Les fruits du développement - Des infrastructures qui changent la vie des éleveurs chinois

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Les fruits du développement - Des infrastructures qui changent la vie des éleveurs chinois

Naihe et Zhaowa, deux villages chinois nichés dans les collines de Liupanshan, dans la région autonome hui du Ningxia, se fondent dans un paysage à la beauté sauvage célèbre dans le monde entier. Mais les ressources naturelles y sont rares et les agriculteurs de ces localités reculées peinent à accéder aux marchés.

En conséquence, de nombreux ménages connaissent la pauvreté depuis des générations. Dans la région de Liupanshan, quelque 600 000 personnes, dont près de 40% sont des agriculteurs, vivent sous le seuil national de pauvreté. C’est notamment le cas des Hui, une minorité ethnique locale qui représente environ 60% de la population de la région.

C’est sur cette toile de fond que le FIDA et le Ministère chinois de l’agriculture et des affaires rurales ont lancé en 2018 le Programme novateur de réduction de la pauvreté: Développement des agroentreprises spécialisées dans le Sichuan et le Ningxia (également désigné par son acronyme anglais IPRAD-SN). Pour aider les participants des provinces du Ningxia et du Sichuan à sortir de la pauvreté, le programme met notamment l’accent sur la construction et l’entretien des infrastructures.

À Naihe et à Zhaowa, 160 hectares de terres agricoles ont été irrigués, et des travaux de nivellement et d’amendement des sols ont été réalisés sur 80 hectares. Un représentant du canton a indiqué que ces interventions avaient déjà "insufflé un nouvel élan à ces deux villages". Outre ces initiatives, le Programme permet d’aider les exploitants agricoles à mener à bien des projets de construction de plus petite taille, et les résultats sont déjà au rendez-vous.

Investir dans les infrastructures rurales pour accroître les revenus des agriculteurs

Les agriculteurs de Naihe élèvent des ovins et des bovins depuis des dizaines d’années. Néanmoins, faute de bâtiments d’élevage adéquats, ils peinent traditionnellement à élever des bêtes et ne peuvent donc en vendre qu’un nombre limité. Par conséquent, ils ne disposent pas des fonds nécessaires à la modernisation des locaux et restent aux prises avec un cercle vicieux.

Le Programme a contribué à faciliter l’élevage et à le rendre plus lucratif. Ainsi, de nouveaux réservoirs ont été installés, des étables ont été reconstruites et la réserve de fourrage a été modernisée, ce qui a permis d’améliorer l’efficacité du système d’irrigation. De plus, dans ces nouvelles installations, les animaux sont hébergés et nourris correctement, ce qui augmente leur longévité et simplifie les opérations d’élevage.

À Naihe, des vaches paissent en toute sécurité dans la nouvelle étable construite avec l’appui du programme IPRAD-SN

Ma Wenyi, un agriculteur vivant à Naihe, constate lui-même ces résultats. Il a toujours élevé des bêtes, mais l’ancienne étable du village était si petite qu’il ne pouvait élever et vendre qu’un nombre limité d’animaux chaque année, ce qui restreignait les bénéfices possibles.

Dans la nouvelle étable, il dispose de bien plus d’espace. L’année dernière, il est parvenu à élever huit vaches et à en vendre quatre, soit bien plus que les années précédentes.

"Une vache se vend 25 000 yuan en moyenne. L’an dernier, j’ai gagné plus de 100 000 yuan [environ 14 500 dollars] rien qu’en élevant des vaches", affirme-t-il fièrement. "C’est plus que suffisant pour subvenir aux besoins de ma famille! De plus, comme l’équipe de programme a installé les tuyaux d’irrigation, nous n’aurons pas à nous préoccuper du fourrage l’année prochaine."

Ma Wenyi travaille à l’étable, dans le village de Naihe

À Zhaowa, les travaux de construction de silos ont lieu cet été. Grâce à l’accroissement de la capacité des silos, les animaux seront en meilleure santé, car ils disposeront d’une quantité suffisante d’aliments protégés des intempéries.

Tout comme Ma Wenyi, Han Zhiquan, habitant de Zhaowa, voyait son commerce de bétail contraint par le manque d’espace. Il a élevé dix vaches cette année, mais il aurait pu en élever davantage s’il avait eu un silo suffisamment grand pour entreposer la quantité voulue d’aliments pour animaux. Dernièrement, grâce au Programme, il a commencé à édifier un silo plus grand pour son exploitation familiale.

"Maintenant, avec un silo de cette taille, je pourrai élever plus d’une douzaine de vaches l’an prochain", estime-t-il. Il se réjouit également à la perspective de toucher ainsi des revenus supplémentaires.

Han Zhiquan construit son nouveau silo dans le village de Zhaowa

Dans l’air du temps: les réseaux sociaux comme levier commercial

À Naihe, Ma Mei et sa famille se projettent dans l’avenir avec enthousiasme. Les 20 ovins qu’ils possèdent représentent déjà une source de revenus importante pour eux. Compte tenu de l’agrandissement de l’étable, Ma Mei envisage d’acheter des veaux, qu’elle élèvera et vendra l’année prochaine.

Par ailleurs, l’éleveuse s’essaie à des outils de vente nouvelle génération: les applications de visioconférence sur son téléphone portable. En Chine, les ventes en ligne, diffusées en direct sur des réseaux sociaux plébiscités tels que TikTok et Kuaishou (une application chinoise de diffusion de vidéos), sont devenues particulièrement à la mode pendant la pandémie de coronavirus. Par exemple, en début d’année, pendant les cinq jours de la fête nationale chinoise, le nombre d’activités de vente en ligne diffusées en direct a doublé, et certaines ont même rapporté jusqu’à 140 millions de yuan (19,8 millions de dollars).

Le secteur agricole n’est pas en reste: des ventes de bétail ont déjà lieu dans le cadre de ces activités en ligne. Ma Mei est friande de ces événements.

"Quand j’ai le temps, je regarde ces vidéos, je les trouve très intéressantes", reconnaît-elle. "Il y a vraiment des gens qui me parlent pour acheter des moutons. C’est amusant."

En prévision de l’année à venir, l’éleveuse espère commencer à diffuser en direct quelques-unes de ses propres ventes. Elle voit dans les nouvelles technologies un bon moyen d’interagir avec de nouveaux clients éventuels.

Ma Mei, à droite, discute dans l’étable avec un chargé du programme IPRAD-SN à Naihe

La prochaine phase du Programme est déjà en cours d’exécution. Outre la poursuite des projets d’infrastructure, il sera axé sur la formation des participants et l’appui à la création de nouvelles entreprises agricoles dans la zone d’intervention. Toutes les activités menées seront liées aux besoins et aux centres d’intérêt des participants.

Les agriculteurs du canton de Pengyang s’attellent de longue date à édifier une société xiao kang, qui garantira de bonnes conditions de vie à la campagne et où les habitants ne sont ni riches ni pauvres. À force de travail acharné et d’ingéniosité, et avec l’appui du Programme et d’autres projets, ces exploitants sont en passe d’accéder à ce mode de vie.

 

En savoir plus sur la coopération entre le FIDA et la Chine.