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1, 2, 3 façons de lutter contre la pauvreté rurale en Afrique du Nord et Proche-Orient grâce aux technologies numériques

01 décembre 2020
© Pixabay

Les technologies numériques nous accompagnent désormais au quotidien depuis quelques décennies. Grâce aux smartphones et aux ordinateurs portables, nous sommes plus connectés que jamais. Ces outils sont encore plus utiles depuis le début de la pandémie de COVID-19, puisqu’ils nous aident à garder le contact malgré la distance physique.

Beaucoup pourraient penser que l’innovation et les avantages qu’elle offre sont réservés aux pays les plus développés de la planète. En réalité, les technologies numériques sont en pleine expansion à travers les pays en développement – y compris parmi les plus fragiles – et se sont révélées déterminantes dans la lutte contre la pauvreté et la faim. 

Depuis plusieurs années, les projets soutenus par le FIDA au Proche-Orient et en Afrique du Nord intègrent les technologies de l’information et des communications (TIC) au service du développement dans les actions de soutien aux petits producteurs ruraux. Dans le contexte difficile de la crise de la COVID-19, ce type d’initiatives est d’autant plus pertinent. En voici trois exemples.

Maroc: initiative de commerce en ligne pour aider les éleveurs de moutons en milieu rural

À quelque 50 kilomètres à peine des marchés bouillonnants de Marrakech, les zones rurales de la province d’Al Haouz enregistrent des taux de pauvreté alarmants. Là-bas, les habitants dépendent de l’agriculture et de l’élevage pour subvenir à leurs besoins, des activités qui ne sont cependant pas suffisamment rémunératrices pour leur assurer un revenu stable et décent.

Un projet financé par le FIDA a été lancé en 2013 pour améliorer les conditions de vie dans la province. Parmi les nombreuses innovations introduites, le projet a permis de créer une plateforme de commercialisation en ligne pour les éleveurs, intitulée Hawli.Haouz. La plateforme aide les éleveurs de moutons à vendre leurs animaux plus facilement dans la région, en particulier à l’occasion de l’Aïd al Adha, où l’on déguste des plats traditionnels à base d’agneau.

L’initiative a donné des résultats remarquables. En 2015, première année d’activité, plus de 200 moutons ont été mis en vente sur la plateforme, générant un chiffre d’affaires d’environ 65 000 USD. Les deux années suivantes, le nombre de moutons vendus et le chiffre d’affaires associé ont presque quintuplé.

Ce succès attire un nombre grandissant de producteurs sur la plateforme: aujourd’hui, plus de 25 associations d’éleveurs de tout le pays vendent leurs animaux sur Hawli.Haouz. Toutefois, la plateforme reste particulièrement avantageuse pour les petits éleveurs de moutons, qui vivent généralement dans des zones isolées où ils sont déconnectés des grands marchés.

Égypte: amélioration de l’accès au marché grâce à une nouvelle application de commerce électronique

En Égypte, la forte prévalence de la pauvreté rurale s’explique par des facteurs foncièrement analogues à ceux rencontrés par les petits paysans au Maroc. En particulier, il peut être très difficile pour les agriculteurs vivant dans les zones les plus reculées de se rendre physiquement sur les marchés, d’autant que, souvent, ils n’ont ni l’argent, ni les actifs, ni l’infrastructure pour y établir une présence – c’est précisément là où les technologies numériques peuvent réduire la fracture.

Le Projet d’augmentation des revenus ruraux par l’amélioration des marchés, financé par le FIDA et présent en Égypte depuis 2011, vient de mettre au point sa propre plateforme de commerce électronique, baptisée SHARI. Les petits agriculteurs égyptiens seront en mesure d’utiliser la plateforme et son application mobile pour commercialiser leurs produits en ligne, se connectant ainsi aux marchés de gros et aux consommateurs finals. L’application sera lancée en décembre 2020 et vise entre 10 000 et 20 000 utilisateurs.

Si la plateforme SHARI s’adresse aux petits producteurs, elle profitera aussi au consommateur final. L’application permet au consommateur de comparer les produits sélectionnés et de trouver le prix qui lui convient le mieux. Elle s’adapte également au comportement de l’utilisateur, lui proposant des suggestions sur la base de ses opérations antérieures et de son historique de recherche.

La plateforme SHARI aide aussi bien les agriculteurs que les acheteurs à trouver les acteurs les plus fiables pour réaliser une transaction. À chaque transaction, les parties s’évaluent mutuellement sur une échelle de 1 à 5. Une moyenne des évaluations est calculée pour indiquer le score de fiabilité de l’utilisateur, à la façon des systèmes de notation des applications classiques de commerce. Les résultats des recherches seront automatiquement triés, affichant en premier les vendeurs les mieux notés, ce qui encouragera la réalisation de transactions en toute bonne foi.

Le circuit de vente en ligne s’est révélé efficient et rentable pour les petits producteurs. Il a également permis de maintenir les ventes en période de pandémie de COVID-19, puisqu’il facilite les ventes malgré les mesures de fermeture des marchés, dont l’impact aurait été autrement dévastateur. Dans certains cas, la pandémie a fait émerger de nouveaux outils numériques, créés exclusivement pour faire face à ses effets.

Jordanie: versement des dons via des portefeuilles électroniques

Parmi les graves perturbations socioéconomiques qu’a récemment connues la Jordanie, les mesures de confinement ont eu une incidence sur l’exécution du Projet d’appui à la croissance économique et à l’emploi en milieu rural, financé par le FIDA, grâce auquel les petits paysans peuvent bénéficier de dons pour investir dans leurs activités agricoles. Souvent, pour les communautés vulnérables, l’aide internationale au développement constitue le dernier rempart contre l’extrême pauvreté et l’insécurité alimentaire. Dans des scénarios critiques tels que celui-ci – que la COVID-19 ne fait qu’exacerber –, l’aide est une nécessité plus impérieuse que jamais.

Pour maintenir les calendriers de décaissement des dons en période de confinement, le projet a commencé à faire appel à des applications de portefeuille électronique pour virer les fonds aux participants. Avec ce type d’applications, les fonds sont versés directement dans le portefeuille électronique de chaque participant sans qu’il faille créer un compte bancaire classique. Même en dehors des situations d’urgence, les participants au projet peuvent bénéficier de ce genre d’initiatives. En effet, ils rencontrent souvent des difficultés pour ouvrir un compte bancaire, car ils ont généralement peu d’économies et, vivant dans des zones isolées, ils ne sont pas toujours en mesure de se rendre dans les succursales classiques des banques.

Le programme de portefeuille électronique a été mis à l’essai auprès de 51 participants. Depuis lors, le nombre d’utilisateurs actifs a grimpé à 90 bénéficiaires de dons dans quatre provinces, qui recommandent presque à l’unanimité l’application. Pour faire connaître les avantages des portefeuilles électroniques et d’autres services financiers en ligne, le personnel du Projet d’appui à la croissance économique et à l’emploi en milieu rural a organisé des formations aux compétences numériques, en partenariat avec la société Jordan Payments & Clearing Company. La première session s’est tenue en septembre 2020.

Le FIDA s’était engagé à mettre au point et à implanter des solutions numériques existantes et nouvelles au profit des petits producteurs ruraux bien avant la pandémie de COVID-19. Avec ses investissements dans les TIC au service du développement, le FIDA s’emploie, conformément à son mandat, à aider les producteurs à devenir plus résilients, en leur ouvrant des perspectives locales et régionales qui leur étaient autrefois difficilement accessibles.

 

Découvrez l’action du FIDA en Égypte, en Jordanie et au Maroc
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