Comment le groupe des Lare Milk Dealers a trouvé son public

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Comment le groupe des Lare Milk Dealers a trouvé son public

©FIDA/Christine Nesbitt

Cette série sur l’Afrique orientale et australe porte sur les réalisations de cinq entreprises agricoles dirigées par des jeunes dans les comtés de Nakuru et Kilifi, au Kenya. Ces cinq entreprises, qui ont toutes remarquablement réussi, nous livrent un enseignement précieux en matière de développement rural, applicable à d’autres projets. Les groupes présentés dans cette série bénéficient tous de l’appui du Vijabiz, un projet financé par le FIDA qui, grâce au mentorat et à l’entrepreneuriat agricole, vise à donner aux jeunes les moyens de leur autonomie.

Au Kenya, les jeunes sont confrontés à des taux de chômage élevés depuis de nombreuses années. Plutôt que de chercher un emploi classique, ils sont donc nombreux à choisir de s’associer pour lancer leur propre affaire. C’est le cas des jeunes qui ont monté le groupe laitier Lare Milk Dealers (ou tout simplement Lare). Créé en 2012, Lare compte aujourd’hui 15 membres, tous de jeunes hommes et de jeunes femmes du comté de Nakuru au Kenya.

Depuis le départ, Lare se concentre sur les produits laitiers: plus particulièrement, le groupement achète du lait cru aux agriculteurs du comté et le revend à ses clients. Bien que ce type d’activité soit en principe rentable, le groupement a rencontré des obstacles dès ses débuts. Le comté de Nakuru comprenait déjà de nombreuses entreprises de transformation laitière, ce qui n’a pas facilité le positionnement du groupe sur le marché. Lare manquait également d’équipement et d’espace d’entreposage, ce qui limitait sa capacité de production (et les bénéfices à en retirer). Ils étaient conscients d’avoir du potentiel, mais le groupe n’avait pas assez de capital pour se développer.

Début 2020, le groupement Lare a pris connaissance du projet Vijabiz dans une annonce. Le projet, mené avec la collaboration du FIDA, du Centre technique de coopération agricole et rurale et de la Fondation USTADI, propose des activités de mentorat et une formation à l’entrepreneuriat aux groupes de jeunes kenyans qui créent leur entreprise. Le projet prévoit également l’attribution de dons aux groupes répondant aux conditions requises, pour les aider à démarrer leur activité.

Les membres du Lare Milk Dealers se sont immédiatement inscrits aux formations. Ils ont rapidement acquis des connaissances sur la filière laitière et ont notamment découvert des méthodes de valorisation des produits et d’amélioration de leur modèle d’activité qu’ils n’avaient jamais envisagées jusque-là. Ils ont aussi bénéficié d’une formation à la commercialisation en ligne, destinée à les aider à se positionner de manière stratégique et à vendre leurs produits sur les plateformes de réseaux sociaux.

À l’issue des séances de formation, Lare a en outre reçu un don de 10 000 USD pour développer son entreprise laitière. Une partie de cette aide a été utilisée pour l’achat d’un pasteurisateur d’une capacité de 200 litres et d’un réfrigérateur, en vue de la transformation sans risque et du stockage du lait. Le groupe a également acheté un distributeur automatique de lait (sur le modèles des distributeurs de billets), qui permet aux clients de se fournir en libre-service.

Un groupe laitier florissant – avec un petit plus

Aujourd’hui, le groupe des Lare Milk Dealers a trouvé son marché de niche. Grâce à la formation dont il a bénéficié, il a trouvé un moyen de se positionner sur un autre maillon de la filière: il vend désormais du foin aux éleveurs de vaches laitières, qui l’utilisent pour nourrir leurs animaux. Une bonne alimentation des vaches stimule la production de lait, ce qui a une incidence positive sur l’activité laitière de Lare.

Le pasteurisateur s’est révélé être un investissement utile. La demande de lait pasteurisé est élevée, ce qui a permis à Lare d’augmenter le prix du lait (de 0,28 USD à 0,46 USD par litre), tandis qu’en parallèle, le volume global des ventes a lui aussi grimpé. Le distributeur automatique de lait est apprécié des consommateurs: en plus de son caractère innovant, il limite les contacts physiques, ce qui permet aux clients d’acheter leur lait en minimisant les risques de contracter la COVID-19.

Fort de sa formation à la commercialisation en ligne, le groupe vend à présent ses produits grâce aux réseaux sociaux, tels que WhatsApp et Facebook. Il a ainsi pu prendre pied sur le marché et gagner des clients qui étaient au départ hors de portée.

De plus, la restructuration de l’entreprise a permis aux membres de Lare de trouver des débouchés supplémentaires. Par exemple, nombre d’entre eux ont participé à une formation technique sur les méthodes d’utilisation d’un pasteurisateur de lait, une compétence transférable qui sera utile à ces jeunes s’ils se destinent à une carrière dans l’industrie laitière.

Leçons de l’expérience

L’expérience de Lare nous rappelle qu’il est possible de créer des débouchés à tous les maillons de la filière – ou, autrement dit, en de multiples points du système alimentaire –, où les jeunes peuvent créer de la valeur ajoutée, entrevoir des perspectives d’emploi et gagner un revenu. Pour que les jeunes puissent tirer parti de toutes ces perspectives, il convient de leur fournir un soutien intégré (formation pour le développement des compétences, mentorat, et assistance financière et technique). Car investir en faveur de la jeunesse offre vraiment de multiples avantages: croissance de la filière, accroissement de la productivité, création d’emplois et, dans le cas qui nous occupe, services logistiques.

Écoutez les jeunes du groupe laitier des Lare Milk Dealers vous raconter leur projet.

Découvrez l’action du FIDA au Kenya.

Retrouvez les deux premiers épisodes de la série:
     1- De nouveaux horizons pour le groupe des jeunes d’Ingobor
     2- Les jeunes du groupe Greenthumb lancent leurs filets