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Declaration du Ministre d'etat au Developpement Rural à la trentième session du conseil des gouverneurs du FIDA

Mesdames et Messieurs les Gouverneurs du F.I.D.A,
Monsieur le Président du F.I.D.A.,
Mesdames et Messieurs les Représentants des Etats,
Mesdames et Messieurs.

La Délégation de la République Centrafricaine, se réjouit de se retrouver, parmi vous, à l'occasion de cette 30ème Session du Conseil des Gouverneurs, après avoir été placée souvent dans l'impossibilité d'être présente à ces importantes Assises pour notre pays.

Elle adresse ses sincères remerciements à la Présidence du F.I.D.A. pour l'excellent accueil dont elle a été l'objet depuis son arrivée à Rome.

Mesdames et Messieurs les Gouverneurs,
Monsieur le Président du F.I.D.A.,

Le 26 décembre 2004, s'est produite l'une des plus grandes tragédies des dix dernières années, que le monde ait connu. Un séisme d'une ampleur sans précédent a provoqué un raz de marée qui a dévasté de vastes régions, emportant sur son passage des vies humaines, des biens et équipements, depuis l'Indonésie, la Thaïlande, le Sri Lanka, jusqu'aux cotes orientales de l'Afrique.

Puissamment médiatisée, le choc émotionnel provoqué par cette grave catastrophe naturelle connue sous le nom de « tsunami » a suscité un vaste élan de solidarité de part le monde, provoquant l'afflux massif de dons des Etats, des Organisations Internationales, jusqu'aux simples particuliers.

L'abondance des contributions financières ayant dépassé des niveaux jamais atteints auparavant, les Organisations Non Gouvernementales chargées de les gérer ont, pour la première fois au monde, demandé qu'elles cessent.

Or, il se trouve qu'il ne se passe pas un seul jour sans que, sur le continent africain, nos populations ne soient victimes de tragédies comparables à celle provoquée par le tsunami, en raison de l'importance de la destruction des vies humaines et des biens.

Des conflits armés d'une rare violence, des épidémies, des catastrophes naturelles, des sécheresses, essaiment partout sur le continent, entraînant un vaste déplacement de populations par centaines de milliers, des pertes en vies humaines se chiffrant par millions, des viols des femmes et des filles, des vols et le pillage des biens.

Parce que toutes ces tragédies sont peu médiatisées, l'opinion internationale n'y accorde qu'une importance relative.

Cependant, en 2005, l'Union Européenne a reconnu que de nombreux pays africains étaient quotidiennement victimes de « tsunamis silencieux » et a débloqué 160 millions d'euros pour venir en aide à ces pays africains considérés comme des tsunamis silencieux.

Ces dons ont atterri au Soudan, au profit du Darfour ; au Tchad, pour aider les réfugiés ; en République Démocratique du Congo et en Ouganda. Les centrafricains, qui vivent quotidiennement des effets collatéraux de l'amplification de la crise militaire au Darfour, après ceux du Sud Soudan et de la République Démocratique du Congo, n'ont vu que les enveloppes survoler leur territoire, alors qu'ils méritaient le même traitement.

Or, depuis les premières mutineries militaires d'avril 1996, la République Centrafricaine n'a connu qu'une succession de crises politico-militaires jusqu'au 15 mars 2003.

Vaste pays de 622.000 kms2, en plus de ses nombreuses richesses minières, la République Centrafricaine est restée un pays à vocation essentiellement agricole, dont l'activité occupe près de 2,8 millions personnes sur les 4 millions d'habitants que compte le pays.

La dernière crise militaire du 25 octobre 2002 au 15 mars 2003 s'est essentiellement déroulée en zones rurales, déplaçant les populations et désorganisant la production agro-pastorale.

Le 30 janvier 2006, conséquences de la crise militaire au Darfour, plusieurs organisations rebelles se sont installées dans le Nord-Ouest et le Nord-Est du pays, affectant toutes les zones de production du coton, une culture qui fait vivre 800.000 personnes et sert de locomotive à l'augmentation de la production alimentaire, notamment celle du manioc, principal aliment de base.

L'appui décisif aux Forces Armées Nationales de la Force Multinationale de la C.E.M.A.C et de l'Armée Française a conduit à la cessation des hostilités sur la plus grande partie du territoire.

En novembre et décembre 2006, les Institutions Financières Internationales, Banque Mondiale (B.M.), Fonds Monétaire International (F.M.I.) et Banque Africaine de Développement (B.A.D.), devant les réformes économiques engagées par le Gouvernement depuis le 11 juin 2005, se sont réengagés, laissant augurer la stabilisation du pays sur le plan sécuritaire et économique qu'il faut consolider sans délais.

En effet, avec la cessation totale des hostilités militaires, il y a une urgente nécessité de préparer la réinsertion de milliers de jeunes qui, du fait du désoeuvrement, ont choisi la rébellion armée comme exutoire à l'ennui et le gain facile.

La Délégation Centrafricaine reste reconnaissante de l'effort que le F.I.D.A. a toujours consenti à l'égard de nos populations. Le financement des deux Projets, le Projet de Développement des Savanes Vivrières (P.D.S.V.) et le Projet de Développement de la Région de Bouca (P.D.R.B.), a permis d'amortir le choc de la suppression de la culture du coton dans des zones dites marginales qui concentraient pourtant près d'un million d'habitants.

L'Etat Centrafricain doit encore, à titre d'arriérés et de contributions au fonctionnement du F.I.D.A., près d'une centaine de millions de dollars US.

Cependant, le Gouvernement m'a demandé d'insister auprès des dirigeants du F.I.D.A. pour qu'elle se réengage en Centrafrique. Car la relance des activités agro-pastorales, non seulement permettra aux jeunes d'abandonner le métier des armes pour un emploi pacifique et rémunérateur, mais contribuera aussi  à la stabilisation de toute la sous région d'Afrique Centrale.

L'effet bénéfique, en terme d'action positive en faveur de nos populations et de la Paix en Afrique Centrale, compensera largement le manque à gagner provisoire de la centaine de millions de dollars US que notre pays doit encore au F.I.D.A. et qui bloque la reprise des relations.

Je vous remercie

M. Charles Massi
Ministre D'etat Au Developpement Rural De La Republique Centrafricaine