Le Président du FIDA, Lennart Båge, arrive à Dakar le jeudi 10 janvier 2002, pour une visite officielle de cinq jours au Sénégal

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Le Président du FIDA, Lennart Båge, arrive à Dakar le jeudi 10 janvier 2002, pour une visite officielle de cinq jours au Sénégal

Communiqué nº: IFAD 01/02

Le FIDA lance son rapport sur l'évaluation régionale de la pauvreté en Afrique de l'Ouest et du Centre, le lundi 14 janvier 2002 à Dakar

Rome, le 9 janvier 2002 - M. Lennart Båge, Président du Fonds international de développement agricole (FIDA) est attendu jeudi (10 janvier) à Dakar pour une visite officielle de cinq jours au Sénégal à l'invitation de S.E. Abdoulaye Wade, Président de la République du Sénégal. Pendant sa visite, M. Båge doit rencontrer le Président Wade et s'entretenir avec S.E. M. Abdoulaye Diop, Ministre de l'économie et des finances, S.E. M. Pape Diouf, Ministre de l'agriculture et de l'élevage, S.E. M. Modou Diagne Fada, Ministre de la jeunesse, de l'environnement et de la santé publique, des hauts fonctionnaires et des représentants des organisations internationales de développement.

Le Président du FIDA doit également se joindre à S.E. le Président Wade pour inaugurer officiellement la consultation de deux jours et le lancement du rapport du FIDA sur l'évaluation régionale de la pauvreté en Afrique de l'Ouest et du Centre, auxquelles participeront les représentants officiels des 30 pays de la sous-région, des représentants des organisations internationales, des organismes de coopération au développement et des institutions financières, des ONG internationales et nationales, de plusieurs grands donateurs bilatéraux et de la société civile. La Conférence se penchera sur les causes, les variations et les caractéristiques de la pauvreté rurale en Afrique de l'Ouest et du Centre. Les participants s'efforceront de dégager les orientations et les options stratégiques susceptibles de faire reculer la pauvreté rurale dans la région. Le Rapport 2001 du FIDA sur la pauvreté rurale, lancé officiellement l'année dernière par M. Kofi Annan, Secrétaire général des Nations Unies, fera également l'objet d'un exposé au cours de la conférence. Le rapport fait valoir que, pour être couronnées de succès, les politiques de lutte contre la pauvreté doivent porter plus spécialement sur les zones rurales, et souligne la nécessité d'accroître les investissements dans l'agriculture si l'on veut diminuer de moitié la pauvreté d'ici 2015, objectif fixé lors du Sommet du millénaire.

Aujourd'hui, 1,2 milliard de personnes sont piégées dans une situation de dénuement économique extrême, c'est-à-dire quelles vivent avec moins d'un dollar par jour. Le rapport indique que 44% d'entre elles vivent en Asie du Sud, 24% en Afrique subsaharienne, 24% en Asie de l'Est et 6,5% en Amérique latine et Caraïbes. La conférence débattra des façons dont ces pays peuvent réussir l'enjeu de transformer l'agriculture en un moyen de sortir de la pauvreté et non plus seulement de survivre dans l'indigence. Le rapport souligne que les conséquences de cette défaillance sont particulièrement graves en Afrique subsaharienne où le rythme de réduction de la pauvreté est six fois trop lent pour que l'échéance de 2015 puisse être respectée.

Dans le cadre de sa stratégie et de ses orientations et en vue de réaliser les objectifs de développement en Afrique de l'Ouest et du Centre, le Fonds accordera encore la priorité, en 2002, aux initiatives concernant les domaines techniques suivants: a) amélioration de la sécurité alimentaire, en mettant l'accent sur les besoins des femmes et des jeunes; b) développement de services financiers ruraux susceptibles de toucher les populations isolées encore dépourvues d'accès aux marchés financiers, et bien intégrés dans le secteur financier national; c) renforcement des capacités en vue d'appuyer les processus de prise de décision décentralisés du développement rural participatif; et d) gestion des ressources naturelles et environnement, en privilégiant l'appui aux initiatives de lutte contre la désertification. Pour réaliser ces objectifs, le FIDA continuera d'insister sur l'importance revêtue par: la participation différenciée des hommes et des femmes des groupes cibles à la définition des objectifs et des activités prioritaires des projets; l'utilisation maximum des connaissances et de l'expérience locales; et la définition d'une orientation stratégique pour ses investissements, en renforçant sa collaboration avec les gouvernements, la société civile et les autres donateurs afin que les projets s'inscrivent étroitement dans le contexte des stratégies de développement de l'économie générale et des secteurs, de chacun des pays.
M. Båge, qui est devenu le quatrième président du FIDA en avril dernier, doit présenter au Président Wade le nouveau cadre stratégique et la stratégie du Fonds visant à conforter sa volonté de lutter contre la pauvreté rurale et d'améliorer l'impact positif de ses opérations sur les pauvres. Les entretiens avec les représentants du gouvernement devraient également porter sur les projets du FIDA en cours et en réserve.

