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Declaration du Burkina Faso prononcée par Monsieur Jacob Ouedraogo, Ministre de l’Agriculture et des Aménagements Hydrauliques, Rome, le 17 février 2016

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Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs les Gouverneurs,

Très honorée par l’invitation faite au Burkina Faso, ma délégation salue et adhère aux différentes déclarations faites et joint sa voix à celle des autres pays, au sujet de la thématique de la présente session.

Monsieur le Président,

La persistance de l’extrême pauvreté, l’aggravation des disparités socio-économiques, les crises alimentaires à répétition, les catastrophes dues aux changements climatiques, montrent la pertinence de la tenue du présent conseil à l’entame des ODD. C’est dire que le choix du thème de la présente session: Investissements inclusifs: Populations rurales, État et entreprises dans le programme pour l’après-2015, nous parait fort approprié.

Il nous faut donc revoir la stratégie de notre lutte, à savoir promouvoir un développement qui soit durable et essentiellement centré sur l’homme.

A cet effet, nous sommes tous interpellés sur la nécessité de donner un visage humain au développement. En d’autres termes, le développement doit impliquer les personnes vivant dans l'extrême pauvreté qui sont les plus vulnérables et exposées aux risques et dangers des changements climatiques. L’extrême pauvreté et la forte vulnérabilité de l’économie face aux chocs extérieurs continuent d’affliger les populations subsahariennes de l’Afrique.

La pauvreté dans la plupart des pays africains est surtout un phénomène rural. Au Burkina Faso, bien que l’incidence de la pauvreté ait diminué grâce à la croissance économique soutenue de la dernière décennie, d’énormes défis restent à relever pour permettre au pays d’être à l’abri de la pauvreté.

Pour ce faire, le Burkina Faso qui entame de nouvelles réformes institutionnelles après les élections démocratiques, transparentes, acceptées de tous et saluées par la communauté internationale plaide pour que la priorité soit accordée à la lutte contre la pauvreté en milieu rural. Il salue à cet effet l’esprit qui a guidé l’élaboration du programme de développement post 2015 à travers les ODD, dans lequel l’élimination de la pauvreté figure en bonne place. Ceci est conforme à la nouvelle vision du Président du Faso, dont le programme quinquennal: «Bâtir ensemble un Burkina Faso de démocratie, de progrès économique et social, de justice et de paix». Pour vaincre réellement la pauvreté, surtout celle en milieu rural, l’opérationnalisation du programme post 2015 doit mettre l’accent sur le développement agricole, les politiques en faveur de l’emploi des jeunes et de l’autonomisation des femmes.

Le développement du secteur agricole dans nos pays permet non seulement d’y créer des opportunités d’emplois, mais aussi des débouchés pour les produits agricoles. Le soutien de la communauté internationale aux investissements dans le secteur agricole devrait donc être une priorité au niveau mondial. Ces investissements doivent avant tout s’orienter vers le renforcement des capacités des populations afin d’accroitre leur résilience face aux chocs climatiques.

La question de l’emploi, surtout l’emploi des jeunes est centrale dans la lutte contre la pauvreté. Les jeunes des pays en développement sont, pour la plupart, dans une situation d’emploi vulnérable qui les contraint à l’exil et, à la recherche de meilleurs conditions de vie, avec tous les risques. C’est un spectacle désolant que nous observons quotidiennement pour la question de l’immigration. Il est donc vital et urgent que la communauté internationale respecte leur engagement à accompagner les gouvernements de ces pays à promouvoir les microentreprises, ainsi que les petites et moyennes entreprises, qui sont créatrices d’emplois. Bien attendu, cela doit être accompagné d’investissements dans le secteur éducatif pour permettre de mieux éduquer les jeunes face aux réalités du marché de l’emploi.

L’autonomisation des femmes nous semble cruciale en tant qu’instruments de la lutte contre la pauvreté et l’image sur le document du thème du présent conseil nous rassure que le FIDA en fait une priorité.

Le Burkina Faso réitère son appel pour que la communauté internationale investisse davantage dans les femmes et les filles en milieu rural. Un tel investissement aurait des effets multiplicateurs sur la société car tout l’effort de la femme est centré dans l’amélioration du bien-être de sa famille. En effet, la voie vers le développement exige une attention particulière et des investissements massifs et inclusifs pour plus d’autonomisation des femmes.

Ces investissements doivent se faire à travers la mise en œuvre de projets et programmes de développement tels que les agro pôles dans le secteur agricole et la promotion de l’entreprenariat agricole et de l’agriculture familiale en encourageant surtout le Partenariat Public-Privé. 
C’est sur cette conviction et l’espoir d’éradication de la pauvreté que le peuple Burkinabé a élu le Président Roch Marc Christian KABORE pour qu’il mette en œuvre son Programme National de développement Economique et Social (PNDES).    

Pour sa part, le Burkina Faso bénéficie depuis 1981 des interventions (du FIDA) et souhaite voir ce partenariat se renforcer à travers l’augmentation du portefeuille de projets.

Monsieur le Président, le peuple Burkinabé à travers ma voix vous dit merci!

Pour clore notre déclaration, nous exprimons toute la gratitude du peuple burkinabè aux nombreux amis et partenaires au développement qui nous ont accompagnés dans le processus de normalisation des institutions de notre pays. Au FIDA, toute notre reconnaissance, pour les appuis inestimables chaque fois que nous l’avons sollicité.

Le Burkina Faso s’engage à renforcer cette coopération pour le bien-être de nos populations.

Je vous remercie!