Kofi Annan lance un avertissement: «Malgré la crise, le monde doit rester engagé dans la lutte contre la pauvreté et la famine»

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Kofi Annan lance un avertissement: «Malgré la crise, le monde doit rester engagé dans la lutte contre la pauvreté et la famine»

Communiqué nº: IFAD 07/03

Rome, 19 février 2003.- «Malgré la crise actuelle, le monde doit poursuivre et renforcer son combat contre la pauvreté et la famine», a déclaré Kofi Annan, le secrétaire général des Nations Unies, à Rome, lors de l’ouverture de la 25ème session annuelle du Conseil des gouverneurs du Fonds international pour le développement agricole (FIDA).

«Le risque de guerre en Irak fait peser un poids immense sur l’ensemble de la famille des Nations unies, et, j’en suis certain, sur nous tous qui sommes rassemblés ici aujourd’hui. Mais la crise que nous traversons ne doit pas affaiblir notre détermination à nous acquitter du mandat plus large qui nous est confié, celui de délivrer le monde de la peur et du besoin et de protéger les ressources de notre planète» a ajouté Kofi Annan.

Rendant hommage au travail du FIDA, M.Annan a déclaré que «ses programmes menés au niveau des communautés répondent aux besoins identifiés par les pauvres des zones rurales eux-mêmes. Cette mission va au-delà de la simple atténuation des effets des crises alimentaires.Nous devons continuer de nous attaquer aux facteurs qui permettent à la vulnérabilité de perdurer et aux famines de surgir», a-t-il ajouté. «L’aide alimentaire doit être accompagnée de nouvelles manières de considérer l’agriculture et d’efforts supplémentaires pour lutter contre le VIH/sida.»

Le secrétaire général des Nations unies a lancé un appel pour enrayer le déclin de l’aide accordée aux ruraux pauvres. Les trois quarts des populations les plus pauvres du monde, qui s’élèvent à 1,2 milliards de personnes, vivent dans les zones rurales et dépendent de l’agriculture pour leur survie. Pourtant, l’aide extérieure au développement allouée au secteur rural a décliné de manière alarmante au cours de ces dernières années. L’aide attribuée à l’agriculture, qui s’élevait à 20% du total de l’aide au développement à la fin des années 1980, ne représente plus aujourd’hui que 12% de ce montant.

Dans son message de bienvenue, le président du FIDA, Lennart Båge a fait écho à l’appel lancé par Kofi Annan en faveur d’efforts renouvelés pour la lutte contre la pauvreté et ses causes profondes. «Même si nous devons faire face à des problèmes aussi urgents que la famine et la pauvreté, nous ne devons pas oublier les facteurs structurels sous-jacents comme les pénuries, l’insécurité et l’exclusion qui sont souvent à l’origine des conflits», a-t-il déclaré.«Un changement ne peut être durable que si les ruraux pauvres constituent la force motrice de leur propre développement. C’est seulement de cette façon que l’on pourra construire des bases solides pour une paix et un développement durables.» a-t-il ajouté.

Le président de la République italienne, Carlo Azeglio Ciampi, a plaidé en faveur d’un accroissement important des efforts qui devront être menés pour atteindre les Objectifs de Développement du Millénaire. « La stabilité et la sécurité internationales qui reposent sur l’inégalité ont des pieds d’argile. Nous avons besoin d’un Sud qui trouve la voie du progrès et qui assume la responsabilité de son propre avenir, et d’un Nord qui s’engage à fond pour le soutenir dans cette voie. Nous avons besoin, en premier lieu, d’une Afrique intégrée dans les mécanismes de la croissance mondiale», a-t-il déclaré.

Lors du Sommet du Millénaire organisé en 2000 à New York par l’ONU, la communauté internationale a défendu l’objectif d’une réduction de moitié d’ici à 2015 du nombre de personnes connaissant la pauvreté et la famine. Pour relever ce défi, ce nombre devrait diminuer chaque année de 20 millions de personnes. Les évaluations montrent qu’il ne s’élève jusqu’à présent qu’à seulement 6 millions. Selon la Banque mondiale, au moins 65 pays, la plupart en Afrique sub-saharienne, ne pourront pas atteindre les objectifs fixés.

James Morris, directeur exécutif du Programme alimentaire mondial (PAM), a notamment déclaré: «La communauté internationale ne parviendra pas à gagner cette bataille. Nous avons réalisé des progrès, mais nous n’en avons fait aucun en termes absolus. Les trois agences des Nations unies, le FIDA, le PAM et la FAO doivent faire face à des défis plus nombreux que jamais».

De nombreux ministres de l’Agriculture, des Finances et des responsables de haut niveau des 162 pays membres assistent à la 25° session du Conseil des gouverneurs du FIDA. Les débats portent cette année sur les moyens d’atteindre des Objectifs de Développement du Millénaire en ciblant les besoins des ruraux pauvres.

Le FIDA est une agence spécialisée des Nations unies qui aide les ruraux pauvres à vaincre la pauvreté. Depuis sa création en 1978, cette organisation basée à Rome a investi environ 20 milliards de dollars dans plus de 600 projets et programmes dans les pays en développement.

Le FIDA a aidé plus de 200 millions de personnes à prendre des initiatives leur permettant d’améliorer leurs conditions de vie. En s’appuyant sur de nombreux partenaires dans le monde entier, le FIDA contribue à améliorer l’accès des ruraux pauvres à la terre, à l’eau, aux ressources naturelles et à la technologie, ainsi qu’au crédit et aux services financiers afin qu’ils puissent créer de petites entreprises. Le FIDA accorde également des subventions pour la recherche et l’assistance technique.


Le FIDA est une institution spécialisée des Nations Unies vouée à l'éradication de la pauvreté rurale dans les pays en développement. Depuis 1978, le FIDA a financé 625 projets dans 115 pays et territoires, ce qui représente un engagement total d'environ 7,7 milliards de USD sous forme de prêts et de dons. Ces projets ont aidé quelque 250 millions de ruraux dans leurs efforts pour vaincre la pauvreté.