D’après un nouveau rapport, les sommes que les migrants envoient chez eux dépassent de 51% leur niveau d’il y a dix ans, permettant ainsi à des millions de personnes de sortir de la pauvreté

New York, 14 juin 2017 – D’après un nouveau rapport publié aujourd’hui par le Fonds international de développement agricole (FIDA), le montant des sommes que les migrants envoient à leurs familles dans les pays en développement a augmenté de 51% au cours des dix dernières années, chiffre bien supérieur à la hausse de 28% des migrations en provenance de ces pays.

Sending Money Home: Contributing to the SDGs, One Family at a Time ("Travailleurs migrants et transferts d’argent: Vers la réalisation des Objectifs de développement durable, une famille à la fois") est la toute première étude d’une tendance sur dix ans des flux de migration et de transferts d’argent enregistrés au cours de la période 2007-2016. Bien que le rapport montre un certain nombre de hausses dans les modes de transfert vers la quasi-totalité des régions du monde, la nette augmentation observée au cours de la dernière décennie est due en grande partie à l’Asie, qui a connu une progression de 87% du volume des transferts d’argent.

Malgré cette tendance depuis dix ans, Gilbert F. Houngbo, Président du FIDA, souligne que l’impact des transferts d’argent doit d’abord être envisagé "une famille à la fois". "Ce qui compte, ce n’est pas tant l’argent qui est envoyé vers les pays d’origine, c’est l’impact qu’il peut avoir sur la vie des gens. Les petites sommes de 200 USD ou 300 USD que chaque migrant envoie chez lui représentent 60% du revenu du ménage, et cet argent fait une différence énorme dans la vie des familles et dans les communautés dans lesquelles elles vivent."

À l’échelle planétaire, plus de 200 millions de travailleurs migrants subviennent aujourd'hui aux besoins de près de 800 millions de membres de leurs familles. Selon les prévisions, en 2017, une personne sur sept dans le monde participera, comme expéditrice ou comme bénéficiaire, à des transferts d’argent dépassant 450 milliards d’USD. Les flux migratoires et les transferts d’argent des migrants chez eux ont un impact à grande échelle sur l'économie et la scène politique mondiales.

Le total estimé des revenus des travailleurs migrants représente 3 000 milliards d’USD par an, dont environ 85% restent dans les pays hôtes. Les sommes que les migrants envoient vers leur pays d’origine représentent en moyenne moins de 1% du PIB de leur pays hôte.

Ces transferts d’argent individuels représentent globalement plus du triple de l’aide publique au développement (APD), toutes sources confondues, et dépassent le montant total des investissements étrangers directs réalisés dans la quasi-totalité des pays à faible revenu et des pays à revenu intermédiaire.

"Près de 40% des transferts d’argent, soit 200 milliards d’USD, sont envoyés vers les zones rurales, dans lesquelles vit la majeure partie des populations pauvres", indique Pedro de Vasconcelos, Responsable du Mécanisme de financement pour l'envoi de fonds du FIDA et auteur principal du rapport. "Cet argent est consacré aux dépenses alimentaires, aux soins de santé, à de meilleures possibilités d’éducation et à l’amélioration du logement et des conditions sanitaires. Les transferts d’argent jouent donc un rôle décisif en aidant les pays en développement à réaliser les Objectifs de développement durable."

Les coûts de transaction pour envoyer de l’argent dépassent actuellement 30 milliards d’USD par an, les frais étant particulièrement élevés pour les pays les plus pauvres et les zones rurales éloignées. Le rapport formule plusieurs recommandations en vue d’améliorer les politiques publiques et présente des propositions de partenariats avec le secteur privé afin de réduire les coûts et donner aux migrants et à leurs familles les moyens d’utiliser leur argent de façon plus productive.

"La population des pays développés allant en vieillissant, la demande de main-d’œuvre immigrée devrait continuer à augmenter dans les prochaines années", écrit P. de Vasconcelos. "Toutefois, les transferts d’argent peuvent aider les familles des migrants à bâtir un avenir plus sûr, faisant de la migration des jeunes un choix plutôt qu’une nécessité."

Autres conclusions principales du rapport:

  • Au cours des dix dernières années, les flux de transferts d’argent ont augmenté à un rythme annuel de 4,2% en moyenne, passant de 296 milliards d’USD en 2007 à 445 milliards d’USD en 2016.
  • Cent pays reçoivent chaque année plus de 100 millions d’USD sous forme de transferts d’argent.
  • On estime que 6 500 milliards d’USD (à croissance nulle) sous forme de transferts d’argent devraient être envoyés vers les pays à faible revenu et les pays à revenu intermédiaire entre 2015 et 2030.
  • Les dix principaux pays d'envoi représentent près de la moitié des flux annuels, au premier rang desquels les États-Unis, l’Arabie saoudite et la Fédération de Russie.
  • Quatre-vingts pour cent des transferts d’argent sont envoyés vers 23 pays, au premier rang desquels la Chine, l’Inde et les Philippines.
  • L’Asie reçoit 55% du total des flux de transferts d’argent.

Le rapport est publié à la veille de la Journée internationale des envois de fonds à la famille, célébrée chaque année le 16 juin. Son analyse et ses recommandations contribuent à préparer les discussions qui se dérouleront lors du Forum mondial 2017 sur les transferts d’argent, les investissements et le développement, qui se tiendra les 15 et 16 juin au siège des Nations Unies à New York.

Notes à l’éditeur

Téléchargez le rapport

Le Forum mondial 2017 sur les transferts d’argent, les investissements et le développement sera retransmis sur le web: www.ifad.org/gfrid2017


Communiqué de presse N°:  FIDA/34/2017

Le FIDA investit dans les populations rurales en les autonomisant afin de réduire la pauvreté, d’accroître la sécurité alimentaire, d'améliorer la nutrition et de renforcer leur résilience. Depuis 1978, nous avons octroyé 18,5 milliards d'USD sous la forme de prêts à faible taux d'intérêt et de dons en faveur de projets qui ont touché quelque 464 millions de personnes. Le FIDA est une institution financière internationale et un organisme spécialisé des Nations Unies dont le siège est à Rome – le centre névralgique des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture.