Operations and Activities    
  International Fund for Agricultural Development

Les Administrateurs pour la France auprès du FIDA et de la BAsD

Rome, le 29 juillet 2002

AG/ia n°/219/02

Rapport de la mission au Vietnâm effectuée par les administrateurs pour la France auprès du Fonds international de développement agricole et de la Banque asiatique de développement. (Version PDF)

 

Sommaire

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Programme de la mission au Vietnam

Dimanche 21 juillet 2002 (Hanoï)
16 h 00-18 h 00 Réunion de cadrage
Lundi 22 juillet 2002 (Hanoï)
7h30 Réunion avec l'Ambassadeur
8h15 - 9h15 Réunion avec le Représentant de la BAsD, J. Samy
9h30 - 10h30 Réunion avec le Représentant de l'AFD, Luc Bonnamour
Du 22 au 24 juillet visite du projet à Quang Bing

lundi 22 juillet 2002

16h00 - 17h00 Ngu Thuy Reforestation
18h00 - 19h00 Hay Thuy Ecole
20h00 Arrivée à l’hôtel (Dong Hoi)
mardi 23 juillet 2002
06h30 Départ pour le district de Minh Hoa
10h00 - 12h00 Khe Su - Réseau d’irrigation
15h00 - 17h00 Tan Hoa - Plan de développement du village
17h00 - 19h00 Tuyen Hoa – Marché rural – visite de la nouvelle route

mercredi 24 juillet 2002

7h00 - 9h00 Ta Phan – Micro-crédit (PT/MPG)
9h00 - 11h00 Minh – Centre d’insémination porcin (AG) Ferme familiale (AG)
11h00 - 12h00 Réunion avec le Président du CPP de Quang Binh et la Directrice des services locaux du MPI.
Jeudi 25 juillet (Hanoï) 2002
08 h 30 Réunion avec le MPI dans les locaux du PNUD
09 h 30 Réunion avec le seul PNUD
10 h 30 Réunion à la Commission Européenne (Mme Corinne Boulet)

12 h 15

Déjeuner ADB/AFD au restaurant "Emperor" (J. SAMY, L. BONAMOUR)
15 h 00 Réunion à la Banque Mondiale (A. Steer, représentant) et C. Gibbs (éco’)
19 h 00 Départ d'Hanoï pour Paris par le vol VN 792

Remarques :

Alain GUILLOUËT, Patrick THOMAS ainsi que L. BONNAMOUR ont participé aux réunions du lundi matin

M. Mattia PRAYER-GALLETTI les a rejoints a Hué où ils ont fait les visites ensemble.

Alain GUILLOUËT a été accompagné par Mattia PRAYER-GALLETTI à la réunion PNUD/MPI le jeudi matin. Patrick THOMAS étant reparti le mercredi soir, il est allé seul aux rendez-vous suivants.

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Mission au Vietnam - (20 au 25 juillet 2002)

Le FIDA au sein de la communauté des donateurs : spécificité et complémentarité

Une mission conjointe au Vietnam a été réalisée par les administrateurs français auprès du FIDA (A. Guillouët) et de la BAsD (P. Thomas). Elle a été préparée et accompagnée par M. Prayer-Galletti, chargé du Vietnam au FIDA. Les services de la BAsD (Manille et le bureau de Hanoi) ont également contribué à sa préparation ainsi que l’Agence française de développement. A cette occasion, les responsables des principaux organismes multilatéraux (BAsD, BM, UE, PNUD) ont été rencontrés ainsi que des représentants du Ministère du plan et de l’investissement (MPI).

Deux journées ont été consacrées à la visite d’éléments du projet financé par le FIDA dans la province de Quang Binh ; elle a été organisée et présentée remarquablement et par le directeur de l’unité de coordination et son équipe. Le détail des visites et rendez-vous est précisé en annexe ; la plupart donnent lieu à compte-rendu de même que les visites sont décrites et commentées. Une note de présentation détaillée du projet est également jointe.

Il ne s’agit pas d’une évaluation technique, mais d’une brève mission d’observation, la dimension subjective étant a priori plus forte. De surcroît, nous avions demandé à visiter un projet qui "marche bien" (pour mieux en comprendre le fonctionnement) ; il n’est pas surprenant que l’appréciation soit positive. Mais ce jugement a été aussi influencé par l’avis unanime porté par la communauté des donateurs qui considèrent que, avec Tuyen Quang,  Quang Binh peut être considéré comme un projet-modèle.

Cela étant, de cette expérience trop rapide in situ, on ne saurait tirer de conclusions définitives. A tout le moins peut-on livrer quelques constats et envisager quelques pistes de réflexions.

1. Le projet de Quang Binh frappe par sa complexité et sa proximité.

On a souvent une vision très simplificatrice des projets financés par les bailleurs externes. Ce sont en fait des ensembles complexes qui agrègent une quantité variable d’actions sectorielles et en leur sein des sous-projets aux composantes plus ou moins nombreuses. Le choix du FIDA d’aller dans une région pauvre et reculée pour conduire des actions au niveau des communautés villageoises nécessite la réalisation d’autant de micro-projets qu’il y a de communautés, voire davantage. D’où ce foisonnement qui rend difficile l’appréhension par un regard externe et non-spécialiste de l’action conduite. A titre d’exemple, l’irrigation, qui est l’une des six catégories d’actions engagées dans la province de Quang Binh, se concrétise par la réalisation de vingt micro-projets sur 2 200 hectares ; selon les cas, il s’agit d’amélioration ou/et d’extension de systèmes existants, voire de création ex-nihilo (cf.compte-rendu de visite de Khe Su).

La proximité est l’autre caractéristique des interventions du FIDA. Elle se vérifie à Quang Binh. Non seulement, les actions sont conduites au niveau des communautés locales, mais elles sont conçues, préparées et conduites avec elles. La démarche participative1 implique l’association des bénéficiaires et l’organisation du processus de responsabilisation et d’autonomisation comme on peut le voir pour le réseau d’irrigation de Khe Su.

2. La démarche participative vise l’appropriation des projets et le développement de capacités autogestionnaires

La démarche participative associe l’ensemble des partenaires : financiers et consultants, administration locale et, bien sûr, bénéficiaires, à tous les stades du projet : analyse socio-économique, recueil des propositions, formulation de projet, mise en oeuvre, évaluation. L’objectif final est d’assurer la survie de chaque micro-projet après le retrait des intervenants extérieurs et de renforcer la capacité institutionnelle des communautés de base pour leur permettre de continuer à progresser. Le développement de capacités autogestionnaires est donc aussi important que l’acquisition de techniques agricoles ou autres. La formation et l’assistance technique en constituent donc une composante majeure.2

En complément des projets centrés autour d’investissements physiques, nous avons eu l’occasion de rencontrer une communauté villageoise ayant mis en place une structure de micro-crédit particulièrement intéressante. Cette expérience est innovante en ce qu’elle a reposé entièrement sur la collecte et la redistribution de l’épargne locale. Le grand avantage de cette approche est de la rendre complètement indépendante de ressources financières extérieures. Par ailleurs, entièrement autogérée, elle ne génère aucun frais de gestion, principal écueil des structures de micro-crédit.

Interventions du FIDA au Vietnam

 Nom du projet

Région

Finance-
ment du FIDA

 

Cofinance-
ments

Finance-
ment
vietnamien

Date
d’approba-
tion par le Conseil d’administra-
tion

Durée
prévue de mise en œuvre

Millions US $

Projet de gestion participative des ressources

 

 Province de Tuyen Quang

 18,35

 3,55 : Pays-Bas

Gouvernement : 1,6

Bénéficiaires : 1,5

avril 1993

7 ans

Projet de conservation et de valorisation des ressources agricoles

 

Province de Quang Binh

14,4

0,7 : PAM

0,8 : PNUD

Gouvernement : 1,9

décembre 1996

5 ans

Projet de développement en faveur des minorités ethniques

 

Province de Ha Giang

12,5

2,3 : PNUD

0,8 : ASDI

Gouvernement : 2,2

Bénéficiaires : 0,6

décembre 1997

6 ans

Projet de développement rural

 

Province de Ha Tinh

15,4

0,05 : Secteur privé

Gouvernement : 2,3

Bénéficiaires : 1,4

avril 1999

6 ans

Projet de diversification des revenus ruraux

 

Province de Tuyen Quang (II)

20,9

5 : ASDI

Gouvernement : 2,7

Bénéficiaires : 1,8

décembre 2001

6 ans

Source: FIDA.

Au-delà des détails techniques qui dépassent l’objet de cette note, cette expérience met en évidence le rôle et la valeur ajoutée du FIDA dans une approche innovante. Elle peut avoir un impact local, mais également régional. La question est de trouver les moyens de diffuser et multiplier de tels schémas tant dans le pays que dans les autres pays d’intervention de nos Institutions (voir paragraphe sur la coordination entre Institutions).

Les micro-projets visités ont permis de constater que cette démarche participative visant à l’appropriation des micros-projets et au développement de capacités autogestionnaires est effectivement mise en oeuvre. L’exemple le plus frappant est celui du réseau d’irrigation de Khe Su. Sa réussite s’explique par le fait que chaque villageois est directement concerné par l’amélioration de sa situation qui en résulte, que le bon fonctionnement de l’opération repose sur la participation de chacun et que l’association des utilisateurs d’eau est performante. L’implication des acteurs est en fait fondamentale comme l’ont remarqué d’autres intervenants,3 ce que facilite la réalisation d’un projet collectif dans le secteur économique. Il est également indispensable que soient dispensées les formations adéquates aux responsables élus pour leur permettre d’assumer leur fonction (cf. compte-rendu en annexe).

Par comparaison, on sentait bien que les communautés étaient moins impliquées lorsqu’il s’agissait d’entretenir une route – dont le bénéfice individuel, une fois le désenclavement acquis, paraît plus diffus et que les petits problèmes (inondations) et les petits travaux courants paraissent plus pénibles. A Ngu Thuy, l’absence d’aménagement de la portion de chemin conduisant les pêcheurs à la mer traduit peut être une moindre implication de la collectivité dans la construction d’une route, certes utile, mais dessinée et conçue par d’autres, la contribution véritable étant un travail rémunéré. ...

La tentation est de conclure que les activités économiques collectives ou individuelles (cf. l’élevage de porcs familial) ont non seulement un impact sur les participants, mais qu’elles sont plus motivantes et plus structurantes. De là à privilégier cette voie, il n’y a qu’un pas... que l’expérience sur le terrain trop rapide et trop partielle déconseille sans doute de franchir immédiatement.

3. Le FIDA a également encouragé le mouvement de décentralisation.

Par nécessité autant que par choix, le FIDA, qui n’a généralement pas de représentation dans les pays, doit s’appuyer sur des relais locaux. Au Vietnam, il a choisi de se reposer sur l’administration locale et de confier l’exécution à l’échelon provincial du MPI en association avec les autres services concernés et avec l’aide du PNUD et de l’UNOPS. Ce choix est d’autant plus pertinent que nombre de micro-projets ont été proposés par ces derniers et qu’ils ont été efficaces dans la mise en oeuvre de ceux qui ont été retenus. La compétence et le sérieux de l’administration vietnamienne sont d’ailleurs soulignés par la plupart des interlocuteurs ; ce sont ces qualités qui contribuent largement à expliquer le taux élevé4 d’engagement et de déboursement constaté en moyenne au Vietnam par rapport à d’autres pays récipiendaires.

En associant étroitement les services provinciaux, en particulier à Tuyen Quang et Quang Binh, le FIDA leur a donné l’occasion de se mettre en valeur et de prouver qu’ils pouvaient contribuer à une mise en œuvre efficace et rapide des projets d’aide. De nombreux autres bailleurs de fonds ont ensuite repris la même méthode. Ces services ont ainsi obtenu d’être associés plus étroitement au choix des projets par le MPI. Selon le Représentant adjoint du PNUD, la loi de finances pour 2003 prévoirait que le choix et la définition des projets seraient désormais du ressort des autorités locales. Pour l’ancien Président du CPP de Quang Binh, le FIDA a ainsi contribué à faire évoluer les esprits au niveau central et à encourager ce processus de décentralisation.

La complexité et la proximité signifient également que le projet nécessite une multitude d’actions de formation, c’est-à-dire qu’au niveau de chaque micro-projet plusieurs actions sont conduites. La gestion de l’ensemble n’est possible qu’avec l’appui d’une équipe de coordination solide et intégrant des responsables de l’administration locale, comme cela est le cas à Quang Binh. A cet égard, le choix du FIDA de se reposer sur l’administration locale s’est trouvé d’autant plus pertinent que le Directeur de l’unité de coordination, issu du MPI, est particulièrement remarquable et efficace.

4. Un impact visible

L’impact du projet sur les bénéficiaires n’est pas contestable. Il est particulièrement évident pour le réseau d’irrigation de Khe Sue : autosuffisance alimentaire et meilleurs équilibre nutritionnel, augmentation du revenu. C’est aussi le cas du programme mixte route/plantation à Nghu Thuy : désenclavement, injection et augmentation du revenu, baisse des coûts d’approvisionnement  et meilleure valorisation des produits de la pêche; les achats de quelques centaines de motos en font foi de même que le développement de petits commerces et d’artisanat. Au-delà, la fixation des dunes bénéficiera à l’ensemble de la collectivité. Pour l’école, il s’agit d’un choix différent : investir à long terme dans l’éducation des enfants.

Pour les communautés où seule une route a été réalisée, l’impact reste visible : le désenclavement des villages concernés. Mais les retombées économiques sont plus diffuses : amélioration de l’approvisionnement et de l’accès au marché.

Se pose parfois la question de la durée de l’impact. Pour ce qui est des investissements directement productifs (irrigation) ou des infrastructures (route), l’effet se prolonge dans le temps sous réserve d’un entretien correct. En revanche, l’effet-revenu résultant de la réalisation de ces investissements (qui intègrent toujours une part importante de main-d’œuvre locale) disparaît dans le temps. C’est en particulier vrai de la plantation d’arbres dans les dunes, et de la construction de la route qui ont requis de nombreuses heures de travail dont l’impact s’est vu sur la consommation ; leur entretien générera une faible activité par comparaison. Certes, l’ensemble de la communauté bénéficiera de la fixation des dunes et le désenclavement restera acquis, mais l’activité économique dans la commune va retomber. Autrement dit, on peut se demander s’il ne faudrait pas aller plus en profondeur en veillant à la durabilité de l’impact sur l’activité économique de la collectivité elle-même, par exemple en cherchant à diversifier les sources de revenus.

Toutefois, la question ayant été posée à l’ancien Président du CPP de Dong Hoi de savoir s’il était préférable de réduire le nombre de composantes plutôt que de réaliser certains micro-projets à l’impact plus limité sur l’activité, celui-ci a répondu que l’essentiel était de faciliter l’organisation des communautés locales et d’offrir des opportunités. Au fond, donner une impulsion et contribuer au changement des mentalités sont plus importants que le projet lui-même ; c’est d’ailleurs le principe même de la démarche participative. Et, à en croire le représentant de la Banque Mondiale, c’est bien ce que permettent les projets du FIDA.5

5. La coordination des donneurs reste limitée.

L’ensemble des personnes rencontrées est favorable au principe de coordination des donneurs. Elle existe d’ailleurs à l’occasion des réunions de préparation de la CIG annuelle ainsi que dans le cadre d’une vingtaine de groupes de réflexion, sur divers thèmes horizontaux ou sectoriels. Mais la coordination sur les projets elle-même est plus aléatoire ; elle dépend largement des contacts personnels entre responsables. La multiplication du nombre d’intervenants dans le pays ne facilite pas les choses, ce qui a par exemple, conduit la BAsD à envisager pour l’avenir une « participation plus sélective avec un noyau de partenaires actifs dans les secteurs d’intervention prioritaires».6

De toute façon, comme l’ont fait remarquer plusieurs interlocuteurs, les autorités vietnamiennes souhaitent conserver la maîtrise de l’aide extérieure. Les projets ne sont d’ailleurs pas mis dans un pot commun dans lequel les différents donneurs choisiraient ceux qui les intéressent en négociant éventuellement entre eux leur répartition. Ils sont attribués par le MPI, éventuellement après discussion avec les donneurs qui suggèrent parfois qu’ils sont mieux préparés pour telle ou telle action.7 Mais les choses gagnent encore en complexité : les autorités locales, qui sont désormais associées plus étroitement à la préparation et à la mise en oeuvre des projets, tentent d’influencer le processus en amont et d’attirer des donateurs. Ainsi le Président du CPP de Quang Binh a beaucoup insisté au cours de l’entretien pour que le FIDA s’engage à lancer un deuxième projet dans les zones dunaires.

