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La présente note se rapporte au FCR3: Alignement des éléments de conception sur les objectifs stratégiques du FIDA et enseignements tirés; analyse et cadre de résultats
Version du 2007

Questions de fond

Les contextes et les groupes cibles des projets de mise en valeur de l’élevage et des parcours sont particulièrement diversifiés. L’éventail de questions dont il convient de tenir compte lors de la planification des investissements est à l’image de cette diversité.

  •  Stratégies de mise en valeur de l’élevage et des parcours. L’élevage étant le principal consommateur de production primaire dans les régions arides et semi-arides, la dégradation a toujours été imputée à ce secteur. Quoi qu’il en soit, la dégradation des sols et de la couverture végétale consécutive à une pression de pâturage insoutenable est souvent la conséquence d’interactions complexes entre l’évolution du climat; des pratiques, des politiques et des réglementations de la gestion des ressources inappropriées; une mise en application insuffisante de la législation et la domination politique de certains groupes ou individus. Le passage à des solutions de remplacement durables pourrait, dans l’idéal, impliquer qu’un contrôle plus important soit accordé à la population locale ou à ceux de ses membres détenant des droits traditionnels.
  • Rôle de l’élevage dans les stratégies de subsistance. Les ruraux pauvres peuvent faire appel à l’élevage pour améliorer leur régime et leur sécurité alimentaires, se procurer des liquidités pour leurs besoins fondamentaux et leurs investissements, ou épargner en conservant des animaux pour faire face à des cas d’urgence ou comme symbole de richesse. L’élevage peut constituer une activité unique ou faire partie d’un système d’exploitation agricole diversifié. L’élevage et le partage des produits peuvent être régis par des régimes complexes. Les stocks et les produits de l’élevage peuvent être du ressort de membres différents de la famille. L’appui à l’investissement doit être formulé de façon à répondre à la stratégie spécifique du groupe cible et être compatible à la fois avec le potentiel agroécologique prédominant et les coutumes locales.
  • Stratégies techniques de mise en valeur de l’élevage. Selon le type d’élevage et de système de production, les approches techniques de la mise en valeur de l’élevage varient énormément. La diversité des priorités (exemple: améliorer l’approvisionnement en fourrage, accroître la qualité génétique, traiter les maladies et les parasites) peut entraîner des choix difficiles. De même qu’en matière de possibilités techniques, les décisions varieront selon que les approvisionnements en médicaments, en fourrage ou en autres intrants pourront être assurés et que les producteurs auront accès ou non à des marchés pour écouler leur surcroît de production.
  • Problèmes transversaux touchant à l’élevage et aux parcours:
    • l’élevage et la problématique hommes-femmes: le petit élevage, comme celui de la volaille et des lapins, et les produits laitiers du ménage sont habituellement du ressort des femmes et peuvent donc constituer un point de départ pour un développement en faveur des femmes pauvres ou une opportunité pour les jeunes, en particulier dans nombre de zones rurales et urbaines.
    • l’élevage et la chaîne de valeur: l’analyse de la chaîne de valeur est un élément fondamental pour comprendre la dynamique des marchés locaux, les relations internes et les principaux facteurs qui freinent ou favorisent l’élevage.
    • l’élevage et le régime foncier: la garantie du régime foncier peut faciliter l’investissement en valeurs mobilières dans des structures/actifs concernant l’élevage.
    • l’élevage et le pastoralisme: les principaux utilisateurs des parcours sont les pasteurs au sens strict (nomades), les pasteurs semi-nomades et les pasteurs semi-sédentaires ou agropasteurs. Les approches participatives du développement, qui font intervenir l’ensemble des utilisateurs, ont une incidence positive sur la réduction des conflits entre les communautés pastorales et sédentaires, ainsi que sur les activités d’amélioration des sols (investissements dans les infrastructures hydrauliques et d’élevage).
    • l’élevage et l’eau: l’accès à des sources fiables constitue un facteur clé de la mise en valeur de l’élevage dans la mesure où les longs trajets jusqu’aux points d’eau pourront ainsi être réduits, tout comme le surpâturage et l’érosion des sols causée par les animaux autour des points d’eau en nombre insuffisant.
    • l’élevage en situation de sortie de crise: la vulnérabilité des propriétaires de cheptel en situation de crise varie selon que leur mode de vie est pastoral ou qu’ils pratiquent un mode d’exploitation mixte incluant une production agricole. Parmi les activités en cause figurent: i) les initiatives de déstockage prévoyant de déplacer des animaux d’une région vers un autre pays avant qu’ils ne meurent et ii) les initiatives de reconstitution du cheptel nécessaires pour fournir aux éleveurs des animaux de reproduction pour leur permettre, à terme, d’accroître la taille de leur troupeau (perdu ou décimé).

Missions clés de la conception et de l’examen

  • lorsqu’ils élaborent des propositions en vue de développer l’élevage, les planificateurs doivent accorder une grande attention au choix de paramètres techniques plausibles et à la formulation d’hypothèses de mise en œuvre réalistes. Il convient également de tenir compte des aspects sociaux et des contraintes du travail familial, lesquels influeront sur l’adoption et l’adaptation.
  • Les mécanismes de ciblage visant à atteindre les plus défavorisés – en particulier les femmes et les jeunes – doivent, dans la mesure du possible, être étudiés et conçus lors de discussions avec les communautés et le groupe cible.
  • Les interactions dans l’utilisation des ressources à des fins d’agriculture et d’élevage doivent être recensées, analysées et des solutions éventuelles doivent être recherchées. Lorsque c’est possible, les parties prenantes, ou leurs représentants, et les autorités politiques locales doivent participer à la recherche de ces solutions.
  • L’accès aux services vétérinaires doit être renforcé dans la mesure où, dans de nombreux pays en développement, les petits éleveurs ont un accès minimal aux services de santé animale. Il convient donc, pour améliorer la productivité de l’élevage, de prévoir une formation en matière de santé animale et la création de cliniques vétérinaires.
  • L’accès aux services financiers doit être renforcé de façon à permettre aux organisations communautaires et aux individus d’acquérir des machines agricoles, du matériel de transformation des aliments et un cheptel, mais également d’investir dans les infrastructures liées à l’élevage.
  • L’accès aux services de commercialisation pour les éleveurset les produits de l’élevage devra souvent être évalué, tout comme les filières de distribution des intrants et des aliments pour le bétail et des médicaments vétérinaires, et celles d’amélioration des germoplasmes (y compris l’insémination artificielle).
  • L’accès aux services de formation et aux activités dans ce domaine peut être développé dans le cadre de stages pratiques destinés aux éleveurs portant notamment sur certains aspects de la protection des animaux (vaccination), de la zootechnie, de l’élevage, des compétences en matière de premiers soins, de la réglementation vétérinaire et des maladies transmissibles, du contrôle de la viande et des systèmes de commercialisation du bétail.

 

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