La présente note se rapporte au FCR3: Alignement des éléments de conception sur les objectifs stratégiques du FIDA et enseignements tirés; analyse et cadre de résultats
Version du 2007
Questions de fond
L’intervention du FIDA dans le domaine de la finance rurale devrait viser à encourager un meilleur accès à des services financiers diversifiés pour les ruraux pauvres et ce de façon durable. Ces services pourraient englober le crédit, l’épargne, les envois de fonds et, dans certains cas, la microassurance et le crédit-bail. Les aspects fondamentaux suivants pourraient devoir être traités durant la conception et/ou l’exécution:
- Conditions de faisabilité des investissements de financement rural. Les conditions minimales devant être remplies sont notamment les suivantes: une population suffisante, l’absence d’inflation élevée et de politiques financières répressives, un degré minimal de sécurité et de stabilité politiques, la présence de certaines activités économiques et commerciales de base, ainsi que des marchés et une monétisations de l’économie locale – pour plus de détails, voir Instruments de décision de finance locale du FIDA, Partie I, section 5.
- Justification de l’intervention dans le domaine de la finance rurale. La finance rurale devrait constituer un élément essentiel de la démarche visant à atteindre les grands objectifs de développement et un instrument utile, mais pas une composante automatique du projet. En eux-mêmes, les projets de finance rurale représentent une tendance positive qu’il conviendrait d’encourager. Lorsque la finance rurale est une composante parmi d’autres, elle doit représenter une masse critique et un budget suffisant et être clairement justifiée.
- Appui à la formulation et l’exécution. Le manque de familiarité de certains emprunteurs avec l’approche du FIDA en matière de finance rurale pourrait requérir un fort niveau d’appui technique, la formation de nouveaux partenariats avec des acteurs internationaux ou nationaux proches/puissants, des consultations intensives des parties prenantes et une prise en compte attentive des préoccupations touchant à la demande, à l’équité et aux taux d’intérêt..
- Stratégie de finance rurale envisagée. L’appui au projet doit donner lieu à la création d’institutions de finance rurale durables et se traduire par une sensibilisation à la pauvreté et des performances sociales crédibles.
- Sélection des partenaires de finance rurale. Il convient de trouver des partenaires de finance rurale crédibles et, si nécessaire, de leur apporter un appui. La mise en place de nouvelles institutions de finance rurale peut exiger un fort appui technique dans l’exécution du projet, aussi l’utilisation d’ONG non spécialisées devrait être évitée. Pour les institutions de finance rurale existantes, les partenaires choisis doivent disposer d’une stratégie crédible en matière de croissance, de portée des interventions et de durabilité, ainsi que d’une structure de gouvernance viable – d’autant qu’au stade de la planification, l’étude et l’examen des options de gouvernance sont plus importants que la finalisation.
- Suivi des activités des partenaires. Un système simple de suivi fondé sur la performance est essentiel. Rendre compte des échanges d’informations sur la microfinance est une activité qui devrait être activement encouragée (voir Instruments de décision de finance locale du FIDA, Partie II, section 10).
- Composition du budget. La priorité du FIDA en matière de développement de la finance rurale n’est pas de fournir des capitaux, mais de renforcer les capacités des services financiers ruraux. Les budgets doivent prévoir une aide pour l’assistance technique à la mise en place d’institutions, en particulier au moment du lancement et durant les premières phases de développement.
- Mobilisation de l’épargne. Si l’intention est d’encourager la mobilisation de l’épargne, les conséquences juridiques et les responsabilités qu’impliquent ces intentions doivent être claires, notamment lorsque l’on souhaite que le public vienne volontairement effectuer des dépôts (voir Instruments de décision de finance local du FIDA, Partie I, section 4).
Missions clés de la conception et de l’examen
- La politique du FIDA et ses instruments de décision dans le domaine de la finance rurale (voir références plus loin) fournissent aux équipes de conception et d’examen des orientations détaillées. Les missions clés et les précautions importantes à prendre son présentées ci-dessous.
- Vérifier que les conditions minimales de viabilité d’une intervention dans le domaine de la finance rurale soient réunies. Montrer que l’intervention se justifie clairement par une analyse différenciée par sexes des besoins, demandes et contraintes ou de la demande globale de finance rurale; éviter toutefois la tendance à introduire des composantes finance rurale dans tous les projets.
- Rechercher et faire participer des institutions de finance rurale partenaires potentiels aux niveaux national et international. Susciter leur intérêt et/ou évaluer leur crédibilité, examiner et valider les concepts et les plans avec les partenaires potentiels et les spécialistes en finance rurale locaux. Évaluer la demande de services de finance rurale (notamment par l’intermédiaire des établissements modestes ou informels) et cerner les préoccupations en matière d’équité et de parité hommes-femmes. S’accorder avec les autorités compétentes sur les politiques de taux d’intérêt et les critères de prêt.
- Pour les partenaires de finance rurale devant être choisis au stade de la formulation, définir des cibles à atteindre réalistes: en matière de portée des actions ou de performances financières, éviter les excès d’optimisme quant à leurs projections de croissance ou leurs états financiers provisoires.
- Veiller dans le financement du projet à surtout équilibrer celui du renforcement des capacités et celui de l’assistance technique, plutôt que de créer/augmenter des lignes de crédit. S’assurer de l’adéquation des crédits destinés à l’assistance technique internationale, en particulier pour la mise en route du projet.
- Lorsqu’une institution faîtière est prévue, préciser clairement la justification du choix de cet instrument (y a-t-il suffisamment d’institutions de finance rurale à appuyer; quelle est la valeur ajoutée de l’institution faîtière?). Mettre au point des moyens de protéger l’institution faîtière des interférences politiques – les représentants du gouvernement ne devraient pas, par exemple, être autorisés à diriger les structures de gouvernance de cette institution.
- Faire preuve de précision et de concision dans les documents de formulation et d’évaluation. Se concentrer sur les partenaires de finance rurale potentiels ou existants et sur leur intérêt futur ou leur performance actuelle en tant que collaborateurs du FIDA.
