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Un service d'information en ligne aide les petits producteurs agricoles dans la tourmente de la COVID-19

06 avril 2021
© FIDA/Edward Echwalu

Pouvoir obtenir des informations précises et actualisées est indispensable à tous les agriculteurs du monde, notamment en cette période de crise liée à la COVID‑19. Pour disposer de ces informations, beaucoup d’agriculteurs s’appuient sur des services numériques, en particulier ceux proposés par les plateformes accessibles depuis un téléphone portable. Or, dans bien des cas, les petits exploitants des zones rurales et reculées ont du mal à accéder à ce type de services.

Ces difficultés sont particulièrement marquées au Kenya. La majorité des Kényans possèdent au moins un téléphone portable basique et peuvent donc recevoir des communications simples comme les SMS. L’appui apporté aux petits exploitants agricoles sous forme numérique reste toutefois inégal, voire inexistant dans certains cas.

Au printemps dernier, alors que les restrictions à la circulation et d’autres mesures de sécurité prenaient effet dans tout le Kenya, la Fédération nationale des agriculteurs du Kenya (KENAFF) a créé un service d’information par téléphone mobile pour faire face à la crise et mieux informer les agriculteurs.

« Avec les fermetures et le confinement, nous devions trouver un moyen de communiquer avec nos membres et les agriculteurs en général », explique Mwendah M’Mailutha, directeur général de la KENAFF.

L’information à portée de main

En mars 2020, la KENAFF a commencé à développer son service d’information. Dès le départ, les responsables du projet ont prévu de le rendre accessible à tous les utilisateurs, même ceux qui ne possèdent qu’un téléphone mobile de base.

La plateforme a été créée par la KENAFF en collaboration avec Andreas Hermes Akademie, un organisme de développement agricole membre de l’alliance mondiale AgriCord et appuyé par l’Union européenne et le programme Organisations paysannes dans les pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (FO4ACP) du FIDA. L’appui technique et financier d’Andreas Hermes Akademie a été extrêmement utile pendant les phases de développement.

La KENAFF et ses partenaires ont décidé de faire fonctionner la plateforme en utilisant le protocole USSD (Unstructured Supplementary Service Data, ou données de service supplémentaires non structurées). Ce protocole permet aux opérateurs d’envoyer des messages écrits sur les téléphones des utilisateurs en réponse à un code envoyé. La même technologie est utilisée par de nombreux opérateurs de réseau mobile afin de répondre à des demandes d’informations simples en temps réel, telles que la consultation du crédit téléphonique.

Le service, appelé « KENAFF USSD Code Platform », a été officiellement lancé en octobre 2020. Le protocole USSD permet d’envoyer des messages d’information concernant un large éventail de sujets, des mesures de lutte contre la COVID-19 aux conseils techniques, en passant par les stratégies d’adaptation et de renforcement de la résilience et les dernières informations sur la situation du marché et les conditions météorologiques. Toutes les informations sont accessibles au niveau des sous-comtés, ce qui garantit leur précision quant aux prévisions météorologiques et aux évolutions du marché.

La KENAFF veille à diffuser des informations de grande qualité en faisant appel à des experts dans de nombreux domaines. Ses spécialistes agricoles élaborent les conseils techniques, et ses bureaux de terrain répartis dans tout le pays communiquent des informations actualisées sur le marché tous les deux jours. La KENAFF collabore également avec plusieurs autres ministères et organisations nationales pour recueillir des informations complémentaires. La plateforme de l’Observatoire de l’agriculture du Kenya, par exemple, communique des données météorologiques, et l’Organisation de recherche sur l’agriculture et l’élevage du Kenya transmet les résultats de ses recherches les plus récentes.

Informer les agriculteurs, un message à la fois

Une fois inscrits à la plateforme, les utilisateurs reçoivent quatre messages de type « push » par semaine. Ils peuvent répondre aux messages au moyen de codes pour demander des informations complémentaires, ou écrire leurs questions et les envoyer par SMS. Dans le cas où de nombreux utilisateurs d’un comté posent une même question, la réponse est diffusée à tous les abonnés du comté. Les utilisateurs ont également la possibilité d’envoyer leurs questions directement aux services de conseil de la KENAFF et de recevoir une réponse personnalisée.

Cette fonctionnalité de questions-réponses est particulièrement appréciée, au point que la KENAFF envisage de revoir son approche pour renforcer l’efficacité de la plateforme. À ce jour, la plupart des questions reçues concernent la situation du marché, la COVID-19 et les conseils techniques.

Une grande partie du travail consiste à transmettre aux utilisateurs des informations techniques complexes dans un langage simple et adapté au format d’un SMS. « Nos informations doivent être communiquées dans un langage que les agriculteurs comprennent », explique M. M’Mailutha. « La plateforme est ainsi utilisable par le plus grand nombre. »

Environ 72 000 utilisateurs sont à présent enregistrés dans 47 comtés du Kenya. La KENAFF espère compter plus d’un million d’utilisateurs d’ici à la fin de l’année 2021. À cette fin, elle prévoit de créer des codes USSD supplémentaires sur d’autres réseaux de téléphone mobile dans tout le pays afin de toucher un plus grand nombre d’agriculteurs. Elle estime que le service pourrait profiter à trois millions d’agriculteurs au cours des prochaines années, et envisage de mettre au point d’autres applications mobiles tout en poursuivant le développement de la plateforme.