Des technologies numériques qui transforment l'agriculture

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Des technologies numériques qui transforment l'agriculture

Au cours de sa très longue histoire, l’agriculture a été périodiquement bouleversée par diverses révolutions technologiques, comme l’hybridation végétale, le génie génétique, la mécanisation et l'utilisation de produits agrochimiques. La dernière révolution en date, à savoir l’avènement des technologies numériques, ne fait pas exception.

Bien que cela ne soit pas évident de prime abord, l’agriculture est un secteur fondé sur le savoir: elle repose sur de vastes quantités de données qui doivent être collectées, d’informations qui doivent être traitées et de connaissances qui devraient être partagées. Récemment, les technologies numériques ont considérablement accéléré et complexifié ces processus. Voici quelques-unes des innovations qui ont le plus de répercussions.

La téléphonie mobile est la technologie numérique qui a le plus transformé l’agriculture. Elle a été adoptée plus vite que n’importe quelle autre innovation inventée au cours du siècle dernier. En 2019, environ 5,2 milliards de personnes – soit les deux tiers de la population mondiale – utilisaient un téléphone mobile. L’accès à Internet par les réseaux mobiles est également de plus en plus répandu: 49% de la population mondiale a déjà accédé au Web depuis un téléphone mobile. Seulement 9% de la population vit dans des zones qui ne sont pas couvertes par le réseau de téléphonie mobile.

Les téléphones portables ont transformé la vie de nombreuses personnes vivant en milieu rural, notamment les petits exploitants agricoles, en leur donnant accès aux informations et aux services dont elles ont besoin. Même les téléphones sans accès à Internet peuvent permettre aux agriculteurs de jouir de certains services, comme des conseils pour augmenter leur productivité et garder leurs animaux d’élevage en bonne santé, ou des informations météorologiques mises à jour. Ces services prennent généralement la forme de messages écrits, SMS ou messages USSD, et de systèmes vocaux comme les systèmes interactifs de réponse vocale. Grâce aux smartphones, les agriculteurs peuvent accéder à une gamme encore plus vaste de solutions de haute technologie par l’intermédiaire d’applications mobiles – qui sont parfois même gratuites – qui peuvent, par exemple, les aider à diagnostiquer les problèmes qui touchent leurs récoltes et proposer des traitements contre de nombreux types de ravageurs, de maladies et de carences en nutriments.

Les technologies financières ont donné aux populations rurales de nouveaux moyens d’accéder aux services financiers. Les services monétaires par téléphonie mobile, une des technologies financières les plus connues, font partie des innovations qui se développent le plus rapidement au monde. Lancés dans le cadre de l’initiative M-PESA en Afrique subsaharienne, ils comptent maintenant près de 146 millions d'utilisateurs actifs dans la région et représentent 10% du PIB régional. Les technologies financières ne se limitent bien évidemment pas à ces services. Elles comprennent une vaste gamme d’applications qui connectent les agriculteurs aux services financiers dont ils ont besoin, comme le crédit, l’épargne, l’assurance et d’autres services à valeur ajoutée qui, par exemple, donnent des informations actualisées sur les prix du marché ou mettent les producteurs en relation avec les consommateurs. Le FIDA a mis au point un ensemble d'outils qui permettent de partager les enseignements tirés dans ce domaine, se concentrant sur les avantages et les limites de ces différents services.

Les capteurs permettent quant à eux de collecter des informations sur des variables clés des cycles agricoles, ce qui est essentiel pour améliorer la prise de décisions. Ils peuvent être installés dans un champ ou contrôlés à distance.

Les capteurs installés dans les champs sont généralement utilisés pour surveiller des paramètres liés à la production agricole, comme les conditions météorologiques, afin d’accroître la productivité, de prévenir l’apparition de ravageurs ou d’optimiser la rentabilité et de réduire les pertes au minimum. Ils peuvent également permettre de surveiller les animaux d’élevage et la production aquacole. Ils sont également importants pour l’étape de transformation, où ils peuvent aider à ajouter de la valeur aux produits. Tous ces exemples relèvent de "l’Internet des objets", qui est le nom donné à la prolifération récente des objets du quotidien capables de collecter, d’envoyer et de recevoir des données. Dans l’Internet des objets, l’agriculture est depuis longtemps à la pointe de l’innovation, bien plus que d’autres secteurs.

Les capteurs à distance sont pour leur part généralement placés sur des satellites ou des véhicules aériens comme des drones, qui font partie de la catégorie plus large des technologies géospatiales. Ils permettent de réaliser des observations et des analyses spatiales à grande échelle et ainsi d’améliorer la productivité agricole et les moyens d’existence des petits exploitants, de favoriser le boisement et le reboisement, d’élargir le suivi environnemental, de gérer les risques financiers, de renforcer la résilience des agriculteurs, de remettre en état les paysages, de mettre au point des plans territoriaux et bien plus encore.

Les technologies géospatiales peuvent également améliorer le ciblage et le suivi-évaluation des produits et des résultats des programmes. Le FIDA a mené de nombreux travaux dans ce domaine, en particulier par l’intermédiaire d'un réseau technique ad hoc qui a contribué à généraliser l'utilisation des technologies géospatiales dans des initiatives concernant plus de 70 pays. Les données géospatiales viennent appuyer les activités du Fonds tout au long du cycle des projets.

Dans les années à venir, les technologies numériques deviendront indispensables pour rendre les systèmes agricoles et alimentaires plus durables et inclusifs, et donc pour transformer les sociétés. C’est pourquoi en 2019 le FIDA a réalisé un bilan approfondi de l’utilisation de ces technologies dans son portefeuille de projets, recensant les enseignements tirés et les besoins à satisfaire. Ces travaux ont abouti à l’élaboration d'une Stratégie relative aux technologies de l’information et des communications au service du développement (également désignée par son acronyme anglais ICT4D) pour les 10 prochaines années, qui devrait aider le Fonds à accroître et à améliorer son impact sur le développement en tirant parti de ces technologies.

Pour mettre en œuvre cette stratégie, nous devrons tirer parti d’une vaste gamme d’innovations et de technologies numériques. Les services et applications décrits ci-dessus ne sont qu’un petit échantillon des possibilités qui s'offrent à nous et aux petits exploitants agricoles avec lesquels nous travaillons.

 

La Stratégie du FIDA relative aux technologies de l’information et des communications au service du développement (ICT4D) est disponible ici.