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Statement by Cote d'Ivoire to the 24th Session of IFAD's Governing Council

Madame le Président,
Honorables Membres du Conseil,
Mesdames et Messieurs.

La délégation de la Côte d’Ivoire que je conduis est particulièrement heureuse et fière de prendre part à cette 24ème session du Conseil des Gouverneurs du FIDA.

Madame le Président, je vous félicite très chaleureusement pour votre brillante élection à la présidence de cette 24ème session et vous assure du soutien et de la collaboration active de la délégation ivoirienne pour le succès de nos travaux.

Lee Fonds doit continuer de jouer un rôle important en Afrique plus qu’ailleurs au nom de la solidarité internationale, tant les besoins sont énormes et urgents dans cette partie du monde. La pauvreté est partout galopante notamment en milieu rural.

Certains de nos pays sont durement affectés par la sécheresse et la faim. Or, la capacité d’intervention de nos États est limitée parce que lourdement surendettés.

C’est pourquoi, vous comprenez l’immense et réel soulagement qu’éprouvent les populations africaines face à la mise en œuvre de tous les projets de développement rural de nature à assister les plus pauvres notamment les petits exploitants, les paysans sans terre, les éleveurs nomades, les femmes, les jeunes et autres groupes sociaux démunis.

Le plus grand compte doit être tenu, en effet, de leurs besoins urgents de parvenir à un niveau acceptable de bien-être social à travers leur sécurité alimentaire, l’accroissement de leurs revenus, l’amélioration de leur santé et une meilleure contribution à leur formation.

La Côte d’Ivoire se réjouit d’avoir bénéficié du soutien du FIDA avec un volume global de prêt approuvé d’environ 49,5 millions de DTS dont 10,67 millions de DTS effectivement décaissés, soit 21% du financement global au profit de notre pays. Ce faible taux de décaissement s’explique son seulement par la lenteur des procédures de retrait de fonds mis en place, mais aussi et surtout par l’absence de contrepartie liée aux difficultés qu’a connue notre pays.

C’est pourquoi, je peux légitimement me satisfaire qu’au moment où je vous parle, la Côte d’Ivoire a apuré tous ses arriérés envers le FIDA pour traduire dans les faits son engagement à poursuivre les projets initiés par le Fonds dans notre pays.

Madame le Président, faut-il le rappeler, le Gouvernement actuel a hérité d’une situation socio-économique peu enviable. La mauvaise gouvernance, qui a entraîné la suspension des concours financiers extérieurs depuis plus de deux ans, et le récent contexte socio-politique, marqué par une transition militaire incertaine, ont aggravé la situation du pays, à telle enseigne que les engagements de l’État non réglés se chiffrent, aujourd’hui, à 814 milliards de F FCA (1,3 milliards d’euros environ), soit 11,9% du PIB contre 484,1 milliards déjà en 1999 (734 millions d’euros), soit 7,5% du PIB.

Au plan social, les problèmes économiques se sont traduits par l’aggravation de la pauvreté et l’accentuation des inégalités. Ainsi, le revenu par tête d’habitant est-il passé à moins de 700 dollars US aujourd’hui contre 1000 dollars US au début des années 1980.

Face à cette situation, Monsieur Laurent GBAGBO, Le Président démocratique élu et son Gouvernement ont mis au point un programme de refondation économique et social. Compte tenu des nombreux défis, les premières mesures sont en train d’être prises pour assainir le cadre macro-économique, contenir le déficit budgétaire autour de 3% du PIB en 2001 et 2002.

L’accent est mis en outre sur la politique fiscale afin d’atteindre un niveau de recettes d’environ 16,5% du PIB cette année et 21% du PIB en 2005. Le résultat attendu de cette politique d’assainissement est l’accroissement de l’investissement et d l’épargne intérieure.

Par ailleurs, le Gouvernement s’attelle à conclure avec les institutions de BRETTON WOODS un programme intérimaire les semaines à venir.

Autant dire qu’après plus de deux ans d’interruption des relations avec la communauté financière internationale, les institutions démocratiques nouvellement installées à Abidjan ont la volonté d’agir pour le bien-être des populations ivoiriennes. Le secteur agricole employant plus des 2/3 de la population active et contribuant à près de 40% du PIB et à environ 66% des recettes d’exportation, constitue un enjeu national et une priorité de la politique de refondation économique et sociale qui sera développée avec un accent particulier sur l’autosuffisance et la sécurité alimentaires.

 

Pour le plus grand bien être de nos populations pauvres, la Côte d’Ivoire souhaite voir renforcer la capacité d’intervention du Fonds qui a démontré par le passé son efficacité. Nous l’engageons à suivre de près la décision adoptée par le Conseil à l’issue de sa session de février 1997, relative à sa participation à l’initiative du FMI et de la Banque Mondiale pour la réduction de la dette des pays pauvres très endettés.

Je tiens ici à rendre hommage au Président sortant, Monsieur Fawzi Al Sultan et à toute son équipe pour le travail remarquable qu’ils ont abattu à la têete de notre Organisation commune.

Je les assure de l’amitié et de la gratitude du Gouvernement et du peuple de Côte d’Ivoire.

Je ne saurais terminer mon propos sans m’acquitter de l’agréable devoir de renouveler au Président du FIDA nos sincères remerciements et l ‘expression de notre profonde reconnaissance pour l’attention toute particulière que son Organisation accorde à la Côte d'Ivoire.

Soyez assuré, Monsieur le Président, de l’engagement des nouvelles autorités ivoiriennes, avec à leur tête le Président Laurent GBAGBO, à vous apporter l’appui nécessaire et une collaboration totale pour les actions futures du Fonds.

Je vous remercie.

Déclaration de M. Alphonse DOUATI
Ministre de l’agriculture et des ressources animales de la Côte d’Ivoire