Dans un environnement aussi complexe et aussi compétitif, le FIDA a du mal à se positionner. Bien que ses capacités propres soient reconnues et appréciées, il tend à passer après les "grands" qui se taillent des domaines d’action importants. C’est encore plus vrai aujourd’hui où des institutions comme la Banque Mondiale et la BAsD accordent la priorité à la lutte contre la pauvreté et viennent chasser sur ses terres naturelles (dans les régions du centre et du nord). En outre, il n’est pas toujours évident de faire valoir la complémentarité dans l’action des institutions. Ainsi, l’action du FIDA dans les zones dunaires mériterait d’être reprise et complétée à plus grande échelle par une institution aux moyens adaptés. Or, la tentation du compartimentage géographique risque de s’opposer à ce que le relais soit pris comme on pourrait le souhaiter. Par ailleurs, les projets du FIDA nécessitent par nature une importante assistance technique ; il serait utile que les donneurs bilatéraux le soutiennent. Mais cela semble actuellement difficile8 pour lui alors que d’importants montants y sont pourtant consacrés dans le pays.

Si nous pouvions émettre des vœux pour l’avenir, ce serait un triple souhait :

  • que la spécificité et l’efficacité du FIDA, qu’il doit cultiver et qui sont reconnues par les bénéficiaires comme par les autres multilatéraux, soient mises à profit pour continuer à lui confier des projets-pilote utiles à la collectivité des donneurs ; cela a été le cas à Tuyen Quan et à Quang Binh ;

Pour l’avenir, il reste des zones pour lesquelles le FIDA conserve un avantage comparatif (province de Giai Lai dans les montagnes centrales par exemple 9) et a encore vocation à intervenir. Il pourrait être utile de s’appuyer sur un relais local pour prendre position. A cet égard, le PNUD s’est montré très ouvert à un renforcement des liens entre les deux institutions.

  • que la communauté des donateurs se soucie de tirer profit de ces expériences pour les répliquer à grande échelle ; c’est le cas aujourd’hui au Vietnam en ce qui concerne la lutte contre la pauvreté rurale en zone montagneuse ; ça pourrait l’être pour les zones sablonneuses ou ailleurs ;

Pour être plus précis sur ce point, la région centrale, y compris la province de Quang Binh pourrait constituer un terrain d’essai pour développer ce type de complémentarité entre le FIDA, Institution innovante sur des projets de base utilisant l’approche participative, et la BAsD, qui n’est pas vraiment structurée pour entreprendre des projets à grande échelle basés sur cette méthodologie, mais qui a des moyens financiers largement plus importants liés à une présence lourde auprès des Autorités Centrales. Les objectifs à moyen et long termes sont identiques (réduction de la pauvreté) et les structures très complémentaires. Le travail en commun sur la Région Centrale (où la BAsD a des projets importants dans le secteur rural) constituerait une occasion de tester de façon pratique cette complémentarité institutionnelle. La BAsD en étroite collaboration avec les Autorités Vietnamienne et avec l’appui du FIDA (apport de savoir-faire), pourrait promouvoir la mise en place d’un cadre institutionnel permettant la diffusion des schémas développés par le FIDA. Ce type de coordination/cofinancement est une voie qui n’est encore que peu exploitée. Il pourrait pourtant contribuer de façon efficace à l’effet de levier réciproque entre des Institutions dont nous sommes actionnaires.

  • que l’action du FIDA soit soutenue par les autres donateurs, en particulier en matière d’assistance technique ; c’est sans doute le domaine où les progrès sont le plus nécessaire
A. Guillouët P. Thomas
Administrateur auprès du FIDA Administrateur auprès de la BAsD

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Bref compte-rendu de l’administrateur de la BAsD au Président et à ses collègues au Conseil d’administration

Asian Bank of Development - Office of the Executive Director

I visited Vietnam from 22 - 24 July jointly with my French colleague in the IFAD Board, Alain Guillouet. As you certainly know, IFAD/FIDA is a multilateral organization with its headquarters in Rome. IFAD is fully concentrating on rural development financing in the poorest regions or countries in the world. IFAD is a member of the UN system. Its shareholders are the UN members. Its lending operations are rather limited in amount (between US$300 - 500 Million per year) financed through grants and special funds provided by members. IFAD is very much specialized in grassroots very small - scale projects concentrated on participatory approach including micro-finance promotion.

The choice of Vietnam for a joint mission with my colleague, Alain Guillouet, was determined by the fact that ADB and IFAD have established useful preliminary contacts and are focusing, inter alia, on the central region in rural development projects. Agence Française de Dévéloppement (AFD) is also focused on the same fields and same region. Discussions have been widened to this bilateral institution that I personally very well know.

This mission was prepared with the support and help from the operational teams in Headquarters and with the Resident Mission. There were two main interests in organizing such a mission:

First, it is a useful experience that gives Board members an occasion to have direct contacts with the projects and operations in order to get a better understanding of our respective institution's actual endeavors beyond the work done from headquarters. (Aim of our Board travels – IFAD so far does not have such Board Travel but only Evaluation Board mission and Mr. Guillouet was feeling the need to do it at his own initiative with support from IFAD’s President).

The second achievement of such a mission was to highlight very strongly the complementarities of our respective institutions. IFAD is developing very useful and interesting pilot schemes based on participatory approach. The limitation of its action lies very often in the lack of means to disseminate and replicate the successful experiences that they put in place. The ADB, on its side, is hardly able to undertake directly such micro level projects. Nevertheless, it appears that ADB, thanks to its much larger financial capacities and its privileged relations with the local authorities, can take stock of the outcome of such pilot projects and contribute to the establishment of the necessary framework permitting the replication of IFAD innovative schemes at a much larger scale. This can be done in in close cooperation between our two Institutions and the Vietnamese Authorities. We understand that the respective managements of the two institutions can share such an approach. I very much encourage ADB's Management to further review and exploit the possibilities lying in such complementarity. I welcome your views and comments on this matter.

Patrick Thomas

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Extrait du discours de clôture du Président Båge à la soixante-seizième session du Conseil d'administration
Rome, 4-5 septembre 2002

Mesdames et Messieurs les Administrateurs,

Je vais maintenant résumer les délibérations et rappeler les décisions prises au cours de la présente session.

À l'ouverture de la session, l'Administrateur pour la France a rendu compte de sa visite sur le terrain des projets exécutés par le FIDA au Viet Nam et fait part au Conseil d'administration de l'impression favorable que lui avait fait l'impact de ces projets sur leurs bénéficiaires. Il a suggéré, comme certains de ses collègues, que tous les administrateurs saisissent toute occasion qui pourrait se présenter de faire des visites analogues sur le terrain. Il a assuré à ses collègues que ces visites permettaient de connaître de façon plus complète et plus approfondie les projets qu'ils examinent et approuvent au cours de leurs réunions.

Permettez-moi de remercier une fois encore M. Guillouët d'avoir fait part au Conseil de son expérience et de lui réitérer mon soutien et celui du secrétariat du Fonds aux autres administrateurs qui désireraient se rendre en visite sur le terrain. (…)

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PROJET DE CONSERVATION ET DE VALORISATION DES RESSOURCES AGRICOLES DANS LA PROVINCE DE QUANG BINH

Cette présentation s ‘appuie sur le rapport soumis au Conseil d’administration de décembre 1996 en le complétant et en le modifiant au vu de documents plus récents, des observations effectuées lors de la visite sur place et compte tenu des remarques faites par les responsables. Toutefois, les deux jours et demi de visite n’ayant permis de couvrir qu’une toute petite partie du projet, cette mise à jour et ces compléments sont par nature limités.

I – L’ECONOMIE, LE CONTEXTE SECTORIEL ET LA STRATEGIE DU FIDA

A – L’environnement économique.

