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Allocution de Madame Ananga Messina Clémentine, Ministre Déléguée auprès du Ministre de l'Agriculture et du Développement Rural, Gouverneur du Cameroun à l'occasion de la trente-cinquième session des Gouverneurs du FIDA

Madame la Présidente du Conseil des Gouverneurs,
Mesdames et Messieurs les Ministres,
Mesdames et Messieurs les Gouverneurs,
Monsieur le Président du FIDA,
Honorables délégués,
Mesdames et Messieurs,

La Délégation camerounaise que je conduis est heureuse de prendre la parole devant cette auguste assemblée, à l'occasion de la trente-cinquième session du Conseil des gouverneurs du FIDA.

Je voudrais, pour commencer, remercier chaleureusement le Gouvernement et le peuple italiens pour leur hospitalité manifestée à notre endroit depuis notre arrivée. Je saisis aussi cette occasion pour renouveler à Monsieur le Président du FIDA, que nous aurons l'honneur et le plaisir de recevoir très prochainement au Cameroun, l'engagement de notre pays dans la défense des idéaux nobles du FIDA pour la lutte contre la pauvreté rurale.

Madame la Présidente,

Les convulsions et les atermoiements que l'économie mondiale connait depuis les crises alimentaire et financière de 2007 et 2008 continuent d'avoir des effets pervers sur les systèmes agricoles des pays en développement, particulièrement en Afrique sub-saharienne. Ajoutés à cela, la pression sur les ressources naturelles due essentiellement à une démographie galopante, et les aléas climatiques en Afrique, mettent leurs populations rurales, qui sont essentiellement constituées des petits paysans, dans une situation d'incertitude permanente. Maintenir les niveaux de productivité et de production acceptables reste une vraie gageure pour ces derniers.

Ainsi donc, relever le défi d'une agriculture durable, entre les mains des petits producteurs impose l'adoption de comportements innovants, qui répondent aux réalités actuelles du changement climatique, de la différentiation au niveau des marchés intérieurs, des facteurs de risque pour les petits agriculteurs, du commerce international intégré, et de l'émergence de nouveaux marchés porteurs. Il s'agit en fait de sécuriser des systèmes de production qui assurent à l'agriculture, la capacité d'impulser la sécurité alimentaire tout en assurant une protection durable de l'environnement et offrant des opportunités de croissance économique.

C'est dans ce contexte que le thème central du Conseil des gouverneurs de cette année ; « La petite agriculture durable : nourrir le monde, protéger la planète », tire toute sa pertinence.

En débattant des questions qui pourraient fâcher telles que la promotion des sources d'énergie verte, les politiques qui encouragent les technologies agricoles écologiques, le développement des politiques garantissant les droits fonciers, le paiement pour les services environnementaux, les politiques de subvention des intrants agricoles, pour ne citer que celles-là, le Conseil des Gouverneurs pourrait contribuer à faire avancer les négociations en cours sur ces questions.

Une agriculture basée sur l'approche écosystémique est certainement la voie du futur et nous attendons avec grand intérêt les débats internationaux sur la question lors de la Conférence de Rio+20 du mois de juin 2012.

Les statistiques de la production agricole dans les pays en développement à l'instar du Cameroun, montrent que les petits producteurs, dont le système de production est basé sur l'unité familiale, constituent plus de 80 pourcent de la capacité productive. C'est dire que toute politique ou stratégie nationale dans ces pays, qui n'intègre pas, en priorité, les actions d'accompagnement des petits agriculteurs, ne peut réussir. Ceci commande que les stratégies retenues soient contextualisées et bâties sur les expériences et innovations locales.

Je citerais, à ce titre, un exemple concret d'un projet, fruit de la coopération entre le Cameroun et le FIDA, qui a apporté des idées innovantes supportant les systèmes de production des petits paysans. Il s'agit du projet de diversification des systèmes de production des petits paysans par les cultures vivrières et les arbres traditionnels en y intégrant les espèces de haute valeur des plantes médicinales, les biocarburants, les fruits et les légumes. C'est une expérience qui mérite d'être rapportée, car elle a permis de soutenir les efforts de diversification culturale des petits agriculteurs.

Un autre exemple concret de diversification des capacités productives des petits agriculteurs du Cameroun est l'accent mis aujourd'hui sur la domestication des espèces dites « sauvages ». La culture du Gnetum africanum généralement appelé « Eru » ou « Ekok » dont les feuilles constituent un important produit forestier non-ligneux, aujourd'hui en surexploitation et menacé de disparition. De même, la promotion de la transformation des produits agricoles par les organisations paysannes autour des grandes villes, ainsi que l'élevage de l'aulacode, qui est un gros rongeur dont l'habitat naturel est la savane herbeuse et les zones marécageuses, rentrent dans cette logique et participent de la recherche des idées innovantes.

Très souvent, les petits producteurs agricoles, qui sont tenus au courant des engagements sur le plan international, se demandent comment cela peut se traduire, sur le plan national, par une amélioration de leurs capacités de production. Aujourd'hui plus qu'hier, le secteur agricole, pour jouer le rôle qui est le sien en matière de sécurité alimentaire tout en préservant l'environnement, a besoin de financements nouveaux et innovants. Un partenariat public-privé peut à cet égard être déterminant.

Les petits producteurs des pays en développement attendent du FIDA le soutien à leurs actions sur le plan local à travers la mise en œuvre de programmes d'appui à l'amélioration de leurs capacités de production et le soutien au développement des filières. Le FIDA devrait donc, par conséquent, assurer le financement de projets innovants à haute valeur ajoutée. Dans ce contexte précis, la conclusion heureuse de la Consultation sur la neuvième reconstitution des ressources du FIDA est la réponse donnée par les membres, en soutien au Cadre stratégique du FIDA 2011-2015, dont l'action reste fortement axée sur les moyens de subsistance et la sécurité alimentaire des populations rurales pauvres – et sur l'agriculture paysanne en tant que source essentielle de revenus et de nourriture pour de nombreux ménages ruraux pauvres, et moteur de la croissance économique du monde rural.

Je vous remercie de votre aimable attention.