Les poulets fermiers font reculer la pauvreté dans les régions isolées du Viet Nam

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Les poulets fermiers font reculer la pauvreté dans les régions isolées du Viet Nam

©FIDA/Minzayar Oo/Panos

Lorsque Nguyen Thi Bich a décidé de se lancer dans l'élevage de poulets dans les hautes terres, elle ne savait pas vraiment à quoi s'attendre.

Ce n’était pourtant pas, pour elle, une activité nouvelle puisqu’elle avait grandi dans une petite ferme et avait toujours fait son possible pour aider sa famille. Cette dernière avait toutefois toujours eu du mal à garder ses animaux en bonne santé: elle arrivait à en avoir juste assez pour subvenir à ses besoins – et n’en tirait pratiquement aucun revenu. Les autres ménages de la région étaient tous dans la même situation.

En 2015, le Projet de développement rural durable au profit des populations pauvres des provinces de Ha Tinh et Quang Binh (SRDP), appuyé par le FIDA, est arrivé jusqu’à Thanh Son, hameau situé dans la province vietnamienne de Quang Binh, où Nguyen vivait. Le SRDP comportait un plan d'élevage de poulets sur les hautes terres, suivant un modèle donnant lieu à l’utilisation des vastes collines et forêts de la région. Cela paraissait idéal d’autant plus que le projet avait pour objectif d'aider les petits exploitants de la région à adopter des techniques agricoles durables susceptibles de protéger l'environnement local, mais pouvant être reproduites à une échelle suffisamment importante pour les aider, à terme, à intégrer des filières plus importantes.

Nguyen Thi Bich, l'une des premières exploitantes de la région à se joindre au projet, a commencé petit. Avec l’appui du SRDP, elle a investi un peu d'argent pour élever des poulets dans son jardin de 3 hectares à flanc de colline.

Nguyen s’est lancée dans cette entreprise avec 500 poulets. Au bout de trois mois, ces derniers, qui s'étaient bien adaptés à l'environnement local, avaient grossi, et elle a pu tirer environ 20 millions de VND (919 USD) de leur vente. Ayant compris les possibilités économiques offertes par cette opération, elle a décidé d'investir dans l'élevage d'un troupeau plus important. Lors du Nouvel An lunaire de 2017, sa famille a vendu un millier de poulets pesant, globalement, entre 1,5 et 2 tonnes, et a dégagé un bénéfice de 40 à 50 millions de VND (soit l'équivalent de 1 768 USD à 2 200 USD).

L'entreprise de Nguyen n'a fait que prospérer par la suite. Sa famille, qui a systématiquement suivi ce modèle pendant plusieurs années, a maintenant les moyens d'élever, chaque année, trois lots constitués, chacun, de plus d’un millier de poulets. Nguyen et sa famille appartiennent désormais à la classe moyenne et ses enfants reçoivent une bonne éducation.

Nguyen Thi Hoai Duc habite à proximité de Nguyen Thi Bich. Elle suit maintenant le même modèle d'élevage dans les hautes terres, mais opère sur une plus petite échelle. Comme beaucoup d'habitants de la région, elle a vu le revenu de son ménage nettement augmenter.

“J'ai pu voir que Nguyen et d'autres ménages élevaient des poulets et que, sans avoir à travailler très dur, ils gagnaient quand même beaucoup d'argent; mon mari et moi avons donc décidé d'investir nous aussi dans l'élevage de poulets”, a-t-elle expliqué.

Projet de développement rural durable au profit des populations pauvres des provinces de Ha Tinh et Quang Binh (SRDP) – novembre 2017 ©FIDA/Minzayar Oo/Panos

De plus en plus de villageois ont adopté ce modèle – et rapidement formé une coopérative au sein de laquelle Nguyen Thi Bich et Nguyen Duc jouent un rôle essentiel. Avec l’appui du SRDP, la coopérative a établi un plan d'activité à long terme et signé un contrat de vente de jeunes poulets et d’achat de produits avec de grandes entreprises d’élevage, ce qui lui a permis de développer rapidement sa production et ses activités commerciales.

Nguyen Thi Bich attribue ce succès au respect de normes rigoureuses. Les poulets sont en liberté pendant une grande partie de la journée et se nourrissent de maïs, d'insectes et d'herbes naturelles. Cela permet de les garder en bonne santé et de maintenir les dépenses d'investissement à un niveau bien plus faible que celles des élevages industriels typiques. L'élevage de poulets fermiers produit également une viande de meilleure qualité, que de nombreux clients semblent préférer à la viande de poulet industriel.

Aujourd'hui, la coopérative a 14 membres. Douze d'entre eux, dont les quatre fondatrices, sont des femmes. Les membres élèvent en moyenne trois lots de poulets par an. Chaque famille membre s’occupe d’environ 1 000 poulets par lot, ce qui, à supposer que tous les animaux soient en bonne santé, produit un revenu total pour le groupe de l'ordre de 380 millions de VND (approximativement 16 000 USD). Avec l'appui du SRDP, la coopérative a pu réinvestir une partie de ses recettes dans des améliorations essentielles et, notamment, réparer les installations d'élevage et en construire de nouvelles. Il lui a ainsi été possible d’accroître encore sa production.

La situation économique des ménages membres de la coopérative s’est nettement améliorée grâce aux revenus qu'ils tirent de leurs activités. À ce jour, deux des cinq ménages sont officiellement sortis de la pauvreté, et les trois autres ont fortement accru leurs revenus.

Le succès de la coopérative a aussi attiré l'attention de groupes agricoles régionaux.

“Ce modèle d'élevage de poulets contribue largement à l'expansion du domaine agricole. Il a également prouvé qu’il était efficace et favorisait le développement de l'économie sociale à Quang Binh”, note Le Cong Toan, président de l’Association des agriculteurs de Quang Binh. “Il permet d’utiliser les terrains à des fins productives, de créer davantage d’emplois et, ainsi, d'accroître les revenus de la main-d’œuvre; la pauvreté recule et la vie des gens s'enrichit.”

Pour Nguyen Thi Bich et les autres habitants de Thanh Son, on ne peut que s’en réjouir.

 

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