La population du Vietnâm est de 81 millions d’habitants. La croissance du PIB s’est pourtant élevée à 4,6% au cours de la période 1989-99 et elle a atteint 6,7% en 2000 et 6,8% en 2001. La valeur du PIB en dollars courants a quintuplé entre 1989 et 2001. Pourtant, le revenu par tête d’habitant était estimé à 370 $ seulement, la population vivant en dessous du seuil de pauvreté représentait 37/1000 du total, le taux de mortalité infantile s’élevait encore à 37% le pourcentage d’enfants de moins de cinq ans souffrant de malnutrition atteignait 39% de la classe d’âge et 36% seulement de la population avaient accès çà de l’eau « améliorée ». Toutefois l’espérance de vie à la naissance s’élevait à 68 ans et surtout le taux d’analphabètes des plus de 15 ans n’était que de 7%. Et une simple mission sur place10 suffirait pour ajouter une autre remarque qualitative : l’ardeur au travail et l’ingéniosité s’y constatent au quotidien, en particulier chez les artisans. La croissance n’est-elle pas « une transformation qualitative dont les résultats quantitatifs sont mesurables" ?11

Le Vietnâm est l’un des principaux bénéficiaires de l’aide publique au développement. Pour la période 1993-2000, les annonces des donneurs ont atteint 17,5 milliards $. Les engagements annuels sont passés d’une moyenne de 2 milliards $ en 1993/1995 à 2,25 en 1999/2000 et les déboursements ont plus que doublé, passant de 625 millions $ à 1,5 milliard $ au cours de la même période (soit plus de 5% du PIB en 2000).

Soixante-dix pour cent de la population active Vietnâmienne travaillent encore dans le secteur agricole, qui assure environ 25% et 30% des exportations totales. Les terres cultivées sont rares (0,1 ha seulement par habitant – l’un des taux les plus bas au monde). Malgré la réduction progressive de sa part dans le PIB total, la production agricole a enregistré une forte croissance, atteignant en moyenne 4,4% en 1995-1999. La superficie totale consacrée aux cultures vivrières s’est accrue de 2 à 3% par an, grâce à la progression de l’irrigation et des taux d’exploitation ; par ailleurs, le rendement de la plupart des cultures annuelles n’a cessé de s’améliorer. Cependant, la croissance du sous-secteur des cultures vivrières est en train de ralentir. Malgré la forte augmentation des superficies cultivées et de la valeur des cultures pluriannuelles telles que le caféier, l’hévéa et l’anacardier, la production de la plupart des cultures industrielles a stagné jusqu’en 1994. La croissance de ce sous-secteur est également en perte de vitesse du fait de l’accroissement spectaculaire de l’offre, conjugué à la chute des prix à l’exportation. De nombreuses plantations industrielles nouvelles sont situées sur les hautes terres, ce qui provoque parfois des conflits au sujet des droits fonciers entre les communautés locales et les milieux intéressés extérieurs.

Jusqu’à une date récente, le sous-secteur de l’élevage a été relativement laissé de côté. Une nette augmentation du nombre de têtes de bétail a cependant été enregistrée pour le bovins (15% entre 1994 et 1998), les porcins (17%), les caprins et les ovins (20%) et les volailles (21%), en raison essentiellement de l’accroissement de la demande de viande de la population urbaine, qui s’accroît et devient plus aisée. La forêt naturelle du Vietnâm est estimée officiellement à 9,1 millions d’ha, mais moins de 2,2% peut être considérée comme de la forêt primaire. Le couvert forestier du pays est tombé d’environ 44% de la superficie terrestre totale en 1943 à tout juste 20% aujourd’hui, ce recul se poursuivant à un taux estimé à 1,6% par an en raison de l’exploitation forestière, de la demande de bois de feu et du défrichement à des fins agricoles. Le gouvernement, pour qui le déboisement ininterrompu est " la plus grave menace depuis la réunification ", a lancé récemment plusieurs grands programmes de reboisement dans tout le pays.

B – Stratégie de collaboration du FIDA avec le Vietnâm

Politiques nationales de lutte contre la pauvreté. Plusieurs programmes de lutte contre la pauvreté sont en cours d’exécution dans le cadre du programme de lutte contre la faim et de réduction de la pauvreté, qui a été lancé en 1992/1993 et a été récemment prolongé jusqu’en 2005. Au titre de ce programme, diverses initiatives ont été engagées dans les domaines suivants : sédentarisation, réinstallation et création de zones économiques nouvelles ; développement de l’infrastructure dans les communes pauvres ; promotion de l’agriculture et de la production hors exploitation ; amélioration des services de vulgarisation concernant l’agriculture, les forêts et les pêches; créations de revenus; reboisement; épargne et crédit pour les pauvres; assistance particulière aux minorités ethniques ; enfin, amélioration des services d’éducation et de santé destinés aux pauvres. Pour mettre en oeuvre ces initiatives, une vaste gamme de politiques et de programmes sectoriels ont été élaborées, les plus importants étant notamment : le programme (1999-2005) d’ appui aux communes les plus pauvres, les plus reculées et les plus montagneuses, et le programme 661, connu également sous le nom du programme de reboisement de cinq millions d’hectares. Parmi les autres initiatives du programme de lutte contre la faim et de réduction de la pauvreté figurent l’octroi de crédit subventionné et la fourniture d’intrants agricoles, et , plus récemment, l’exonération des droits de scolarité et la prise en charge des dépenses de santé.

Stratégie du FIDA au Vietnâm. Selon l’exposé des options et stratégies d’intervention par pays (COSOP) du FIDA pour le Vietnâm, approuvé en décembre 1996, trois régions doivent bénéficier en priorité de l’appui du Fonds : les hauts plateaux du centre, les régions côtières du nord et du centre-nord. Le COSOP a également mis en évidence une série de priorités sectorielles/sous-sectorielles ainsi qu’un groupe cible comprenant les minorités ethniques, les ménages dirigés par une femme et les agriculteurs pauvres qui vivent dans des zones reculées et sont tributaires pour leur survie d’une base de ressources naturelles fragile et insuffisante. Les priorités concernent :i) la diversification des produits agricoles ; ii) l’appui aux activités rémunératrices hors exploitation (transformation des produits alimentaires, petit commerce et artisanat, moyennant la prestation de services financiers) ; iii) la régénération des ressources naturelles, avec notamment la gestion des sols et de l’eau ; enfin, iv) la remise en état des infrastructures rurales.

II – LE PROJET DE QUANG BINH

A. Cadre général

La province de Quang Binh, d’une superficie d’environ 8 000km2, compte à peu près 800 000 habitants. Son climat est marqué par les moussons tropicales. C’est l’une des plus pauvres du Vietnâm du point de vue de la consommation alimentaire et des dépenses de consommation par habitant. Située juste au nord du 17e parallèle – qui marquait autrefois la frontière entre le Nord et le Sud Vietnâm – Quang Binh a subi des dommages de guerres considérables. La reconstruction de la capitale , Dong Hoi, a commencé en 1983. Cette grande pauvreté a conduit les autorités Vietnamiennes à proposer au FIDA dès 1995 d’intervenir dan cette province.

Environ 60 000 ménages, soit quelque 40% de l’ensemble de la population de la province, seront théoriquement concernés par ce projet. La plupart d’entre eux vivent dans les zones de collines et de montagnes. Ce sont les institutions villageoises et les associations locales qui choisiront les ménages pauvres et vulnérables ; le financement est plafonné pour garantir ce ciblage. Les infrastructures matérielles seront surtout implantées dans les districts les plus pauvres.

L’objectif premier est d’augmenter les revenus et la sécurité alimentaire des ménages bénéficiaires. La réduction du déficit alimentaire de la province, la protection de l’environnement contre le déplacement des dunes et l’amélioration de la capacité des services techniques de planifier, concevoir et mettre en oeuvre des programmes et projets de développement sont des objectifs associés, mais secondaires.

La formulation du projet a été préparée par le centre d’investissement de la FAO. Une étude socio-économique préalable a été confiée à un Professeur d’université Vietnamien réputé (il est devenu recteur par la suite). Cette étude a donné lieu à une réunion avec l’ensemble des administrations locales concernées qui l’ ont commentée, ont établi des priorités d’intervention et de premières propositions. Le directeur de projet a été repéré à cette occasion. Sur cette base, une série d’études et de propositions a été réalisée, puis transmise aux autorités provinciales pour réaction. Les bénéficiaires ont également été consultés. Ensuite la définition plus précise a été confiée à des équipes de consultants avec des allers retours tant vers les autorités locales que les bénéficiaires et les services du FIDA. Une ultime mission à permis de conclure les discussions avec l’ensemble des intervenants locaux avant la négociation à Rome des conditions du prêt, puis le passage en conseil d’administration.

