour financer des activités au niveau des exploitations. 4 - Le projet de fixation des dunes a permis de planter quelque 4000 ha sur des sables mouvants afin de protéger les zones les plus vulnérables et de mettre sur pied un système de production durable. Le projet a appuyé les activités suivantes : cartographie détaillée des zones sablonneuses sélectionnées pour lattribution, le suivi et lévaluation des terres création de comités villageois daménagement afin dorganiser lattribution des terres, en vue des plantations individuelles consécutives ; sélection des vulgarisateurs et des agents forestiers pilotes ; formation, appuyée par une aide technique locale, mettant essentiellement laccent sur les approches et les techniques participatives en matière de fixation des dunes et dispensée aux agents de vulgarisation forestière et aux membres des comités villageois daménagement ; périmètres dessai comportant des essences et des associations dessences différentes, divers espacements des plants et des essais dengrais pour observation plantés sur quelque 20ha ; appui et organisation concernant la plantation par des agriculteurs privés de 4000 ha de terres sablonneuses dénudées dans les trois districts du sud. Cette dernière activité à couvert toutes les opérations, allant de la production diversifiée des semis dans les pépinières à la fumure de fond et dappoint, ainsi que toutes les activités forestières, des pépinières à la plantation et aux travaux dentretien. Le gouvernement sera chargé de fournir les semences et les plants. Toutefois, à la demande du FIDA, lélevage des plants a été transféré aux locaux afin de les faire participer davantage à lopération, de leur donner un revenu et de les intéresser à lentretien. . Les difficultés naturelles - en particulier labondance des pluies - rendent parfois ces routes fragiles (ravinement, coupure pendant la saison de pluies) des ponts ont dû être construits pour franchir les ruisseaux et rivières cf. compte-rendu Tuyen Hoa 5 - Réfection des routes rurales. Le projet a financé la remise en état denviron 200km de routes, la construction de 20km de routes supplémentaires dans des zones reculées Dans les coûts de construction sont inclus les contrats passés avec des entreprises privés ou publiques ainsi que la main-duvre fournie par des particuliers et des paysans. Aucune des routes visées par le projet nest nouvelle, elles suivent toutes un tracé existant, avec le passage aux gués, souvent un simple chemin. Il ne sagit pas de routes goudronnées, trop coûteuses à construire. Sont également incluses dans cette composante la conception et la construction de trois bacs de même que la construction dune dizaine de marchés ruraux. Le projet a aussi aidé le Ministère des transports le service chargé des routes rurales en formant le personnel aux problèmes techniques et gestionnaires particuliers qui se poseront durant lexécution ; les véhicules et le matériel, les installations informatiques, des essais simples sur le terrain, le matériel de bureau, les services de consultants spécialisés dans le domaine routier ainsi quun contrat relatif à la conception des bacs. La Banque agricole et rurale du Vietnâm (BAV) a ouvert une ligne de crédit pour du petit matériel, ce qui permettra doctroyer des prêts à moyen terme à des particuliers, des communautés ou de petits entrepreneurs pour leur permettre dacheter : a) de petits motoculteurs dotés de remorques ; et b) de petits concasseurs de pierres mobiles. Le remboursement du crédit devra être en partie assuré par le volume de travail que la construction de routes rurales pourra créer (en particulier dans les régions montagneuses et reculées). 6 - Appui institutionnel. Dans le cadre de cette composante, le projet a financé: a) la création de lunité de coordination (UCP), qui est chargée de coordonner les activités prévues dans les différentes composantes, notamment fourniture de véhicules et de matériel de bureau, assistance technique locale et internationale, dépenses de fonctionnement, traitements et salaires, indemnités daffectation sur le terrain et de déplacement ; b) la mise en place de moyens locaux et la formation en matière de suivi et dévaluation (S&E), de planification participative et de constitution de groupes (cette formation sadresse surtout aux personnes directement associées à la mise en oeuvre des activités du projet au niveau des districts, des communes et des villages ainsi quau personnel de terrain des organisations paysannes, à savoir lAssociation des agriculteurs et lUnion des femmes Vietnâmiennes (UFV) deux organisations auxquelles un appui logistique a été fourni ; c) le renforcement du Ministère des sciences, des techniques et de lenvironnement pour lui permettre daméliorer la surveillance de limpact sur lenvironnement, ainsi que la fourniture de matériel danalyse simple et de