Envois de fonds des travailleuses et travailleurs migrants: leur importance en 12 points

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Envois de fonds des travailleuses et travailleurs migrants: leur importance en 12 points

Chaque année, le 16 juin, la communauté internationale célèbre la Journée internationale des envois de fonds à la famille pour sensibiliser le grand public au sacrifice et au travail acharné accompli par des millions de migrants pour envoyer de l’argent chez eux et aider leurs familles et communautés d’origine.

Dans le contexte actuel de reprise post-pandémique et d’instabilités de tous ordres, nous souhaitons mettre à l’honneur toutes les personnes qui continuent de soutenir leurs proches malgré des circonstances difficiles, grâce notamment à notre campagne bisannuelle « Reprise et résilience par l’inclusion numérique et financière », qui a vocation à encourager le dialogue et les interventions en faveur de ces travailleurs et de leurs familles.

Les envois de fonds des travailleuses et travailleurs migrants comptent toujours plus que jamais, en particulier dans les zones rurales, où ils peuvent ouvrir la voie à des transformations rurales majeures. Voici 12 raisons pour lesquelles ils sont si importants:

  1. Un nombre vertigineux de personnes, estimé à un milliard à l’échelle mondiale (soit une personne sur sept dans le monde), est situé à un bout ou à l’autre des envois de fonds. En effet, chaque année, 200 millions de travailleuses et travailleurs migrants envoient de l’argent chez eux, à destination de quelque 800 millions de personnes (appartenant à des ménages de quatre personnes, en moyenne).
  2. Malgré la crise COVID-19 et l’instabilité politique, le nombre total d’envois de fonds a continué de progresser. D’après les derniers chiffres de la Banque mondiale, les envois de fonds à destination des pays à faible revenu et à revenu intermédiaire atteignaient 605 milliards de dollars en 2021. Cela représente une augmentation  de plus de 8% par rapport à 2020, et c’est beaucoup plus que les prévisions initiales.
  3. Les travailleuses et travailleurs migrants envoient en moyenne 200 à 300 USD chez eux chaque mois ou tous les deux mois, ce qui ne représente que 15% de leur revenu, le reste demeurant dans leur pays d’accueil. Mais les montants qu’ils envoient atteignent parfois jusqu’à 60% du revenu total des ménages bénéficiaires et sont vitaux pour des millions de familles. 
  4. Ces 20 dernières années, la valeur des envois de fonds a été multipliée par cinq. Ces flux jouent souvent un rôle anticyclique, puisqu’ils continuent d’arriver dans les pays bénéficiaires lors d’événements indésirables.
  5. Les envois de fonds peuvent atteindre les régions les plus reculées, même en temps de crise. Cela est notamment rendu possible par l’adoption de technologies numériques par les travailleuses et travailleurs migrants et leurs familles. Les sommes envoyées grâce aux services mobiles de transfert d’argent (qui permettent à leurs utilisateurs d’envoyer et de recevoir de petites sommes par téléphone portable sans passer par un compte bancaire) ont notamment connu un bond de 65% en 2020, pour atteindre 12,7 milliards de dollars, et ont même atteint les 16 milliards de dollars l’année suivante. 
  6. Plus de 50% des fonds envoyés par les migrants sont destinés à des ménages des zones rurales, où vivent 75% des personnes pauvres et exposées à l’insécurité alimentaire. Les ménages ruraux peuvent grâce à ces fonds améliorer leurs conditions de vie, renforcer leur résilience et atteindre leurs propres ODD. À l’échelle mondiale, les transferts effectués vers des zones rurales devraient atteindre, au cours des cinq prochaines années, un montant cumulé de 3 000 milliards de dollars
  7. Environ 75% des fonds envoyés servent à acheter de la nourriture et à couvrir des dépenses de santé, d’éducation ou de logement. En temps de crise, les travailleuses et travailleurs migrants envoient plus d’argent chez eux pour faire face à des pertes de récolte ou à des urgences familiales. Le reste, environ 25% des envois, soit l’équivalent de plus de 150 milliards de dollars par an, peut être économisé ou investi dans l’acquisition de biens ou dans des activités qui génèrent des revenus ou des emplois.
  8. Dans plus de 70 pays, les envois de fonds représentent au moins 4% du PIB. Ils constituent donc, comme le prouvent ces pays, un moteur de la croissance et de la transformation socio-économiques, en particulier dans les zones rurales.
  9. L’envoi de fonds peut coûter cher, mais certaines innovations techniques, telles que les blockchain (ou chaîne de blocs) et les services monétaires par téléphonie mobile, peuvent aider à réduire ces coûts. À l’heure actuelle, les frais de conversion de devises et les commissions représentent (en moyenne) 6% de la somme totale envoyée, soit deux fois plus que la cible fixée dans le cadre des ODD (3%). À cet égard, il y a un énorme potentiel de transformation radicale des marchés par les services financiers innovants, notamment les services monétaires par téléphonie mobile et la blockchain.
  10. Entre 2022 et 2030 (calendrier prévu pour la réalisation des ODD), on estime que les migrants enverront 5 400 milliards de dollars à leur communauté d’origine dans les pays en développement, dont 1 500 milliards environ seront investis ou mis de côté. 
  11. Les travailleuses et travailleurs migrants contribuent de manière instimable aux objectifs de développement durable pour leurs envois de fonds et investissements. Ils participent notamment à l’éradication de la pauvreté (ODD 1) et de la faim (ODD 2), à la promotion de la santé (ODD 3), d’une éducation de qualité (ODD 4), de l’acccès à  l’eau potable et de l’assainissement (ODD 6), du travail décent et de la croissance économique (ODD 8), ainsi qu’à la réduction des inégalités (ODD 10). Leur contribution a également été soulignée dans l’objectif 20 du Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières, adopté par l’Assemblée générale des Nations Unies en décembre 2018.
  12. Il ne peut y avoir de progrès en matière d’envois de fonds sans partenariats stratégiques. Les partenariats entre acteurs des secteurs public et privé ont ouvert la voie à une baisse du coût des envois de fonds et fourni des services financiers aux migrants et à leurs familles.

Participez à la campagne de la Journée internationale des envois de fonds à la famille destinée à renforcer la résilience.

Découvrez laction du FIDA en faveur des travailleuses et travailleurs migrants et de leurs familles.