En accordant de petits prêts pour l’élevage, l’aquaculture, la production agricole et d’autres activités rurales rémunératrices et en remettant en état les réseaux d’irrigation, le projet augmente la production animale et halieutique ainsi que la production agricole, ce qui accroît les recettes des agriculteurs pauvres. La fixation des dunes réduit le risque d’ensablement des rizières et autres biens de la zone côtière. Les réseaux d’irrigation sont essentiellement situés dans les districts les plus pauvres de l’intérieur. La composante routes permet de relier les communautés isolées et les zones de production au réseau routier existant.

Pour s’assurer que le projet bénéficie bien aux plus pauvres, le FIDA avait mis au préalable une contrainte: chaque sous-projet devrait être de petite taille. C’est d’ailleurs pour cette raison que la composante élevage de crevettes – qui est une activité relativement capitalistique – a été très limitée afin de répartir les fonds au profit d’un plus grand nombre de personnes

B. Décomposition du projet

Les composantes du projet sont au nombre de six : i) création ou extension, ou/et remise en état des réseaux d’irrigation, ii) développement agricole, iii) développement de l’aquaculture, iv) fixation des dunes, v) réfection des routes rurales et vi) appui institutionnel. Les quatre premières encouragent directement la production, tandis que la construction routière désenclave certaines régions montagneuses et sablonneuses et y améliore la commercialisation. La composante appui institutionnel finance l’Unité de coordination du projet (UCP) et fournit également les apports nécessaires (services spécialisés, formation et matériel) pour renforcer les diverses institutions compétentes responsables des activités d’exécution du projet en appliquant une approche participative

1 - La remise en état des réseaux d’irrigation a permis l’extension ou la remise en état de réseaux d’irrigation dans six districts sur un périmètre total de quelque 1 800 ha. Par ailleurs, des fonds seront également prévus pour, environ 400 ha de réseaux supplémentaires. Le périmètre total visé atteint donc quelque 2 200 ha. Image de la complexité et de la proximité de l’action du FIDA, ce sont en fait 17 projets qui ont été financés dans ce cadre. Certains sont relativement importants comme le barrage de Ham Ninh qui dessert 331 ha. D’autres sont petits comme celui de Khe Su qui couvre 55ha. Les travaux portent sur la réparation des réservoirs, des barrages de dérivation et des canaux, ainsi que la construction de nouveaux réservoirs et stations de pompage. L’importance des travaux de réparation et d’amélioration a permis de limiter le coût d’investissements et de mettre l’accent sur l’assistance technique et le soutien aux associations gestionnaires de l’eau. (La contribution du Programme alimentaire mondial (PAM), sous forme de vivres-contre-travail, a servi à payer la plupart des manœuvres participant à la construction). Cependant, ce sont les agriculteurs qui sont responsables de la construction de tous les ouvrages dans les exploitations. La préparation des plans détaillés et la supervision technique de la construction des travaux soumis à adjudication ainsi que la supervision technique et l’aide aux associations de paysans et aux agriculteurs individuels sont organisées par l’unité d’irrigation du Service des ressources hydriques.

Du point de vue de la méthode, les opérations collectives ont reposé sur la mise place de structures autogestionnaires (« self managed board (SMB) »). Elles sont constituées de représentants des utilisateurs/bénéficiaires du sous-projet. Dés le début, elles participent à la définition du projet précis, à l’évaluation du besoin de financement, puis contribuent à sa réalisation. Dans un deuxième temps, le fonctionnement du projet et son contrôle sont assurés par le SMB. Cette structure est constituée au niveau du village, et, au besoin, du hameau ; c’est notamment le cas des projets d’irrigation dans les collines. L’aspect participatif et décentralisé du FIDA trouve ici sa traduction la plus concrète. Des institutions plus importantes, comme la Banque Mondiale ou la Banque Asiatique de Développement, même lorsqu’elles s’inspirent de cette démarche, vont, au plus , jusqu’à la commune.

Le projet finance : a) la formation et les voyages d’étude concernant la gestion de l’eau, la création de groupements d’irrigants et les techniques participatives dont se serve les bénéficiaires pour mettre au point des règlements en matière de fonctionnement et d’entretien ; b) les véhicules et l’équipement, le matériel informatique, les essais simples sur le terrain et le matériel de bureau ; c) les contrats locaux relatifs aux plans et aux études ; d) l’appui à une ONG ou à une autre institution désignée localement pour aider à former des groupements d’irrigants efficaces.

L’accent a été mis sur les zones collinaires plus pauvres et moins évoluées. Au contraire, dans la plaine, l’irrigation est déjà développée et la population y est plus riche.

2 - Développement agricole. Le projet fournit des fonds pour apporter des améliorations à la production porcine, bovine et caprine, notamment : a) appui aux services de vulgarisation et aux centres vétérinaires de la province, du district et des communes (fourniture de réfrigérateurs pour les médicaments à usage vétérinaire et le stockage des échantillons, de boîtes de isothermes pour le transport local des médicaments et des échantillons, de petites trousses médicales et de vêtements de protection) ; b) remise en état et prise en charge d’une station zootechnique et de centres d’insémination pour les porcins et les bovins à Phuong Ha, avec notamment la réfection des bâtiments abritant les animaux et des laboratoires pour la semence, le renouvellement du cheptel reproducteur, la fourniture de semences et de matériel et la participation limitée aux frais d’exploitation ; c) octroi de crédit pour des activités spécifiques comme la reproduction et l’engraissement des porcins, la production caprine et bovine (notamment buffles) (pour laquelle les agriculteurs reçoivent un appui technique dispensé par des vulgarisateurs formés par le projet), et ouverture d’une ligne de crédit pour d’autres activités agricoles non spécifiées ; d) appui à un programme d’essais et de démonstrations coordonnés avec le programme de remise en état des réseaux d’irrigation afin d’assurer que les technologies et intrants nouveaux prometteurs sont adoptés immédiatement, dès que les réseaux seront remis en état ; e) une aide technique assurée par une université nationale afin de préparer du matériel de formation concernant l’élevage et la production agricole à l’intention du personnel provincial et de district, de concevoir les cours et de former les futurs formateurs en leur dispensant les premiers cours. Une fois formé, le personnel de province et de district doit transmettre ses nouvelles compétences au personnel de la commune et former directement des agriculteurs. De plus, les services de vulgarisation étoffés continuent à visiter régulièrement les paysans et/à leur dispenser des conseils techniques.

Outre la riziculture, l’accent a été mis sur l’élevage, car c’est une activité à fort potentiel. La demande croît, conséquence de l’enrichissement général et du développement du tourisme. En outre, c’est une activité à forte intensité en travail et qui peut grandir par étapes.

3 - Le développement de l’aquaculture passe par l’élevage de carpes de roseau en eau douce et de crevettes/crabes dans des étangs d’eau saumâtre. Le projet finance :

L’élevage de poissons dans des cages flottantes. Les écloseries de Dai Phuong (district de Bo Trach) et dong Phu (district de Dong Hoi) sont modernisées et développées. Pendant les deux années suivant leur remise en état leurs besoins financiers ont été couverts afin de faire face au changement de taille. Des crédits supplémentaires pour la construction et l’exploitation de quelque 6000 cages à poissons, y compris le remplacement d’environ 1000 cages et la mise en place de cages de démonstration sous la direction des agriculteurs participants ; une assistance technique, une formation et une vulgarisation destinées aux agriculteurs et au personnel.

