IFAD Asset Request Portlet

ناشر الأصول

Declaration de Ministre de l’Agriculture et de l’Élevage à la trentième session du conseil des gouverneurs du FIDA

 

Excellence Monsieur le Président du Conseil des Gouverneurs,
Excellence Monsieur le Président du FIDA,
Excellences Mesdames et Messieurs les Membres du Conseil des Gouverneurs,
Distingués Invités,
Mesdames et Messieurs,

L'honneur m'échoit aujourd'hui de me joindre à toutes les délégations présentes à cette session du Conseil des Gouverneurs pour saluer les efforts soutenus de notre organisation le FIDA en faveur des populations rurales pauvres qui constituent la majorité des populations de nos pays.

J'ai aussi préféré prendre la parole pour exprimer mon sentiment le plus profond sur le thème de ce jour sur l'emploi dans le milieu rural ainsi que sur la situation alimentaire très difficile que vit actuellement la population burundaise.

Au Burundi, le milieu rural abrite 90% de la population du pays qui pratiquent dans leur quasi-totalité l'agriculture. Suite à la très forte densité démographique, la superficie agricole par famille est d'environ 0.5 ha. Cette situation pousse les ménages agricoles à une agriculture de subsistance, très peu productive suite à la dégradation des terres, au manque d'intrants agricoles et à des méthodes culturales rudimentaires. Les faibles productions qui en découlent ont conduit le pays à une insécurité alimentaire chronique devenue structurelle qui se caractérise par une ration déficitaire tant en calories qu'en protéines.

La forte densité démographique du pays (280 habitants/km2) accentuée par un taux de croissance très élevé (2.6%/an) entraîne un morcellement extrême des exploitations agricoles et la perte de leur productivité.

La faible urbanisation du pays (seulement 10% de la population vivent en ville), couplée à une très faible industrialisation offre très peu d'opportunités d'emplois non agricoles aux habitants du milieu rural.  Cette situation est accentuée par une très faible transformation des productions agricoles qui son utilisées à l'état brut.

Les conséquences qui en résultent sont multiples sur l'emploi en milieu rural et se traduisent par:

  • Un chômage élevé qui frappe surtout les jeunes dont l'accès à la terre devient de plus en plus problématique;
  • Un sous-emploi très élevé chez les agriculteurs qui, faute d'espaces suffisants pour les cultures, sont inoccupés pendant plusieurs mois de l'année en dehors des saisons agricoles.

Excellence Monsieur le Président,
Distingués Gouverneurs,
Mesdames et Messieurs,

La carence d'opportunités d'emplois et la pauvreté de nos milieux ruraux sont la conséquence de multiples facteurs dont les principaux sont :

  • Les politiques de développement asymétriques qui favorisent les milieux urbains au détriment des campagnes;
  • Les faibles investissements publics et privés dans l'industrialisation du milieu rural;
  • La faible transformation des productions agricoles et animales;
  • Le faible intérêt que les élites portent au milieu rural dont pourtant ils sont issus pour la plupart d'entre eux;
  • L'inadaptation des projets de développement rural financés par des bailleurs de fonds internationaux pourtant avisés sur les besoins des populations.

L'absence d'investissements en milieu rural aggrave la fracture sociale entre les élites et la population rurale, entre les populations rurales pauvres et les populations urbaines considérées plus nanties.  Ainsi cette pauvreté chronique du milieu rural est aussi porteuse de lourdes conséquences sur la paix sociale et la stabilité des Etats.

Pour remédier à cette situation nous proposons que:

  • Les investissements industriels consentis au milieu rural soient augmentés;
  • Les bailleurs de fonds accordent davantage de place aux activités génératrices de revenus;
  • La transformation des productions agricoles requiert l'attention voulue de nos Gouvernements et de l'aide publique internationale;
  • Les productions agricoles soient rémunérées à leur juste valeur de manière que l'agriculteur puisse récupérer son capital investi et disposer de ressources pour réinvestir dans son exploitation.

Monsieur le Président du Conseil des Gouverneurs,
Mesdames et Messieurs les Gouverneurs,
Mesdames et Messieurs,

Avant de terminer cette allocation je voudrais revenir sur la situation de la famine qui frappe le Burundi à la suite des intempéries climatiques.  En 2006 le pays a connu une situation de sécheresse aigue dans certaines régions qui a entraîné des pertes de récoltes importantes.  Actuellement, la sécheresse a été suivie par des fortes pluies caractéristiques du phénomène d'EL NIÑO qui ont causé des inondations et des dégâts très importants sur les habitants et la plus part de cultures, entraînant même l'abandon d'écoles par des milliers d'enfants à cause de la faim.

Les pertes de récolte qui en découlent ont entraîné un déficit des disponibilités alimentaires avec comme conséquence malheureuse la mort de plusieurs dizaines de personnes, l'aggravation de la malnutrition déjà sévère (50% des enfants sont mal nourris) dans le pays ainsi que le déplacement des populations à la recherche de nourriture dans les pays voisins.  Plus que les villes, c'est le milieu rural qui est actuellement affecté.  Cette situation survient à un moment où, après un très long conflit interne qui a détruit les structures économiques du pays et fragilisé la sécurité alimentaire, le pays est entrain de se mobiliser pour renforcer la reconstruction de la nation.

Je saisis cette occasion pour rendre un hommage mérité au FIDA pour le financement des activités du milieu rural au profit des couches les plus vulnérables de notre population à travers deux projets actuellement en cours d'exécution.

Le Gouvernement du Burundi que je représente ici, de même que toute la population bénéficiaire, apprécie, Monsieur le Président, l'action du FIDA en faveur des populations pauvres de mon pays. C'est un symbole fort de grande solidarité internationale qui pourrait servir d'exemple à d'autres partenaires.

C'est pourquoi je lance un appel au FIDA et à tous les partenaires du Burundi afin qu'ils examinent les moyens les plus appropriés pour venir en aide rapidement non seulement aux populations sinistrées et frappées par la famine, mais aussi, pour renforcer les programmes de reconstruction en cours.

S'agissant de la reconstitution des ressources du FIDA, malgré les faibles ressources du pays, le Burundi s'engage à verser 10 000 Dollars US pour soutenir la 7ème reconstitution des ressources du FIDA afin d'accroître ses capacités d'intervention en faveur des populations rurales pauvres.

Je vous remercie.

Jean de Dieu Mutabazi
Ministre de l'Agriculture et de l'Élevage du Burundi
Ministère de l'agriculture et de l'élevage