À ce jour, le FIDA a financé dix projets au Sénégal, pour un montant total de prêt de 102 millions de USD, octroyés à des conditions particulièrement favorables, ce qui place le pays à la quatrième place régionale en termes de financement total. Il a également consenti au Sénégal un allégement de sa dette de quelque 3,7 millions de USD, dans le cadre de l'Initiative pour la réduction de la dette des pays pauvres très endettés. Les projets du FIDA au Sénégal, qui représentent un montant total de 211,4 millions de USD avec les cofinancements nationaux et extérieurs, sont généralement exécutés de manière satisfaisante, au bénéfice de 2 750 000 personnes issues des ménages ruraux les plus démunis. Dans la mesure où plus de la moitié de la population du pays (9 millions environ) vit encore dans les zones rurales où l'incidence de la pauvreté est estimée à 40% environ, les projets du FIDA contribuent de manière déterminante à sortir la majorité des pauvres du Sénégal de leur situation. Cinq des dix projets sont encore en cours et il y a au moins un nouveau projet dans la réserve du Fonds.

Pendant sa visite, le Président Båge doit également se rendre sur les sites de l'un des projets du FIDA, le projet de développement agricole dans le département de Matam, dans le nord du Sénégal, qui s'est achevé avec succès l'année dernière. Compte tenu des résultats particulièrement encourageants du projet qui a créé, notamment, un environnement socioéconomique favorable à la réinstallation des milliers de rapatriés ayant fui la Mauritanie après les incidents frontaliers et les affrontements violents d'avril 1989 entre le Sénégal et la Mauritanie, l'éventualité d'une seconde phase sera probablement examinée pendant la visite. Le premier projet de Matam, qui a bénéficié d'un financement du FIDA de plus de 16 millions de USD, a pleinement atteint ses objectifs qui étaient de faciliter l'intégration des rapatriés dans leurs communautés d'origine; d'améliorer la productivité agricole en remettant en état les périmètres d'irrigation villageois existants et en introduisant progressivement deux saisons de culture grâce à une gestion améliorée de l'eau, à la diversification des cultures et à l'introduction de la traction animale; d'accroître la productivité de l'élevage grâce à l'amélioration de la vulgarisation et de la formation, à la fourniture de services vétérinaires et à l'approvisionnement en eau; de renforcer les institutions locales, de développer des institutions financières rurales et d'introduire le microcrédit pour financer des activités lucratives; et enfin d'enclencher le processus d'intégration des petits agriculteurs et pasteurs pauvres dans l'économie de marché au moyen de politiques appropriées et d'initiatives institutionnelles. Quelque 40 000 personnes, dont plusieurs milliers des 70 000 rapatriés ayant fui la Mauritanie en 1989, ont bénéficié de ce projet en se libérant durablement de leur situation de destitution et de pauvreté extrême.

Outre la lutte contre la pauvreté, les projets du FIDA au Sénégal, à savoir: le projet de développement rural intégré de M'Bour et Louga, le projet de développement de l'agroforesterie, le deuxième projet de petites opérations rurales, le projet de développement agricole dans le département de Matam, le projet d'organisation et de gestion villageoises, le projet d'appui aux microentreprises rurales, le projet d'aménagement et de développement villageois, le projet agroforestier de lutte contre la désertification, le projet national d'infrastructures rurales et la phase II du projet d'organisation et de gestion villageoises, ont contribué, après la dévaluation de 1994 et les réformes économiques associées, à la reprise de la croissance économique du pays qui est passée de 2% par an en 1994 à 5% environ par an pour la période 1995-1998.

Le Sénégal prévoit aujourd'hui de mettre la dernière touche à sa stratégie de lutte contre la pauvreté (DSLP) d'ici la fin de cette année. À la demande du ministre de l'agriculture, le FIDA contribuera à mettre en œuvre les dimensions rurales de cette stratégie, en insistant sur la participation effective des populations rurales. À cet égard, un forum rural est prévu au début de l'année 2002.