L’élevage de crevette en eau saumâtre est modernisé pour améliorer et développer l’élevage moyennant les mesures suivantes : créer des étangs de démonstration, en utilisant les étangs remis en état des agriculteurs participants ; moderniser deux écloseries de crevettes du secteur public situées à Ron (district de Bo Trach) et Nhat Le (Dong Hoi), ayant une capacité estimée à 10 millions d’unité par an ; financer les frais d’exploitation additionnels pour ces deux écloseries pendant les deux années suivant leur remise en état (par la suite, comme pour les écloseries de poissons, l’accroissement des recettes permettra de couvrir les frais d’exploitation) ; améliorer un étang d’alevinage situé à Phu Hai (ville de Dong Hoi) en vue de produire quelque 5 à 6 millions de poissons au stade juvénile ; fournir une assistance technique, une formation et du crédit pour aider des petits entrepreneurs privés à créer cinq petites fabriques d’aliments pour animaux (d’une capacité de 0,5-1,0t/jour) afin de produire des aliments pour les crevettes sans danger pour l’environnement; renforcer la capacité du centre de vulgarisation en matière d’ aquaculture moyennant une formation, du matériel et une assistance technique ; évaluer l’impact sur l’environnement de l’élevage amélioré à grande échelle des crevettes et octroyer le crédit nécessaire pour financer des activités au niveau des exploitations.

4 - Le projet de fixation des dunes a permis de planter quelque 4000 ha sur des sables mouvants afin de protéger les zones les plus vulnérables et de mettre sur pied un système de production durable. Le projet a appuyé les activités suivantes : cartographie détaillée des zones sablonneuses sélectionnées pour l’attribution, le suivi et l’évaluation des terres création de comités villageois d’aménagement afin d’organiser l’attribution des terres, en vue des plantations individuelles consécutives ; sélection des vulgarisateurs et des agents forestiers pilotes ; formation, appuyée par une aide technique locale, mettant essentiellement l’accent sur les approches et les techniques participatives en matière de fixation des dunes et dispensée aux agents de vulgarisation forestière et aux membres des comités villageois d’aménagement ; périmètres d’essai comportant des essences et des associations d’essences différentes, divers espacements des plants et des essais d’engrais pour observation plantés sur quelque 20ha ; appui et organisation concernant la plantation par des agriculteurs privés de 4000 ha de terres sablonneuses dénudées dans les trois districts du sud. Cette dernière activité à couvert toutes les opérations, allant de la production diversifiée des semis dans les pépinières à la fumure de fond et d’appoint, ainsi que toutes les activités forestières, des pépinières à la plantation et aux travaux d’entretien.

Le gouvernement sera chargé de fournir les semences et les plants. Toutefois, à la demande du FIDA, l’élevage des plants a été transféré aux locaux afin de les faire participer davantage à l’opération, de leur donner un revenu et de les intéresser à l’entretien. . Les difficultés naturelles - en particulier l’abondance des pluies - rendent parfois ces routes fragiles (ravinement, coupure pendant la saison de pluies) des ponts ont dû être construits pour franchir les ruisseaux et rivières cf. compte-rendu Tuyen Hoa

5 - Réfection des routes rurales. Le projet a financé la remise en état d’environ 200km de routes, la construction de 20km de routes supplémentaires dans des zones reculées Dans les coûts de construction sont inclus les contrats passés avec des entreprises privés ou publiques ainsi que la main-d’œuvre fournie par des particuliers et des paysans. Aucune des routes visées par le projet n’est nouvelle, elles suivent toutes un tracé existant, avec le passage aux gués, souvent un simple chemin. Il ne s’agit pas de routes goudronnées, trop coûteuses à construire. Sont également incluses dans cette composante la conception et la construction de trois bacs de même que la construction d’une dizaine de marchés ruraux.

Le projet a aussi aidé le Ministère des transports le service chargé des routes rurales en formant le personnel aux problèmes techniques et gestionnaires particuliers qui se poseront durant l’exécution ; les véhicules et le matériel, les installations informatiques, des essais simples sur le terrain, le matériel de bureau, les services de consultants spécialisés dans le domaine routier ainsi qu’un contrat relatif à la conception des bacs.

La Banque agricole et rurale du Vietnâm (BAV) a ouvert une ligne de crédit pour du petit matériel, ce qui permettra d’octroyer des prêts à moyen terme à des particuliers, des communautés ou de petits entrepreneurs pour leur permettre d’acheter : a) de petits motoculteurs dotés de remorques ; et b) de petits concasseurs de pierres mobiles. Le remboursement du crédit devra être en partie assuré par le volume de travail que la construction de routes rurales pourra créer (en particulier dans les régions montagneuses et reculées).

6 - Appui institutionnel. Dans le cadre de cette composante, le projet a financé: a) la création de l’unité de coordination (UCP), qui est chargée de coordonner les activités prévues dans les différentes composantes, notamment fourniture de véhicules et de matériel de bureau, assistance technique locale et internationale, dépenses de fonctionnement, traitements et salaires, indemnités d’affectation sur le terrain et de déplacement ; b) la mise en place de moyens locaux et la formation en matière de suivi et d’évaluation (S&E), de planification participative et de constitution de groupes (cette formation s’adresse surtout aux personnes directement associées à la mise en oeuvre des activités du projet au niveau des districts, des communes et des villages ainsi qu’au personnel de terrain des organisations paysannes, à savoir l’Association des agriculteurs et l’Union des femmes Vietnâmiennes (UFV) – deux organisations auxquelles un appui logistique a été fourni ; c) le renforcement du Ministère des sciences, des techniques et de l’environnement pour lui permettre d’améliorer la surveillance de l’impact sur l’environnement, ainsi que la fourniture de matériel d’analyse simple et de motocyclettes et la formation du personnel.

C. Aspects financiers

Les coûts de base du projet sur cinq ans ont été évalués à 184 650 millions de VND. Compte tenu des provisions pour aléas d’exécution et aléas financiers, les coûts totaux du projet étaient évalués à environ 220 597 millions de VND.

La principale catégorie de dépenses, qui concerne les travaux de génie civil relatifs à l’infrastructure économique, représente 36% des coûts de base totaux. Cela comprend essentiellement les contrats passés avec des entreprises pour du matériel de construction ainsi que la main-d’œuvre paysanne, (cofinancée par le PAM), les bénéficiaires et, dans une moindre mesure, le FIDA. Le crédit additionnel pour la rétrocession de prêts à des particuliers et à des groupes d’agriculteurs et de femmes s’élève à 4,26 millions de USD, soit environ 25% des coûts de base. L’assistance technique (tant locale qu’internationale) et la formation représentent à peu près 8% des coûts de base. Les dépenses récentes concernent les transports, le matériel de bureau et de laboratoire ainsi que les coûts de fonctionnement.

PRINCIPALES DONNEES FINANCIERES

1. Résumé des coûts du projet
( 000 USD)

Composante
Monnaie locale
Devises
Total
% en devises
% des
coûts de base
Remise en état des réseaux d’irrigation
3 418
295
3 713
8
22
Développement agricole
4 470
231
4 701
5
28
Développement de l’aquaculture
1 182
32
1 214
3
7
Fixation des dunes
2 058
104
2 163
5
13
Réfection des routes rurales
3 599
346
3 945
9
23
Appui institutionnel
776
280
1 056
27
6
Coût de base
15 504
1 289
16 792
8
100
Provision pour aléas d’exécution
396
45
441
10
3
Provision pour aléas financiers
585
47
632
7
4
Coût total
16 485
1 381
17 866
8
106

2. Financement du projet
Coût total du projet 17,8 millions de USD
Montant du prêt du FIDA  10,05 millions de DTS
(équivalant approximativement à 14,4 millions de USD)
Conditions du prêt du FIDA 40 ans, y compris un différé d’amortissement de dix ans, avec une commission de service de trois quarts de points oint (0,75%) l’an
Montant des cofinancements PAM – 700 000 USD
PNUD – 800 000 USD
Conditions du cofinancement Dons
Contribution de l’Emprunteur 1,9 million de USD

Financement. Le projet a été financé par un prêt de 14,4 millions de USD accordé par le FIDA à des conditions particulièrement favorables, (par un don de 700 000 USD du PAM12 pour certaines activités vivres-contre-travail de forestation, d’irrigation et de construction de routes villageoises), par un don de 800 000 USD du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) pour l’assistance technique et la formation, et enfin par des contributions du gouvernement et des bénéficiaires du projet. Répartie sur cinq ans, la contribution du gouvernement, d’un montant total de 1,9 million de USD, se montera en moyenne chaque année à 3,2 milliards de VND (291 000 USD), ce qui ne représente que 5% des recettes budgétaires de la province pour 1995 (65,9 milliards de VND, soit 6 millions de USD). Le plan de financement du projet est présenté au Tableau 2.