motocyclettes et la formation du personnel. C. Aspects financiers Les coûts de base du projet sur cinq ans ont été évalués à 184 650 millions de VND. Compte tenu des provisions pour aléas dexécution et aléas financiers, les coûts totaux du projet étaient évalués à environ 220 597 millions de VND. La principale catégorie de dépenses, qui concerne les travaux de génie civil relatifs à linfrastructure économique, représente 36% des coûts de base totaux. Cela comprend essentiellement les contrats passés avec des entreprises pour du matériel de construction ainsi que la main-duvre paysanne, (cofinancée par le PAM), les bénéficiaires et, dans une moindre mesure, le FIDA. Le crédit additionnel pour la rétrocession de prêts à des particuliers et à des groupes dagriculteurs et de femmes sélève à 4,26 millions de USD, soit environ 25% des coûts de base. Lassistance technique (tant locale quinternationale) et la formation représentent à peu près 8% des coûts de base. Les dépenses récentes concernent les transports, le matériel de bureau et de laboratoire ainsi que les coûts de fonctionnement. PRINCIPALES DONNEES FINANCIERES
Financement. Le projet a été financé par un prêt de 14,4 millions de USD accordé par le FIDA à des conditions particulièrement favorables, (par un don de 700 000 USD du PAM12 pour certaines activités vivres-contre-travail de forestation, dirrigation et de construction de routes villageoises), par un don de 800 000 USD du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) pour lassistance technique et la formation, et enfin par des contributions du gouvernement et des bénéficiaires du projet. Répartie sur cinq ans, la contribution du gouvernement, dun montant total de 1,9 million de USD, se montera en moyenne chaque année à 3,2 milliards de VND (291 000 USD), ce qui ne représente que 5% des recettes budgétaires de la province pour 1995 (65,9 milliards de VND, soit 6 millions de USD). Le plan de financement du projet est présenté au Tableau 2. La main-doeuvre fournie par les paysans pour la fixation des dunes, les travaux dirrigation et la construction de routes rurales aurait dû être financée pendant trois ans par le PAM a fourni des rations de riz quotidiennes, pour une valeur denviron 10 000 VND par jour pour la plantation et lentretien dun hectare de filaos. Le FIDA a pris le relai par la suite. La main-duvre qualifiée est incluse dans les coûts de lentrepreneur, étant entendu que, toutes choses égales par ailleurs, la priorité est donnée au recrutement de la main-duvre qualifiée disponible dans les communes participantes13. Les agriculteurs seront eux-mêmes entièrement responsables de tous les travaux de construction sur les exploitations. D. Divers Exécution Lexécution du projet, commencée en janvier 1997, sachèvera à la fin de cette année. Sur le plan matériel, elle est assurée par les services techniques au niveau provincial, notamment le CPI y compris le service du développement agricole et rural, le Service des transports, le Service des forêts ainsi que la succursale de la BAV dans la province. Les efforts de formation sont considérables. Chaque composante du projet bénéficie de programmes de formation, qui peuvent être nombreux. Par exemple, pour un projet dirrigation le PNUD finance différentes sessions de formation pour chaque étape : mode de gestion du projet, utilisation de leau, sélection des variétés de riz, financement des opérations, etc. En outre, léquipe de volontaires qui va gérer le fonctionnement du système dirrigation après son achèvement dispose également de formation spécifique sur lorganisation du suivi, la comptabilité, etc. Organisation générale. Au niveau national, le projet est exécuté sous lautorité du comité national dorientation, présidé par le Ministre de lagriculture et du développement rural et comprenant le Ministre des Finances, le Ministre du Plan et de lEquipement et la BAV. Au niveau provincial, la responsabilité de la gestion incombe essentiellement au Comité Populaire de la province. Un conseil provincial de coordination du projet est dune façon général responsable de lexécution ainsi que de la coordination avec dautres programmes et projets en cours. Cest à lUCP, quincombe le suivi et la coordination courants à lexécution. Lunité est chargée de coordonner toutes les activités, de suivre les résultats et détablir le programme de travail et le budget annuel au niveau provincial. Elle est également responsable des comptes du projet et doit préparer et présenter les rapports périodiques demandés par les organismes extérieurs daide au développement. Dans un projet aux composantes aussi nombreuses et la coordination entre lensemble des intervenants (administrations techniques, formateurs) est particulièrement importante. La première année a dailleurs été quasi exclusivement consacrée à la formation et aux besoins de formation