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Un modèle de développement nouveau

©FIDA/Minzayar Oo/Panos

Vietnam - Projet de développement rural durable au profit des populations pauvres des provinces de Ha Tinh et Quang Binh - novembre 2017

Une conférence se tient cette semaine à Buenos Aires, en Argentine. Elle nous rappelle qu'aujourd'hui, les pays en développement comptent autant les uns sur les autres que sur les pays développés pour obtenir l'aide dont ils ont besoin sur la voie du développement. De fait, les dichotomies de type "pays développés / pays en développement" s'estompent rapidement – comme tant d'autres différences dans un monde en rapide mutation. Face aux changements climatiques, à l'aggravation des inégalités, à la concurrence pour les ressources, aux migrations et aux autres défis auxquels ils sont confrontés, les pays du "monde du Sud", avec leurs puissantes économies émergentes, se rendent compte qu'ils disposent d'une source abondante de financements, de technologies et de savoir-faire: eux-mêmes.

La deuxième Conférence de haut niveau des Nations Unies sur la coopération Sud-Sud, ou Conférence BAPA+40, a lieu quarante ans après la première conférence des pays du Sud organisée à Buenos Aires, à l'occasion de laquelle 138 pays avaient adopté le Plan d'action de Buenos Aires pour la promotion et la mise en œuvre de la coopération technique entre pays en développement. Ce Plan d'action comprenait 38 recommandations très concrètes qui visaient à renforcer la coopération entre les pays du Sud, également appelée coopération Sud-Sud et triangulaire (CSST).

Le monde d'aujourd'hui est très différent de celui dans lequel la première conférence BAPA s'est tenue. En 1978, les sept économies majeures (le "Groupe des sept", ou G7) représentaient 62% du PIB mondial (qui s'élevait à 8 500 milliards d'USD à l'époque); en 2017, le PIB mondial a atteint 80 700 milliards d'USD, mais la part du G7 est tombée à 45% (Banque mondiale, 2019).

La Conférence BAPA+40 réunira plus de 1 500 représentants des États Membres des Nations Unies, de l'ONU et d'autres organisations internationales, de banques multilatérales de développement, de la société civile, ainsi que du secteur privé. Les trois organismes ayant leur siège à Rome, à savoir l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), le Programme alimentaire mondial (PAM) et le FIDA, seront représentés par la Vice-Présidente du FIDA Cornelia Richter. Cette Conférence intéresse tout particulièrement ces organismes du fait de leurs mandats complémentaires, par lesquels ils contribuent à lutter contre la faim, à renforcer l'agriculture paysanne et à transformer la vie des populations rurales pauvres à travers le monde.

En 2017, les organismes ayant leur siège à Rome ont adopté une feuille de route commune sur la CSST dans l'optique de la Conférence BAPA+40, laquelle porte notamment sur l'exécution conjointe de projets sur le terrain, et ils répertorient actuellement les pays dans lesquels des activités de CSST communes et ciblées seront mises en place. Ils recensent en outre les entreprises du secteur privé capables de fournir une assistance et des connaissances techniques aux petits agriculteurs tout au long des chaînes de valeur agricoles, tout en étudiant les possibilités qui s’offrent en matière de financement privé.

La CSST est particulièrement bien adaptée au développement agricole car de nombreux pays du Sud présentent des conditions environnementales, agricoles et économiques comparables. La production agricole dans le monde du Sud est de plus en plus menacée par les changements climatiques, l’épuisement des ressources, l'urbanisation et les pertes et gaspillages de nourriture. L'exode rural s'amplifie dans tous les pays en développement, laissant des producteurs ruraux de moins en moins nombreux sous la pression de la demande croissante de produits alimentaires et de produits agricoles connexes.

Les pays vont devoir faire en sorte d'augmenter la productivité en milieu rural, promouvoir l'adaptation aux changements climatiques, mettre à profit le potentiel des nouvelles technologies et appuyer la création d'organisations et de réseaux d'agriculteurs. Ces mesures exigeront des investissements accrus, la diffusion de nouvelles technologies, des échanges de savoirs et un appui stratégique – autant de domaines dans lesquels la CSST peut jouer un rôle.

Cette coopération est devenue de nos jours une modalité essentielle du développement, qui opère en parallèle de la coopération Nord-Sud. Elle introduit en outre une notion de la coopération au développement beaucoup plus large que le concept d'"aide", en englobant le commerce, les politiques publiques, le partage des savoirs, les investissements et la collaboration avec le secteur privé. Mais la CSST est également une affaire de solidarité, de réciprocité, de confiance et de volonté de parvenir à l'autonomie.

Alors que la communauté du développement s'emploie à concrétiser le Programme de développement durable à l’horizon 2030 et les objectifs de développement durable, la CSST apparaît comme un moyen de renforcer des approches multilatérales mises à mal ces dernières années. En collaboration avec leurs États membres, un certain nombre d'organismes du système des Nations Unies sont déjà en train d'étendre et de diversifier leurs activités d'appui à la CSST. Le FIDA a ainsi lancé un mécanisme de CSST avec le Gouvernement chinois, et a en outre créé trois centres sous-régionaux de CSST et de savoirs en vue d'intensifier son action en faveur de ce type de coopération.

La participation active de la FAO, du FIDA et du PAM à la Conférence BAPA+40, au service de la sécurité alimentaire et nutritionnelle, marque une étape importante dans la concrétisation d'un développement rural durable et de l'objectif ultime d'éradication de la faim et de la pauvreté, notamment grâce à la CSST.

Conférence BAPA+40, 20-22 mars 2019