From coconuts to hair oil: partnering producers and value chains

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De la noix de coco à l'huile capillaire: des partenariats pour rapprocher les producteurs du reste de la chaîne de valeur

©IFAD

L'huile de coco (ou huile de coprah) est, depuis quelques années, un produit qui a le vent en poupe auprès des consommateurs occidentaux. Qui n'a pas vu une star en mettre dans ses cheveux ou sur sa peau, l'utiliser dans un gâteau ou pour assaisonner sa salade.

Comme le cacao et le café, deux produits très prisés de longue date en Europe et en Amérique du Nord, la noix de coco provient de plantations tropicales, et les producteurs sont souvent de petits producteurs.

Cependant, les longues distances et la fragmentation des flux d'information tiennent les producteurs éloignés des consommateurs. C'est pourquoi les grandes compagnies de négoce et les transformateurs agroalimentaires dominent le marché depuis longtemps, parce qu'ils ont su combler l'écart séparant historiquement les producteurs de leurs débouchés sur les marchés occidentaux.

Pourtant, cette situation n'a rien d'inéluctable. La hausse de la demande de produits de base comme de produits de niche fabriqués par les petits producteurs dans les pays en développement est une voie qui peut mener les communautés rurales de la pauvreté à la prospérité.

C'est pourquoi le FIDA a accumulé un savoir-faire sans égal dans la création de filières qui relient les petits producteurs aux marchés occidentaux, en partageant plus équitablement les bénéfices. Aujourd’hui, grâce à nos partenariats public-privé-producteurs (4P), les petits producteurs de noix de coco de Sao Tomé-et-Principe fournissent les chocolatiers européens. L'huile de coco des petits producteurs des îles du Pacifique est vendue dans toute l'Europe.

Les partenariats de ce type renforcent la position des petits exploitants. Une fois qu'ils bénéficient d'un accès sûr aux marchés, ceux-ci ont les moyens d'investir dans de meilleures techniques de production, d'innover, de faire appel à des services et d'accumuler des savoirs.

Le FIDA investit de plus en plus dans des projets qui répondent aux besoins du marché et contribuent à améliorer les filières. Nous veillons tout particulièrement à travailler avec le secteur privé, parce que c'est, de plus en plus, le moteur du développement de l'entrepreneuriat agricole et du développement rural.

L'approche 4P donne naissance à des initiatives économiques qui profitent à chaque partie et qui peuvent offrir aux petits producteurs une juste part des bénéfices. La contribution du secteur privé porte sur le financement, le savoir-faire commercial et l'accès aux marchés, avec un partage des coûts et des risques.

Généralement, l'approche 4P fonctionne bien avec des cultures commerciales propices à l'exportation, comme le cacao, le café, les bananes et le thé. Il est plus facile de travailler avec ces produits, parce que les filières sont déjà très structurées et approvisionnent des marchés internationaux existants ou en expansion. Certaines des entreprises internationales participantes, de grande taille, possèdent non seulement les moyens techniques, mais aussi la capacité de préfinancer la production ou d'investir pour y éliminer d'éventuels obstacles.

Le FIDA a également obtenu des succès notables dans le domaine des cultures vivrières, mais ces chaînes de valeur sont plus complexes. Au Sénégal, par exemple, nous avons mis sur pied des plateformes sur lesquelles tous les acteurs des filières du millet, du sésame et du riz – producteurs, transporteurs, grossistes, établissements financiers et fournisseurs d'intrants – peuvent se rencontrer et examiner ensemble les problèmes et les débouchés existant dans une chaîne de valeur.

Pour réussir, l'approche 4P a besoin d'un environnement réglementaire propice. Si les politiques publiques et les règlements ne sont pas favorables aux investissements du secteur privé, il sera difficile de persuader les entreprises d'engager les ressources nécessaires.

Si les instances faisant respecter la loi sont faibles, le secteur privé hésitera à s'engager avec les agriculteurs, parce que les entreprises ne sont pas disposées à prendre le risque de voir leurs contrats non appliqués.

De même, si elle favorise les importations à bas prix qui évincent la production nationale, la politique commerciale n'incitera guère à s'engager.

Nous devons donc étudier tous ces facteurs et faciliter la concertation sur les politiques publiques dans les pays où nous travaillons, avant de nous lancer dans un projet de chaîne de valeur.

S'ils facilitent la mise en place d'un 4P, les fonds publics devront peut-être faire l'objet d'un usage stratégique de façon à offrir au secteur privé des incitations à s'engager aux côtés des producteurs. Il s'agit souvent de biens ou de services publics qui abaissent les coûts de transaction et atténuent certains des risques pour le secteur privé.

Par exemple, si l'on veut atteindre des communautés éloignées, il faut d'abord s'assurer que les infrastructures publiques et les liaisons de transport sont adéquates, sinon, le secteur privé ne sera pas intéressé.

Bien souvent, les équipes du FIDA servent d'intermédiaires dans la négociation de 4P. C'est un processus très chronophage, parce qu'il faut concilier les intérêts des différentes parties prenantes et établir entre elles des relations de confiance.

Il arrive que les membres de l'équipe du projet ou des prestataires de services jouent un rôle d'intermédiaire. Cela s'est passé dans une opération liée à un don du FIDA récemment menée à bien, pour laquelle nous nous sommes alliés à SNV Netherlands Development Organisation.

À ce jour, une quarantaine de projets au total ont adopté l'approche 4P, dans une trentaine de pays.

On recense notamment des réussites en Asie, et plus particulièrement au Viet Nam, au Sri Lanka, en Indonésie et en Chine. En Afrique, et surtout en Afrique orientale et australe, les autorités publiques de l'Ouganda, de la Tanzanie et du Rwanda, entre autres, ont manifesté un vif intérêt pour la constitution de chaînes de valeur 4P. Il nous faut cependant faire un travail préalable de développement des capacités locales et de mise en place d'un environnement économique plus propice.

Le potentiel d'expansion de l'approche 4P offre des perspectives enthousiasmantes. Nous assurons le suivi des résultats, enregistrons les enseignements tirés et encourageons la circulation des savoirs à l'échelle des régions et entre elles, l'engagement renforcé du secteur privé auprès des petits producteurs et agriculteurs contribuera à créer des emplois et à accentuer la résilience des populations.