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Discours de Son Excellence Monsieur Hamath SallMinistre de l’Agriculture à la 32eme Session du Conseil des Gouverneurs du FIDA

Monsieur le Président du Conseil des Gouverneurs,
Monsieur le Président du FIDA,
Mesdames, Messieurs,
Honorables Participants,

Les années 2006 et 2007 auront été, assurément, des années rudes pour l'agriculture mondiale. Les productions ont connu une baisse généralisée. Les pays traditionnellement excédentaires, dans un reflexe de précaution compréhensible, ont mis un embargo sur leurs exportations. Par ailleurs, nous avons observé l'utilisation des produits agricoles comme instrument de spéculation financière et boursière.

Tout ceci a conduit à une crise majeure.

Le Sénégal, comme la plupart des pays en développement, a été durement touché par cette crise. Dans ce contexte, la première réaction du Gouvernement de mon pays a été de neutraliser les effets de la flambée des prix des produits de masse par des subventions entièrement financées par redéploiement des ressources budgétaires internes.

Toutefois, en avril 2008, quasiment à la veille de la campagne agricole, le Président Abdoulaye Wade, prenant la pleine mesure du caractère structurel de la crise, a lancé la Grande Offensive Agricole pour la Nourriture et l'Abondance (GOAN). Réponse sénégalaise à la crise, la GOAN s'est fixée pour objectif de « relever le défi de la souveraineté alimentaire, écarter tout risque de disette ou de famine et produire pour l'abondance ». La mise en œuvre de ce programme, entièrement financé sur ressources budgétaires nationales, a permis un progrès remarquable de l'agriculture sénégalaise en 2008. En effet, les superficies mises en culture ont augmenté de 35%, les récoltes céréalières ont connu une progression de 136%, tandis que les cultures de diversification réalisaient des performances qui en font, désormais, des composantes majeures du produit agricole sénégalais.

Monsieur le Président,
Mesdames, Messieurs,

L'enseignement fondamental de la GOAN est que le volontarisme, allié au pragmatisme et à l'esprit de méthode, peut permettre des progrès substantiels.

Mais comme je l'ai dit tantôt, le Sénégal n'a pas bénéficié d'appui extérieur pour la réalisation de ce programme, malgré la bonne volonté des partenaires au développement, en butte avec des procédures incompatibles avec les exigences d'une intervention rapide. Aussi, appelons-nous à une remise en cause des approches et des méthodes classiques d'intervention des partenaires au développement. Il nous paraît essentiel que ces partenaires se dotent de mécanismes d'intervention en urgence pour apporter les intrants aux producteurs, pour leur permettre de bénéficier des fenêtres de production. Il nous paraît nécessaire de sortir des sentiers battus dans la définition des projets, en mettant davantage l'accent sur l'optimisation des conditions d'entrée en production, l'accompagnement des producteurs et la mise en marché des productions.

Mais, au delà de ces problématiques, il nous semble également urgent d'adresser la question de la sécurité sanitaire des produits issus des petites exploitations et commercialisés sur les marchés domestiques. Nous le savons, il y a là les jalons de drames futurs qui se mettent en place à cause de l'utilisation inconsidérée de pesticides.

Monsieur le Président,

Je ne saurais terminer sans exprimer l'appréciation hautement positive que le Gouvernement du Sénégal a de la coopération avec le FIDA, et sans rendre un hommage mérité au Président sortant, Monsieur Lennart Båge, qui a dirigé notre Institution avec lucidité et compétence ces huit dernières années. Quant au nouveau Président, je voudrais lui présenter, au nom du Gouvernement et du peuple sénégalais, nos chaleureuses félicitations et nos vœux ardents de succès dans l'accomplissement de sa nouvelle mission.

Je vous remercie de votre aimable attention.