La présente note se rapporte au FCR3: Alignement des éléments de conception sur les objectifs stratégiques du FIDA et enseignements tirés; analyse et cadre de résultats
Version du 2007
Questions de fond
- La formulation du projet devrait donner lieu à: i) une stratégie technique de modification de la production agricole et de l’élevage, des systèmes d’exploitation, de la transformation et des techniques d’après récolte ou de stockage, qui soit parfaitement compatible avec les contraintes et la situation du groupe cible visé. Cette stratégie devrait tenir compte des rôles des femmes et des hommes et des différences sociales, ainsi que des tendances actuelles sur le plan des moyens de subsistance et du rôle de l’agriculture dans l’économie locale et nationale; ii) la démonstration que l’adoption de cette stratégie serait bénéfique pour le groupe cible, et; iii) des propositions réalisables qui facilitent l’adoption de changements agricoles et technologiques et garantissent que les avantages tirés profitent au groupe cible.
- Selon les circonstances, les changements technologiques pourraient entraîner une utilisation plus efficace des ressources existantes, une intensification du recours à de nouveaux intrants, une diversification en direction de produits ou de marchés nouveaux, ou encore l’adoption de technologies avancées comme la biotechnologie. Les pauvres pourraient en bénéficier directement grâce à une amélioration de leurs systèmes de production vivrière ou commercial, ou à des changements opérés par les moins pauvres qui permettraient la création d’emplois pour les plus défavorisés.
- La stratégie technique devrait s’appuyer sur une analyse de la situation agroécologique et socio-économique et, notamment, des potentialités techniques, des précédents en matière de changements, des tendances, des contraintes et des possibilités.
- La stratégie technique devrait également tenir compte des questions pertinentes en matière de fourniture d’intrants et de marchés, d’infrastructures, d’environnement et de politique de gestion des ressources, mais également de l’évolution du rôle de l’emploi et de son importance dans l’agriculture et l’élevage dans les stratégies de subsistance du groupe cible.
- La démonstration des avantages devrait être opérée au moyen de quelques exemples de modèles d’exploitation agricole réalistes et soigneusement choisis. Lorsque les pauvres sont visés indirectement par la création d’emplois, la part des avantages qui leur revient devrait être calculée.
- L’organisation du changement technologique nécessitera en général des contributions de la part des acteurs potentiels eux-mêmes, contributions facilitées grâce à l’intervention des instances les mieux placés dans les secteurs public, privé ou bénévole, ou d’organismes commerciaux, selon les circonstances. (voir la note thématique 4.2 – Services d’appui technique rural).
- Élaborer des descriptions et hypothèses convaincantes concernant la situation actuelle dans la zone du projet – par exemple: les possibilités/risques que présente la situation agro-écologique en matière de production, la composition et la situation du groupe cible, ses systèmes d’exploitation, la dynamique de l’évolution du rôle de l’agriculture et de l’élevage dans les stratégies de subsistance des ménages, où les changements intervenus dans les possibilités d’emploi des pauvres.
- Procéder à une analyse réaliste et convaincante des opportunités et des contraintes de l’évolution technologique et des possibilités que les agriculteurs disposant de peu de ressources en bénéficient, en tenant compte des différences entre les sexes.
- S’assurer de la compatibilité de la stratégie technique avec ce qui précède – exemple: tirer parti des possibilités d’intégration de l’agriculture et de l’élevage pour stabiliser les revenus, conserver les nutriments des plantes ou accroître le potentiel de labour; éviter de prévoir la diffusion d’intrants non disponibles/trop coûteux/trop risqués; prévoir une éducation dans les domaines social et de la sexospécificité ou une sensibilisation aux contraintes sanitaires qui réduisent les possibilités de changement technologique ou d’emploi des bénéficiaires les plus démunis; ne pas surestimer l’accessibilité des marchés/les opportunités/la rentabilité de la diversification des produits.
- S’assurer du réalisme des attentes des prestataires de services du projet – exemple: prévoir des ressources suffisantes pour l’adaptation des services publics de recherche et de vulgarisation habitués à encourager la gestion participative des ressources naturelles en imposant par le haut une intensification basée sur les intrants; rechercher parmi les ONG ou dans le secteur privé des sous-traitants qui reprendront à leur compte les rôles d’appui technique grâce à une formation et à un soutien appropriés; développer des moyens d’attirer si nécessaire de nouveaux prestataires de services et renforcer les capacités de soutien de ces derniers.
- Éviter de concevoir des budgets et/ou des modèles d’exploitation agricole trop optimistes et exigeant trop de temps. Envisager uniquement la diffusion d’intrants pouvant être mis à la disposition du groupe cible du FIDA et utilisés par ce dernier; limiter les hypothèses d’augmentation de la contribution des familles aux coûts par un apport d’espèces ou de travail à des niveaux compatibles avec les ressources ou les stratégies de limitation des risques des agriculteurs pauvres; en cas de stratégies techniques prévoyant la création d’emplois pour les pauvres, veiller à l’estimation de l’impact de ces stratégies.
Missions clés de la conception et de l’examen (suite)
Des propositions concernant le changement technologique et son appui technique (voir la note thématique 4.3 – Services d’appui technique rural) pourraient être élaborées par l’équipe d’agronomes/agriculteurs sous la forme d’un document de travail en utilisant les intitulés figurant dans l’encadré ci-dessous.
Esquisse de présentation par des agriculteurs de propositions en vue de changements de technologies
- Résumé du cadre agro-écologique soulignant les possibilités biophysiques et les obstacles au progrès de l’agriculture dans la zone du projet (exemple: sols, climat, topographie, végétation, etc.).
- Description du rôle de l’agriculture dans les stratégies de subsistance et de survie du groupe cible. Montrer de quelle façon l’agriculture et/ou l’emploi en tant que travailleur agricole contribue aux moyens de subsistance du groupe. Décrire les tendances.>
- Description des principaux systèmes d’exploitation dans la zone du projet et, en particulier, de ceux pratiqués par le groupe cible.
- Montrer de quelle façon les pratiques d’élevage actuelles sont le reflet des stratégies de limitation des risques de ce groupe et explorer les possibilités exploitables grâce au projet pour, par exemple, accélérer l’évolution en cours des systèmes d’exploitation, la diversification des cultures et les changements non agricoles ou tirer parti des nouvelles routes et/ou possibilités de commercialisation.
- Résumé des principales opportunités/contraintes socio-économiques concernant les activités agricoles du groupe cible. Il peut s’agir du sexe, de l’âge, de la structure sociale, de l’accès à la terre, à l’eau et aux marchés, ainsi que des intrants ou services (exemple: semences, produits chimiques agricoles, vulgarisation), des infrastructures, de l’environnement, de la santé, de la nutrition, de l’éducation, ou de l’influence des politiques gouvernementales. Souligner les contraintes, les opportunités et les aspects que le projet pourrait logiquement et de façon réaliste permettre de traiter grâce aux investissements.
- Une stratégie technique qui tire parti des opportunités dont on peut raisonnablement penser qu’elles sont réalisables, tout en se préoccupant des contraintes (recensées grâce à l’analyse précédente) auxquelles il est possible de remédier concrètement. Résumer les changements de technologies et de pratiques de production qui pourraient être préconisés/facilités/encouragés pour chaque catégorie de personnes vivant en milieu rural, en précisant de quelle façon ces changements répondraient aux besoins actuels et futurs du groupe cible et pour quelles raisons les technologies proposées pourraient être adoptées
- Une stratégie de facilitation qui recense les mesures requérant un soutien à l’investissement pour permettre d’appliquer la stratégie technique. Inclure des informations sur l’éventuelle nécessité de permettre ou d’améliorer l’accès aux nouvelles technologies; tester/diffuser des technologies avancées. Inventorier les mesures nécessaires pour éliminer/réduire les contraintes « en amont » (crédit et intrants, par exemple) et supprimer/réduire les contraintes « en aval » (accès aux marchés, par exemple). Intégrer les éventuels besoins de renforcement des capacités et/ou des institutions.>
- Un projet d’organisation et de gestions précisant comment la stratégie sera mise en œuvre. Proposer des moyens pour faire participer les bénéficiaires tant à la planification qu’à la mise en œuvre du changement, veiller à la pertinence des nouvelles technologies et aux modalités de livraison. Mettre l’accent sur la répartition des responsabilités organisationnelles et individuelles en vue de favoriser et de faciliter un changement technologique participatif. Préciser de quelles manières les capacités des responsables et/ou prestataires de services se trouveront renforcées ou appuyées. Montrer comment la priorité accordée aux besoins du groupe cible sera respectée.>
- Une liste des catégories d’investissements et des quantités de produits incluant les principaux éléments nécessaires à la concrétisation des changements technologiques proposés (aux fins de calcul des coûts globaux du projet).>
- Démonstration de l’adoptabilité des changements technologiques envisagés au moyen d’un petit nombre d’exemples illustrés de budgets et de modèles d’exploitation. Mettre en lumière l’évolution des rendements dont les membres du groupe cible bénéficieraient vraisemblablement dans un délai raisonnable au niveau des coûts nominaux de la main-d’œuvre (en particulier familiale) et des flux de trésorerie, grâce aux interventions menées dans le cadre du projet. Il conviendrait également de tenir compte du problème de la commercialisation et des prix du surcroît de production. Évaluer, le cas échéant, l’impact sur la création d’emplois.
