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La présente note se rapporte au FCR1: Pertinence pour le pays, engagement et partenariat
Version du 2007

Questions de fond

La conception de projet peut nécessiter un dialogue afin d’aborder les questions de politique générale et les contraintes juridiques ou réglementaires qui, faute de solution, risqueraient de limiter les bénéfices potentiels du projet pour les ruraux pauvres ou de mettre en péril la reproductibilité des approches d’investissement. À travers un seul projet, souvent localisé, le FIDA ne peut que rarement faire levier pour une évolution majeure des politiques nationales, et l’on devrait travailler au changement uniquement lorsque celui-ci est essentiel au succès du projet. Dans la mesure du possible, il faudrait éviter de conditionner le financement à des ajustements politiques. Toutefois, l’expérience pratique du FIDA en matière de développement agricole favorable aux pauvres est de nature à plaider fermement pour une application révisée des politiques et règlements, autant que nécessaire pour que les bénéfices du projet atteignent les groupes cibles. Le dialogue peut faciliter des changements politiques plus importants si les appels du Fonds sont associés à des pressions similaires de la part d’autres organismes de financement et donateurs.

Qu’on agisse seul ou dans le cadre d’une alliance, le dialogue politique devrait d’abord donner lieu, pour le gouvernement, à une appréciation des contraintes et à l’acceptation de la nécessité d’un changement politique.

Cette prise de conscience peut avoir initialement été exprimée lors des échanges au sujet du Programme d’options stratégiques pour le pays axé sur les résultats (COSOP-AR) du FIDA, puis renforcée durant la mise au point d’un projet spécifique de suivi. Une fois que le dialogue a produit un accord sur des modifications politiques spécifiques, celles-ci doivent être formellement adoptées par les deux parties.

Les propositions de dialogue sur les politiques devraient prévoir une analyse des thèmes à passer en revue, en s’inspirant selon le besoin de consultations partant du niveau communautaire, d’études de diagnostic et d’enquêtes socio-économiques en zone rurale, de l’expérience passée du FIDA, de données nationales de fond, de même que des vues d’administrateurs de haut niveau et d’autres décideurs, législateurs et ministres du gouvernement.

Les mesures opérationnelles et les procédures de mise en œuvre du dialogue convenu peuvent comprendre des mécanismes visant à garantir que toutes les voix, de celles des plus défavorisés à celles des acteurs de premier plan, soient entendues dans le cadre des consultations et des enquêtes; qu’il existe des canaux pour la communication ascendante, descendante et latérale des opinions et la formation de consensus; que des alliances appropriées soient en place avec d’autres organisations de financement ou donateurs afin d’ encourager des changements politiques similaires; que les retombées attendues de cette évolution soient précisées et qu’il n’y ait pas d’équivoque sur qui doit formaliser l’accord ou le signer; qu’il y ait un ordre du jour commun élaboré, ainsi qu’un calendrier et des jalons pour l’élaboration et la finalisation des changements politiques, le tout s’appuyant sur des indicateurs de suivi et des responsabilités convenus; et que les dispositions et le financement prévus pour faciliter les interactions et prendre acte des résultats aient été approuvés et budgétés.

Missions clés de la conception et de l’examen

  • Recenser et justifier clairement les besoins ou les possibilités de dialogue politique.
  • Analyser et clarifier les conditions de politique générale spécifiques à un développement réussi en faveur des pauvres – signaler par exemple l’importance globale des questions de gouvernance pour la réduction de la pauvreté ou la viabilité des activités de projet; veiller à ce que les changements politiques encouragés tiennent dûment compte des difficultés institutionnelles et de gestion rencontrées par le groupe cible.
  • Éviter d’appeler à des changements politiques irréalistes dans le contexte d’un projet d’investissement à l’échelle proposée; si possible, exploiter les stratégies existantes pour minimiser les ajustements de politique générale.
  • Explorer les options à la révision des politiques nationales, en apportant par exemple, à titre expérimental, des modifications provisoires sur une base locale/pilote ou pour des catégories spécifiques de bénéficiaires.
  • Vérifier que les propositions d’exécution sont complètes: s’assurer que les documents de conception ne présentent pas de lacunes quant à la stratégie de mise en œuvre, au processus ou à sa gestion; que les thèmes concernés par le changement et les alliés potentiels pour faire campagne sont clairement indiqués; que l’allocation de ressources humaines aux fins de dialogue est suffisante; que les propositions incluent des éléments crédibles en termes de calendrier de mise en œuvre, de jalons et d’indicateurs de S&E concernant l’impact; et que les responsabilités de conclusion d’accords sur les modifications politiques et d’adoption formelle sont dûment énoncées.
  • Établir des liens clairs entre le dialogue politique et les activités d’investissement au sein du projet. Permettre une communication horizontale entre les groupes locaux, les forums, etc., et une communication verticale entre les dialogues au niveau local, régional et national; incorporer des mécanismes solides pour que les pauvres soient représentés et leurs voix entendues dans chaque forum et à tous les niveaux.
  • Intégrer des activités de dialogue politique dans les dossiers clés et le cadre logique; spécifier des indicateurs d’impact, une stratégie de S&E ou une analyse économique.

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