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Déclaration du Ir. Ferdinand NDERAGAKURA, Ministre de l’Agriculture et de l’Elevage de la République du Burundi à la trente et unième Session du Conseil des Gouverneurs du FIDA

Monsieur le Président du Conseil des Gouverneurs,

Monsieur le Président du FIDA,

Mesdames, Messieurs les Membres du Conseil des Gouverneurs,

Distingués Invités,

Mesdames, Messieurs,

L'honneur m'échoît aujourd'hui de me joindre à toutes les délégations présentes à cette session du Conseil des Gouverneurs pour saluer une fois de plus les efforts soutenus de notre organisation le FIDA en faveur des populations rurales pauvres. Nous saisissons cette heureuse opportunité en ce jour anniversaire, pour  souhaiter à notre Institution longue vie et prospérité.

En effet, depuis sa création en 1978, le FIDA s'est toujours attaché à réduire la pauvreté rurale en oeuvrant avec les populations rurales pauvres des pays en développement pour éliminer la faim et la malnutrition, accroître la productivité et les revenus et améliorer la qualité de leur vie.

Le FIDA continue aujourd'hui à œuvrer pour que les ruraux pauvres se libèrent de la pauvreté, en encourageant le développement social, l'équité entre les sexes, la création de revenu, l'amélioration de la situation nutritionnelle, le respect de l'environnement et la bonne gouvernance.

C'est dans ce cadre environnemental propice à la lutte contre la pauvreté et conforme à la déclaration adoptée au sommet du Millénaire, que le Burundi a toujours bénéficié et continue à bénéficier des financements du FIDA, destinés à faire sortir les populations rurales de leur pauvreté aussi bien structurelle que conjoncturelle.

Avant la formulation et la naissance des programmes actuels, le FIDA avait déjà financé auparavant quatre projets qui sont  déjà clôturés et qui sont entrain d'être remboursés par le Gouvernement. Deux programmes sont actuellement en cours d'exécution. Il s'agit du Programme de Relance et de Développement du Monde Rural (PRDMR) dont l'accord de prêt remonte à 1999, et du Programme Transitoire de Reconstruction Post-Conflit (PTRPC) dont la mise en œuvre remonte à 2006. Ces deux programme oeuvrent dans 7 provinces sur 17 que compte le Burundi.

Aussi bien pour le PRDMR que pour le PTRPC, les financements accordés par le FIDA sont principalement affectés très judicieusement conformément à la philosophie de développement et au cadre stratégique du FIDA  à savoir: « œuvrer pour que les pauvres ruraux se libèrent de la pauvreté ».

De manière spécifique, ces programmes oeuvrent dans le renforcement des capacités des populations, l'appui à la production agricole et animale, la restauration de l'environnement et la promotion de la femme rurale par notamment les activités génératrices de revenus.

Satisfait des efforts fournis par le Burundi en faveur des pauvres par une utilisation efficiente des ressources, le FIDA vient d'octroyer sous forme de don, un financement de 9,3 millions de DTS pour financer un nouveau Projet d'Appui  à la reconstitution du Secteur de l'Elevage « PARSE ».

Je emercie tout particulièrement le FIDA au nom du Gouvernement  du Burundi et de tous les Burundais pour sa promptitude à honorer sa promesse de la table ronde des bailleurs tenue à Bujumbura les 24 et 25 mai 2007.

Monsieur le Président du Conseil,
Monsieur le Président du FIDA,

Mesdames et Messieurs les Gouverneurs,

Distingués Invités,

Mesdames, Messieurs,

Si je prends la parole devant cette Auguste Assemblée, c'est pour vous inviter à vivre avec nous la difficile situation alimentaire que vit actuellement la population burundaise, ainsi que le contexte socio-économique très difficile de mon pays.

Après plus de quatorze (14) années de conflits meurtriers, le Burundi est entrée dans une période de retour vers la paix et la sécurité, de stabilisation des institutions, et de reconstruction sociale et économique. Les troubles politiques et sociaux ont plongé le pays dans une situation extrêmement difficile et les défis de la  reconstruction du pays sont encore extrêmement importants.

En dépit du retour progressif de la stabilité, les efforts du Gouvernement du Burundi ne se traduisent pas encore par une amélioration de la situation de la pauvreté. Celle-ci a continué de progresser dans toutes les provinces du pays et le Burundi est toujours classé parmi les 10 pays les plus pauvres du monde.

S'agissant du secteur agricole, le Burundi dispose certes de ressources en eau, relativement suffisantes. Cependant, le pays doit faire face à une pression démographique croissante dont les conséquences se mesurent en termes de dégradation des sols et des ressources naturelles, de régression de la fertilité des sols et de la productivité des cultures. Cette situation est encore accentuée par les perturbations climatiques que connait la planete, en général, et mon pays, en particulier.

Le secteur de l'élevage n'a pas moins souffert. En effet, largement décimé au  cours de la crise, le cheptel semble se reconstituer progressivement.  Toutefois, malgré les efforts de repeuplement et les programmes de distribution, la part de ménages disposant d'animaux  reste faible.

Outre les conséquences de la crise qui continuent de peser sur la population burundaise, trois autres phénomènes aggravent la situation déjà précaire:

La gestion difficile du mouvement de retour massif des réfugiés et des déplacés intérieurs, dont les effectifs se comptent par centaines de milliers, alors que le structures d'accueil restent encore précaires.

le faible taux d'urbanisation du pays couplée à une très faible industrialisation offrant très peu d'opportunités d'emplois non agricoles aux habitants du milieu rural, situation accentuée par une très faible transformation des produits agricoles.

les aléas climatiques qui rendent aléatoires les productions agricoles et pastorales.

Monsieur le Président du Conseil,

Monsieur le Président du FIDA,

Mesdames, Messieurs les Gouverneurs,

Distingués Invités,

Mesdames, Messieurs,

Pour faire face à ces différents problèmes, le Gouvernement  du Burundi compte sur ses propres moyens, certes limités, mais il  attend beaucoup de la solidarité internationale de la part des pays développés, les institutions de Bretton Woods et les autres bailleurs aussi bien multilatéraux que bilatéraux.

                                                         

Je saisis cette occasion pour rendre un hommage mérité au FIDA pour le financement des activités du milieu rural au profit des couches les plus vulnérables de notre population à travers les projets en cours. C'est un symbole fort de grande solidarité internationale qui pourrait servir d'exemple à d'autres partenaires. Notre souhait est que le partenariat du FIDA et du Burundi soit davantage concrétisé lors de la négociation du prochain Plan d'Action du FIDA, le COSOP, et à travers sa participation à l'Initiative pour la réduction de la dette des pays pauvres très endettés

C'est sur ces mots d'espoir que je lance un appel vibrant au FIDA et à tous les partenaires du Burundi, afin qu'ils examinent les moyens les plus appropriés pour venir en aide rapidement, non seulement aux populations sinistrées et frappées par la famine, mais aussi, pour renforcer les programmes de reconstruction en cours.

Malgré la précarité de ses ressources, le Burundi vient d' honorer son engagement à la septième reconstitution des ressources du FIDA et répondra positivement aussi à celles qui suivront, autant que ses moyens le permettront, afin de contribuer à l'accroissement  des capacités du FIDA d'intervenir en faveur des populations rurales très pauvres.

Vive la Coopération Internationale,
Vive le FIDA

Je vous remercie.