aussi intenses (cf. projet dirrigation à Khe Su). Léquipe chargée de lanimation et de la coordination est forte de 22 personnes. Le PNUD a recruté dès le début un comptable, un gestionnaire et un interprète qui ont bénéficié dune formation et sont beaucoup mieux rémunérés que le reste de léquipe. Elle est dirigée par deux responsables des service provinciaux du Ministère du plan et dinvestissement, le Dr. Hoang Hung, qui ly consacre à temps partiel, et le Dr. Ly Hong. Sy ajoutent quinze techniciens (agronome, ingénieur, ....) et deux interprètes payés à temps plein par le Gouvernement. Pour chaque tranche du projet, des consultants ont été recrutés pour définir le projet. Le PNUD sest chargé dacheter léquipement nécessaire (véhicules, informatique etc....) et de le mettre à disposition. Les différentes composantes et activités du projet sont exécutées par les services techniques compétents, chaque service étant dirigé par un responsable dactivité qui, du fait quil aura participé activement à la conception du projet, est familiarisé avec son approche générale et ses aspects techniques. Des conseils de districts pour la coordination du projet comprenne le président du Comité populaire de district ainsi que les chefs des services techniques compétents, en fonction des activités à mener dans chaque district. Le Conseil, au niveau du district, assure la coordination, fait la liaison avec le comité populaire et coordonne le suivi des activités du projet. Union des femmes Vietnâmiennes (UFV) et Association des agriculteurs. Ces deux organisations, identifient, sélectionnent, organisent et forment les bénéficiaires ainsi quaident les responsables du projet à recevoir des bénéficiaires une bonne rétro-information. Ces organisations étant bien implantées dans les communautés locales, elles font la liaison entre les organismes techniques, les institutions de crédit et les bénéficiaires locaux. Leurs membres ont été formés aux méthodes participatives et à divers sujets techniques. lUFV a été chargé de constituer des groupes de crédit et dépargne et les aider. Bénéficiaires du projet Bénéficiaires directs. Les activités ont été étalées sur les cinq années du projet de manière à permettre la mise en oeuvre dans des délais réalistes des travaux dinfrastructure et des mesures daccompagnement, notamment formation du personnel et mobilisation des bénéficiaires. Au total, plus de 50% des familles pauvres qui constituent le groupe cible devraient avoir bénéficié directement du projet grâce au crédit octroyé pour lamélioration de lélevage et de laquaculture, le développement de lirrigation et la fixation des dunes. Le projet a une deuxième catégorie de bénéficiaires directs, à savoir les ménages participant aux activités (vivres-contre-travail financées par le PAM). Environ 4 000 ménages ont participé aux travaux de fixation des dunes et 9 000 au développement de petits périmètres irrigués, tandis que 14 000 ont fourni de la main-duvre pour la construction de routes. Au total, plus de 20 000 ménages ont donc reçu une aide alimentaire. Les rations alimentaires représentent un apport important pour les ménages participant aux travaux de fixation des dunes et au développement des périmètres irrigués ; en revanche, les retombées de la construction de routes (sur le plan alimentaire) sont réparties sur un plus grand nombre de ménages, étant donné que, dans un ménage moyen, il y a relativement peu de main-duvre pour cette activité. (Si lon inclut les personnes participant aux activités du PAM, le nombre total de ménages bénéficiaires aura été denviron 65 000). Bénéficiaires indirects. Il sagit ici avant tout des gens qui bénéficient de la fixation des dunes, mesure qui atténuera le risque densablement des rizières. On a calculé que la plantation dun hectare de filaos sur des dunes qui se déplacent vite protége chaque année entre 0,20 et 0,25 ha de rizières une fois les arbres bien enracinés (cest-à-dire quatre ans après leur plantation). Les rendements devraient en principe se stabiliser au niveau actuel, cest-à-dire entre 250 et 300ha de paddy par an. On estime à 8 200 le nombre des ménages qui ont bénéficié indirectement de la construction de routes. Le personnel des services techniques associés au projet ont gagné en qualification grâce à la formation dispensée et à laccès à un équipement de meilleure qualité . Avantages sur le plan social. Parallèlement à lamélioration du niveau de vie quentraînent le développement de la production agricole et laide alimentaire, le projet offre des avantages à la population de la province sur le plan social : a) la construction de routes rurales permet de désenclaver des villages isolés, dont les habitants ont ainsi plus facilement accès aux services de santé, déducation et dinformation (on estime que plus de 112 000 personnes vivant dans quelque 22 000 ménages