La main-d’oeuvre fournie par les paysans pour la fixation des dunes, les travaux d’irrigation et la construction de routes rurales aurait dû être financée pendant trois ans par le PAM a fourni des rations de riz quotidiennes, pour une valeur d’environ 10 000 VND par jour pour la plantation et l’entretien d’un hectare de filaos. Le FIDA a pris le relai par la suite. La main-d’œuvre qualifiée est incluse dans les coûts de l’entrepreneur, étant entendu que, toutes choses égales par ailleurs, la priorité est donnée au recrutement de la main-d’œuvre qualifiée disponible dans les communes participantes13. Les agriculteurs seront eux-mêmes entièrement responsables de tous les travaux de construction sur les exploitations.

D. Divers

Exécution

L’exécution du projet, commencée en janvier 1997, s’achèvera à la fin de cette année. Sur le plan matériel, elle est assurée par les services techniques au niveau provincial, notamment le CPI y compris le service du développement agricole et rural, le Service des transports, le Service des forêts ainsi que la succursale de la BAV dans la province.

Les efforts de formation sont considérables. Chaque composante du projet bénéficie de programmes de formation, qui peuvent être nombreux. Par exemple, pour un projet d’irrigation le PNUD finance différentes sessions de formation pour chaque étape : mode de gestion du projet, utilisation de l’eau, sélection des variétés de riz, financement des opérations, etc. En outre, l’équipe de volontaires qui va gérer le fonctionnement du système d’irrigation après son achèvement dispose également de formation spécifique sur l’organisation du suivi, la comptabilité, etc.

Organisation générale. Au niveau national, le projet est exécuté sous l’autorité du comité national d’orientation, présidé par le Ministre de l’agriculture et du développement rural et comprenant le Ministre des Finances, le Ministre du Plan et de l’Equipement et la BAV. Au niveau provincial, la responsabilité de la gestion incombe essentiellement au Comité Populaire de la province. Un conseil provincial de coordination du projet est d’une façon général responsable de l’exécution ainsi que de la coordination avec d’autres programmes et projets en cours.

C’est à l’UCP, qu’incombe le suivi et la coordination courants à l’exécution. L’unité est chargée de coordonner toutes les activités, de suivre les résultats et d’établir le programme de travail et le budget annuel au niveau provincial. Elle est également responsable des comptes du projet et doit préparer et présenter les rapports périodiques demandés par les organismes extérieurs d’aide au développement. Dans un projet aux composantes aussi nombreuses et la coordination entre l’ensemble des intervenants (administrations techniques, formateurs) est particulièrement importante. La première année a d’ailleurs été quasi exclusivement consacrée à la formation et aux besoins de formation aussi intenses (cf. projet d’irrigation à Khe Su). L’équipe chargée de l’animation et de la coordination est forte de 22 personnes. Le PNUD a recruté dès le début un comptable, un gestionnaire et un interprète qui ont bénéficié d’une formation et sont beaucoup mieux rémunérés que le reste de l’équipe. Elle est dirigée par deux responsables des service provinciaux du Ministère du plan et d’investissement, le Dr. Hoang Hung, qui l’y consacre à temps partiel, et le Dr. Ly Hong. S’y ajoutent quinze techniciens (agronome, ingénieur, ....) et deux interprètes payés à temps plein par le Gouvernement. Pour chaque tranche du projet, des consultants ont été recrutés pour définir le projet. Le PNUD s’est chargé d’acheter l’équipement nécessaire (véhicules, informatique etc....) et de le mettre à disposition.

Les différentes composantes et activités du projet sont exécutées par les services techniques compétents, chaque service étant dirigé par un responsable d’activité qui, du fait qu’il aura participé activement à la conception du projet, est familiarisé avec son approche générale et ses aspects techniques.

Des conseils de districts pour la coordination du projet comprenne le président du Comité populaire de district ainsi que les chefs des services techniques compétents, en fonction des activités à mener dans chaque district. Le Conseil, au niveau du district, assure la coordination, fait la liaison avec le comité populaire et coordonne le suivi des activités du projet.

Union des femmes Vietnâmiennes (UFV) et Association des agriculteurs. Ces deux organisations, identifient, sélectionnent, organisent et forment les bénéficiaires ainsi qu’aident les responsables du projet à recevoir des bénéficiaires une bonne rétro-information. Ces organisations étant bien implantées dans les communautés locales, elles font la liaison entre les organismes techniques, les institutions de crédit et les bénéficiaires locaux. Leurs membres ont été formés aux méthodes participatives et à divers sujets techniques. l’UFV a été chargé de constituer des groupes de crédit et d’épargne et les aider.

Bénéficiaires du projet

Bénéficiaires directs. Les activités ont été étalées sur les cinq années du projet de manière à permettre la mise en oeuvre dans des délais réalistes des travaux d’infrastructure et des mesures d’accompagnement, notamment formation du personnel et mobilisation des bénéficiaires.

Au total, plus de 50% des familles pauvres qui constituent le groupe cible devraient avoir bénéficié directement du projet grâce au crédit octroyé pour l’amélioration de l’élevage et de l’aquaculture, le développement de l’irrigation et la fixation des dunes.

Le projet a une deuxième catégorie de bénéficiaires directs, à savoir les ménages participant aux activités (vivres-contre-travail financées par le PAM). Environ 4 000 ménages ont participé aux travaux de fixation des dunes et 9 000 au développement de petits périmètres irrigués, tandis que 14 000 ont fourni de la main-d’œuvre pour la construction de routes. Au total, plus de 20 000 ménages ont donc reçu une aide alimentaire. Les rations alimentaires représentent un apport important pour les ménages participant aux travaux de fixation des dunes et au développement des périmètres irrigués ; en revanche, les retombées de la construction de routes (sur le plan alimentaire) sont réparties sur un plus grand nombre de ménages, étant donné que, dans un ménage moyen, il y a relativement peu de main-d’œuvre pour cette activité. (Si l’on inclut les personnes participant aux activités du PAM, le nombre total de ménages bénéficiaires aura été d’environ 65 000).

Bénéficiaires indirects. Il s’agit ici avant tout des gens qui bénéficient de la fixation des dunes, mesure qui atténuera le risque d’ensablement des rizières. On a calculé que la plantation d’un hectare de filaos sur des dunes qui se déplacent vite protége chaque année entre 0,20 et 0,25 ha de rizières une fois les arbres bien enracinés (c’est-à-dire quatre ans après leur plantation). Les rendements devraient en principe se stabiliser au niveau actuel, c’est-à-dire entre 250 et 300ha de paddy par an. On estime à 8 200 le nombre des ménages qui ont bénéficié indirectement de la construction de routes. Le personnel des services techniques associés au projet ont gagné en qualification grâce à la formation dispensée et à l’accès à un équipement de meilleure qualité .

Avantages sur le plan social. Parallèlement à l’amélioration du niveau de vie qu’entraînent le développement de la production agricole et l’aide alimentaire, le projet offre des avantages à la population de la province sur le plan social : a) la construction de routes rurales permet de désenclaver des villages isolés, dont les habitants ont ainsi plus facilement accès aux services de santé, d’éducation et d’information (on estime que plus de 112 000 personnes vivant dans quelque 22 000 ménages ont bénéficiédirectement ou indirectement de la construction des routes ; b) la fixation des dunes protége non seulement des infrastructures et de bien tels que champ et routes mais aussi des habitations et des écoles actuellement menacées par le déplacement des dunes ; c) la construction de marchés communaux, améliore la circulation des produits en milieu rural. D) la construction de 12 écoles a permis de développer l’enseignement en milieu rural.

Impact sur les femmes. D’une façon générale, le projet devrait avoir un impact tout à fait bénéfique sur les femmes, spécialement grâce aux interventions suivantes : a) Crédit. Les activités d’organisation et d’appui au programme de fourniture de crédit ont pour but principal de créer de solides groupes d’épargne et de crédit, en collaboration avec l’UFV, compte tenu des succès déjà remportés dans la création de ce genre de groupes. Des femmes ont été familiarisées avec les aspects techniques des entreprises, avec la gestion financière de base du ménage et de l’entreprise ainsi qu’avec certaines aspects pratiques de la commercialisation. Il est vraisemblable que la principale activité pour laquelle les groupes féminins de crédit empruntent des fonds sur l’élevage de petit bétail ainsi que d’autres petites entreprises financièrement intéressantes choisies lors de l’exécution du projet ; b) construction de marchés ruraux. La plupart des petits commerces de détail étant aujourd’hui entre les main des femmes, la construction de six marchés ruraux devrait également offrir la possibilité de créer de petites entreprises rurales de commercialisation dont bénéficieront surtout des commerçantes.

