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Declaration du Ministre de l’Agriculture à la trentième session du conseil des gouverneurs du FIDA

Monsieur le Président Exécutif du Conseil des Gouverneurs,
Monsieur le Président du Fonds International de Développement Agricole,
Mesdames et Messieurs les Gouverneurs,

La Délégation du Tchad est heureuse de s'associer à d'autres délégations ici présentes pour commémorer le 30ème anniversaire du FIDA. Cet événement important intervient peu de temps après le Sommet Mondial sur le Développement Durable qui suscite l'espoir en ce qui concerne la lutte séculaire contre la pauvreté, menacée par une grande insécurité internationale.

Le FIDA a toujours fait de la lutte contre la pauvreté rurale son cheval de bataille. Le thème choisi cette année « Emploi et moyens d'existence en milieu rural » vise à contribuer à la recherche de solution à la pauvreté rurale, résultante d'une situation de précarité liée en particulier à l'absence d'emploi. Cette situation génère le plus souvent un flux migratoire de bras valides vers les centres urbains si ce n'est vers d'autres continents plus nantis.

Le Tchad encourage très sincèrement le FIDA pour cette entreprise très noble de réduction de la pauvreté, thème central des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD). Nous remercions par la même occasion le FIDA pour son appui constant au travers du financement en cours de plusieurs projets importants  de lutte contre la pauvreté au Tchad pour un portefeuille global de près de 40 millions de dollars américains.

Bien que disposant d'importantes ressources naturelles (environ 44 millions d'hectares de terres exploitables dont 5 millions d'hectares irrigables, d'importantes ressources en eaux souterraines, des cours d'eau permanents et non permanents, un cheptel de plusieurs millions de têtes), le niveau de développement économique du Tchad le classe parmi les pays les plus pauvres. Pays sahélien, enclavé, le Tchad est soumis à des aléas climatiques récurrents qui hypothèquent le développement de son agriculture.

Les indicateurs socio-économiques de l'année 2006 font ressortir une  moyenne nationale d'environ 350 $ par tête d'habitant et par an, soit moins d‘un dollar  par jour et par personne. Cette moyenne cache mal une disparité importante entre les centres urbains et le milieu rural, ce dernier représentant 80% de la population du Pays mais, ne disposant que d'environ 0,30$ par jour et par personne.

Ainsi donc, une grande partie de la population du Tchad vit en insécurité alimentaire, malgré les potentialités indéniables citées ci-dessus. Au regard de cette situation,  faut-il le rappeler, le Gouvernement du Tchad a entrepris de mettre en place une stratégie nationale de réduction de la pauvreté, basée sur la promotion de quatre secteurs prioritaires : le développement rural, la santé, l'éducation et les infrastructures qui accaparent l'essentiel des récentes ressources pétrolières nationales.

En agissant ainsi sur les secteurs qui doivent assurer un progrès rapide vers la réduction de la pauvreté, le Gouvernement du Tchad a conscience que l'atteinte des Objectifs du Millénaire pour le Développement d'ici 2015 passe par l'éradication de la faim.

Il est vrai que l'extrême pauvreté dans laquelle vit la grande majorité des ruraux dont le rôle économique reste prépondérant a des incidences négatives sur la situation économique globale du Pays. Mais il conviendrait de souligner que certains facteurs de paupérisation sont exogènes à l'environnement national. C'est le cas notamment de la baisse du prix de coton.

Le coton, en effet, en tant que culture de rente, contribue à hauteur de 45% aux exportations du Tchad hors pétrole. Mais les cours de prix du coton sur le marché mondial n'encouragent pas les planteurs africains en général et tchadiens en particulier. C'est le lieu ici de dénoncer avec fermeté les subventions massives et autres soutiens internes des pays riches à leur cotonculteurs, hypothéquant ainsi sciemment l'avenir des filières cotonnières et des producteurs ruraux les plus pauvres. Ce combat interpelle le FIDA, surtout les plus riches d'entre ses membres.

Les défis à relever pour résorber la pauvreté dans le monde et améliorer la qualité de vie des ruraux restent nombreux. Pour que l'échéance fixée par la Déclaration du Millénaire (2015) de réduire de moitié la proportion de la population dont le revenu est inférieur à un dollar par jour devienne réalité, la lutte contre la pauvreté doit être un combat de tous les jours.

Le Gouvernement de la République du Tchad, pour sa part, entend soutenir fermement le FIDA, cadre par excellence de lutte contre la pauvreté rurale. Les engagements pris pour la reconstitution de ses ressources seront tenus, comme gage de ce soutien.

Je vous remercie de votre aimable attention

Le Ministre de l'Agriculture du Tchad
Pahimi Padacke Albert