ont bénéficiédirectement ou indirectement de la construction des routes ; b) la fixation des dunes protége non seulement des infrastructures et de bien tels que champ et routes mais aussi des habitations et des écoles actuellement menacées par le déplacement des dunes ; c) la construction de marchés communaux, améliore la circulation des produits en milieu rural. D) la construction de 12 écoles a permis de développer lenseignement en milieu rural. Impact sur les femmes. Dune façon générale, le projet devrait avoir un impact tout à fait bénéfique sur les femmes, spécialement grâce aux interventions suivantes : a) Crédit. Les activités dorganisation et dappui au programme de fourniture de crédit ont pour but principal de créer de solides groupes dépargne et de crédit, en collaboration avec lUFV, compte tenu des succès déjà remportés dans la création de ce genre de groupes. Des femmes ont été familiarisées avec les aspects techniques des entreprises, avec la gestion financière de base du ménage et de lentreprise ainsi quavec certaines aspects pratiques de la commercialisation. Il est vraisemblable que la principale activité pour laquelle les groupes féminins de crédit empruntent des fonds sur lélevage de petit bétail ainsi que dautres petites entreprises financièrement intéressantes choisies lors de lexécution du projet ; b) construction de marchés ruraux. La plupart des petits commerces de détail étant aujourdhui entre les main des femmes, la construction de six marchés ruraux devrait également offrir la possibilité de créer de petites entreprises rurales de commercialisation dont bénéficieront surtout des commerçantes. Impact sur lenvironnement. Les activités du projet ne devraient pas avoir dimpact négatif. Lors de la conception du projet, une évaluation détaillée de limpact sur lenvironnement a été faite. Comme le but premier du projet est de conserver les ressources naturelles et préserver lenvironnement, le projet surveille limpact sur lenvironnement, surveillance dont est chargé le ministère des sciences, des techniques et de lenvironnement. Au titre de la composante appui institutionnel, il est prévu dallouer des fonds spéciaux pour assurer une formation ainsi que de fournir une assistance technique et du petit matériel afin de renforcer les moyens dont dispose le service du ministère chargé de lenvironnement. Madame Thong porte un jugement extrêmement positif sur l'action du FIDA au Vietnam. Spécialiste des interventions dans le secteur rural, le FIDA a été le premier à montrer des projets concrets de lutte contre la pauvreté. Les projets sont bien ciblés, ce qui facilite leur mise en oeuvre. Pour que son action soit totalement efficace, il faut que ces projets soient dupliqués dans d'autres régions. Les interventions du FIDA sont très décentralisées. Elles sont fondées sur la consultation et l'association des bénéficiaires. Leur mise en uvre est confiée à l'administration locale. Or c'est elle qui est effectivement responsable du développement rural ; elle pourra donc utiliser cette expérience pour l'ensemble de la province ; de surcroît, les responsables d'un projet sont également appelés à conseiller ceux des projets suivants dans les autres régions, disséminent ainsi l'expérience dans le pays. Du point de vue des bénéficiaires, leur association dès la conception du projet, puis durant sa mise en oeuvre et les efforts de formation à l'auto-organisation (cf. constitution de SMB) leur permettent d'apprendre à gérer leur propre projet et à prendre en charge son fonctionnement pour qu'il se prolonge après le départ des experts. De façon générale, le représentant du PNUD estime que le FIDA a contribué au mouvement de décentralisation du Vietnam en associant les services locaux à la préparation des projets et en insistant pour leur en confier la responsabilité. Il est à noter que l'ancien Président du CPP, rencontré de façon informelle chez le Docteur Hung, a fait la même remarque : le FIDA a contribué à faciliter le passage d'une approche totalement centralisée de la gestion de l'aide par le MPI à une méthode décentralisée (pour ce qui est de l'administration) et participative (pour les bénéficiaires). Au-delà de la préparation et de la gestion des projets, l'administration locale devient plus imaginative et plus dynamique, ce que M. Ryan attribue en partie à l'action du FIDA. Interrogé sur les éventuelles faiblesses de l'action du FIDA, le Représentant du PNUD estime que le contrôle et l'évaluation des projets lui semblent devoir être renforcés de même que la coordination avec les donateurs sur place. Ainsi pour le projet de Tuyn Quan au nord, il a fallu que le PNUD envoie un coordinateur pour améliorer la collaboration entre le FIDA et le SIDA. Un débat sur le micro-crédit a divisé les participants. La partie vietnamienne estime que les taux d'intérêt réclamés dans le