Promouvoir le recours aux énergies renouvelables des petits exploitants agricoles au Cambodge

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Promouvoir le recours aux énergies renouvelables des petits exploitants agricoles au Cambodge

Il y a quatre ans, au moment du lancement du Projet S-RET, appuyé par le FIDA, la question qui revenait le plus souvent était « Mais qu’entendez-vous par  technologies d’exploitation des énergies renouvelables ? ». Comme nous avons pu le constater rapidement, un grand nombre de collectivités et de responsables politiques ne connaissaient pas ce secteur. Aujourd’hui, nous avons fait d’importants progrès dans l’intégration de ces technologies d’exploitation des énergies renouvelables dans la production agricole à petite échelle.

L’agriculture paysanne est vulnérable aux changements climatiques, mais présente elle-même des risques pour l’environnement. Par exemple, des activités comme le pompage de l’eau, la transformation après récolte et le transport reposent en grande partie sur des moteurs diesel. Bon nombre des engins utilisés sont vétustes et inefficaces, sans compter qu’ils dépendent des combustibles fossiles et de la volatilité de leurs prix. Néanmoins, à ce jour, très peu d’organismes ont envisagé d’intégrer les technologies d’exploitation des énergies renouvelables dans l’agriculture à petite échelle. Cette réticence est en partie compréhensible – les technologies d’exploitation des énergies renouvelables sont souvent perçues comme trop coûteuses ou insuffisamment éprouvées.

Le Projet S-RET a toutefois permis de convaincre de nombreuses parties prenantes de la viabilité de ces technologies. Plus de 4 500 dispositifs d’énergie renouvelable ont déjà été installés au Cambodge et ailleurs, grâce à des partenariats conclus avec des entreprises d’énergie renouvelable, des instituts techniques et des agents de vulgarisation aux niveaux national et provincial. Récemment, le Fonds pour l’environnement mondial a désigné le Projet S-RET comme l’un de ses projets de bonnes pratiques mondiales.

Séchoir solaire utilisé pour le séchage de la viande et du poisson, mis en place dans le cadre du Projet S-RET appuyé par le FIDA. © FIDA

Pleins feux sur quelques partenaires importants du Projet S-RET

EcoSun commercialise une pompe solaire portable qui permet d’accéder à l’eau pendant la saison sèche et d’irriguer les cultures à haute valeur ajoutée. Ces pompes permettent à chaque agriculteur d’économiser en moyenne deux à trois litres d’essence par jour.

Lighting & Energy Solutions (L&ES) collabore avec une entreprise indienne et propose des séchoirs solaires, qui sont maintenant utilisés par de nombreux agriculteurs pour sécher le bœuf et le poisson. Lorsqu’ils sont séchés au soleil, comme le prévoit la technique traditionnelle de dessèchement, la viande et le poisson sont exposés aux mouches, à la poussière et à d’autres contaminants. L’adoption de séchoirs solaires permet d’améliorer l’hygiène (absence de mouche et de poussière), l’efficacité (élimination des obstacles saisonniers et augmentation de la capacité de séchage) et la rentabilité (possibilité pour les agriculteurs de vendre désormais en moyenne 6 kilogrammes de viande de bœuf séchée par jour, pour un bénéfice moyen de 20 USD par jour).

L&ES utilise une approche innovante de rachat; l’entreprise achète les produits séchés aux agriculteurs et les vend au détail dans les supermarchés de Phnom Penh sur une plateforme de commerce électronique. Sans qu’aucune publicité soit nécessaire, de nombreux agriculteurs ont donc acheté des séchoirs supplémentaires pour augmenter leur production. Par la suite, L&ES s’attachera à localiser sa production afin de réduire les coûts de fabrication.

Couveuses solaires pour volailles mises au point dans le cadre des activités du Projet S-RET appuyé par le FIDA. © FIDA

L’entreprise Green Innovet Cam promeut les couveuses solaires selon une approche globale, en formant tous les agriculteurs de la filière. Ceux-ci achètent un coffret qui comprend le système de couveuse et tout ce dont ils ont besoin pour élever des poulets. Ils reçoivent également une formation sur l’éclosion des œufs et les soins à apporter aux volailles tout au long de leur cycle de vie, ainsi que sur le fonctionnement et l’entretien de la couveuse. Avec des couveuses d’une capacité de 300 ou 500 œufs, selon les modèles, l’incubation est devenue la principale source de revenus de nombreux agriculteurs (en majorité des femmes), leur rapportant 300 à 400 USD par mois.

Perspectives d’avenir avec les collaborateurs gouvernementaux et institutionnels

En marge de tous ces partenariats, l’équipe du Projet S-RET continue d’appuyer le programme national de biodigesteurs du Cambodge. À ce jour, plus de 2 600 biodigesteurs (appareils qui décomposent les matières organiques telles que les déchets alimentaires, réduisant ainsi la quantité envoyée à la décharge) ont été installés dans le cadre du projet et ont permis de réduire les émissions de gaz à effet de serre à hauteur de 124 660 tonnes de dioxyde de carbone.

L’équipe a également mis à l’essai des utilisations innovantes du biogaz, non seulement pour la cuisine (comme alternative au bois de chauffage et au charbon de bois), mais aussi pour la gestion des déchets d’abattoirs, la production de granulés de lisier biologique (un engrais hautement organique), le chauffage des poussinières, ainsi que l’exploitation de petites machines telles que les pompes à eau.

L’adoption des technologies d’exploitation des énergies renouvelables a directement contribué à améliorer les moyens d’existence des femmes, ainsi que leur santé. De nombreuses femmes bénéficient désormais d’une meilleure productivité et de revenus accrus, mais aussi d’une meilleure sécurité alimentaire et nutritionnelle depuis qu’elles ont appris à mieux entretenir le potager familial. Les biodigesteurs se sont avérés particulièrement utiles à cet égard. Le bois de chauffage peut entièrement être substitué par le gaz qu’ils produisent, permettant ainsi d’éviter les conséquences sanitaires liées à son utilisation, qu’il s’agisse du travail physique nécessaire à sa collecte ou de l’incidence des maladies respiratoires et oculaires causées par l’exposition rapprochée au bois brûlé.

Les femmes sont désormais en mesure de vendre le surplus d’une grande variété de fruits et légumes provenant de leur jardin potager.

Ces avantages ont été rendus possibles grâce à l’utilisation innovante des dons. Dans un premier temps, des dons ont été accordés à des entreprises du secteur des énergies renouvelables, pour qu’elles puissent tester les technologies d’exploitation des énergies renouvelables sur le terrain. Elles ont ainsi pu servir les zones rurales, où les coûts de transaction liés aux activités commerciales sont plus élevés. Ensuite, une fois que la technologie d’exploitation des énergies renouvelables était considérée comme viable, les entreprises ont eu la possibilité de solliciter un don supplémentaire aux fins de son déploiement. Ces dons supplémentaires leur ont permis d’établir des chaînes d’approvisionnement dans les zones rurales, y compris la distribution et les services après-vente.

Aujourd’hui, à l’approche de la fin du projet, le Ministère cambodgien de l’agriculture, de la foresterie et des pêches œuvre, au moyen de ses propres ressources, à l’élaboration d’une nouvelle proposition en vue de la prochaine reconstitution des ressources du Fonds pour l’environnement mondial, qui permettrait de transposer le Projet S-RET à plus grande échelle à la faveur de la participation accrue du secteur privé. Cela met clairement en évidence combien le FIDA a aidé le ministère à concrétiser son engagement en faveur des technologies propres.

De nombreux pays mettent désormais davantage l’accent sur les énergies renouvelables, notamment pour éviter de s’enfermer dans une trajectoire de croissance économique à forte intensité de carbone. Nous constatons que les énergies renouvelables offrent également des perspectives d’emploi prometteuses, notamment pour les jeunes. Le Projet S-RET a largement contribué au développement de ces technologies au Cambodge et dans la démocratisation du débat sur les énergies renouvelables. Un débat auquel sont désormais associés nos partenaires à petite échelle.

Découvrez l’action du FIDA au Cambodge.