Impact sur l’environnement. Les activités du projet ne devraient pas avoir d’impact négatif. Lors de la conception du projet, une évaluation détaillée de l’impact sur l’environnement a été faite. Comme le but premier du projet est de conserver les ressources naturelles et préserver l’environnement, le projet surveille l’impact sur l’environnement, surveillance dont est chargé le ministère des sciences, des techniques et de l’environnement. Au titre de la composante appui institutionnel, il est prévu d’allouer des fonds spéciaux pour assurer une formation ainsi que de fournir une assistance technique et du petit matériel afin de renforcer les moyens dont dispose le service du ministère chargé de l’environnement.

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Entretien avec Mme Thong, Directrice chargée du développement rural au MPI et M. Nguyen, Responsable des relations économiques internationales ainsi qu'avec le Représentant du PNUD, M. J. Ryan, et son adjoint M. Dewulf.

Madame Thong porte un jugement extrêmement positif sur l'action du FIDA au Vietnam. Spécialiste des interventions dans le secteur rural, le FIDA a été le premier à montrer des projets concrets de lutte contre la pauvreté. Les projets sont bien ciblés, ce qui facilite leur mise en oeuvre. Pour que son action soit totalement efficace, il faut que ces projets soient dupliqués dans d'autres régions.

Les interventions du FIDA sont très décentralisées. Elles sont fondées sur la consultation et l'association des bénéficiaires. Leur mise en œuvre est confiée à l'administration locale. Or c'est elle qui est effectivement responsable du développement rural ; elle pourra donc utiliser cette expérience pour l'ensemble de la province ; de surcroît, les responsables d'un projet sont également appelés à conseiller ceux des projets suivants dans les autres régions, disséminent ainsi l'expérience dans le pays.

Du point de vue des bénéficiaires, leur association dès la conception du projet, puis durant sa mise en oeuvre et les efforts de formation à l'auto-organisation (cf. constitution de SMB) leur permettent d'apprendre à gérer leur propre projet et à prendre en charge son fonctionnement pour qu'il se prolonge après le départ des experts.

De façon générale, le représentant du PNUD estime que le FIDA a contribué au mouvement de décentralisation du Vietnam en associant les services locaux à la préparation des projets et en insistant pour leur en confier la responsabilité. Il est à noter que l'ancien Président du CPP, rencontré de façon informelle chez le Docteur Hung, a fait la même remarque : le FIDA a contribué à faciliter le passage d'une approche totalement centralisée de la gestion de l'aide par le MPI à une méthode décentralisée (pour ce qui est de l'administration) et participative (pour les bénéficiaires). Au-delà de la préparation et de la gestion des projets, l'administration locale devient plus imaginative et plus dynamique, ce que M. Ryan attribue en partie à l'action du FIDA.

Interrogé sur les éventuelles faiblesses de l'action du FIDA, le Représentant du PNUD estime que le contrôle et l'évaluation des projets lui semblent devoir être renforcés de même que la coordination avec les donateurs sur place. Ainsi pour le projet de Tuyn Quan au nord, il a fallu que le PNUD envoie un coordinateur pour améliorer la collaboration entre le FIDA et le SIDA.

Un débat sur le micro-crédit a divisé les participants. La partie vietnamienne estime que les taux d'intérêt réclamés dans le cadre des projets de micro-crédit sont trop élevés (supérieurs à 1%/mois, pouvant atteindre 1,2%, voire 1,5%) et que la pratique vietnamienne de subvention est totalement justifiée. Les représentants des services du FIDA et du PNUD ont estimé que la disponibilité et l'utilité du crédit étant essentiels, il fallait couvrir tout ou partie des frais élevés de structure ou/et faciliter l'accumulation d'une épargne pour accompagner la croissance ; selon J. Ryan, les études du PNUD montrent que les "pauvres remboursent", ce qui confirme le réalisme et l'efficacité de ces dispositifs. Madame Thong a proposé de distinguer entre les petites sommes d'urgence accordées pour une courte période et les sommes plus significatives accordées à moyen, voire à long terme, dont la charge de remboursement serait excessive avec des taux élevés.

A une question sur la nécessité de répliquer à grande échelle l'expérience de fixation des dunes (Quang Binh), Mme Thong a indiqué que ses services travaillaient sur les leçons à tirer de l'expérience et sur la préparation d'un second projet. Des contacts ont été pris avec GTZ en ce sens. En outre, la Banque mondiale réfléchit à des méthodes nouvelles ("biodiversité") pour compléter le travail.

L'administrateur du FIDA, à la demande du chargé de portefeuille, a demandé si les qualités du FIDA, reconnues par notre interlocutrice elle-même : lutte contre la pauvreté rurale et capacité à travailler en zone difficile, neutralité14 de l'institution assurée par la composition de son Conseil aussi bien que le professionnalisme de ses équipes, démarche décentralisée (confiant la réalisation à l'administration elle-même) et participative, etc. pourraient conduire l'administration vietnamienne à confier un projet dans la zone de montagnes centrales (province de Giai Lai). Tout en reconnaissant que cette zone connaît des difficultés et a besoin d'aide, Mme Thong a indiqué que des projets sont en cours de préparation avec la BAsD et l'ANIDA et qu'une proposition d'intervention dans le delta du Mekong avait été faite au FIDA ;

M. Prayer-Galletti a précisé qu'à sa connaissance, si des projets étaient en cours de préparation dans le centre, aucun ne concernait la province de Giai Lai. Au demeurant, quand le FIDA a découvert que la BAsD allait intervenir dans la région de Kantoum, il s'est aussitôt retiré de cette zone. Le représentant du PNUD a alors pris la parole pour inviter le MPI à tenir compte de la spécificité des intervenants dans le choix des projets qui leur étaient confiés ; au cas particulier, la flexibilité, la démarche "locale" et la neutralité du FIDA sont des atouts à ne pas négliger, y compris si d'autres sont volontaires.

Au cours de l'entretien avec les seuls représentants du PNUD qui a suivi la première partie de la réunion, M. Ryan a apporté les précisions suivantes. Pour le PNUD, son premier objectif est de soutenir les réformes en apportant de l'assistance économique et administrative. C'est à l'ensemble des institutions, notamment politiques, que le PNUD s'adresse. Ainsi, la dernière opération a consisté à organiser une rencontre entre des parlementaires vietnamiens et des représentants d'une douzaine de Parlements étrangers ; des sénateurs français y ont participé. Par ailleurs, le service économique du PNUD observe l'ensemble du système économique et financier et essaie de repérer les faiblesses pour conduire ou suggérer des actions de modernisation ou/et de consolidation.

Revenant sur l'action du FIDA, le Représentant du PNUD a insisté sur les qualités : flexibilité, rapidité, innovation, proximité "participativité", …. Le programme de Tuyen Quang , qu'il a vu démarrer lors de son premier séjour au Vietnam (1993-96), lui paraît être un modèle. Au cours d'une récente visite sur place, il a pu constater combien les mentalités avaient changé dans cette province et l'efficacité de la démarche décentralisée et participative. On peut voir "la fierté et la confiance des responsables et bénéficiaires lorsqu'ils parlent du Conseil de développement du village, de l'Association des utilisateurs d'eau et des groupes de crédit et d'épargne"15, de même que la participation des femmes aux nouvelles activités du village.

Toutefois, le FIDA se trouve aujourd'hui concurrencé par l'ensemble des intervenants qui, impressionnés par le succès de l'expérience16, mais aussi du fait de changements d'orientation pour certains (en particulier la BAsD et la BM), veulent faire la même chose. Ils se précipitent en province et reprennent le schéma du FIDA. Il faudrait tirer les leçons de cette expérience tous ensemble avec les autorités vietnamiennes pour ne pas perdre le bénéfice de ce travail. Un séminaire tripartite pourrait être l'occasion de le faire, l'objectif étant de lui donner ensuite une bonne publicité. Ce