cadre des projets de micro-crédit sont trop élevés (supérieurs à 1%/mois, pouvant atteindre 1,2%, voire 1,5%) et que la pratique vietnamienne de subvention est totalement justifiée. Les représentants des services du FIDA et du PNUD ont estimé que la disponibilité et l'utilité du crédit étant essentiels, il fallait couvrir tout ou partie des frais élevés de structure ou/et faciliter l'accumulation d'une épargne pour accompagner la croissance ; selon J. Ryan, les études du PNUD montrent que les "pauvres remboursent", ce qui confirme le réalisme et l'efficacité de ces dispositifs. Madame Thong a proposé de distinguer entre les petites sommes d'urgence accordées pour une courte période et les sommes plus significatives accordées à moyen, voire à long terme, dont la charge de remboursement serait excessive avec des taux élevés. A une question sur la nécessité de répliquer à grande échelle l'expérience de fixation des dunes (Quang Binh), Mme Thong a indiqué que ses services travaillaient sur les leçons à tirer de l'expérience et sur la préparation d'un second projet. Des contacts ont été pris avec GTZ en ce sens. En outre, la Banque mondiale réfléchit à des méthodes nouvelles ("biodiversité") pour compléter le travail. L'administrateur du FIDA, à la demande du chargé de portefeuille, a demandé si les qualités du FIDA, reconnues par notre interlocutrice elle-même : lutte contre la pauvreté rurale et capacité à travailler en zone difficile, neutralité14 de l'institution assurée par la composition de son Conseil aussi bien que le professionnalisme de ses équipes, démarche décentralisée (confiant la réalisation à l'administration elle-même) et participative, etc. pourraient conduire l'administration vietnamienne à confier un projet dans la zone de montagnes centrales (province de Giai Lai). Tout en reconnaissant que cette zone connaît des difficultés et a besoin d'aide, Mme Thong a indiqué que des projets sont en cours de préparation avec la BAsD et l'ANIDA et qu'une proposition d'intervention dans le delta du Mekong avait été faite au FIDA ; M. Prayer-Galletti a précisé qu'à sa connaissance, si des projets étaient en cours de préparation dans le centre, aucun ne concernait la province de Giai Lai. Au demeurant, quand le FIDA a découvert que la BAsD allait intervenir dans la région de Kantoum, il s'est aussitôt retiré de cette zone. Le représentant du PNUD a alors pris la parole pour inviter le MPI à tenir compte de la spécificité des intervenants dans le choix des projets qui leur étaient confiés ; au cas particulier, la flexibilité, la démarche "locale" et la neutralité du FIDA sont des atouts à ne pas négliger, y compris si d'autres sont volontaires. Au cours de l'entretien avec les seuls représentants du PNUD qui a suivi la première partie de la réunion, M. Ryan a apporté les précisions suivantes. Pour le PNUD, son premier objectif est de soutenir les réformes en apportant de l'assistance économique et administrative. C'est à l'ensemble des institutions, notamment politiques, que le PNUD s'adresse. Ainsi, la dernière opération a consisté à organiser une rencontre entre des parlementaires vietnamiens et des représentants d'une douzaine de Parlements étrangers ; des sénateurs français y ont participé. Par ailleurs, le service économique du PNUD observe l'ensemble du système économique et financier et essaie de repérer les faiblesses pour conduire ou suggérer des actions de modernisation ou/et de consolidation. Revenant sur l'action du FIDA, le Représentant du PNUD a insisté sur les qualités : flexibilité, rapidité, innovation, proximité "participativité", . Le programme de Tuyen Quang , qu'il a vu démarrer lors de son premier séjour au Vietnam (1993-96), lui paraît être un modèle. Au cours d'une récente visite sur place, il a pu constater combien les mentalités avaient changé dans cette province et l'efficacité de la démarche décentralisée et participative. On peut voir "la fierté et la confiance des responsables et bénéficiaires lorsqu'ils parlent du Conseil de développement du village, de l'Association des utilisateurs d'eau et des groupes de crédit et d'épargne"15, de même que la participation des femmes aux nouvelles activités du village. Toutefois, le FIDA se trouve aujourd'hui concurrencé par l'ensemble des intervenants qui, impressionnés par le succès de l'expérience16, mais aussi du fait de changements d'orientation pour certains (en particulier la BAsD et la BM), veulent faire la même chose. Ils se précipitent en province et reprennent le schéma du FIDA. Il faudrait tirer les leçons de cette expérience tous ensemble avec les autorités vietnamiennes pour ne pas perdre le bénéfice de ce travail. Un séminaire tripartite pourrait être l'occasion de le faire, l'objectif étant de lui donner ensuite une bonne publicité. Ce | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||